ACROPOLE
avaient seulement rasées à neuf ou dix pieds au-dessus du sol. Au lieu de les reconstruire, les Grecs préférèrent enlever la terre qui cachait leurs fondations. Ils reprirent ces fondations en sousœuvre jusqu'au rocher, sur lequel elles reposent aujourd'hui. La partie supérieure des tours appartient en effet par sa construction à la plus belle enoque de l'art grec, et remonte probablement à Conon.
La partie inférieure a été, au contraire, remaniée, exhaussée, au temps de Valérien. * — Ce travail, ce nouveau niveau donné au seuil de la porte et au sol extérieur, avait nécessité l'abaissement du sol intérieur d'env. cinq pieds. Il fallut tailler dans le palier une brèche, en face de l'entrée, et entasser dans ce petit espace sept marches roides et étroites. C'est en elfet ce que démontre l'aspect dos lieux et la coïncidence du palier intérieur avec la base ancienne des tours , ainsi qu'avec le niveau du dallage intérieur de la tour méridionale. Malgré la précipitation apportée a celte reconstruction, IVnoque relative de décadence où elle s'accomplissait, la belle ordonnance de cette porte
; dorique , son harmonie avec la façade des Propylées, permet de supposer qu'on suivit l'ancien
1 plan de Mnésiclès, encore présent li la mémoire des architectes de l'époque , et peut-être qu'on se servit d'une partie des matériaux anciens. M. Beulé présume même que les tours elles-mêmes étaient couronnées par une frise dorique, et répondaient ainsi aux deux ailes des Propylées : des fragments d'une frise semblable ont été trouvés alentour. La disposition des tours est aussi remarquable.
Chaque tour n'a d'antique que trois de ses côtés . ceux nui regardent le dehors de la citadelle; le quatrième coté, qui regarde le dedans, est plus moderne, et n'a jamais existé dans le plan primitif.
C'étaient en réalité des bastions creux, au sommet desquels on arri-
IttOUTK 3.]
vait par un chemin de ronde ménagé derrière les murs et les créneaux ; car il n'y a aucun vestige d'escalier.— L'ancienne entrée de l'Acropole subsista dans cet état, au moins jusqu'à l'invention des armes à feu ; car on retrouve des traces de balles aplaties sur le mur de marbre.
L'escalier des Propylées. — Les 7 premières marches qu'où rencontre après avoir franchi la porte ancienne de l'acropole, ne sont, comme nous l'avons dit, qu'un remaniement fait sous Valérien, et c'est seulemcntau palierqui les surmonte que commence véritablement l'escalier des Propylées; de lft on peut saisir les vraies proportions du monument. L'ouverture de l'escalier est de 23 m., égale par conséquent à la façade des Propylées. 11 était encadré à droite et à gauche par des murs de rampe revêtus de marbre blanc.
Son développement en longueur est de plus de 33 m. Entre sa base et la base d^s Propylées, la différence du niveau est de 15 m. Tout cet espace a été couvert de marbre pentélique. La hauteur des marches varie entre 19, 20 et 21 centim., leur largeur entre 40 et 42. L'escalier est divisé en deux moitiés, ou plutôt en deux systèmes bien distincts, par un vaste palier qui commence au pied du temple de la Victoire. Ce palier avait plus de 4 m. de largeur. Il présente encore un fragment considérable. M . lîeulé a dû toutefois faire soutenir les dalles par un petit massif de maçonnerie. Au-dessous du palier, on comptait 26 marches; elles sont continues et remplissent tout l'intervalle entre les deux rampes. 12 seulement sont encore en place; les 4 premières seules sont entières; c est du côté droit que l'escalier s'est le mieux conservé, parce qu'il est établi sur le rocher. Vers le N. au contraire le rocher plonge rofondément, de sorte qu'au n Age on avait converti en «e ce coin de l'Acropole. On
y a trouvé un nombre considérable d'ossements. Au dessus du grand palier central, il y avait 38 marches, interrompues en face du grand entre-colonnement des Propylées pour faire place à un chemin creux formé par des dalles de marbre profondément striées, et qui suivent la pente générale en s'élevant les unes au-dessus des autres par un léger degré de 4 à 5 centim. Dans cette partie il ne restait plus que 5 fragments de marche. L'escalier qui existe actuellement est uue restauration moderne; l'escalier ancien était lui-même une restauration romaine faite du temps d'Auguste ou d'Adrien. Mais l'escalier existait nécessairement dans le plan de Mnésiclès, l'architecte des Propylées, et ajoutait au grandiose ae cette entrée de l'Acropole. Les travaux des âges suivants, loin d'avoir complété ou embelli la conception primitive, n'ont servi qu'à en détruire l'harmonie. Tel est cet immense piédestal d' Agrippa (lettre E;, q^ui interrompt l'alicnement et s avance sur l'escalier.
