D'ABOU-GIRGÈH A SIOUT
(!9t kil., U h.)
Jusqu'à la station d'Abou-Girgèh, le voyage du Nil n'a présenté qu'un bien faible intérêt; maison entre maintenant dans la région où les ruines, comme les souvenirs, vont se succéder sans interruption, et où il faudrait s'ar-
[Rot tb 169.] KABOlMilKGKH A SUH T.
rèter en quelque sorte à chaque criant du toutes n vouli
pas si l'on voulait, ou si l'on pou vait voir tout ce qui est curieux et digne d'intérêt.
A près'Abou-Girgoh, on laisse à droite [2 h.) cl-Kaïs, l'ancienne Cynopolis, et k gauche [-2 h. Mil les carrières de Cheikh-Hassan, 3 h. 1,2 avant d'arriver à
Samaloud, (30 kil. d'Abou-Girgèh1, ville insignifiante, mais remarquable par un joli minaret qui s'elance gracieusement k une grande hauteur du milieu d'un bouquet de palmiers. I n peu audessus et presque vis-à-vis de Samaloud, non loin du village de Serarych, il y a un petit temple taille dans le roc, que le I>r Lepsius a signalé le premier en 18-13. Il fut dédié à la déesse Athor par Mène ph thés, fils de Ramsès Meïamoun (xi.\* dynastie). Dans cette partie de la vallée, en remontant jusqu'à Manfalout, les montagnes de l'E.
!>e terminent sur le lleuve même sans aucun intervalle. Entre Samaloud et Mmiéh, elles sont appelées Gébel et-Tair, la montagne île l'Oiseau. On rattache h ce nom une légende assez singulière, dont l<i trace se trouve déjà dans Elren.
Les fellah racontent que tous les oiseaux du pays se réunissent « h ique année sur cette montagne, «•: qu'après avoir choisi un d'entre • i\ pour y demeurer jusqu'à 1 riri'-e suivante, ils prennent leur volée vers l'intérieur de l'Afrique, d'où ils reviennent l'année suivante relever leur camarade de sa faction et en mettre un autre à sa place. Le Gcbel et-Taïr, qui s'élève à j>ic, plonge dans le Nil ses flancs noirs à la base, blanchissants au sommet, et remplis de cavités sans nombre. Sur le haut de celte montagne est perché le couvent de De'ir el-Atlra, couvent de la vierge, ou Deir Bakara couvent delà poulie. Toutes les fois que les moines aperçoivent une barque de voyageurs, ils descendent le long de la falaise par le moyen d'une corde et viennent à la nage implorer la chanté, en
leurs forces :
Baghchich christiani Khawadjis. Ces braves coptes prennent le bateau k l'abordage et se présentent en costume primitif.
A Tehnèh, v3 h. 30 de Samaloud, rive E.< il y a des restes d'une ancienne ville que, d'après une inscription grecque du temps de Ptolémée Kpiphane, on croit être Acoris;, et beaucoup de grottes tumulaires, les unes avec des inscriptions grecques, d'autres avec des inscriptions hiéroglyphiques.
En remontant un peu la vallée, on trouve d'anciennes carrières égyptiennes, qui ont (comme celles'de Torah) cet intérêt particulier, que des travaux poussés k divers degrés y laissent aisément reconnaître la méthode qu'employaient les Egyptiens dans l'extraction des blocs. On voit qu'après avoir égalisé horizontalement la surface du terrain qui rccélait la carrière, ils l'entouraient de quatre tranchées profondes formant un parrallélogramme, avec un de ses côtes ouvert pour faciliter l'enlèvement des pierres. Ils creusaient ensuite des tranchées parallèles k t» ou 7 pieds d'intervalle dans toute la longueur du parallélogramme, puis d'autres tranchées à angle droit avec les premières, de manière à diviser le tout en échiquier. Les tranchées ont à peu près 50 centimètres de largeur, ce qui permettait de les creuser aussi avant qu'on voulait. Pour enlever les blocs, selon l'épaisseur qu'on leur voulait donner, il n'y avait plus qu'à faire une coupure sur la lace verticale.
