‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 98 sur 511 · LIVADIE · texte numérisé non relu

LIVADIE

laisse à gauche les ruines de Co- | Chlià (chaude), ou Glyphà-Nerà.

La fontaine de la rive gauche, froide et limpide , est nommée Krya (fraîche). Aucune de ces deux sources ne sort d'une caverne, et par conséquent ne répond complètement à la description de Pausanias. Mais la caverne peut avoir été détruite depuis Pausanias , en même temps que le sanctuaire de Trophonius. La position de l'antre sacré est douteuse : selon Leake, il aurait été situé sur la rive droite ou orientale ; selon Ulrich*, le sanctuaire était sur la rive gauche ou occidentale, et la ville sur la rive opposée. Près de la fontaine Krya. on remarque une chambre creusée dans les rochers de la rive gauche, et entourée de plusieurs niches, destinées sans doute à des ex-\>oto. La chambre est de forme cubique ; elle mesure env. 3 mèt. dans chaque dimension. Le plafond est légèrement arrondi en voûte; sur deux cotés régnent des bancs taillés dans le roc. Cette grotte répond peut-être au temple du bon Dxmon et de la bonne Fortune, décrits par Pausanias. Près de là s'ouvre une caverne, profonde de 8 mèt., où l'on trouvait une petite source. Cette caverne est aujourd'hui complètement remplie de pierres. On la regarde communément comme l'antre de Trophonius ; mais, selon le témoignage de Pausanias et de Philostrate, on doit chercher cet antre sur la montagne ( tri toû probablement au pied du château franc. Cette question douteuse appelle de nouvelles recherches de la part des archéologues. Pausanias nous a laissé le récit de sa visite à l'oracle de Trophonius, et des épreuves auxquelles on devait se soumettre pour pénétrer flans le sanctuaire.

Le château ruiné qui domine la villeestun spécimen assez curieux de l'architecture du moyen âge :

on y découvre un vaste panorama.

Dans la ville même, sur la rive

ronée (V . R. 11) ; à droite, vers le N., on aperçoit Orchomone et son château . puis à travers une petite

filaine où coule le ruisseau Phaanis. on gagne (50 m. j les moulins de Kalamaki.avec un petit aqueduc moderne. On longe alors le pied du mont Laphistium, ayant à droite de vastes terrains marécageux, et l'on aperçoit bientôt la plaine fertile et la ville de (1 h.)

Livadie ; stCucuz ). — Histoire. — Cette ville, bâtie, suivant Pausanias. par l'Athénien Lébadus, audessous» de la vieille cité homérique de Mideia, n'est connue dans l'antiquité que pour avoir possédé le célèbre oracle de Tropnonius, consulté par Crésus et Mardonius, et qui était encore en honneur au temps de Plutarque et de Pausanias. Lébadeia tut pillée par Lysandre. Dans la guerre contre Persée,elle se prononça en faveur des Romains ; et plus tard elle fut prise par Archélaus, général de Mtihridate. Sous la domination turque, Livadie était devenue la ville la plus imponante de la Grèce propre, à laquelle elle donnait son nom. Elle a souffert beaucoup pendant la guerre de l'indépendance ; mais elle commence à se relever de ses ruines.

État actuel.— Livadie est bâtie dans une situation pittoresque, à l'entrée d'une gorge sauvage d'où aort l'Hercyne, et au pied a un rocher couronné d'une ruine franque.

L'Hercyne est un torrent qui descend du mont Hélicon, et que les pluies et la fonte des neiges grossissent considérablement; mais il est entretenu constamment par deux sources permanentes, qu on trouve à l'extrémité S. de la ville, au dessus du dernier pont, et qui répondent peut-être aux deux sourcesdeMnémosyneet de Léthé, c'est-à-dire de la Mémoire et de l'Oubli, décrites par Pausanias. La source de la rive droite est chaude, et son eau sulfureuse laisse un d^pôt blanchâtre sur les rochers:

gauche, on remarque unemosquée

le« Grecs modernes l'appellent I transformée en église, on l'on a Orikxt. y

trouvé trois inscriptions relative»

à l'oracle de Trophonius. Des fouilles commencées en 185G avaient fait découvrir quelque* débris de colonnes et de chapiteaux, et un bas-relief de style gréco-égyptien, représentant un homme assi*.

Livadie, avec ses vieux ponts, *es édifices ruinés, mêlés aux constructions modernes, est une petite ville d'un aspect pittoresque.

