‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 73 sur 511 · PARTHÉNON · texte numérisé non relu

PARTHÉNON

qu'elles représentaient, probablement des combats des Athéniens contre les Perses. — Le fronton occidental, qui représentait la dispute de Minerve et de Neptune, est presque entièrement ruiné.

Deux figures seulement restent en place ; elles représentent Cécrops assis , et sa fille Aglaurc agenouillée à ses pieds.

C'est le morceau le plus beau et le plus complet qui soit resté à Athènes. La partie inférieure du corps de l'Euryte est encore en place; mais il faut monter sur le fronton même pour la bien voir.

Un assez grand nombre de fragments appartenant à ce fronton ont été recueillies au pied de l'édifice ; une statue sans tête a été déposée dans le Parthénon. On conserve encore dans la citerne, au-dessous du Parthénon, une tête de femme et quelques débris des chevaux de Minerve. Les autres fragments du fronton, dont le plus important est la figure entière de l'Ilissus, sont au musée Britannique. La tête de Thétis est à la Bibliothèque impériale de Paris.

Il nous reste à parler des métopes qu'on voyait sur la frise des côtés N. et S. du temple. L'explosion de 1687 en avait laissé treize sur le côté N., et dix-sept sur le côté S. Une seule de ces dernières

étopes est restée ; quinze s< usée Britannique , la seizièi

sont

musée urnannique , la seizième au musée du Louvre. Ces métopes, les seules qui eussent échappé au marteau des barbares, représentent les combats des Lapithes et des Centaures, et quelques sujets de l'histoire d'Athènes. La métope restée en place, à l'angle S.-O., représente un centaure qui tient sous son bras la tête d'un Athénien. — Les treize métopes du côté N. ont été mutilées ; des quatre qui restent à l'angle N.-E., une seule offre quelques lignes reconnaissables : une figure derrière un cheval. Parmi les neuf autres, plus rapprochées de l'O., on distingue un cheval; sur la sixième, deux chevaux, et un

98 GRÈCE. [Kouîk 3. j

homme sur la huitième. La neu- I fragments dispersés a l'entour. vieme a conservé quelques beaux L'architrave, qui porte la dédicace

plis. Quatre autres métopes sont à terre au milieu des ruines.

Extrémité orientale de l'Acropole. — Revenant devant la façade orientale du Parthénon , on trouve, en face de l'entre-colonnement du milieu et de la porte du temple, une obstruction rectangulaire en pierres, qui inarque sans doute remplacement de l'autel de Minerve. Sur une ligne plus rapprochée du temple, et parallèle à la façade, se dressaient à droite et & gauche un certain nombre de statues célèbres, savoir, en regard de l'angle N.-E. du Parthénon : le Jupiter Polieus, le Jupiter de Léoeharès, la dispute de Minerve et Neptune, Procné et Ityg ; et, en regard de l'angle S.-E., l'Apollon Parnopius, bronze attribué ù Phi* dias ; XantipDe, Anacréon, lo et Callislo. — Le long du mur de Cimon, au S., était une série de figures, représentant la guerre des dieux et des géants, le combat des Athéniens contre les Amazones, la bataille de Marathon, la défaite des Gaulois en Mysie. C'était un présent d'Attale. il ne reste plus rien de tousces monuments. — Une brèche assez profonde a été ouverte, du côté de l'E. On n'y a trouvé aucun objet important; mais c'est un spécimen assez curieux des différentes couches de terrain de l'Acropole. La plus basse est un amas de cendres, de débris, de charbons, de fragments de vases et de terres cuites, de plomb fondu et d'ossements calcinés, qui datent de l'incendie de l'Acropole par Xerxès. La couche au-dessus est formée des éclats qui s'entassaient autour de l'atelier des tailleurs de pierre, et des tambours de colonnes mis au rebut pendant la construction des édifices de l'Acropole.— Tous ces matériaux avaient été employés c >mrae rembiuis.

^ Plus au N., en revenant vers TÉrechthéion, on trouve l'emplacement du temple de Rome et d'Auguste , dont «on a recueilli trois

du temple, est près de l'autel d< Minerve. Ces fragments montrent

3ue l'édifice était circulaire , et 'un diamètre de 7 mèt.

