A SU.MUM
L'ancien culte pélasgique de l'Artémis Scythique , à laquelle on immolait des victimes humaines, s'adoucit a,uand l'Attique fut soumise par 'lhésée. Le culte sanguinaire de Diane ne lut bientôt plus qu'un chaste symbole : toutes les filles des Athéniens devaient être vouées à la déesse, après avoir atteint leur cinquième année, et avant d'avoir passé la dixième ; par suite, elles devaient, avant de se marier, offrir un sacrifice à Diane Brauronienne.
Au S. de Vraona , on trouve une tour à moitié ruinée, et Ton descend dans la petite vallée de l'Erasinus, qui va se jeter à la mer, non loin de là, dans une petite baie, appelée Port Livadi. On atteint ensuite (l h. 10 Porto-Raphti, ou Raphti- Limant, dans une baie commode et vaste, dominée au N.
par le mont Pérati, haut de 307 m., et qui plonge à pic dans la mer.
Au centre ne la baie est un ilot, nommé encore Prasa , et, sur la pointe du rivage qui partage cette baie en deux bassins, existent des débris d'anciennes habitations.
C'cstvers cette pointe que se trouvait le dème de Prasix, qui renfermait le tombeau d'Érisichthon, et dont le port servait aux communications d'Athènes avec Delos. — Au S. de Prasix, la côte devient trop escarpée pour qu'on puisse la suivre, et ne présente que le petit port Daskalio. La roùte s'élève dans une région montagneuse et boisée; on trouve çti et là quelques débris antiques, et l'on atteint
(2 h.) Kératia (l'ancien Potamos, qui renfermait le tombeau d'Ion et de Xuthus. 7 h. d'Athènes, 3 à 4 h.
de Sunium), le plus gros bourg du Laurium, et la station la plus favorable pour passer la nuit. « La petite , mais riche et agréable plaine de Kératia, dominée au S.
par la double corne du mont Kératia , renferme des sources qui donnent naissance à tous les cours d'eau de cette partie de l'Attique.»
Hanriot.:
[Houte 4.}
En quittant Kératia, et en se dirigeant vers le S.-E., à travers une plaine cultivée, on gagne par une route pavée
(45 in. ; Metropisi, v. bdti près des ruines de l'ancienne Amphi- Iropce. Franchissant ensuite un coteau couvert de pins rabougris, on aperçoit la mer et les îles d'Hélène, de Ccos, de Cythnos et de Sériphos, et bientôt on arrive à (45 m.) ■
PortO-Mandri (ancien Thoricos).
« C'était Tune des douze cités de lu confédération ionienne. Du temps de Pline elle était déjà détruite. On y voit des ruiues remarquables, qui ont été souvent destinées, surtout un théâtre de forme oblongue, les reste* d'un temple, et, sur le cap qui sépare le Porto- Mandri de la crique Vrysaki, les débris d'une forteresse, élevée par les Athéniens en l'an 408 av. J.-C.
La plaine, n'étant plus cultivée, est envahie par les plantes lacustres. » (Hannot.)
En face de Thoricos s'élève l'île tV Hélène, ou fie Longue, aujourd'hui Macronisi , longue arête de rochers nus. Pausanias fait dériver son nom d'Hélène, femme de Ménélas, qui aurait abordé dans cette île après la prise de Troie. Elle est éloignée du rivage de 6 kil., et a toujours été déserte.
« Anaphlystos à l'O., et Thoricos à l'E,, marquent la limite de l'ancien district du mont Laurium, dont les différentes branches occupent toute la pointe extrême de l'Attique. C'est une sorte de haut plateau étroit et longitudinal à pentes amollies ; sa plus grande élévation ne dépasse pas 050 met.