Minièh ou Minièt, selon la prononciation locale, est un hendèr ou ville à marché; en même temps c'est la capitale d'une province et la résidence du pacha, dont le palais esta une petite" distance de la ville du côté du N. Le marché se tient le dimanche. La ville a des bains et plusieurs mosquées. Dans une de ces dernières, on a employé des matériaux, notamment des colonnes, provenant d'une
EGYPTE
HO L TE lt5U. 1
construction de l'époque romaine.
Le nom copte de la ville est Mouné ou Tmôné, mot qui signifie la demeure, et d'où s est formé l'arabe Mimèh ou Miniet, que l'on trouve si fréquemment appliqué a des villages égyptiens.
Le cimetière de Miniêh est à 1 h. 12 au S. de la ville, sur la rive opposée (rive E.) du fleuve, au lieu appelé Zawict el-Meïtîn.
Cet emplacement de la nécropole de l'autre côté du fleuve est un usage qui remonte aux anciens Égytiens.
JCoum el-ahmar (la butte rou je), à 15 m. au delà du cimetière sur la môme rive, est un ancien site, avec quelques grottes sépulcrales.
Mais il vaut mieux se hâter d'atteindre Béni-Hassan que de s'arrêter a ces vestiges d'un intérêt secondaire. Cette localité célèbre est à (> h. environ i'22 kil.} audessous de Minièh.
Béni-Hassan a pris, dans les études archéologiques de l'Egypte des Pharaons, un intérêt qui à certains égards le dispute aux monuments de Thèbes. Ce sont des grottes tumulaircs creusées dans les rochers qui font face au Nil, à 3 kil. au N. du village actuel.
Une très-longue inscription hiéroglyphique, qui accompagne une des tombes, date du règne d'Ousertésèn l'r, de la xn« dynastie, entre 2500 et 3000 ans avant notre ère; aucun monument de Thèbes ne remonte à beaucoup près aussi haut. Le grand intérêt, et en même temps la grande importance de ces tombes, est dans les nombreuses représentations figurées qui les accompagnent. Ces peintures, qui couvrent le* parois des grottes, sont une représentation naïve et très-variée de la vie égvptienne, des occupations, et aussi des amusements des différentes classes du peuple à ces époques si prodigieusement reculées. Sous ce rapport, elles complètent les tableaux analogues qui se sont conservés dans les tombes voisines des pyramides de Gizèh.
Lescolonnes qui décorent l'entrée de quelques-unes des grottes (celles du N.) ont exactement la forme et l'aspect des colonne* doriques; dans les grottes du S., les colonnes se rapportent davantage à ce que l'on est habitué a regarder plus particulièrement comme le style égyptien. Lier que d'après leurs inscriptions les deux groupes contigus d'hypogées tumulaircs soient de la même date. Les sujets représenté»
dans les peintures se rapportent aux arts et aux métiers, aux travaux divers de l'agriculture et a l'élève des bestiaux, aux exercices militaires, aux jeux, aux luttes, aux amusements, à la danse, à la musique et au chant, à la navigation du Nil, aux occupations domestiques, etc. On y voit figuras un grand nombre d'animaux, ave»* leur nom constamment inscrit à côté. Enfin une scène curieuse qui se trouve dans J'avant-dernière grotte vers Je X,, représente l'arrivée en Egypte, sous le règne d'Ousertésèn, d'une nombreuse famille d'étrangers dont le nom est Aam dans l'inscription correspondante, nom qui désignait un peuple nomade de l'ancienne région de Canaan, peut-être les Ammonites de la Bible. On a là sous les yeux une scène patriarcale quf fait songer à Jacob et à ses fils, bien qu'elle ait précédé de plusieurs siècles l'immigration do la famille de Joseph. Ce n'est pas le chameau qui, dans le tableau de Béni-Hassan, accompagne la famille immigrante et sert de béi^ de charge : c'est l'àne.
