‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 86 sur 511 · VI. BXCVBSIOX A KLEUS1S PAR DAPHNI · texte numérisé non relu

VI. BXCVBSIOX A KLEUS1S PAR DAPHNI

Cette excursion peut se faire en toiture ou à cheval . La dislance d'Athènes à Eleusis, au pas d'agoyate, est de 4 h. On peut donc aller et revenir facilement en un jour. L'heure la plus favorable pour le depart est le lever de l'aurore. Consultez pour cette excursion l'excellente description de M Burnouf, H'Athèn,* à Connthf, dans les Nouvelles Annaies des voyage*. Paris, IttVî.p. sK».

Lu route d'Athées à Eleusis n'est autre que la route carrossable de Thcbea et de Livadie, qui commence à l'O. d'Athènes. C'est en partie l'ancienue voie Sacrée, parcourue par la Théorie ou procession, qui se rendait d'Athènes à Eleusis pour la célébration des mystères. On sort de la ville en descendant la rue d'Hermès, et, presque en face du temple de Thésée, on prend à droite.On laisse à gauche deux monticules formés de cendres et la petite église de Hagia Triada, qu'on suppose occuper l'emplacement de l'ancienne porte Dipyle , mais qui est plutôt construite sur celui de la porte Sacrée {20 m.). On entre dans le bois d'oliviers ; on aperçoit à une certaine distance, à droite, le monticule de Coione; a main gauche est le jardin botanique. On passe successivement trois ponts sur de petits brau du CéphÏ6p . le

sor-

plus souvent à sec, avant de tir (20 m.) du bois d'oliviers.

« La voie sacrée, dit M. Burnouf, retrouvait sans doute la voie moderne au sortir du bois d'oliviers, là où se trouve la chapelle de St- (îeorgo ; car cette petite église parait avoir succédé à un temple antique placé sur le bord du chemin. De la chapelle St-George, la voie sacrée suivait à peu près la m«*medirection que la route royale; mais nous devons l'en séparer au pied du mont Pœcile, hauteur conique à l'entrée du défilé (sur laquelle est bâtie la chapelle Hagios Elias, qui marque, selon M. Hanriot, l'emplacement du célèbre tombeau de la courtisane Pythionicc). La route monte vers la gauche; la voie sacrée prenait la droite du Pœcile et s'engageait dans le défilé par sa partie la plu* basse. * On entre alors (20 m.) dans le défilé mystique , entre le mont Icare à droite *, et le mont Corydalle a gauche. On remarque sur celui-ci une tour et quelques vestiges de murailles. On monte par une pente douce, et du som- I met du passage (1 h. d'Athènes) i on découvre, en se retournant, une belle vue sur la plaine de l'Attique et la ville d'Athènes , qui apparaît ici sous son aspect le plus favorable*. — On descend par une pente rapide jusqu'au (30 m.) monastère de Daphm, situé dans un joli vallon, au fond duquel se montre peu à peu la baie d'Eleusis. Il y avait dans ce lieu un temple d'Apollon. « Il est probable que ce temple n'était pas sur l'emplacement du monastère lui-même, mais un peu plus haut , sur la gauche de la route, au lieu où

1 Non» «uivnni ici avec M. Btirnonf la dénomination généralement adoptée. Cependant U. Hanriot, dan* une #a»anle di»eus«ion, place te mont Icare din« la Diocrie, au mont Za*Um, et donne le nom de Corydalle \ toute la chaîne ijm t'elend du Pâme* au r4ii.il de Salamine. l.'.Kialetts n'e»l que le toinmet du Corydalle le pliM rtpproclu' de h mer.

- V. \' Itinéraire H f paris à Jérutalrm. i par Ghatraubriant.

l'on voit les restes d'une église byzantine. » — On observe dans la cour du monastère quelques débris de colonnes rapportés. Dans l'église même, on trouve des mosaïques byzantines gravement endommagées. On voit encore au sommet du dôme un buste colossal du Christ et quelques pendentifs assez bien conservés. On montre aussi deux mauvais sarcophages en marbre. M. Huchon a retrouvé les tombeaux des ducs français d'Athènes dans un souterrain prati- ■ que sous le Narthex. — A côté du i monastère sont les restes d une j muraille qui défendait autrefois le I passage. — Au-dessous, le ravin, qui commence, se creuse de plus en plus; les flancs de l'Icare sont dépouillés de verdure, tandis que de frais sapins couvrent les rochers du Corydalle. « La voie Sacrée suit la rive droite du ravin, et non la gauche, comme la route j moderne : on voit eà et là le rocher taillé ; la route turque était établie sur la voie antique ; il en reste des débris. Bientôt le ravin devient moins proiond ; la vallée se resserre et forme ensuite une petite plaine parsemée de beaux oliviers : la mer occupe toute l'embrasure de la vallée; à la pointe de Salamine, sur la gauche, cor- j respond, sur la droite, la pointe [ du mont Trikéri ; le« monts Géra- i niens forment le fond du tableau.» j Bientôt on voit, à droite de lu route ^30 m.), remplacement de l'ancien !

