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LES PYRAMIDES — LE SPHINX

sous le nom de tombe de CaropMJ.

C'est un monument très-curieux. Il consiste en un grand puits carré taillé dans le roc a la profondeur de 16m, 30. Le côté le plus large du puits, de l'E. à 1*0., mesure 9m,:*0; l'autre face, seulement 8". L'ne large tranchée taillée dans le roc autour du puits, forme un quadrilatère de 20"» ,70 sur 22m.L25 de profondeur; et dans l'espace compris entre la tranchée et le puits on a ménagé un passage conduisant de l'un à l'autre. On y a trouvé aussi l'entrée de deux puits plus petits, de l'un desquels on a tiré un sarcophage qui" est maintenant au musée britannique. Le grand puits n'est pas précisément au centre, c'csl-a-dire à égale distance des quatre cotés de la tranchée; l'espace le plus large est du coté du S. Un sarcophage en pierre renfermant un cercueil en basalte noir est encore en place au fond du grand puits; au-dessus du sarcophage, quand la tombe fut découverte, il y avait une arche en plein cintre du temps de Psammétik 1er, que les Turcs ont démolie pour en emporter les matériaux.

Au X. de la tombe de Campbell, devant l'angle S. E.do la grande pyramide et au long de sa face S., il v a plusieurs puits de moindres dimensions, avec des sarcophages habituellement de basalte noir.

Le Sphinx est en avant ou à l'E. de la deuxième pyramide, à la distance d'environ 5001". C'est comme on sait, la représentation colossale «l'un lion h téte humaine accroupi. Le sable accumulé, en cache la partie inférieure. La face mesure 0m depuis le menton jusqu'au sommet du front; la longueur du colosse, depuis l'extrémité des pattes antérieures jusqu'à la naissance de la queue, est de 57 m ; d'après les inscriptions hiéroglyphiques qu'on y a lues, c'était la représentation symbolique d'un dieu solaire. Devant la poitrine et entre les deux pattes étendues, est une stèle haute de 4" 25, sur la-

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quelle est rcprésen té le roi Thouthmès IV (xvm« dynastie) offrant au dieu un sacrifice ; il y a donc toute apparence que l'exécution du colosse est du règne de ce prince, vers le xvia siècle avant notre ère.

Cette stèle est recouverte par le sable, malgré des débiavements plusieurs fois renouvelés. Le sphinx a été taillé dans un bloc de rocher qui surgissait ici du sol, et, comme on voulut conserver ce bloc dans toute sa dimension, on dut, en certaines parties, en rectifier les irrégularités au moyen d'une maçonnerie rapportée. La face est en partie mutilée ; il y manque une portion du nez ut des joues.

On peut encore reconnaître qu'elle était originairement peinte en rouge.

M. Mariette a reconnu les restes d'un temple en avant du colosse; mais les sables, dont une portion de ce temple a été un moment dégagée, l'ont de nouveau recouvert en partie.

Sur une éminence rocheuse qui domine la plaine au S. du sphinx, il existe une sorte de galerie souterraine, que l'on croit avoir été l'entrée d'une ancienne pyramide (l'entrée en est marquée* 12 sur le plan). Au pied de cette éminence, du côte de l'K., non loin d'un beau bouquet de palmiers et de sycomores qui ombragent une source, on voit quelques restes d'une ancienne chaussée semblable k la chaussée du X. dont il a été question plus haut, mais de dimensions un peu moindres.

3* La Pyramide d'Abouroach, à 2 h. au N.-O. des pyramides de Gizéh vers le N.-O., est dans un état de dégradation qui semblerait la reporter à une époque encore plus ancienne; elle était aussi de moindres dimensions.