L Érecbthéion. — Historique. — L'Érechthéion était un édifice double; il comprenait deux temples : celui de Minerve Poliade, et celui de Pandrose , fille dé Cécrops, première prêtresse de Minerve. « Ercchthée avait donné son nom à l'ensemble du monument, soit parce qu'il avait élevé le premier autel et le premier temple, soit parce qu'il y avait eu sa demeure ou son tombeau; mais aucun des deux temples antiquea n'était consacré à Erechthée. Il avait seulement un autel commun avec Neptune. Hérodote dit que l'Érechthéion renfermait l'olivier et le Ilot que Minerve et Neptune avaient fait paraître lorsqu ils se disputaient la possession de l'Attique. » Cécrops, qui avait élevé la première enceinte, y avait aussi son tombeau.— Erechthée éleva, sur cet emplacement cousacré par la légende, le temple de Minerve , et établit les Panathénées, dont rÉrechthéion était le centre. 11 fut enterré dans le temple même, auprès de Cécrops. — On ne sait rien de plus sur l'édifice primitif. Il fut entièrement détruit par les Perses ; mais l'olivier sacré, brûlé jusqu'au pied , repoussa d'une coudée dans une seule nuit, quand les Athéniens vainqueurs rentrèrent dans l'Acropole. On ne sait pas au juste à quelle époejue fut commencé l'édifice actuel, le plus élégant modèle de l'art ionique qui nous soit resté; mais ce ne peut être qu'au beau siècle de Cimon et de Périelès. C'était d'ailleurs le sanctuairc le plus vénéré d'Athènes, et le premier qui dût être relevé après la retraite des Perses; mais sa construction parait avoir duré très-longtemps. On sait qu'il n'était pas encore achevé en 409 av. J.-C.

Les travaux Jurent repris en 407.

Route 3.]

au retour d'Alcibiade. Un incendie des échafaudages eut lieu en 406, mais l'édifice avait peu souffert. Il paraltn'avoir été terminé que beaucoup plus tard. L'Ereehthéion fut converti en église byzantine au vu' siècle, et consacré à la divine Sagesse (' S/iv 2s?ta . Les murs qui séparaient les différents sanctuaires furent abattus , et le sol couvert d'un nouveau pavement de marbre veiné. Les Turcs le convertirent plus tard en barem pour les femmes de î'Aga. Pendant la

ATHENES. — L'ÉREOHTHÉION.

leur extrémité opposée : l'un regarde le N., et compte quatre colonnes ioniques de face, deux de retour; l'autre, plus petit, regarde le midi, et sa disposition est la même. Seulement, six jeunes filles qui portent l'entablement sur leur téte ont pris la place des colonnes.

< L'édificeestétabli sur deux sols différents. A l'E. et au S., ses faades sont simplement exhaussée* e trois marches au-dessus du soi.

Les façades du N. et de l'E. sont à

guerre de l'indépendance, le canon un niveau plus bas de 8 pieds, ni-

des Turcs fit écrouler en partie le portique du N. Lord Elgin enleva ane colonne du fronton E., et une des statues du portique des caryatides, au risque de taire écrouler le portique tout entier. Enfin, en 1&*2 et 1848, la France fit déblayer l'édifice, et releva le nordique des carvatides , sous la direction de M.Paccard, et l'Angleterre envoya le moulage en terre cuite de la statue qui est au musée Britannique. L'Ereehthéion est un temple multiple , et la, nécessité d'y renfermer les endroits consacrés par la légende avait rendu son plan assez compliqué : aussi, peu d édifices ont dfonné lieu à plus de discussions entre les archéologues , surtout a une époque où peu de personnes avaient eu l'occasion de le visiter, et où le bâtiment était encore enseveli sous les décom-

/ V.Stuart, et Kaoul Rochette, Journal des Savants, 18ô0-]851.) M. Téta*, dans un travail important Mémoire sur la. restauration de i'Erecbihéion d'Athènes, Revue archéologique, 18">1}, a jeté un grand jour sur toutes les questions relative» à cet édifice. M. Beulé a confirmé, par une discussion savante, les opinions de cet architecte. (V. le plan de l'Acropole. )

Description. — « L'Ereehthéion est un rectangle, long de 20 m. 3, large de II m. il. Il est précédé a l'Orient d un portique ionique de même largeur, et composé de six colonnes. Deux autres portiques s'appuient sur ses longs côtes, h

veau commun aux terrains qui forment l'enceinte sacrée, et s étendent du mémo côté. Les grands portiques ioniques formaient les entrées du temple. La tribune des jeunes filles, au contraire, fermée par un haut stylobate , n'avait qu'une petite porte dérobée. »

