LE SÉRAPÉUM
encore tant soit peu lisibles sont actuellement déposées au Louvre.
Le second souterrain, celui qufe l'on visite le plus souvent, a son entrée à 10. On y pénètre par une porte basse enfouie dans le sol au fond d'une tranchée profonde.
Presque à l'entrée, le couloir est obstrué par un grand sarcophage de granit. On se glisse avec peine entre la paroi de ce sarcopnage, et celle du couloir: une fois Je sarcophage dépassé, on se trouve dans de grandes galeries, où Ton circule librement. A droite et à gauche s'ouvrent des chambres qui contiennent de grands sarcophages et des os de bœufs très— reconnaissables. Ce souterrain fut inauguré dans la 52« année de Psammétik 1er /013 av. J.-C), et il servit de sépulture aux Apis jusqu'aux premiers temps de la domination romaine. Les sarcopha-
§cs qu'on y a trouvés, au nombre e 24, sont en beau granit de Syc ne ; ils ont 3 à 4 mèt. de hauteur, sur une longueur de 4 m. 12 à 5 mèt. et plus 3 mèt. de largeur. LVpaisseur des parois latérales est de G0 centimètres. On estime que chacun de ces monolithes doit peser de 80 à 100 000 kflos. Les guides vous font escalader celui qui est dans la dernière chambre à droite. Quatre ou cinq personnes pourraient se tenir assises dans l'intérieur. En dehors règne, tout autour du sarcophage, une série de hiérogly-
Shes représentant des éperviers, es ibis, des serpents, des scarabées, etc., dessinés au trait avec une remarquable perfection.
Dans le voisinage de ce double hypogée, du côte du S., il y a d autres souterrains beaucoup plus petits où furent ensevelis les Apis morts sous les derniers rois de la 18e dynastie, et sous les premiers rois de la 19*. Il ne parait pas qu'on ait trouvé jusqu'à présent les sépultures des Apis antérieurs.
Il reste beaucoup à faire pour déblayer le temple et mettre complètement à jour les diverses par-
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ties de l'édifice ; c'est une des tâches qu'il appartient à M. Mariette lui-même, aujourd'hui promu au poste éminent d'inspecteur générai et de conservateur des monuments de l'Éçypte, de reprendre et de terminer dans un court délai.
En retournant à Sakkarah, on pourra visiter, dans les rochers à l'E. de la pyramide, vers la limite du terrain cultivé, une tombe voûtée
en pierres de taille,
du tem
ps de
Psammétik 11(595-590 av. J.-C)
La voûte était du reste connue bien antérieurement par les anciens Égyptiens, puisqu'on trouve à Thèbes des tombeaux voûtés remontant à la xviii* dynastie, de 1490 à 1570 av. J.-C.
6° Pyramides de Dachour. Elles suivent immédiatement au S.
celles de Sakkarah, et ne forment qu'un seul groupe avec ces dernières. Elles sont au nombre de quatre, dont deux en pierre et les aeux autres en briques crues. Une des deux pyramides en pierre
Ïirésente une forme insolite ; vers e milieu de sa hauteur, ses lignes présentent une brisure qui donne à sa partie supérieure une inclinaison très-surbaissée par comparaison avec la partie inférieure.
L'autre pyramide en pierre, dont la forme est régulière, est aussi la plus grande ; chacune de ses faces mesure à la base 213 met., et en avait originairement 219. Sa hauteur verticale est de 99 mèt.
C'est la plus grande de toutes les pyramides égyptiennes après la grande pyramïae de Gizèh. Les pyramides en briques sont trèsdégradées.
7° L'emplacement de Memphis s'étend à TE. de Sakkarah, entre le village et le fleuve. Deux pauvres villages, MUrahin (30 min. de Sakkarah) et (30 min. plus loin). Bédrécheïn, se sont élevés sur l'emplacement de la ville de Ménès, et nés plantations de palmiers achèvent de couvrir ce sol où se déployèrent autrefois tant de merveilles.
IRofte H)î.
