ELEUSIS
leurs mystères. Eleusis devint un dème de l'Attique, mais conserva le titre de ville et le privilège de battre monnaie. Une lois par an.
la grande procession se rendait d'Athènes à Eleusis par la voie Sacrée. L'ancien temple de Cérès brûlé par les Perses , l'an 484 avant l'ère chrétienne , ne fut reconstruit qu'au temps de Périclès. Les trente tyrans, chassés d'Athènes, se réfugièrent à Eleusis ; mais ils ne purent s'y maintenir longtemps. Sous la domination romaine, Eleusis dut à la célébration de ses mystères une grande prospérité. Elle fut détruite par Alane, en 396, et disparut alors de l'histoire. Spon et Wheler, qui la visitèrent en la trouvèrent
entièrement déserte. Dana le siècle suivant, elle fut habitée de nouveau, et c'est à présent un pauvre v., nommé Élefsina, par corruption de son ancien nom. — <c Eleusis était bâtie sur l'extrémité E. d'une hauteur rocheuse parallèle au rivage, et séparée à l'O. par une petiie plaine des pentes au mont Kérata. L'extrémité E. de la colline avait été nivelée artificiellement pour recevoir le temple de Cérès et les autres bâtiments sacrés. Derrière, on voit les ruines d'une acropole. Un espace triangulaire, d'environ 500 met. decôté, qui s'étend entre la colline et le rivage, était occupé par la ville.
Du coté do l'E., les murs étaient tracés sur une chaussée artificielle se continuant avec les môles du port, qui était entièrement artificiel, m (Leake).— l.e temple de Démêler, ou Cérès, était, selon Strabon, le plus grand de la Grèce; le plan en avait été dessiné par Ictinus, l'architecte du Parthénon ; mais sa construction dura de longues annfes, et bien des architectes y furent employés, l.e temple était au centre du v. moderne; aussi est-il très-diffieiled'en reconnaître les détails.— Les Propylées étaient une exacte copie de celles d'Athènes. Plusieurs édifices, un temple de Triptolème, un d'Arté-
mis Propyléenne, et un troisième de Neptune, mentionnés par Pausanias , paraissent avoir été placés vers le N.-E. de la colline, où l'on trouve beaucoup de débris; mais rien ne peut indiquer leur situation exacte. La fontaine Callichore, où les femmes d'Eleusis avaient institué des chants en l'honneur de la déesse, était peutêtre celle que l'on voit un peu plus au N., à la bifurcation des chemins de Mégares et d'Eleuthères.
État actuel. — * Cette ville, dit M. Burnouf, est entièrement déchue de son antique splendeur :
ses monuments sont tous détruits jusque dans leurs fondements ; son port est ruiné; ses tombeaux n'existent plus ; il n'y a plus de statues d'aucune sorte ; quelques familles albanaises, comprenant à peine le grec vulgaire, habitent un amas de mauvaises masures le long d'une colline au bord de la mer. C'est un des lieux qui ont passé par le plus de mains 11 y a sur la hauteur quelques pierres pélasgiques; à côté d'elles, des constructions helléniques; au pied de la colline, les restes de la jetée qui protégeait le port contre les vents de l'ouest ; les ruines des Propylées sont de reconstruction romaine. Les barbares de la grande invasion n'ont laissé aucune trace de leur pussage ; mais la tour qui domine Eleusis est une tour franque. On trouve dans le v. plus d'une maison qui date de la domination des Turcs, et se reconnaît à la forme de ses arcades. Les ruines d'Eleusis sont peu intéressantes :
quelques pierres helléniques, quelques aires de maisons sur les rochers. » On observe, au N.-E., des fûts de colonnes, des chapiteaux, des parties de moulures, etc. « Au milieu de ces restes , dit Aldenhoven, on distingue une espèce de grand médaillon, dont le centre est orné du buste colossal d'un guerrier cuirassé. La tête n'existe plus ; la sculpture parait romaine.
iJne colonne du grand temple , ainsi qu'une partie de la muraille
GRECE. [Route 4.j
du S. du temple, sont encore visibles. » L'épaisseur de la muraille donne lieu de croire que des chemins secrets y étaient ménagés.