ATHENES.— THKATHE DE BACCHUS
déjà
lions helléniques , accusent nne période de décadence bien prononcée. On a commencé, en 18V7, dans l'odéon d'Hérode, des fouille» qui ont amené la découverte de quelques antiquités, et notamment d'une belle tôle de femme.
Portique d'Eumène.— A l'E. de cet odéon, s'étend une ligne de 28 arcades. Teste du portique construit par Euraène et Attale, pour çeîvir au peuple de refuge contre U pluie pendant les représentalions du théâtre de Bacchus.
Théâtre de Bacchus. -
encore quelques restes
On voit de ce
théâtre à {'extrémité E. de la pente méridionale de l'Acropole. Il a\ait été bâti vers la TCK' Olympiade !00av.J.-C/, parles architectes Démocrate et Anaxagorc. Les gradins destinés aux spectateurs furent creusés en hémicycle sur les flancs de l'Acropole. La scène et l'orchestre furent bâtis en marbre et décorés avec une grande magnificence. Ce théâtre ne fut terminé qu'en 340, sous l'administration de Lvcurgue; mais il servait depuis longtemps à toutes les représentations des chefs-d'œuvre dramatiques des Eschyle, des Sophocle, des Euripide et' des Aristophane. S U faut en croire quelques textes anciens, le théâtre de Bacchus aurait pu contenir 30000 personnes. Il est difficile aujourd'hui de se rendre compte de ses dimensions véritables. Deux rangs de sièges creusés dans le rocher, et appartenant aux gradins supérieurs, sont tout ce qui reste de cet immense édifice. Au-dessus de ces gradins, et au-dessous du mur de Cimon, on remarque l'ouverture d'une caverne, reste du monument chorégiqve de Thrasyllut , que l'on voyait encore au commencement d'e ce siècle. Thrasyllus consacra cette caverne à Bacchus, l'an 320 av. J.-C. L'entrée était décorée d'un portique en marbre pentéli^ue , dont l'entablement portait une statue colossale de Bacchus, actuellement au musée
Britannique. Le portique a été dé»
truit par le canon pendant le siège de 1827. Au-dessus de ce monument,'on voit deux colonnes isolées, qui n'en faisaient pas partie.
Leurs abaques triangulaires portaient aussi des trépieds, monuments des victoires chorégiques.
On a commencé dernièrement , dans le théâtre de Bacchus, des fouilles qui amèneront peut-être quelques découvertes intéressantes.
Le LeniBum (sanctuaire de Bacchus) et l'odéon de Périclès étaient cont:gus au théâtre, mais il n'en reste aucune trace.
C'est dans la plaine oui s'étend au S. de l'Acropole, au-dessous du portique d'Eumène, depuis l'hôpital militaire jusqu'à la prison de Soc.rate, que M. Uanriot 1 place l'ancienne Agora, cette place immense qui servait à la fois aux Athéniens de marché et de lieu de réunion pour les grandes assemblées populaires. I>e tous les monuments qui la décoraient ou l'entouraient, le Portique royal , le Portique des douze dieux, le Métroon , le Bouleuterion , le Pœcile, etc., il ne reste aucune trace.
Vers le S., on trouve cependant quelques vestiges des murailles de la villo et une colonne isolée.
Le nouvel Hôpital militaire repose sur les fondations d'un édifice antique : on y a trouvé un pavé mosaïque d'une assez belle conservation, et dans la cour jaillit une fontaine de bonne eau, qui représente pour M. Hanriot l'antique Fontaine dei Satdet. Cet emplacement de l'Agora, que M. Hanriot a cherebé à démontrer avec cette rigueur de discussion qui le caractérise, parait en effet préférable, non-seulement aux positions proposées par Leake et Hoss vers le
t. Mémoire sur l'Agora- (Rcthc Archéul., loro. XI). On y »ro»vc une disninion tarinte arromfM!;n«ie d'un plan <jtii jette un grand jour sur la topographie de l'Athènes antique, noUmment lur l'itinéraire, ti evntreveraé de PsutiimM.
temple de Thésée, ou au N. de l'Acropole, et même à la position indiquée par M. Forchhammer, dans le vallon compris entce l'Aréopage, le Pnyx, le Musée et l'Acropole. Tous ces emplacements sont trop petits pour une place aussi vaste que devait l'être l'Agora.
Dans une rue voisine, au pied de la pente E. de l'Acropole, nous trouvons le
Monument chorégique de Lysicrate. — De tous les monuments de ce genre qui ornaient la rue des Trépieds, ce gracieux édifice est le seul qui nous ait été conservé.
Nous en avons en France une copie assez exacte, élevée dans le parc de St-Cloud, sur une tour appelée vulgairement Lanterne de Diogène.