Revenant au S. vers le vill. de Béni-Hassan, on ira visiter ;à20m.) dans une petite vallée qui s'ouvre
Eresque vis-à-vis du village, de elles excavations que les gens du pavs appellent KstabèUAntar, et que les archéologues européens désignent sous le nom de Speos Artémidos (la grotte de Diane C'est un petit temple creusé dans le roc, et dédié a Pacht, une des •formes de la déesse lunaire. Il est
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précédé d'un portique formé d'un double rang de colonnes carrées, en partie détruites. Le naos est un quadrilatère de 1 mètres à peu près dans les deux sens, avec une niche dans le mur du fond , probablement pour l'image de la déesse à téte de lion. Les sculptures les plus remarquables sont celles du mur intérieur du portique. Elles représentent le roi Thoutmès III (xviii" dyn.) offrant un sacrifice à Pacht et a Thoth. Le temple est du règne de ce prince (vers 1600 av. J.-C.) . bien qu'on y lise aussi le nom d'Osireï, un de ses successeurs dans la même dynastie, qui y ajouta sans doute quelques ornements.
Kn revenant du temple vers le village , on rencontre plusieurs grottes tumulaires. L'une d'elles, avec une inscription grecque, est du temps de Ptoléméé Lagus, gouverneur d'Alexandre le Grand.
Le lieu appelé Sakçit-Mouçah (7 kil. rive O.), à 1 h. 1/î au-dessus de Béni-Hassan , marque le point de séparation de l'Egypte moyenne, que l'on vient de parcourir , et de la haute Egypte où l'on arrive. Il est remarquable que cette partie du fleuve est aussi le point extrême au-dessous duquel on ne rencontre plus le crocodile.
Antinoô (10 lui. rive E.) Cette ville fut fondée par l'empereur Adrien, vis-à-vis de l'endroit où Antinous, 3on favori, se noya dans le Nil. Au milieu des maisons de limon et sous les magnifiques palmiers duvillage de Cheikh- Abaddi-h, s'entassent les ruincsd'Antinoë. 11 ne reste plus guère que le théâtre, près de la porte du S., l'hippodrome, à TE., en dehors des murailles, et quelques vestiges de constructions qui marquentencore la direction de quelques rues. La rue principale, qui conduisait au théâtre, près de la porte du S., a près de 1 kil. de longueur en ligne droite. Elle était Dordée à droite et à gauche d'une double galerie couverte soutenue par des colonnes. Une autre rue centrale,
BENI-HASSAN. - ANTINOE. 1025
qui coupe celle-ci à angle droit, allait du quai à la porte orientale.
Elle était de même bordée d'arcades et embellie de monuments.
Vers l'extrémité E. , des restes considérables doivent marquer l'emplacement d'un temple. On remarque aussi des coupoles antiques appartenant à des bains, un autel votif renversé, et les jambages d'un arc de triomphe. Il y a vingt ans on voyait encore un temple, l'arc de triomphe et une partie de la colonnade. Toutes ces ruines ont été malheureusement exploitées par les Turcs depuis le commencement du siècle actuel, pour les convertir en chaux, vandalisme quia également anéanti,dans toutal'étcndue de l'Egypte, une immense quantité de monuments en pierre calcaire. Ibrahim employa ces pierres pour bâtir la manufacture de Roda. Le wadi qui s'ouvre immédiatement au N. des ruines conduit aux couvents de Saint-Antoine et de Saint-Paul, dans le désert oriental.
Roda, vis-à-vis d'Antinoë , sur la rive opposée, a des monticules kqui annoncent un ancien site. Elle possède de nombreuses fabriques fondées par Ibrahim- Pacha. Vers l'O. de ce village, à 2 h. de distance dans l'intérieur , le village d'Achmounein occupe l'emplaeecement d Hermopolis Magna, dont le temple' et les tombeaux sont à visiter.