Le colonel Wyse a mesuré k la base 320 p. anglais (97m) Il ne reste du monument que cinq ou six assises, avec une chambre sépulcrale située au-dessous du niveau du sol. — En revenant vers leS. on pourra visiter en appuyant

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un peu à TE. ver» le v. de Menchié Bacari, deux anciens' pont* de pierre bâtis par les khalifes Naser Mohammed etel-Achraf. Mats peL de voyageurs sans doute seront disposés k perdre une demijournée pour ces monuments peu intéressants.

En quittant les pyramides d?

Gizèh, on se dirige vers le >.

longeant la lisière du désert. On a toujours de beaux pointa de Toe sur cette magnifique plaine du NU.

mais il n'y a rien de particulier à noter jusqu'à ce qu'on renconut k l'angle d'une espèce de promontoire avancé (3 h.)

4* Les pyramides d'Àbousir, situées un peu au N.-O. du village d'Abousir, qui donne son nom à ce petit groupe, et à 2 h. à l'O. du Nil. Le groupe se compose de quatre pyramides de grandeur ine-

f^ale et qui n'ont rien de particuièrement intéressant; la pius grande, qui est celle du S., a 1 10* de base. Elles sont très-dégradees.

— Une autre pyramide isolée est située à environ 900" au N.-3. du groupe. On reconnaît, à l'K. et au S. des pyramides, deux chaussées analogues k celles des pyramide* de Gizèh et les restes de plusieurs temples.

Continuant k se diriger vers le S.-E., on atteint bientôt i30 min.

le pied d'un nouveau promontoire, qui porte les

5° Pyramides de Sakkarah Celles-ci ont plus d'intérêt que les précédentes. Elles sont au nombre de huit ou dix, en général de petites ou de médiocres dimensions.

On peut laisser de coté les premières pour se rendre d'abord (30 m.) au villagede Sakkarah. situe k 1 h. 15 du Nil, au milieu de beaux bois de palmiers, qui abondent en sangliers. On peut loger che:

Fernandes, qui tient quelque* chambres sans meubles à la disposinon des voyageurs, et fait commerce d'antiquités. C'est une espèce d'hôtel, qui vous donne h toit et les quatre murs, mais ou

IKoutb 162.] SAKKARAH. — J

il faut tout apporter. On trouve a Sakkarah des guides pour visiter la grande pyramide, les tombeaux des Ibis, et le Serapéum. Un bagbchich de cinq ou six piastres est suffisant pour cette exploration.

On remonte au N.-E. de Sakkarah à travers les palmiers, et l'on gravit les monticules de sable vers les pyramides. On laisse à gauche, la pyramide la plus méridionale, appelée par les Arabes Mastabet el-Firoun (le trône de Pharaon). Elle ne parait pas avoir été achevée, et ne présente aujourd'hui qu'une masse do décombres, ayant à peine la forme générale d'une pyramide. Un peu plus loin {20 m.), on atteint la grande pyramide, qui mesure 120" sur deux do ses faces et 107 sur les deux autres; car, contrairement à la règle universelle de ces monuments, elle ne forme pas à sa base un carré parfait; sa disposition en gradins étagés, au Vi ombre de cinq, est très-remarquable.

11 existe à la partie centrale de la grande pyramide de Sakkarah une sorte de large puits dont la partie supérieure est au niveau même de la base de la pyramide, ut qui descend très-avant dans le sol. De nombreux couloirs, formant un véritable labyrinthe, débouchent dans ce puits. Le sarcophage est déposé tout au fond, dans un caveau formé au moyen d'un bloc de granit. L'âge du monument, ainsi que le nom du roi auquel il servit de tombeau, sont inconnus; la science a, de ce côté , encore bien des découvertes à faire. Dans un des couloirs formant l'entrée d'une chambre, maintenant fermée, on remarque une ligne de hiéroglyphes qui donne le nom d'un ancien roi. C'est la seule inscription de ce genre qu'on ait trouvée dans les pyramides ; mais on no pense pas que celle-ci soit de la même date que le monument.

