PHIL.E
est sous la grande porte du premier pylône. Dans un autre endroit de l'intérieur du temple, les membres de lacommission scientifique, qui, à cette époque, explorèrent 1 lie de Philae, ont inscrit, d'après leurs observations, la position astronomique du monument, latif.
N. 24" 3' 45", longit. E. du méridien de Paris 30° 15' 28". Ces chiffres ont été un peu modifiés par la révision des calculs. Les véritables ordonnées sont 24° 1' 34'' pour la latit., 30° 34' 16" pour la longitude.
Dans une des chambres latérales du fond du temple s'ouvre un escalier qui conduit à la terrasse.
Une de ces chambres contenait la bibliothèque. On lit au-dessus de la porte, en caractères hiéroglyphiques : « Ceci est la bibliothèque de ta déesse Saff la grande gardienne des livres d'Isis , qui dispense la vie. » Le petit temple latéral du côté O. de la cour porte les cartouches de Philométor Ier et d'Évergète II. Devant le premier pylône, des obélisques et des lions de granit rouge sont renversés et brisés.
L'arc de triomphe, dans la partie orientale de 1 île, est du temps de Dioclétien. Près de là, la petite construction qu'on appelle le kiosque porte le cartouche de Tibère. Les deux colonnades du S.
de l'île, qui formaient comme l'avenue du temple, sont également du temps des premiers Césars. L'Ile presque entière fut entourée d'un quai, dont le principal débarcadère était à TE.
La grande déesse de l'île était Isis, que les inscriptions hiéroglyphiques appellent « maltresse et souveraine d'Ilak et des provinces du Sud. » Ilak est le nom égyptien de l'ile, et, avec l'article, Pilak:
C'est de là que les Grecs ont par altération formé çtXat. Les Arabes la désignent communément sous le nom de Géziret el-Birbèh, l'ile du Temple, et, quelquefois, d'après une de leurs légendes, Anâz-tU Vogoud, les Délices du roi Vogoud.
1082 ÉOY
Les inscriptions de toutes les époques que l'île renfenrie, égyptiennes, éthiopiennes, grecques, latines et coptes, mettent à môme de suivre et de restituer l'histoire de ce coin consacré de l'Egypte. On ne voit pas l'Ile mentionnée avant le premier Nectanèbos (378-360), sous lequel fut élevé son premier temple, tandis nue bien des siècles auparavant l'île beaucoup plus grande qui l'avoisine à l'E. (Bighèh) était renommée pour sa sainteté. A partir de Nectanèbos, l'antique sanctuaire de l'Ile Bighèh cesse d'être le centre exclusif du culte d'Isis sur ce point de la frontière égyptienne, etc'est Pilak ou Philae qui prend le premier rang. Un siècle plus tard, le grand temple est bâti par Ptolémée Philadelphe, et ses successeurs y ajoutent de nouvelles constructions ou de nouveaux embellissements. Les Césars, et principalement Tibère, continuèrent l'œuvre des Ptoléraées. Le culte d'Isis se maintint à Philœ jusque dans les premiers siècles du christianisme ; une inscription grecque de la chambre d'Osiris, sur la terrasse du grand temple, prouve qu'en l'année 453 de notre ère, soixante ans après le célèbre édit de Théodose, la déesse Isis avait encore ici son collège de prêtres. C'est vers le milieu du TV siècle q^ue le christianisme dut enfin abolir les pratiques et peu à peu le souvenir de l'ancien culte. Le temple se changea en église, et les sculptures païennes furent couvertes d'une couche de limon du Nil. En 577, l'évôque Théodore plaça le • temple d'Isis sous l'invocation de saint Étienne. Une autre église copte fut construite plus tard vers la pointe N.-E. de l'Ile, là où dut surtout s'étendre ce que le rhéteur Aristide, qui visita l'Egypte dans le ïic siècle de notre ère, appelle la ville de Philœ. Le culte enrétien a disparu à son tour de-
TE. [Roî-t* 1T€
vant la propagation de l'islamisa?
Un très-petit nombre de familV barabra forment maintenant |j seule population de l'île.
L'île rocheuse de Bighèh fait face à Philœ du côté de l u est riche en inscriptions qui remontent jusqu'à des temps trè?anciens de l'histoire d'Egypte. Se:
nom hiéroglyphique est Senurw sa divinité protectrice est Noua- Ka, le dieu à tête d'épervier. e; avec lui la déesse Hathor. Le* auteurs des inscriptions sont poor la plupart de hauts fonctionnaire* du gouvernement pharaonique préposés au gouvernement de 1* terre de Kousch, c'est-à-dire k l'Ethiopie des Grecs, qui est la Nubie actuelle. Une statue «
granit rouge est du temps d'Amtsotep II, de la* dix-huitième dynastie (1577-1546). Les mention* de son second successeur Amtr hotep III (Aménophis dans U transcription grecque de Marathon) sont fréquentes. On voit par là que, dès cette époque reculée l'Ile de Sénem était reçard.T comme un lieu saint et un but de èlerinage. Néanmoins le tempk ont l'île renferme les restes, n= date que d'Évergète I* le trosième Ptolémée $47-222).
La consécration religieuse de cet archipel voisin de la première cataracte remonte même à de* temps bien antérieurs à la itiw dynastie; cardans une troisième île voisine de Bighèh, Konosso k nom est Kencs dans les hurogU plies), on a trouvé le nom de Neièrhotep, de la xnt« dynastie.
Avec des bateliers habitués i cette navigation, on peut revenir par eau ^le Philœ à Eléphantine en longeant la rive gauche, seulement la rapidité du courant a quelque chose de fait pour intimider. La barque qui a mis S kpour remonter d'Assouân à PhiU1 (8 kil.) est emportée en 40 min. de Philœ au port d'Assouân.