temple de Vénus Philé, élevé pir la flatterie à Philé, femme de Démétrius Poliorcète. Des niches ejr-voto sont creusées dans le rocher contre lequel il s'appuyait, et l'on remarque à côté un amas de pierres cyclopéennes non taillées, dont quelques-unes sont en place et dessinent grossièrement une tour. Ces pierres sont mentionnées par Pausanias. « Le khani de Scarmanaa {15 m.), construit sur le bord de la mer, à quelques pas de la route, marque à peu près , la moitié du trajet d'Athènes à j fcleusis. Searnianga e&t un nu-tolthi \

JL. ilioL'ïh 4.j

(ferme appartenant à un couvent), situé aune demi-lieue sur la gauche , dans la direction de Salamine. » C'est un lieu solitaire, fort agréable à la vue : M. Burnouf y a retrouvé beaucoup de pierres, helléniques. On aperçoit, dans cette baie retirée, les lies Pharmacuscs, dont la plus grande contenait, dit-on, le tombeau de Circé.

Deux sentiers, que l'on pourra prendre au retour, conduisent en 2 ou .'J h. de Scarmanga au Piree : l'un passe pur une gorge déserte du mont .Eguleus, l'auire suit le bord de lu iner; il est plus intéressant que le premier, puisqu'il fuit voir tout le canal de Salamine; on y trouve sur le rocher les traces d'une voie antique. Les deux sentiers se rejoignent au pied tb- 1 1 J^galeos, au bord de lu petite baio de Kerasini (40 m. du Piree,.

Au delà du khani de Scartnanga, la route tourne à droite et suit le rivage, taillée dans le roc, et confondue avec la voie sacrée. A l'issue des rochers (10 m.) s'ouvre vers la droite une petite plaine, occupée par le premier des lac> salés de Pheiti (P^itst). La voie sacrée tournait à droite et faisait le tour du lac, sans quitter les rochers qui l'environnent. La rouie modernesuit le bord de la rner, sur l'étroite alluvion qui sépare le golfe des étangs. Ces étangs sont entretenus par plusieurs sources salées, dont les principales sont au pied des rochers. Les anciens supposaient que les eaux des lacs Kheiti venaient du canal d'Kubée.

On 6ait que ces deux lacs étaient consacrés l'un à Cérès, l'autre a Proserpine : les prêtres d'Kleusis avaient seuls le droit d'y pécher.

Ces lacs nourrissent encore d'assez gros poissons. Le second est beaucoup plus marécageux que le premier; on ignore si la voie Sacrée en faisait aussi le tour, et allait passer près d'un temple , dont MM. Burnouf et Hannot ont reconnu les restes à l'extrémité S.

de ce lac. — A quelques minute.^

[Kotit 4.J AXIiQL'E.

de ces lacs , on franchit le Cépbise Éleusinien , et l'on entre dans la .plaine de Thria. Cette plaioe, qui s'étend le long de la baie, depuis les lacs Hheiti jusqu'à Eleusis, forme un vaste bassin clos de toutes parts par les monts Corydalie et Icare à l'E., la chaîne du Parnès au N., et celle du Cubœron à l'O. : les montagnes de Calamine la protègent contre \e< venis du S. Son cours d'eau principal est le Cépbise Eleusinien, Ojiii prend sa source au-dessus d EU uthères. — Cette terre classique de l'agriculture, cette plaine de Cérès pourrait encore donner de belles récoltes, mais l'incurie de ses habitants l'a laissée bien déchoirde son antique renommée. — La route, depuis le pont du Céptme jusqu'à Eleusis, présente un assez grand nombre de raines. C'est d'abord (25 m.) le tombeau d'un certain Straton, sarcophage avec une inscription, et les assises d'un monument en marbre; puis, à gauche ;t5m ), un tombeau avec des voûtes; — enfin ilô m.}, iil'jnirée d'Eleusis, oh montre dans 1 église liagios Za~ charias deux colonnes égyptiennes en marbre, surmontées de chapiteaux en feuilles de palmier ; deux statues et quelques fragments ont été déposés dans la même église.

— On voit dans la plaine, à droite, quelques arcades de l'aqueduc construit sous Adrien.

Éleusis (aujourd'hui Élcfoina) , ville dont la fondation remonte aux temps les plus reculés, dut sa célébrité aux temples Je Ce>ès et de Proserpine, et aux mystères qui étaient célébrés en l'honneur de ces deux déesses, et qui passèrent pour les plus sacrés de la Grèce jusqu à la chute du paganisme, ("était un des douze Etats originaires de l'Attique. On raconte qu'une guerre ayant éclaté entre Eumolpus, roi d'Eleusis, et Erechhée, Toi d'Athènes, les Eleu*ilens, vaincus, reconnurent la suprématie d'Athènes, à la seule condition que celle-ci respecterait J

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