Le portique oriental était le principal ; il n en reste plus que cinq colonnes, une portion du fronton et du plafond du Pronaos. Le fronton ne paraît pas avoir porté de statues. Les colonnes étaient un peu inclinées vers le centre ; mais on chercherait vainement les courbes horizontales dans les soubassements et les architraves. Les colonnes sont le type le plus riche et le plus élégant que nous ayons de l'ordre ionique. Des guirlandes de bronze doré, des peintures, des émaux et autres matières brillantes ornaient les chapiteaux, l'entablement et les caissons du plafond intérieur. Tout l'Éreclithéion est en inarbre pentélique ; mais une frise en marbre noir d'Eleusis courait autour de l'édifice. Sur ce fond noir se détachaient des basreliefs polychromes, dont on a retrouvé quelques fragmenta (au musée de l'Acropole). Des statues et des peintures décoraient le Pronaos. Le mur et la porte principale qui séparaient le Pronaos de la Cella n'existent plus, mais on voit encore les antes qui terminaient les murs latéraux. De la façade E.

on descendait vers la façade N.

par un escalier dont les traces

existent sur le soubassement des degrés latéraux de la façade E.

Le portique septentrional s'offre alors comme une aile annexée au corps de l'édifice. Ce portique, presque ruiné, donne accès à une grande porte ionique, surtout célèbre parce qu'elle est unique au monde , car sa beauté n'est pas

f»as sans mélange. Les chambranes ajoutés par les Byzantins ont détruit son effet; le linteau, en se brisant, a dérangé l'harmonie des lignes. Une des consoles est d'un style différent de l'autre, et évidemment d'une époque postérieure. Les palmettes du haut de la porte et les rosaces du linteau différent aussi de celles des antes et de la corniche. A droite, et dans l'angle du fond, une petite porte débouche près du mur occidental, recouverte par une large pierre en saillie. Elle conduisait dans une enceinte réservée , indiquée

5ar le commencement d'un mur, irigé vers l'O. A gauche de la grande porte ionique, M. Tétaz a remarqué une interruption dans le dallage, qui remonte aux temps antiques, et au-dessous de laquelle il a trouvé dans le rocher deux trous profonds de 50cent. environ, reliés entre eux par un petit canal.

Ces trous sont au fond d'un caveau ménagé dans les substructions du portique. Une porte très-basse, pratiquée dans les fondements du mur septentrional, conduisait dans l'intérieur du temple. 11 était naturel de songer au trident de Neptune, que les prêtres montraient empreint sur le rocher. M. Tétaz croit que ces trous sont faits de main d'homme. Ils semblent au contraire l'œuvre fort irrégulière du hasard. Mais la superstition n'y regardait pas de si près.

La façade O. était comprise dans l'enceinte réservée ou spharistra det Errhéphores . Le soubassement du mur est percé d'une porte antique , surmontée d'un énorme linteau, et qui faisait communiquer l'enceinte réservée avec l'intérieur du temple. Ce haut soubas-

URECE. LRoi'Tis 3.]

sèment portait quatre colonnes engagées, avec trois fenêtres dans leurs entre - colonnements , que Stuart vit encore, et un fronton semblable à celui de la façade orientale. Les colonnes qui restaient, il y a Quelques années, avec une portion de l'entablement, ont été renversées en 1852 par un tremblement de terre.

La prostasis orientale , ou portique des Caryatides, aujourd'hui restaurée, nous offre un des plus gracieux spécimens de l'art antique. «. Les jeunes filles sont posées sur un stylobate continu, très-haut, pour mettre les proportions humaines en harmonie avec les proportions générales du monument. Du côté de l'O., une interruption dans la corniche , la trace verticale, et les assises inférieures d'un mur dirigé vers l'O., indiquent la muraille qui fermait au S. l'enceinte sacrée. — L'Érechthéion est le premier édifice qui ait reçu des caryatides. Selon Vitruve, ce nom vient des femmes de Carye , ville du Péloponèse , qui avait pris parti pour les Perses.