Le piédestal est en marbre de l'Ilymctte; il est haut d'env. 9 m.
et large de 4. Il supportait une statue colossale, érigée par les Athéniens au gendre d'Auguste, Agrippa. Son nom est inscrit sur une des faces, et la date est celle de son 3« consulat. Cette statue colossale devait écraser les Propylées.
Il reste à expliquer pourquoi l'escalier était divisé en deux parties inégales, ou plutôt en deux systèmes différents; pourquoi audessous du palier central les degrés sont continus; pourquoi audessus ils sont interrompus par un chemin creux. Outre l'avantage de coupcrla monotonie d'un escalier de 64 marches, le grand palier n'avait pas dû sa position au hasard : les exigences mêmes des lieux l'avaient déterminée. Il recevait en effet deux entrée? latérales de l'Acropole : au S., le chemin pélasgique déjà décrit, qui débou-
[Kui Th 3.
chait sur lé palier au pied du temple de la Victoire : c'est par là que montaient les victimes et les bêtes de somme, pour lesquelles on avait ménagé le chemin creux au milieu de 1 escalier supérieur ; leurs pieds ne pouvaient glisser sur les dalles de marbre profondément striées. M. Beulé a démontré surabondamment que ce chemin creux n'avait jamais pu donner passage aux chars des fêtes panathénaïque's, et encore moins aux chariots qui auraient transporté sur le plateau de l'Acropole les statues et les blocs de marbre nécessaires à la construction des monuments postérieurs à PéricJes : la pente était trop rapide, et le passage qui traverse le vestibule des Propylées trop étroit ; iU n'auraient pu y passer sans danger pour les marbres et les colonnes de cet admirable monument. Du côté du N., le grand palier communique avec un petit escalier taillé dans le rocher, fûlwr de Fan, qui sortait de l'Acropole à l'angle N.-O. près de la petite grotte de Pan et a Apollon, mentionnée par Pausanias, et audessous de laquelle se trouve la fontaine Clepsydre. (Voir sur le culte de Pan, route 4, exc. 6, B.
On voyait encore à ciel ouvert, i y a liô ans, un certain nombre de marches de cet escalier taiib'es dans le rocher. En 18*22, lorsque les Grecs furent assiégés par les Turcs dans l'Acropole, pour prévenir la disette d'eau, ils enfermèrent dans un bastion la fontaine Clepsydre et l'église des Sts- Apôtres, où elle se trouvait. Alors l'escalier de Pan, couvert d'une voûte grossière et enterré sous les décombres et les constructions, devint souterrain. Néanmoins, on voit encore le rocher qui forme
ATHENES. -LUS PROPYLEES.
un passage large d'un mètre env., et soutient la maçonnerie moderne. La petite église des Sts- Apôtres est couverte de peintures
f-rossiëres, criblées de balles par es Turcs. L'eau de la fontaine Clepsydre a un goût légèrement
saumâtre, comme dans l'antiquité; les Athéniens croyaient qu'elle communiquait avec la mer.
Les Propylées. — « Lorsqu'on voulut donner à l'Acropole une entrée digne des monuments qu'elle contenait , l'architecte Mnésiclès imagina un plan simple à la fois et plein de grandeur.
Sur la hauteur, un mur percé de 5 portes, voilà le fond et le moût principal. Un vestibule et un portique de la même largeur le précèdent. Deux murs parallèles le coupent à angle droit et forment les côtés du vestibule. A droite et à gauche, sur des terrasses qui les soutiennent au même niveau, deux ailes s'avancent pour encadrer de leurs portiques parallèles la face principale. Entre-t-on sous le portique par le chemin du milieu, on Je trouve bordé de chaque côté par trois colonnes ioniques qui divisent le vestibule en deux moitiés et forment à la porte principale comme une élégante avenue. Au-delà des portes, uu quatrième portique regarde l'intérieur de l'Acropole; semblable au premier, mais moins profond, et par conséquent sans vestibule. »
Les Propylées, construitesentièrement en marbre pentélique, furent commencées en 437 avant J. C. et terminées en 5 ans. Elles ont excité l'admiration universelle de l'antiquité, et elles étaient préférées même au Parthénon; c'était un monument purement décoratif, une entrée splendide à cette enceinte de l'Acropole désormais réservée aux dieux. M. Beulé a démontré surabondamment, contre MM. Leake et Burnouf, qu'elles n'avaient jamais pu avoirun caractère militaire ; la grande entrée découverte par notre habile antiquaire suffisait à la défense. Ce n'est que par une erreur grossière que d anciens voyageurs ont pu les prendre pour un temple. Les Propylées s'étaient conservées presque intactes jusqu'au xiv° siècle. Les ducs d'Athènes furent
probablement les premiers qui j«,«s gâtèrent pour en faire un château fort: ifs élevèrent de nouveaux étages sur l'aile septentrionale, et démolirent en partie l'aile méridionale pour construire la tour qu'on voit aujourd'hui.
