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LE CHEMIN DF FER. — 1.1 CANAL

Chcnin de fer do Caire 1 Suei, di«Unre lî aille» angltia (193 kil.). Un d>part par j>-r pour les voyageur*. Trajet en .r> h — Lej inn <*ipre»a pour le tervief de la malle de fiait mettent ordinairement 3 heures. — prit : t" clai.r, 157 piastres (41 franc*;, •« ej. |0( p. (M franc*). 3e cl. 40 p. (10 fr. 50).

t'ne excursion à Suez est maintenant facile, grâce au chemin de fer commencé en 1855 et terminé en 1858. Le chemin court presque directement de 1*G. a IX, et s'écarte peu du tracé antérieur de la route de poste ; il ne présente que deux stations interna^ diaires, Robeki et Wabeid. La curiosité n'a rien perdu à cette accélération d'une traversée qui pre nait de 2 à 3 journées; car le désert aride et montueux qui sépare Suez du Caire n'a rien qui puisse arrêter particulièrement le regard du voyageur. « C'est une surface plate et sablonneuse, mais solidifiée par les pluies et balayée par les vents : elle présente au regard une croûte grise ou noirâtre assez semblable à un immense dallage en bitume. Les lits detorrents desséchés qui rayent eette surface ne sont pas plus profonds que les sillons dessinés par la pluie sur la poussière de nos chemins ; partout, du reste, la stérilité et le silence formidable du néant.

De temps h autre quelque! chameliers arabes s'arrêtent pour re« garder passer avec stupéfaction cette file de 40 wagons emportes vers la mer Rouge par une force invisible. De temps à autre un coup de vent vient soulever le sable. On n'a plus à redouter le formidable semoum, et cependant quand il souffle, le sable pénètre par les portières closes, comme si elles étaient ouvertes, les maJneure de cette pyramide tait un les, bien fermées en sont remplie'» rocher naturel que l'on aurait seu- les vêtements en sont tout imlement taillé et régularisé; lapvra- prégnés. * (G. Lejean, Voyage dan* mide entière estdc main d'homme. I l'Afrique Orientale. Tourdu Monde,

[Routi 163.] SUEZ.

1860, n° 83.) La masse noire-violette du (iébel- Attaka , qui se dresse sur la droite , annonce l'approche de Suez et de la mer Kouge; on passe près du fort d'Agerout, et un quart d'heure après on débarque sur la grève même en face du transit.

Suei (en arabe Sovwcis). — (JJcîtel de France, sur la place du marché aux grains; — à l'extérieur, c'est une espèce d'échoppe arabe, mais a l'intérieur l'industrie de l'hôtelier actuel a créé une locanda assez confortable ; — table, satisfaisante, prix modérés.)

La position de Suez a la tête de la bifurcation occidentale de Ja mer Kouge est bien connue. Son existence ne remonte pas bien haut: mais plus anciennement il y avait près de là un château appelé Glisma, qui défendait la sortie du canal de communication du Nil à la mer Kouge.

C'est actuellement un lieu fort

insignifiant, de 14 à 1 500 habitants; mais l'avenir que lui présage l'ouverture du canal de communication des deux mers, objet maintenant de tant de difficultés diolomatiques, lui donne un grand intérêt. Sa rade est vaste et sûre ; elle a de 5 à 13 m< t. d'eau sur un fond de vase molle d'une excellente tenue, et pourrait contenir 500 bâtiments de toute grandeur.

Malheureusement, elle manque d'eau potable; chaque jour elle en reçoit du Caire, par un train spécial qui se compose de wagonsciternes dont la partie inférieure est remplie d'eau, laissant au-dessus un espace libre, qui, au retour, peut recevoir des marchandises. Ces wagons sont construits en France.

« La ville a une enceinte irrégulière et misérable, quelques habitations modernes confortables, toutes voisines de la gare et du port, notamment l'agence anglaise du transit (Peninsu)ar Company), quelques mosquées sans caractère monumental; et deux ou trois places, dont la plus petite et la plus

pittoresque est celle du marché aux grains. A l^angle d'une ruelle obscure et sale qui mène au bazar, s'élève une maison d'un riche négociant grec, curieuse par son ancienneté. La dernière curiosité de Suez, c'est la maison qu'habita le général Bonaparte , quand il vint à la mer Rouge. Elle fait face à la mer. » (G. Lejean, ibid.)

On n'a guère d'autres distractions à Suez que de flâner sur la plage. 11 faut se rappeler seulement qu'elle présente des basfonds assez dangereux, et que la marée montante T'envahit avec une rapidité telle que l'imprudent promeneur peut se trouver submergé en peu d'instants. On se souvient que Bonaparte faillit périr de cette façon.