Les Grecs s'en vengèrent en ruinant la ville, massacrant les hommes, et réduisant les femmes en esclavage. Ce seraient elles qu'on aurait représentées portant des fardeaux. Malgré le témoignage de Vitruve, il est plus probable que les jeunes filles de l'Erechtheion représentaient les Errhépbores, jeunes prétresses de Minerve Poliade. Ce qu'il y a d'admirable dans ces statues, ce n'est pas seulement la scuplture, c'est le caractère monumental qui les met en harmonie avec les lignes de l'édifice. Chaque statue est exhaussée sur une plinthe. « Pour ôter de la roideur, l'artiste a eu soin de fléchir légèrement une des jambes. Chaque jeune fille plie précisémentla jambequi se trouve le plus près du centre de l'édifice ; c'est là ce qui donne au mouvement contrarié des deux groupes un ensemble si logique et si harmonieux. La chevelure a été dis-

IRoi/Tt 3.)

posée d'une façon particulière pour recevoir le chapiteau qui les sépare de l'architrave. Ce chapiteau circulaire, dont la base se perd dans la chevelure, est orné sur son sommet d'un rang d'oves et de fers de lance. Il semble représenter le fardeau mystérieux que les vierges de Minerve portaient dans les Panathénées. Enfin, on a supprimé la frise de l'entablement pour qu'il ne surchargent

fias trop ses charmants soutiens, et acomiche repose immédiatement sur l'architrave. Il n'y eut pas non plus de fronton, mais* une terrasse en pente douce couvrit la tribune, v

Pénétrons maintenant dans l'intérieur de l'édifice, et expliquons sa disposition intérieure. Toutes les divisions anciennes sont ruinées, et, sans pouvoir reproduire les savantes discussions de MM.Tétaz et Beulé, nous exposerons seulement leur résultat. Le temple de Minerve Poliade était à l'E.; celui de Pandrose était à l'O.; les deux cellas adossées Tune à l'autre, et séparées par un mur transversal, éloigné de 7 met. 33 du mur oriental. Le temple de Minerve était sur un niveau supérieur à celui du temple de Pandrose. Mais la cella de Minerve n'occupait pas toute la largeur de l'édifice actuel. Deux murs, parallèles aux murs latéraux, ménageaient un couloir du côté du N. et du côté du S. Le couloir du S., de niveau avec la cella, communiquait avec elle par une

fetite porte , ménagée près de entrée principale ; d'autre part, il communiquait avec le Pandroséion par un petit escalier dont on voit encore la trace. Le côté du N. était sur un niveau inférieur, comme le Pandroséion , dont il était une dépendance ; il n'avait aucune communication avec la cella de Minerve. « La cella contenait l'antique statue de Minerve,* que l'on crovait tombée du ciel.

Elle était en bois d'olivier, et d'un travail grossier. Mais ses formes étaient Cachées par le magnifi-

ATHENES. — L'EKECliTHÉION. 101

que péplum que lui brodaient les

vierges athéniennes. »

La cella de Minerve était entièrement couverte et sans fenêtre.

Aussi une lampe d'or, ouvrage de Callimaque, y brûlait nuit et jour :

la mèche était d'amiante, et ne se consumait jamais. Cette lampe était suspendue à un palmier de bronze, dont les branches montaient jusqu'au plafond, et dissimulaient les conduitsde la fumée, qui s'échappait par le toit. Il v avait encore dans la cella de Minerve un Mercure en bois, qui remontait au temps de Cécrops, et qu'on ensevelissait sous des branches de myrte, pour voiler sa nudité. Le temple renfermait aussi diverses offrandes, quelques trophées précieuxde la guerre médique, et un siège pliant, que l'on croyait l'ouvrage de Dédale.

On entrait dans le Pandroséion par le portique du N. et sa grande porte ionique, mais on ne pénétrait pas de suite dans l'enceinte sacrée. On rencontrait d'abord uu vestibule, éclairé par les quatre fenêtres de la façade O., donnant accès du même côté, par la petite porte basse, à la spharistra des Errhéphores, et au S., par un petit escalier, a la tribune des Caryatides. A l'E., ce vestibule donnait accès par trois portes dans le sanctuaire de Pandrose, Celui-ci était jiypèthre, c'est-à-dire formant une petite cour découverte et entourée d'un portique ionique. Au dessus de la première colonnade, s'élevait un second étage , soutenu peut-être par des caryatides , comme la prostasis du S. Au milieu do la petite cour, s'élevait l'olivier sacré. Cette enceinte renfermait, outre l'olivier, un autel consacré à Jupiter Hercéen, la statue de Pandrose, et celle de Thallo, une des Heures. Le couloir, au N. de la cella de Minerve, renfermait probablement la niche du serpent sacré. Vers le N.-O., il donnait accès, par la petite porte nue nous avons mentionnée, au caveau du Trident. «.On a cherché dans ce