Sous les 1 urcs, le grand vestibule fut couvert d'un dome épais; il devint un dépôt d'armes et de poudre, et la demeure de l'aga.
En 2656, la foudre mit le feu à ce magasin à poudre, et le monument sauta. Cependant la plus grande partie des Propvlées résista à l'ex-
Îdosion. La couverture du vesti- • ule fut emportée ; les tuiles, les caissons de marbre volèrent au
(îkKC'K. lKoute3.]
devait s'harmoniser avec le dorique de la façade. Un grand nombre de fragments des poutres de marbre de l'architrave sont dispersés autour des Propylées; mais il en est un qui peut en donner une idée exacte. Quoique brisé, ses parties ont été raccordées et servent de piédestal, dans le veatibule même, à quelques tuilei, inscriptions et autres débris, recueillis dans ce musée provisoire.
La mesure de cette architrave est de 6 m. 50. Les 5 portes du fond restent encore, exhaussées sur 5 degrés, le dernier en marbre noir d'Eleusis. La porte du milieu est d'un tiers plus grande et plus
loin; la plupartdes architraves de J haute que les portes de droite et marbre, longues de -20 pieds, sou- j de gauche. Les deux portes des
extrémités vont elles-mêmes dé-
levées seulement par la force de la poudre , tombèrent à terre où elles se brisèrent; deux colonnes ioniques furent détruites ; les autres restaient debout, ainsi que la façade et son fronton. Mais la destruction, une fois commencée, continua lentement par la main des hommes. Aujourd'hui, des 6 grandes colonnes doriques de la façade, deux seulement, celles des angles, ont encore leurs chapiteaux, et sont unies par l'architrave avec les antes . qui terminent les deux murs du vestibule.
Ces chapiteaux ne le cèdent en rien, pour la beauté, à ceux du Parthénon. LYeartement des colonnes du milieu est presque le double de celui des colonnes de côté. Les frontons existaient encore du temps de Spon et Wheler.
11 ne parait pas qu'ils fussent décorés de sculptures. T)u grand vestibule, les deux murs parallèles restent seuls complètement debout, jusqu'à la corniche. Quant aux 6 colonnes ioniques, on n'en voit plus que les bases et quelques tambours mutilés. Les fragments des chapiteaux gisent à terre, deux heureusement assez considérables pour permettre de juger du caractère de cet ordre. C'était un ionique plus sévère que celui des colonnes de l'Érechthéion, car il
croissant dans une proportion encore plus forte. Les restes de chambranles qu'on voit en place sont d'une époque bien postérieure. Le portique oui regarde l'intérieur de l'Acropole est composé de six colonnes doriques , comme celui de la façade principale. Cinq ont conservé leurs chapiteaux, deux sont encore unies par un morceau d'architecture, bes deux ailes de la façade extérieure, l'aile gauche, seule conservée, est d'une charmante couleur dorée par le temps et le soleil de la Grèce, Les trois colonnes doriques qui soutiennent le portioue sont d'un tiers plus petites que les colonnes de la façade. Du portique, on passe dans une salle rectangulaire, qu'on appelle ordinairement la Pinacothèque. La porte est flanquée de deux fenêtres doriques avec pilastres. Le toit qui»
la couvrait a été enlevé par les ducs d'Athènes, qui l'avaient élevé d'un étage : c'est d'eux aussi que datent les trous informes et la fenêtre byzantine pratiqués dans le mur.
L'aile opposée n'était qu'un simple portique, semblable à celui de gauche, et aucune salle n'y était annexée. Cette aile a aussi aervi de base à une tour bâtie pen-
[Boite 3 ] ATHENES. — TEMPLE DE LA VICTOIRE.
dant le moyen âge. Deux dos colonnes sont enclavées dans le mur; la troisième a été détruite, mais sa trace est empreinte sur le marbre.
