‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 469 sur 511 · D'ABOU-GIRGÊH A LA PETITE- OASIS · texte numérisé non relu

D'ABOU-GIRGÊH A LA PETITE- OASIS

La route la plus courte pour visiter la Petite- Oasis , et aussi la plus habituellement suivie, part d'Abou-Girgèh, en passant par Béhnésèh ; les Arabes donnent môme communément à l'oasis le nom do cette dernière ville, Wah el-Behnésèh. La route qui part de Médinet el-F.ayoum est plus longue de quelques heures. L'oasis est à

10. d'Abou-Girgeh en tirant un neu au S.; elle est au S.-O. du Fayoum. Les anciens distingueront cette oasis par la dénomination d'Oasis-Parva, par opposition a la Grande-Oasis do Thèbes qui est do 10 journées plus méridionale.

On se procure à Béhnésoh les chameaux nécessaires pour la traversée du désert. Ce sont trois fortes journées, à travers des solitudes sablonneuses qui peuvent donner une idée du Sahara. L'Oasis occupe une dépression pareille à une large vallée, que bordent des rochers plus ou moins escarpés. Des sources qui jaillissent du sol ont donné la vie à ce coin du désert. Aussi loin que s'étend l'influence des eaux vives, le sable s'est recouvert de verdure , la terre végétale s'est formée, et des bouquets de palmiers ont ombragé le sol, qu on a pu livrer à la culture. Partout ou il y a eu une source, il s'est formé une oasis.

Celle-ci renferme quatre lieux habités, qui se suivent de l'E. à l'O.

dans l'espace de 2 h. environ, Zabou, MarijcJi, el-Kasr et Bouïtti.

Maryèh n'est qu'à quelques minutes de Zabou, dont el-Kasr est éloigné d'une heure et demie.

Bouïtti est aussi très-prés d'el- Kasr. Ce dernier lieu est le plus peuplé des. quatre; on y compte 3500 habit. La population totale de l'oasis est d'environ 7000 âmes.

Toute cette population est arabe.

Une petite ruine près de Zabou, et les restes d'une construction de style romain a el-Kasr, sont les seules antiquités que renferme l'oasis. Elle possède plusieurs sources chaudes, dont la température est de 34° C. De pareilles sources thermales existent dans les diverses oasis de cette région de l'Afrique. On sait ce qu'ont rapporté les auciens des changements diurnes de température eue l'on erovait y avoir ooservés, 1 eau, disait-on, étant chaude à minuit, et froide à midi. Des expériences qu'on a futés à un petit bassin formé par la source de Zabou ,

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expliquent ces variations apparentes. Un peu après le lever du •oleil , l'air extérieur étant à 10°60 ('. (au commencement de février), l'eau a été trouvée à 23*. et tout à fait chaude à la main; i midi, l'air extérieur étant à 19".

l'eau était à 26°, et froide à la main ; à 9 h. du soir, l'air extérieur étant à 15°40, l'eau était à 25*£U, et chaude à la main. Ce n'est pas l'eau qui varie, c'est la température extérieure. L'oasis possède la plupart des productions végétales de la vallée du Nil, le riz. le blé, l'orge, le doura, le cotonnier et diverses sortes d'arbres fruitiers; mais ici, comme dans les autres oasis, la principale source de richesse, celle qui fournit uniquement à l'exportation, c'est le dattier. Sous Méhémet-Ali , l'oasis était imposée à 16 000 fr. environ.

A une journée de-Kasr vers le S. , sur la route de la Grande- Oasis, est la petite vallée d'W- II aïs, qui a des sources et quelques cultures. Cette vallée appartient aux gens d'el-Kaar et de Bouïtti, qui vont chaque année y faire la récolte. Quelques restes d'une église, avec une inscription copte, y rappelle l'ancienne population chrétienne.

A 3 journées plus loin, dans la même direction , l'oasis de Farafrèh , avec un village du même nom, compte moins de 100 habitants.

L'Oasis de Sitvah , l'ammonium des anciens, est à 7 ou 8 jours de la Petite-Oasis, dans la direction de l'O., en «'élevant un peu au N.

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