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l'homme le plus éloquent entreprendrait inutilement de décrire.
Plus on la considère, plus on sent augmenter l'admiration qu'elle inspire; et chaque nouveau coup d'œil que l'on donne à ses ruines est une nouvelle cause de ravissement... » Aboulféda, 150 ans après Abdallatif, représente encore les ruines de Memphis comme occupant une grande étendue; mais depuis cette dernière époque on n'en Irouve plus aucune mention dans les écrivains. Sous le règne désastreux desMamelouks. comme plus tard sous l'administration turque, la profonde incurie des gouvernants laissa sûrement se rompre les digues qui protégeaient autrefois la ville contre le ileuve; si bien que les eaux couvrant chaque année la plaine, comme elles la couvrent encore aujourd'hui pendant l'inondation, les dépôts successifs de sable et de limon, remplissant 'tous les basfonds, nivelèrent le terrain et en firent disparaître jusqu'aux dernières traces de la ville antique. Le souvenir même et le nom de Memphis tombèrent dans un si profond oubli que les voyageurs des trois derniers siècles n'avaient pu en retrouver la trace. C'est seulement depuis le commencement du siècle actqel que des reéherches bien dirigées ont fait reconnaître avec certitude l'emplacement de la capitale des Pharaons.
État actuel. — Quelques statues mutilées, quelques monceaux irvformes de pierres et de décombres au milieu des monticules, voilii tout ce qui reste de Memphis.
La statue colossale de Sésostris,
renversée sur le sol et mutilée dans plusieurs de ses parties, se voit encore au pied d'un monticule au S.-E. du village de Mi trahin, et non loin du Teîl-Monf.
La statue mesure 17 mèt. 97 de hauteur. Elle a été taillée dans un bloc de calcaire siliceux, pierre très-dure et susceptible d'un beau poli. Lo visage, qui sans doute
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nous a transmis l'image fidèle du grand conquérant, est d'un beau type et d une noble expression.
L'inscription en caractères hiéroglyphiques que porte le colosse est ainsi conçue: « Ranasès-Meïamoun, dieu-soleil, gardien de la vérité, approuvé du soleil. > On a aussi trouvé le poignet en granit rose d'une autre statue, qui, d'après les proportions, devait être haute de 18 à 19 inèt. ; c'est l'élévation d'une maison de quatre étages. Le fragment est aujourd'hui au Musée britannique, et la statue est peutêtre enfouie sous le sable et les alluvions.
De Memphis ou de Sakkarah, on revient ordinairement à Gizèh (3 h. 45). Peu de voyageurs poussent jusqu'aux derniers groupes de pyramides. Il est, en effet, plus facile de les visiter en se rendant au Fayoûm (V. R. 100) ou en remontant le Nil; la pyramide de Meïdoun surtout est digne qu'on fasse une halte de quelques heures à Rekka el-Kébir. Nous achèverons ici leur description pour épuiser le sujet.
8e Pyramides de Matanyèh et de Meïdoun. Ce sont ,sauf celles de Fayoum) les dernières de la vallée du Nil. Les premières sont à 31, la dernière à 44 kilom. de Sakkarah, directement au S. line des deux pyramides de Matanyèh présente exactement la même particularité de forme que nous avons signalée dans celle de Daehour.
La pyramide de Meïdoun est, sous ce rapport, encore plus singulière; c'eet moins une pyramide proprement dite (juc trois tours carrées à pans inclinés construites en retrait les unes au-dessus des autres, la dernière se terminant en pointe., ou plutôt en céne tronqué. Aussi les Fellah ne la désignent-ils oue sous le nom de Horam el-Kaadab, la fausse pyramide.
On a cru û tort que la partie inféde cette pyramide •'•tait un
[Koctp. M.]