La Pinacothèque. — On désigne sous ce nom la sille attenante à l'aile gauche des Propylées, et dont nous avons d*\jà décrit l'entrée. Les trois autres parois, sans ornements saillants et sans ouvertures, ont paru se prêter aux exigences do la peinture. C'est d'ailleurs la seule salle, ou construction, qui réponde à la Pinacothèque décrite par Pausanias, à l'aile gauche des Propylées. Etaitce une galerie de tableaux, ou un édifice couvert de peintures murales? De la discussion de M. Haoul Rochette {Lettret archéologiques *ur la peinture grecque) , reprise par M. Beulé, il résulte quels Pinacothèque n'a dû contenir que des tableaux mobiles, ear les murs ne portent aucune trace de peintuîe ni d'enduit quelconque , et que ce* tableaux devaient être portés surdes chevalets ou échafaudages, car le marbre ne garde non plus la trace d'aucun clou ou tenon de métal destiné à les suspendre.
M. Beulé trouve, du reste, que les conditions d'éclairage de cette salle étaient peu favorables à une galerie de tableaux, et que telle n'avait pas dû être sa destination dans le plan de Mnésiclès; il établit, par des considérations historiques, que les tableaux n'ont dû y être portés que plus tard. — Cette salle sert actuellement de musée pour les débris de statues, d'inscriptions, etc., oui ont été trouvés dans l'Acropole.
Le Temple de la Victoire sans ailes est situé en avant des Propylées , sur une terrasse haute de 6 mèt. Un escalier, qui se raccorde avec l'escalier des Propylées par un petit soubassement, y conduit. On ne sait à quelle époque ce temple fut construit : selon la légende, il s'élevait à l'endroit même d'où Égée se précipita, en voyant le vaisseau de son fils
revenir avec une voile noire. Le temple lui-même parait antérieur à Periclès, ce qui explique et sa disposition, oblique par rapport à la façade des Propylées, et l'inégale largeur des deux ailes de celles-ci. Il a probablement été élevé par Cimon. On sait qu'en 1687, (es Turcs, assiégés par le doge de Venise Morosini, démolirent ce petit temple pour construire une batterie. Le gouvernement actuel l'a fait relever.
« Sur trois degrés s'élève une cella, fermée de trois cotés ; elle a en largeur un peu plus, en longueur un peu moins de 5 mèt.
L'entrée, à l'Orient, est entre deux piliers qui soutiennent l'architrave , et qui étaient réunis aux antes des murs latéraux par une grille. La cella est précédée d'un portique de même largeur, composé de quatre colonnes ioniques; elles correspondent aux deux piliers et aux deux antes de l'entrée.
Derrière, il y a un portique semblable. Le portique de la façade était fermé lui-même sur les côtés.
Non-seulement la fermeture qui unissait les deux colonnes d'angle aux antes a laissé son empreinte, mais on remarque sur les bases que la partie qu'elle recouvrait n'a étr que dégrossie. »
Tout autour du temple règne une frise haute de 41centim., et ornée de sculptures ; les frontons et le toit n'existent plus. Les deux portiques seuls ont encore leur plafond décoré de caissons. Tout l'édifice est construit en marbre pentélique. Le fût des colonnes est d'un «cul morceau; elles ont, avec leurs bases et leurs chapiteaux, un peu plus de 4 mèt. ; leur diamètre est de 52 centim. à la base , et de 43 au sommet. Ce temnle est donc très-petit, mais il est d'une rare élégance.* Le temps et la ruine semblent même yavoir ajouté plus de délicatesse, en découpant inégalement les cannelures des colonnes.» Dans la petite cella était la statue de la Victoire sans ailes. C'était une statue très-
9* GRECE. [Route 8.1
ancienne, en bois, comme la plu- I gurées des femmes ailées. M. Beulé
part de celles qui remontaient aux premiers temps de l'art. « Les Athéniens, dit Pausanias, pensent que la Victoire restera toujours parmi eux, puisqu'elle n'a plus d'ailes. > Cette explication est préférable à celle qu'a inventée Wheler, et qu'on a répétée souvent sur sa foi : il suppose que cette victoire était celle que Thésée remporta surle Minotaure.
« Cette Victoire s'appelle sans ailes, parce que le bruit n'en vint pas à Athènes avant que Thésée l'apportât lui-même. » Mais l'explication de Pausanias lui-même n'est peut-être qu'une supposition ingénieuse. Pour les Athéniens, la Victoire, c'était Minerve ellemême : adorée déjà sous plusieurs noms dans l'Acropole, elle l'était en avant des Propylées sous cette nouvelle forme. Il est probable que ce nom de Victoire sans ailes, ne fut inventé ou'à une époque postérieure, où 1 usage avait prévalu de présenter la Victoire avec des ailes. La frise qui courait autour du temple n'orne plus que deux de ses côtés. La frise du N.
et celle de l'O. sont maintenant au musée Britannique ; leurs moulages en terre cuite avaient été envoyés à Athènes; mais, en les posant, on brisa celui de l'O.— Ces charmantes sculptures ont été mutilées sans pitié: s'il en reste assez pour juger de leur beauté, il en reste trop peu pour comprendre les sujets qu'elles représentent.