On aura souvent l'occasion d'y observer les effets du mirage.

« Tous les soirs, dit M. Lejean, j'étais certain de trouver le fort d'Agerout reflété dans les eaux d'un lac imaginaire. Un train vient a passer, la ligne noire des wagons, la ligne blanche de la fumée, se réfléchissent également dans la nappe limpide. »

De Suez au Sinaï, V. R. 150.

Excursion de Sue: à PHu*t, aujourd'hui port Saïd. — L'intérêt principul de cette eicursion nt actuellement de voir le tracé du canal des deui mers et de reconnaître l'état des travaux. Elle demande huit jours pour le moins, aller et retour; la distance directe de Suez à Péluse est ix très-peu de chose près la môme que de Suer nu Caire. On louera des chameaux à Suez et on se munira des provisions nécessaires pour tout le temps de la tournée ainsi que de tentes pour les stations.

Comme il n'y a pas là de service organisé, les voyageurs devront tout prévoir.

A 20 min. au Nord de Suez, quelques restes d'anciennes constructions gardent encore le nom de Tell-Kolxoum ; c'est l'emplacement de Clisma. Au bas de la hauteur, la rive du golfe montre des restes de l'ancien quai. A 1 h.

de la, on commence à reconnaître

ÉGYPTE

les premiers vestiges de l'ancien canal du Nil à la mer Rouge, dont la conception remonte au temps des Pharaons, mais qui ne fut achevé que sous les Ptolémées et auquel rempereur Trajan ajouta de nouveaux travaux. Ce canal avait sa prise d'eau à Babylon (le vieux Caire) et il décrivait une vaste courhe au N. par la vallée ou plutôt la dépression naturelle qu'on nomme le wadi-Toumtlât. Il arrivait ainsi au bassin des lacs Amers, à mi-chemin entre Olisma et Péluse, et de là descendait au S.-E. jusqu'à son débouché dans

[Routb m.]

que 1 on nuit en continuant d'en longer le bord occidental prend la même direction. A 7 h. ae l'emplacement supposé de Cambysns, vis-à-vis d'un lieu connu sou* le nom d'el-Ambak, des restes d anciens travaux indiquent une station importante, et les distances fournies par l'Itinéraire mènent précisément en cet endroit !i ville d'Arsinoë. que des textes mal interprétés ont fait chercher aux environs de la cote. C'est là que se terminaient les lacs Amer* proprement dits. A 1 h. 1/2 plus loin au N., les vestiges d'ancienne»

la mer Rouge. Une partie de ce constructions marquent l'emplacetracé inférieur de l'ancien canal ment du Sérapéum, ou temple du se confondra avec le nouveau J Sérapis.

canal maritime. — Près de l'en- Le phénomène du mirage est droit où noua reconnaissons ses tres-eommun dans ces lieux. M. Bartraces, on a trouvé une sculpture | thélerny Saint-Hilaire, dans set

persépolitaine , enfoncée sous le sable et qui doit, selon toute probabilité, appartenir à Darius, car c'est sous le règne de ce prince (500 ans av. J.-C.) que fut ouverte la portion du canal comprise entre les lacs et la mer. L'ancien lit du canal a une largeur considérable, 50 à GO mèt. ; ses berges, avec banquettes, n'ont pas moins de 5 à o* mèt. de hauteur. La trace du canal ne se perd qu'à la pointe des lacs Amers, à 16 kiL environ au N.

de Suez. Le canal éBit ouvert dans l'intérieur même des lacs; c'est aussi le tracé adopté pour le canal fu tur.

Le bassin maintenant desséché des lacs, dont le niveau est notablement inférieur à celui de Suez, marque l'ancienne prolongation du golfe jusqu'au centre de l'isthme.

L'aspect des lieux, la nature du sol. tout indique cette ancienne extension, par laquelle s'expliquent nombre de textes géographiques autrement obscurs et très-confus.

Longeant à l'O. la pointe S. des lacs Amers, on trouve, à 7 h. de Suez, un second monument per- •épolitain que l'on croit être sur le site d'une place de Gambysis mentionnée par Pline. Ici l'ancien lac s'incline au N.-O., et le chemin

excellentes Lettres sur l'Egypit. le décrit ainsi : *: De notre station d'el-Ambak, nous voyions, aussi distinct que si c'eut été la reaJiu, un lac paisible et fort large s'etendre au pied du mont Chébrewet.

Nous étions tout près d'aller v abreuver nos chameaux et y remplir nos barils. C'était le mirage et le brouillard du matin qui se combinaient pour produire ce magique tableau.