A 1 h. 40 min. (8 kil.) de Roda , en remontant larivière, et un peu après avoir dépassé Déir en-Nakhl, ou le couvent des Palmiers , on laisse à dr. (rive O.) , le bourg do Rcramôn, qui possède des raffineries de sucre, et a 30 min. duquel, dans l'intérieur vers le S.-O. , est la petite ville de Mellawi , cheflieu de province, où se tient un marché tous les dimanches. Des hauteurs dominent de très-près la rive opposée, et y forment comme un promontoire. Dans l'étroite vallée qui contourne le-N. de ces hauteurs, derrière le village d'E/- Berchèh, se trouvent de très-belles
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grottes tumulaircs. Parmi les scènes figurées dans les peintures murales, on remarque la représentation d'un colosse transporté sur un radeau. Ce tableau est un de ceux qui font connaître la manière dont les Egyptiens déplaçaient les grandes masses. L inscription se rapporte au règne d'Osertésèn II, de la douzième dynastie [au moins 2500 ans avant notre ère.)
Quaud on a suivi la partie du fleuve qui contourne le promontoire dont il vient d'être question, on arrive, à 2 petites h. (7 kil.) de Mellawi, en vue du tumulus et du village de
Tell el-Amarna. — Les grottes d'Kl-Amarna, creusées comme toujours dans la pente "des rochers qui dominent la vallée, sont doublement intéressantes par la nature et le sujet de leurs peintures, et par les indications qui en ressortent pour l'histoire religieuse de l'Egypte vers la fin de la dixhuitième dynastie.
Ces grottes *ont au nombre de douze, sur lesquelles six sont restées à l'état d'ébauche. Une particularité qui a frappé tout d'abord les égyptologues qui en ont examiné les représentations intérieures, c'est qu'aucune des images habituelles qui président aux rites funéraires ne se trouve ici. Une seule divinité s'y présente, et toujours sous la même forme, sous la forme du disque solaire , d'où partent de nombreux rayons terminés par autant de mains ouvertes. Celte main est celle du dieu qui tout h la fois répand ses bienfaits sur le monde et reçoit les offrandes des mortels. Une seule légende, toujours la même, accompagne le disque solaire; elle est ainsi conçue, dans son style hiéroglyphique : Atênré ^ dans la montagne du ciel, Aténré , seigneur du ciel , seigneur des célébrations religieuses, Aténré , qui réside dans la montagne solaire. Le pharaon, ayant près de lui la reine, entoure de sa cour et suivi d'un nombreux
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cortège, présente des offrandes au dieu. Parmi ces offrandes , les fleurs sont au premier rang. Elie* décorent toutes les parties du temple, elles sont dans les mains de tous les membres de la famil »
du roi. Des hymnes sont adressas au dieu, accompagnés du son de* harpes. Dans quelques-uns de* tableaux, on voit représentée, comme à vol d'oiseau, 1 habitation royale; on en distingue, inaigre la dégradation partielle , les portiques et les propylées, les cours, les appartements" intérieurs * les jardins, toutes les parties, en un mot, de ces vastes et somptueuses demeures. Le style est d'une belle époque de l'art; la plupart des ligures ont une pureté et une finesse de contours très -remarquables.
Certaines figures même, par la mollesse et l'abandon des poses, s'éloignent beaucoup de la roideur traditionnelle Je l'art égyptien. On remarque surtout, sous ce rapport, une image de la reine assise qui tient à la main droite une coupe que remplit une de ses femmes. Parmi les scènes figurées dans les peintures, il y eu a aussi qui se rapportent à des expéditions militaires. Des colonnes de captifs enchaînés sont amenées devant le prince, avec rémunération des tributs envoyés par les peuples vassaux. Le nom du prince se ht Bakhn, mot qui dans les listes de Manéthon n'a d'analogie qu'avec l'Apakhnasde la 1» dynastie des Hyksos (la x\u* des listes), et l'on a cru remarquer en outre, dans la physionomie que 1 artiste a donnée au roi et à ceux oui l'entourent, quelque chose qui diffère notablement du type égyptien tel qu'il est habituellement exprimé dans les peintures et dans les statues. Ce qu'on regarde du moine comme tout à fait certain, c'est que le Pharaon, sous lequel furent creusées ces grottes, voulut substituer le culte seul du soleil aux cultes multiples de la nation égyptienne , mais que ce grand chau gement lui survécut peu, et que
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par une réaction, oui n'est pas la seule de ce genre dans l'ancienne histoire de l'Egypte, les prêtres effacèrent son nom et celui de ses trois successeurs de la liste des rois consignée aux archives des temples. Un autre point qui parait égajement hien établi, c'est que le roi Bakhn, quelles que soient son origine et sa place précise dans la série des Pharaons, vécut à une époque ou voisine ou contemporaine de la dix-huitième dynastie, celle-là même qui expulsa les rois pasteurs environ 1G00 ans avant l'ère chrétienne. Les six hypogées terminés de Tell el-Amarna sont les tombeaux de grands fonctionnaires du roi Bakhn (qui prend, dans les cartouches,- le nom ou titre honorihqqe de Chounatén , «. Splendeur du disque solaire »); deuxde ces tombes appartiennent à desdamesdela maisonde la reine.