lu*

caveau le puits d'eau do mer dont parle Pausanias. On a cru que ce puitg était marqué par une citerne turque , qui occupe un coin du petit souterrain ; mais cette citerne n'a pas de profondeur. Peut- être ne faut - il pas attacher au mot puits un sens trop littéral . Cette eau salée, cette mer Èrechthéide, n'était qu'une supercherie des prêtres. » Quant a la tribune des Caryatides, c'était la qu'était placé le tombeau de Cécrops. On ignore, où étaient le tombeau d'Erecnthée et l'uutel de V Oubli f gage du la réconciliation de Ncptuno et de Minerve .

Retour de l'Erechthéion aux Propylées. — L'enceinte de Minerve Poliade s'étendait au N. et à l'O. du temple. Nous avons mentionné l'enceinte réservée, ousphwristra des Érrhéphores. Dans l'enceinte ouverte au public, on voyait un grand nombre de statues, entre autres les antiques statues de Minerve, qui avaient été enveloppées dans l'incendie do l'Acropole par Xerxès. On y voyait aus,-»i le combat d'Érechthée et d'Eumolpe, et celui de Thésée contre le taureau de Marathon, etc. Il ne reste rien de ces statues, mais on a trouvé quelques piédestaux. On a déposé a l'angle de la prostasis du N. de l'Erecnthéion, une Minerve assise, d'un style archaïque , trouvée dans la partie E. de l'Acropole:

Une statue semblable se trouve h l'entrée de la citadelle, près de la maison des gardiens. C'est près de l'Érechthéion que le rocher de l'Acropole otl're son plus grand escarpement: c'est de cet endroit que s'étaient précipitées Aglaure et Her*é, les deux filles indiscrètes de Cécrops. C'est aussi près de laqu'on observe l'ouverture naturelle qui communique avec la grotte d'Agraule, située au-dessous de la muraille, et par laquelle les Perses pénétrèrent dans la citadelle. C'est une fissure du rocher, une espèce de puits oblique, situé à 4 mèt. au-dessous du sol actuel. On y descend par

CrRÈCE. (Kouik 3.]

un escalier moderne. Au moment

où l'escalier finit, la fissure commence. On y a appliqué quelques marches modernes, mais elles cessent quand la fente s'élargit, et il reste 7 mèt. qu'on ne peut franchir sans échelle. Dans les temps modernes , l'Agraulium avait été fortifié, et cette ouverture servait a faire des sorties.

Enfin, en revenant aux Propylées, on rencontre un vaste piédestal, de 6 mèt. 80 de long sur 4 mèt. 60 de large. Il se présente obliquement sur la façade intérieure des Propylées, de manière à bien regarder la porte. Ce piédestal portait le colosse de Minerve Promachos, coulé en bronze par Phidias.

D'après des médailles antiques qui représentent l'Acropole , la déesse était figurée le bras droit appuyé sur sa lance, et le bras gauche présentant en avant le bouclier richement décoré. Ce colosse avait près do 80 pieds de haut. Il s'élevait d'un tiers audessus du ^Parthénon.

Région au S. et à l'E l'Acropole.

Odéon d'Hérode Atticus on de Regilla. — Cet édifice, situé sur la pente méridionale de l'Acropole, à son extrémité O., fut bâti au temps des Antonins par le riche Hérode Atticus, en mémoire de sa femme Regilla. Il surpassait en grandeur tous les autres odt'ons de la Grèce, et était recouvert d'un superbe plafond de bois de cèdre. Son diamètre intérieur était de 80 mèt.t et son enceinte pouvait contenir 0000 personnes. 11 reste encore une partie considérable des murailles qui soutenaient le proscenium , avec deux ailes rentrées vers les extrémités : ces murailles #sont percées dt plusieurs rangs de fenêtres en arcades superposées.

L'hémicycle est encore astez bien dessiné. Le diamètre intérieur est de 7^ mèt. Ces murailles romaines, comparées aux belles construc-

fRorTF. 8-

Page 1