« D'autres fois nous découvrions à l'horizon des forêts entières, des villes admirablement construites, des murailles gigantesques, des montagnes énormes. En approchant, toute la fantasmagorie tombait pièce à pièce. La forêt devenait un bosouet de tamarisque* de 3 pieds de naut ; la montagne, un mamelon qui n'en avait gutre davantage. C'est que la transparence de l'atmosphère est prodigieuse dans un pays où il ne pleut presque jamais, où le sol est à

fieu près aussi sec que l'air, ou es nuages sont presque aussi rares que la pluie... »

A el-Ambak on voit reparaître les vestiges de l'ancien canal. A droite ou à l'E. de son lit, à l'opposite du Sérapéum , Chélkh-Enn£dek est une petite construction

DE SUEZ A PÉLISE.

[Kulik 103.]

en pierre élevée sur le tombeau d'un santon. Le tracé du nouveau canal, un peu à l'E. de l'ancien, passe au pied de ce monument de fa dévotion musulmane,. pour aller traverser le Uc Timxah (1 h. de Cheïkh-Ènnédekj , destiné à devenir un bassin central.

Ce lac est à peu près au milieu de l'isthme, à ini-cnemin de Suez à Péluse. Il est habituellement à soc. Il arrive cependant quelquefois qu'il se remplit, lorsque, dans de très-grandes crues, les eaux du Nil remontent jusnue-là par le wadi- Tournilàt. Les dunes qui bordent le lac ont près de 20 met.

d'élévation. A l'E. du lac, on voit les restes d'anciennes tranchées qui venaient s'embrancher avec le canal et se portaient dans la direction du N.

El-Gisr, à 2 h. N. du lacTimsah, est le point culminant de l'isthme.

De la le tracé du nouveau canal traverse une suite de lagunes, jusqu'à Tell-el-Hèr (10 h. d'el- Gisr) . lieu remarquable par une çrande quantité de poteries brisées, de briques et - de monceaux de décombres, tous indices d'un ancien site On y place le Magdalum de l'itinéraire Antonin et le Magdol de la Bible. Du haut de l'éminence occupée par ces ruines, Pu; il embrasse un horizon étendu.

Les ruines de Péluse sont à 2 h. 1/2 au N. d'el-Hèr. C'est là que le tracé des ingénieurs a placé le débouché du canal. La ville de Péluse fut autrefois importante; le prophète Kzéchiel la qualifie de < force de l'Egypte. ^ et les auteurs de l'époque romaine en parlent dans le même sens. Son nom égyptien, conservé par les Coptes, était Phéromt. Ce nom dérivait des terrains marécageux dont la place était entourée; le nom de Sin qu'elle porte dans l'Écriture n'en est que la traduction hébraïque, comme Pt:l»usion la traduction grecque (de r:///*,, boue). On sait que c'est près de Péluse, où il venait de débarquer, que Pompée, vaincu à Pharsale, fut lâchement

assassiné (48 ans av. J.-C.) par ordre du roi d'Egypte. La ville est entièrement ruinée ; quelques débns, quelques colonnes brisées, les fondations d'un fort sur un monticule, en marquent seuls l'emplacement, à 3 000 mèt. de la côte" où débouchait la branche Pélusiaque, aujourd'hui comblée par les alluvions. Un lieu contigu. que les Arabes appellent Farama, vient évidemment "du Phéromi des Égyptiens , de même que le château de Tinèh, qui touche aussi aux ruines de Pelusc, rappelle le Sin des Juifs.

La plage qui environne le site de Péluse et qui s'étend à 10.

jusqu'au lac Menzalèh, est une terre formée de limon, que le Nil couvre pendant l'inondation et que la mer envahit dans les grandes tempêtes. C'est ce qu'on nomme la plaine de Péluse. La mer y est basse et le fond s'incline par une pente très-douce ; il faut s'avancer a 20 kilom. au large pour trouver un fond de 10 mètres.

On pourra visiter en revenant au Caire, au S.-O. de Péluse, vers le centre de l'isthme, le lieu appelé Tell el-Masrouta, sur l'ancien canal des Ptolémées, à 4 h. à 10.

du lac Timsah. Ce lieu, remarquable par d'immenses quantités de poteries brisées, de fragments de granit, etc., répond, d'après les distances de l'itinéraire, à l'emplacement de la ville d'Héroopolis, l'antique Ramessès construite par les Hébreux dans la terre de Oessen, un peu avant le temps de Moïse. On y a trouvé une statue du grand Sésostris. — On peut de là suivre vers l'O. la direction du wadi-Toumilat, et regagner Zaggazig (V. p. 971) et le chemin de 1er par lequel on reviendra au Caire, si l'on ne préfère suivre l'ancienne route directe des caravanes, qui par (10 h.) les hauteurs d'Oum-Gammal aboutit à Birket el-Hag <7 h.), à Héliopolis et (4 h.) au Caire.

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