Des puits, des escaliers et des galeries souterraines aboutissent aux caves sépulcrales. Il y a longtemps que ces grottes ont excité l'admiration des visiteurs; car une ancienne inscription grecque tracée par un curieux exprime la surprise que lui cause l'habileté de l'artiste sacré, 7î/vt(v OocujxaÇov tùjv Uf»wv XotOTÔp.(ov .
D'autres restes curieux , entre les hauteurs et la rive du fleuve, sont ceux d'une ancienne ville d une étendue considérable , tout près du village de Tell el-Amarna, au S.
Les constructions étaient en pierre calcaire, ce qui lait qu'elles ont toutes disparu, sauf quelques débris informes. Plusieurs maisons en briques crues se sont mieux conservées , et on en peut encore reconnaître la distribution originaire. M. Wilkinson, en 1821, y a trouvé une statue portant le cartouche du roi Bakhn. On a supposé, sans raison bien péremptoire , que ce prince avait fait de cette ville sa capitale. On l'a aussi identifiée, en se fondant sur les distances, avec la Psinaula de l'Itinéraire romain. •
Dans la vallée qui borde au N.
AH. — MAABDÈH. 1027
les hauteurs de Tell-Amarna , on a trouvé une ancienne carrière d'albâtre.
Sur la rive opposée, le village de Tanuuf, à l h. de la rive et à égale distance au S. de Mellawi, est regardé comme représentant l'ancienne Tanis superior, d'où deux dynasties tirèrent leur désignation, la xxie et la xxni* (entre 1110 et 721 avant J.-C.) Cette identification n'a du reste pour base que le rapprochement des noms.
On continue de longer le pied des montagnes arabiques, où se trouvent des excavations et des ruines qui n'ont plus d'intérêt après celles que l'on vient de quitter. Il y a une raison physique qui explique pourquoi les habitants de la vallée de 10. ont, à toutes les époques, choisi la rive orientale pour y creuser leurs nécropoles : c'est que ce coté do la vallée, par son élévation, est seul à l'abri des débordements du fleuve.
A 4 h. environ au-dessus de Tell- Amarna, on laisse a dr. la prise d'eau principale du Bahr-Youçcf , que l'on a rectifiée et consolidée depuis 40 ans par des travaux d'art. La dérivation originaire de ce canal naturel est beaucoup plus haut dans le S. Mais dans cette partie méridionale on lui donne le nom de buhv es-Sohag ou Sohaghièh. C'est aussi vers ce point que l'on commence à voir le oalmier doum, arbre • qui devient de plus en plus commun à mesure qu'on avance dans la haute Egypte.
Maabdôh (rive E. 3G kiL). A 1 h.
E. de ce village, et derrière la chaîne arabique, on va visiter les curieuses grottes des crocodiles qui jusqu'à présent sont peu connues, et qui ont été rarement visitées par les voyageurs.
La véritable entrée de ces nécropoles, réservées exclusivement aux crocodiles, n'a pas encore été découverte. On descend par un puits de 4 mèt. de profondeur dans un labyrinthe do cavernes naturelles où il faut souvent ramper
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pendant plusieurs minutes. Elles sont remplies de milliers de crocodiles de toutes les grandeurs, embaumés et enveloppas de bandeletles. Les petits crocodiles sont réunis par paquets do vingtcinq. Quelques-uns des grands crocodiles mesurent 7 m. de long.