On ignore également l'époque de la pyramide inachevée que nous avons mentionnée plus haut.

i SERAPÉUM. 1005

Les environs de Sakkarah renferment aussi des puits nombreux où l'on trouve des momies d'animaux sacrés, de serpents, de bœufs, de moutons, et surtout d'ibis, ainsi que des momies humaines. Mais il en est peu qui ne soient endommagées par l'humidité, qui, à une certaine profondeur, s'infiltre à travers le sol.

Les ouits des momies d'ibis sont au N. ue la pyramide. Ils ont jus-

?[u'à 20 et 22 mèt. do profondeur.

,es momies sont renfermées dans des vases en terre cuite assez semblable à des formes à pains de sucre. Celles qui sont bien conservées présentent le corps de l'oiseau soigneusement enveloppé de bandelettes de toile fine; le bec, les pieds et quelquefois une partie des plumes sont intacts.

Mais la plupart sont réduites en poussière ou carbonisées. 11 semble qu'on leur ait fait subir une sorte de dessiccation.

Il y a une vingtaine d'années , on a découvert dans la partie supérieure de la plaine des tombes ornées de sculptures et contenant des noms d'anciens rois. Malheureusement ces tombes ont été dilapidées par les Turcs pour en enlever les pierres.

0° Le Sérapéum de Memphis est situé à 10 m. vers l'O. de la grande pyramide, et à 30 m. de Sakkarah.

Histoire. — C'est la première grande découverte de M. Mariette en Egypte, et assurément une des plus glorieuses. Cette découverte remonte à 1850. En parcourant un jour la plaine de Memphis , M.

Mariette aperçut, pointant à travers le sable, la partie supérieure d'une téte de sphinx ; il fit aussitôt déblayer la place, et mit à jour le morceau entier assis sur sa base. C'était une de ces statues dont étaient formées les avenues des grands temples égyptiens. On lui apprit qu'on en avait souvent trouve de semblables dans le môme endroit, et que beaucoup en avaient été emportées. Le pas-

lOOrJ

EGYPTE

t Hou te 162.]

sage où Strabon parle du temple de Sérapis s'offrit immédiatement a la pensée de M. Mariette et il ne douta pas qu'il fut sur la voie de cet antique monument, un des plus célèbres et des plus révérés de l'Égypte à cause des Apis ou bœufs sacrés qui v avaient leur sépulture. Le temple de Sérapis, dit l'auteur grec, est construit dans un endroit tellement sablonneux, que les vents y amoncellent des amas de sable sous lesquels nous vîmes les sphinx enterrés, les uns a moitié, les autres jusqu'à la tête. -9 M. Mariette se mit a l'œuvre avec une inexprimable ardeur. Les difficultés étaiont grandes. 11 fallait creuser et maintenir le sable mobile qui recouvre la plaine a une grande profondeur, et qui menaçait à chaque instant d'envahir la tranchée et d'engloutir les travailleurs. En deux mois (novembre et décembre 1850) l'avenue tout entière fut déblayée sur une longueur de près de 200 met., et 111 sphinx furent mis à jour, ainsi que les piédestaux d'un grand nombre d'autres. Il suffit de savoir, pour apprécier la grandeur de ce travail préliminaire, que, depuis l'entrée de l'avenue jusqu'à son extrémité, la profondeur des sables qui ont envahi la plaine va toujours en augmentant, et que, tandis que les premiers sphinx n'ont au-dessus d'eux qu'une couche de 3 à 4 m., c'est ;i *?0 m. et plus de profondeur qu'il avait fallu chercher les derniers.