Il a été longtemps connu à Athènes môme sous le nom de Lanterne de Vtmosthène : on supposait assez ridiculement que le grand orateur s'y retirait pour s'y livrer à l'étude; mais ce monument n'offre ni porte ni fenêtre, etn'a que? mèt. de diamètre intérieur. Une inscription gravée sur l'architrave nous apprend à la fois la véritable nature du monument et la date de sa construction (355 av. J.-C). C'est une rotonde en marbre blanc, élevée sur un socle carré, et surmontée d'une espèce de fleuron délicatement sculpté. Six colonnes engagées portent la frise : leurs chapiteaux corinthiens sont un des premiers modèles de cet ordre à son origine. La frise représente la destruction des pirates tyrrhéniens par Bacchus. Le socle ést un spécimen de la construction en bossage. La hauteur totale du monument était de 10 mèt. 30 ; celle du socle de 4 m. 20, celle du socle à l'entablement, 3 m. 00 ; celle de l'entablement au sommet, 2 m. 40.
La vaste grotte que l'on aperçoit sur les rochers K. de l'Acropole est assez généralement reconnue pour le sanctuaire Eleusimum, mentionné par Pausanias.
Sortant d'Athènes , du côté du S.-E., on rencontre :
GRECE. [Koutk 3.]
L'Arc d'Adrien.— Ce monument est d'un style si bizarre , au'on doute qu'il ait été élevé par l'empereur Adrien, dont on connaît le bon goût. Mure suppose qu'il fui élevé plutôt par la flatterie des Athéniens. Cet arc, construit en marbre pentélique et d'ordre corinthien, se composait d'une arcade plein-cintre, large de 6 met., comprise entredeux piliers d'environ 5 mèt. carrés , et décorés . de chaque côté de l'arcade , d'une colonne et d'un pilastre. Au-dessus de l'entablement s'élève un second étape, présentant au centre une niene, surmontée d'un fronton, que portent deux demi-colonnes, et de deux niches latérales, soutenues à chaque extrémité par une colonne, oui reposait sur la grande colonne de l'ordre inférieur. Ces niches étaient séparées de celles qui leur étaient adossées sur la façade opposée du monument par une cloison verticale peu épaisse , qui existe encore en partie. Les colonnes de l'ordre inférieur n'existent plus , et le pied de l'édifice est lui - même enterré par l'exhaussement du sol. La hauteur totale du monument étaitdei7 mèt.
L'inscription gravée sur la frise, du côté du N.-O., porte :
C'est ici V Athènes de Thésée, l'ancienne ville.
Et du côté du S.-E. :
C'est ici la ville d'Adrien , et non celle de Thésée.
L'arc d'Adrien donnait donc accès dans la nouvelle ville, ou Adrianopolis, qui comprenait le
Temple de Jupiter Olympien. — Ce temple, situe au S.-E. de l'Acropole, sur la rive droite de l'Ilissus, était le plus vaste des temples d'Athènes. 11 avait été commencé par Pisistrate, en 530 av. J.-C, et continué par ses fils : mais après leur expulsion, les travaux restt*rent interrompus pendant près de quatre cents ans. Cependant la construction était déjà assez avari-
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cée pour que l'édifice surprit tous ses contemporains par la grandeur et la majesté de ses proportions :
un grand nom bre d'auteurs anciens en ont parlé avec admiration. Persee, roi de Macédoine, et, après lui, Antiochus Epiphane, en firent reprendre les travaux. Ce dernier employa un architecte romain, du nom Je Cossutius, qui, défaisant ce <jui avait été fait, adopta Tordre corinthien, et entreprit de donner au temple de plus grandes proportions. La mort d'An tiochus, en U»4, interrompit de nouveau les travaux, et en 84 une partie des colonnes fut transportée à Rome par Sv) la. Sous Auguste , plusieurs princes alliés des Romainsy firent travailler à leurs frais ; mais ce fut l'empereur Adrien (117-138 après J.-C.) qui eut la gloire de le terminer: ces vicissitudes avaient duré prèsdesept cents ans. Selon Pausanias» l'édifice avait quatre stades, c'est-à-dire 720 met., de circonférence. Selon M. Penrose, qui amesuré ses restes avec une grande exactitude, le temple avait 108 met.
de long, sur 52 met. de large. C'était un décastyle diptère, c'est-àdire qu'il consistait en une cella, entourée d'un double péristyle, formé de 10 colonnes sur chaque fronton, 22 sur chacune des faces latérales (les colonnes d'angle deux fois comptées ), deux rangs de colonnes sur les côtés, trois rangs aux façades à cause du Pronaos etdu Posticum, en tout 120 colonnes, qui avaient 1 met. 98 de diamètre, et 18 met. 28 de hauteur.
11 ne reste plus que 16 de ces colonnes. Les 13 de l'angle S.-E., placées sur deux rangs, portent encore leur architrave. Sur les 3 colonnes isolées qu'on voyait plus à l'O., et qui appartenaient à la rangée intérieure de la face S., 2 sont encore debout ; la troisième a été renversée par un tremblementde terre en 1852. On ignore ce que sont devenus les débris énormes du temple : pendant tout le moyen âge, ils ont dû servir de carrière aux habitants d'Athènes.