Histoire. On sait que les anna les égyptiennes attribuent la fondation ae Memphis a Ménès, le premier roi des listes (V. p. ^10). I:
tradition rapportait que ce pnne?
avait détourné le Nil vers l'E. « moyen d'une digue, et avait ain*.
conquis, au pied des montage libyques, l'emplacement de sa future capitale. Elle reçut le nom du Mennéfer, qui signifae « la bonne place; » c'est de là que les Grec?
ont fait Memphis. La trace de ce nom s'est conservée jusqu'à no* l'ours dans celui de Tell-Monf, tp>* les Arabes donnent à un monticule du S.-O.
La décadence de Memphis date de la fondation d'Alexandrie e'.
du règne des Ptolémées. Quoique la vieille capitale fût toujours regardée comme la métropole religieuse de l'Egypte, et qu'à leur avènement au trône les rois !apdes s'y fissent couronner, il est naturel de penser qu'un grand nombre de ses habitants, de ceuxlà surtout qui appartenaient aui classes supérieures, l'abandonnèrent pour se rapprocher de U résidence des nouveaux souverains. Strabon. qui voyagea en Egypte quelques années avant le commencement de notre ère, représente encore Memphis comme une ville grande et bien peuplée, « la première après Alexandrie; > mais il parle en même temps de ses palais abandonnés et en ruine».
Memphis, au rapport de Diodore.
avait 150 stades (le tour (6 1-, w 28 kilom.), ce qui n'a rien d'exagéré, puisque d'autres rapports en parlent comme s'étendant au > (ses faubourgs sans doute) jusque vis-à-vis de Troja ( aujourd'hui Torah, sur la rive droite du Nil- Parmi ses temples, quatre surtoa:
étaient renommés par leur sainteté, leur grandeur et leur magnificence : c'étaient ceux de Phtahè*.
divinité tutélaire de la ville, d irai ou Hathor, d'Apis et de Sérapis.
Ce dernier temple était le Seraj>eum que nous venons de décrire On faisait remonter jusqu'à Mène*
[Route 162.] MEM
la fondation du temple de Phtah, et de nombreuses générations de rois s'étaient plu à y ajouter des constructions nouvelles. Le grand Sésostris (Ramêssès Meïamoun) y avait fait élever sa statue colossale, dont on voit encore les débris.
Le zèle déployé par Théodose, à la fin du iv8 siècle, contre l'idolâtrie et ses temples (F. p. 914) dut avoir de tristes conséquences pour les monuments religieux de Memphis, comme la fondation d'Alexandrie pour ses édifices royaux; la ville, toutefois, gardait encore une partie de sa grandeur et de sa magnificence, quand TÉgypte tomba dans les mains des musulmans.
C'est de cette époque que date sa chute définitive. Trois siècles et demi plus tard, au temps de la fondation du Caire, on voit les monuments de la vieille métropole dépecés, en quelque sorte, et transportés pièce à pièce au sein de la nouvelle capitale arabe pour en orner les mosquées et les palais. Kt cependant, telle avait été la richesse monumentale de Memphis. que même après tant de désastres, et lorsque depuis longtemps sans doute ce n'était plus qu'une place abandonnée, le célèbre Abdallatif put écrire les lignes suivantes dans sa relation de l'Egypte, à la fin du xiie siècle : « Malgré l'immense étendue de Mempnis et sa haute antiquité, malgré les vicissitudes des divers gouvernements dont elle a subi le joug, quelques efforts que différents peuples aient faits pour l'anéantir, pour en faire disparaître jusqu aux moindres vestiges et en effacer jusqu'aux plus légères traces, en transportant ailleurs les pierres et les matériaux dont elle était construite, en dévastant ses édifices, en mutilant les statues qui en faisaient l'ornement; enfin, malgr é ce que 400 ans et plus ont dû ajouter ù tant de causes de destruction, ses ruines offrent encore à ceux qui les contemplent une réunion de merveilles qui confond l'intelligence, et que
Orient,