Au bout de cette immense allée de sphinx, s'est présenté ce qu'on ne serait guère attendu à rencontrer dans un temple égyptien, un hémicycle de statues grecques représentant les philosophes et les écrivains les plus fameux de la Grèce. Pindarc, Lycurgue, Solon, Euripide, Pythagore, Platon, Eschyle, Homère, Aristott, tous avec leurs attributs, et quelques-uns ayant leur nom inscrit au bas de là statue ; deux autres statues étaient mutilées et méconnaissables. Entre l'hémicycle et les

deux derniers sphinx de l'allée, un dromos transversal conduisit sur la gauche, à un temple d'Apis construit par Amyrtée dynastie, 339 avant notre ère). e:

devant lequel étaient posés deut sphinx de grandes dimensionsur la droite, le dromos aboutit au premier pylône du Sérapéum.l>:t*partie droite du dromos, longue de 100 met. environ, était bordée de chaque côté par un mur b** et large en forme d'immense piédestal, et vers le milieu il » tu.

coupé à gauche par un édieuie de style grec, avec deux chapelles dé style égyptien, dans l'une desquelles était une belle statue en pierre du bœuf Apis. De charpie coté des deux chapelles, et sur le piédestal courant qui borde l'autre côté du dromos, on voyait de singuliers groupes de styie grec représentant soit des enfants à cheval sur différents animnjx , soit des animaux réels ou symboliques. En avant du premier pylône, deux piédestaux étaient surmontés délions accroupis d'un beau travail; ces lions, aujourd'hui déposés au Louvre, sont absolument semblables aux lions en basalte qui se voient au Vatican (ils proviennent aussi du Sérapéum), et dont les moulages en bronze ornent la fontaine de l lnstitut, à Paris.

A la profondeur considérable ou l'on était parvenu, le travail «de déblayement devenait de plus en plus difficile à cause des perpétuels éboulements contre lesquels on avait à se défendre. Néanmoins l'enceinte du Sérapéum n:i suivie dans toute son étendue .

mais ce travail gigantesque no «le manda pas moins de H mois. Quelques parties du mur d'enceinte ont été construites ou réparées par Amyrtée, dont elles portent les inscriptions. En creusant au pied de la muraille, on trouva dan* une sorte de niche pratiquée a *a partie inférieure, une collection de 438 figurines en bronze représentant différentes divinités, prm-

tRotrr» 169.1 SàKKAKàH.— •

oipalement Osiris, lais, Api» et Phtah.

Aux difficultés que la nature du sol et la profondeur de l'enfouissement opposaient à cette exploration, vinrent alors se joindre des empêchements d'une autre sorte suscités par les rivalités jalouses que ces oeUes découvertes éveillaient au Caire. A force de courage, d'adresse et de sang-froid, M. Mariette déjoua les secondes comme il avait surmonté les premières, et il garda son terraiu ou milieu des obstacles de toute sorte où sa vie même fut plus d'une fois menacée. Ces contrariétés ralentissaient, mais n'arrêtaient pas sa marche; et un jour, le 12 novembre 1851, il toucha enfin au but que ses efforts poursuivaient depuis plus de deux ans. Il découvrit l'entrée des vastes hypogées où étaient déposés les Apis après leur mort. Ce qui donne une grande valeur historique à cette découverte, ce sont les inscriptions qui accompagnent chaque tombe , où est relatée la date précise de la mort du bœuf sacré rapportée à l'année courante du prince régnant. On a trouvé là un moyen certain de rectifier et de fixer la chronologie des dernières dynasties pharaoniques , en remontant jusqu'à la 25e, c'est-àdire jusqu'à l'an 700 ayant 1ère chrétienne, les inscriptions fournissant pour cette période une série, ininterrompue.

État actuel. — Les sables ont déjà recouvert toutes les approches du Sérapéum. L'hypogée se compose de deux vastes souterrains. Le premier a son entrée au S. et se dirige vers le N. Il se compose d'une galerie sur laquelle s'ouvrent une vingtaine de chambres. La plus ancienne de ces chambres est du temps de Hamsès II (19* dynastie!, et la plus moderne de Psammétik Ier (26e dyn.}.

Cette suite de caveaux renfermait environ 1200 stèles avec des inscriptions; toutes celles dont les hiéroglyphes se sont trouvés

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