On trouve également un grand nombre d'œufs de crocodiles. Un voyageur anglais a découvert il y a quelques années dans c es grottes un fort beau casque de l'époque romaine. — Pour cette excursion, que nous recommandons aux voyageurs, on doit se munir d'une lanterne; il y a quelques années, un voyageur et deux Arabes périrent «l'une manière terrible ; le Uambeau qui les éclairait commu- - niqua le feu aux débris de linge des momies et coupa la retraite a ces malheureux, qui, acculés dans une tissure, furent asphyxiés et complètement carbonisés; on les voit encore. Cette visite est assez fatigante, à cause de la chaleur intolérable qui règne dans ces grottes, et des milliers de chauvessouris qui viennent au-devant de la lumière et se heurtent contre les voyageurs.
Manfalout, à 9 ou 10 h. (40 kil.
Rive O.) de Tell-Amarna, est une capitale de province et un bendèr ou ville à marché. Elle est d'uiîe assez grande étendue. On y trouve un bazar et un bain public; le marché se tient tous les dimanches. La résidence du gouverneur est à l'O. de la ville. Manfalout a beaucoup souffert des empiétements du Nil, qui ne cesse pas de la menacer. On trouve à Manfalout un médecin français.
Le village de B(n-AH, à 2 h. de Manfalout vers le S. , sur le Sohagh, au pied des montagnes Libyquos, est le point de départ habituel pour Toasts de Dokhlèh , quand, on s'y rend directement du N. La distance est de fi journées au S.-O. à travers le désert.
fVoy. R. 17-20
Entre Manfalout et Siout, le Nil décrit plusieurs courbes considé-
»TE. iRowTH 160.
rables ; aussi la route par eau estelle de l'i kilom. , tandis que enterre elle est d'un tiers pa* courte. Dans cet intervalle, les escarpements de la chaîne oriecftale s'éloignent du fleuve, et, par contre, ceux de la chaîne occidentale s'en rapprochent, surtro.
auprès de
Siout (42 kilom. Rive O.). Cette ville est aujourd'hui la plu» importante de toute la haute Egypte. Elk en a été longtemps la capitale aujourd'hui elle est le chef-lied'un des deux gouvernement qu'on a formés du Saïd, et qoi comprend les provinces de Mellawi.de Siout, de Tartha. de Sohag et de Girgèh. Siout est à 10 mm.
de la rivière, où le village d'El- Hatnra lui sert de port. Elle a plusieurs bazars très-bien fournis, des bains publics, de beaux jardin* dans son pourtour dans et ses environs, 15 mosquées, dont l'une attire l'attention par l'élévation de son minaret. La ville est divisée en quartiers fermés , comme îe Caire. Le palais, bÀti par Ibrahim- Pacha , est surtout remarquable par l'étendue et la beauté ne ses jardins. Le marché , ici comme partout, se tient le dimanche. On estime la population a 20 000 âmes, dont un millier de Coptes.
Siout a succédé à l'ancienne Ly- COpolis, dont les seuls vestige», aujourd'hui, sont les monticules sous lesquels sont enfouis tes décombres. Comme les hauteurs de l'O. ne sont qu'à 20 min. de 1»
ville, c'est la que fut placée l'ancienne nécropole. Les grottes sort nombreuses; mais elles n'ont nen de particulièrement curieux : k-ur très-haute antiquité , révélce par cjuelques noms de rois qui v sont inscrits, fait leur plus grand intérêt. Le cimetière moderne est au pied de la nécropole, du côté Ju N. Des chaussées, qui rayonnent dans toutes les directions, maintiennent les communications libres entre la ville et ses environs, môme pendant l'inondation.
Siout dort surtout sa prospérité
(Routb 170.1 SIOUT
au commerce du Ddrfour. dont elle est l'entrepôt. La caravane annuelle du Dârfour, qui apporte principalement de l'ivoire, se compose de plusieurs milliers de chameaux.
C'est souvent de Siout que partent ceux des voyageurs qui vont visiter la Grande-Oasis. [V. R. 172).