M. Beulé en a donné une description minutieuse, et a discuté longuement leur signification. La frise de l'E. parait une composition allégorique; les frises des trois autres côtés représentent des combats des Athéniens contre les Perses, au N. et au S. (peut-être Marathon et Platée) , et contre d'autres Grecs, à l'O. — En 1835, MM. Hansen et Sehaubert ont retrouvé des fragments d'une balustrade en marbre qui entourait ce petit temple : c'étaient des plaques sur lesquelles étaient ti-
en a retrouvé quelques autres.
Tous ces fragments ont été réunis dans la ce! la du petit temple.
Deux figures surtout sont remarquables : là Victoire au taureau, et la Victoire qui délie ses sandales. Cette balustrade était évidemment d'une époque postérieure au temple lui même , et diffère totalement par son stvle des sculptures de la frise : elles appartiennent plutôt au siècle de Lysippe qu'à celui de Phidias.
La terrasse qui sert de soubassement au temple est en pierre; mais, du côté de3 Propylées, elle était revêtue de marbre. Du côté de l'O., deuxniche8 sont ménagées dans l'épaisseur du mur. Ces niches, murées du temps des Turcs, avaient été prises par Leake pour l'entrée d'un sanctuaire souterrain dédié à la Terre nourricière et à Cérès verdoyante. Le déblayement de ces niches sans profondeur a détruit cette hypothèse; les textes anciens prouvent d'ailleurs que ces templesétaienthors de l'Acropole.
Des Propylées au Parthénon.— Franchissons maintenant les Propylées , et avançons-nous sur le plateau même de l'Acropole.
Outre les grands monuments du Parthénon et de l'Erecbthéion, qui sont encore debout, le plateau de l'Acropole renfermait plusieurs autres temples, un nombre considérable de Btatues consacrées aux dieux, ou destinées à rappeler les gloires nationales. Tous ces monuments ont disparu, et le sol est jonché de leurs débris. Il y aurait encore de nombreuses fouilles à entreprendre, qui découvriraient sans doute de précieux restes. La société archéologique d'Athènes a recueilli un grand nombre d'objets antiques déposés dans la Pinacothèque. En adoptant cette mesure conservatrice, on ne s'est malheureusement pas occupé de préciser l'endroit où les fragments avaient été trouvés ; il en résulte la perte a jamais regrettable d'indications bien précieuses pour la topogra-
[RorjTE 3.] ATHÈNES.— LE
phîe de l'Acropole et la restauration des monuments eux-mêmes.
M. Beulé a cherché à retrouver les fragments et l'emplacement de toutes les statues ou monuments décrits dans Pausanias et les auteurs anciens. Les limites de cet ouvrage ne nous permettent malheureusement pas de le suivre sur ce terrain, et noua nous bornerons à indiquer les objets qui ont laissé une trace incontestable, renvoyant à son livre ceux de nos lecteurs qui désireraient avoir de plus grands détails. Nous mentionnerons le piédestal de la statue de Minerve Hygiee (guérisseuse), adossé à la' dernière colonne à droite du portique intérieur des Propylées. En avant, on observe la base d'un piédestal qui portait un colosse inconnu. Immédiatement a droite de l'angle des propylées, en se tournant vers les murailles de Cimon, on trouve une grande terrasse limitée au N. par des restes de murailles. C'est l'enceinte de Diane Brauronia (v. sur le culte de cette déesse, R.4.7°, A).
A l'angle O. de cette terrasse, on observe le raurpélasgique et l'nnte de marbre dont nous avons déjà parlé. A l'E. cette enceinte est séparée de l'enceinte de Minerve Erpané par une muraille dont on voit encore les restes. On monte sur cette terrasse par huit marches taillées dans le rocher; des deux côtés de l'entrée ^'élevaient la statue de Persée par Myron, et un enfant de bronze portant l'eau lustrale. Près de l'angle S.-E. de l'enceinte, une petite esplanade, où l'on a réuni différents fragments des caissons des Propylées, marque l'emplacement au temple de Diane, auquel paraissent avoir appartenu quelques chapiteaux et fûts de colonnes ioniques, qu'on observe tout autour.
Peut-être pourrait-on relever ces débris. Un large piédestal, à l'O. du temple, supportait le Cheval àurien (de bois), colosse en bronze fait à l'imitation du cheval de Troie.