Il renfermait des mines d'argent, dont l'exploitation , commencée sous Pisistrate , appliquée à la Hotte sous Thémistocle. contribua à former, pendant la durée de la guerre du Péloponèse, une bonne part du revenu public : affermée ensuite a des particuliers, elle devint moin^ productive; au temps d'Auguste, elle était abandonnée. * Hanriot.}
En quittant Thoricos, on suit quelque temps le rivage, et 1 ou s'élève (35 m.} sur les pentes du Laurium ; on traverse un bois où l'on trouve des galeries creusée* dans le roc. Au huut d'une montagne, on observe les restes d'un fort qui servait à tenir en respect une contrée habitée presque entièrement par des esclaves, i A moitié chemin, entre Thoricos et Sunium, est le Porto-Patwrmo ou Gdidouro- Mandra , l'ancien Pa~ norme. Après avoir dépassé ce port, vrai crique de pirates, on suit les sinuosités du rivage, et l'on aperçoit bientôt l h. 50) le temple brillant de
Sunium , spectacle saisissant dan s ces agrès tes solitudes.* Le cap célèbre, au bord duquel se dressent les quinze colonnes encore existantes, quilui ont valuson nom moderne de cap Colonnes, est peu élevé. Le flot a rongé les rocherê et semble vouloir détruire la base puissante de l'édifice. De là, on jouit d'un coup d'oeil qu'il serait dillicile de décrire. Homère indique déjà ce promontoire comme sacré : Neptune y était adoré avec Minerve. Aux petites Panathénées, il s'y faisait une joute navale. Il est à 10 lieues d'Athènes et à 42 kilom. du Piréc. Au pied du temple, à l'O., se trouvait le port avec le dème de même nom. Pendant la guerre du Péloponèse 113 av. J.-C), Sunium fut fortifié, et l'on peut reconnaître tout le pourtour de l'enceinte, qui parait avoir aussi compris le temple.
Cicéron et Strabon parlent encore de Sunium comme d'un dème notable. Actuellement il n'y a plus mémo une cabane de pécheur :
tout est désert. » (Hanriot.)
Le célèbre temple de Sunium était un hexastyle dorique ; mais il ne reste aucune colonne de la façade. Le nombre primitif des colonnes des côtés est incertain, mais il reste debout neuf colonne* du côté S. et trois du côté N., avec leur architrave, ainsi que les deux colonnes et un des pilastres du pro-
IkutTfc t.]
naos qui portent aussi leur architrave. Les colonnes du péristyle avaient 1 inèt. 02 de diam. a la base, et 89 centimèt. sous le chapiteau; J'entro-colonnement était de 1 met. 48. La hauteur avec le chapiteau était de 3 met. 78. Le marbre, fortement corrodé à sa surface . provenait sans doute des montagnes voisines. Il est d'un Çrain moins homogène et moins tin que le marbre pentélique. Les murs de la forteresse étaient de la me'roe pierre. L'entableinent du péristyle était orné de sculptures, dont on a trouvé des restes parmi les ruines. Une grande quantiiéde dalle* en marbre qu'on avait prises pour des fragments de pavage ne sont autre chose que des basreliefs dans l'état le plus complet !
de dégradotion. Au X. du temple, et presque en ligne de sa façade E..on trouve les restes des Propylées, qui avaient env. 15 met.
de long sur 9 de large, et présentaient à chaque extrémité une façade de deux colonnes doriques entre pilastres soutenant un fronton. Ces colonnes avaient 5 met.
16 de hauteur avec le chapiteau, >ui centimèt. de diamètre à la base, et "i mèt. 6 d'entre-colonnement.
Leeke remarque qu'il n'y a plus de trace d aucun édifice particulier élevé à Neptune, qui n'était sans doute honoré à Sunium que par ud autel.
B. î>e scxim a atuîcnks. far lkgrana,
OLTHPOS T.T VA»!.
En revenant du cap, on descend sur la grève sablonneuse du port de Sunium, on remarque quelques tombeaux, puis le chemin, souvent très-rocailleux, parait suivre la direction d'une ancienne roule d< ckan; 1 empreinte des roues se reconnaît dans les endroits où le sentier actuel franchit des rocher* nus. On arrive alors dans une petite plaine couverte d'arbres résineux, .« long du petit port Legraua. A i kilom. jN.-O. du cap Colonnes,