Elle possède quelques moulins à foulon, et son marché présente île l'animation : on peut y voir de jolis costumes grecs.

ikoivr* 1*2

est peut-être aussi l'antique Arm'* d'Homère, n'a jamais eu une grande* importance par elle même ; mais sa position dans une plaine, à

De LivaJie ù Chéronée et Delphes. V.

R. 13. — A Orcbouiène. V. R. 16. — A Thespics et Leuctres. V.R. 11. — A Haliarte et Platée. V. R. 12.— A Buudonitsa et aux Therruopylcs. V. R. 17.

DE LIVADIE A CHÉRONÉE . DEL- PHES ET SC A LA Dl SALON A-

(13 à U h.- On couche à Dclplic».)

On sort de Livadie du côté du N., et laissant à gauche le chemin direct de Distorno et d'Amphissa, on traverse une plaine fertile, mais souvent inondée par les eaux du lacCopaïs, dont la baie S.-O. n'est éloignée que de 5 kil. On passe à gué (20 m ) un ruisseau, affluent de l'Hercvne ; on traverse *25 m.) un pont sur un ravin desséché, et Ton gravit un monticule, nu sommet duquel (8 ni.) on a une belle vue sur la piaine et la ville de Livadie.

On chemine sur des hauteurs rouvertes de bruyères, et m. on redescend dans ,1") m., la plaine de Chéronée. On rencontre à gauche de la route, et au fond d'un fossé [20 ni ) les débris du fameux lion de marbrr [V. ci-dessous ], et l'on atteint ,10 m.; le v. de Kanurna, bâti sur remplacement de l'antique

Chéronée [\v.iyï.-:r/.) (2 h. de Livadie . — Histoire. — Cette ville, qui

l'entrée de la Béotie, Ta rendue le théâtre de plusieurs batailles importantes. En 417 av. J. C. , les Athéniens y furent vaincus par les Béotiens. Dans la guerre sacrée, Chéronée sut résister à Onomarque; mais elle fut prise plus tard par Phalœcus, son tils. En 338, Philippe de Macédoine y remporta sur les Béotiens et les Athéniens cette grande victoire qui décida de l'asservissement de la Grèce.

Enfin, en 86, Sy lia y gagna sur les généraux de Mithridate une bataille longuement racontée par PI utarque. Ce grand écrivain était né à Chéronée, vers l'an 48 après J.-C; il y vécut et mourut dans un a go très-avancé.

État actuel— On montre à Chéronée, dans la petite église de la Panagia , quelques inscriptions et un siège de marbre, dit le trône de Plutarque. Sur le flanc de la montagne , qui répond , selon Leake, au mont Thurium ou Or— thophagium de Plutarque, .ou voit des restes du théâtre, avec plusieurs rangs de gradins creusé* dans le rocher, et dans un bon état de conservation. Au-dessus du théâtre était V Acropole ; il reste des fragments considérables de murailles, mélange des deux coustruetions polygonale et régulière.

Près du théâtre est un aqueduc, qui alimente une bel le fontaine antique à cinq bouches, à peu de distance de laquelle on observe les restes d'un petit temple. Sur la droite de l'aqueduc, près du théâtre,» ouvre un passage souterrain de 4 met. de profondeur, dont l'ouverture ressemble à celle d'un puits, et qui servait sans doute à la conduite des eaux.

Mais l'objet le plus intéressant de Chéronée. est le lum de marbre qui surmontait le tombeau des Béotiens, morts dans la bataille contre Philippe. Ce monument d'une glorieuse défaite , qui se

[Ror te 13 j CHÊHOXÉE.

trouve au bord de la route, à 10 min. à TE. du v., et dont les dimensions égalaient celles du lion de Thorwaldsen, à Lucarne, s'était conserve jusqu'à, une époque rapprochée de nous : c'est pendant la guerre de l'indépendance que le célèbre chef Ulysse, s'imaginant que ce colosse "renfermait un trésor, le fit sauter avec de la poudre. Du temps de Leake, Dodwell et Gell, tout était enseveli sous le sable.

Ce n'est que plus tard que les fragments en furent découverts; ils gisent actuellement dans un fossé rempli de plantes marécageuses.

La téie, qui est heureusement intacte, est du plus beau travail. Les fragments des membres etdu corps sont dispersés alentour: rieu ne serait plus facile que de les rassembler, et de relever ce chefdr<èuvre des temps antiques : aucun exemple ne prouve mieux le peu de soin qu'apportent les Grecs a la conservation de leurs monuments.

Au NT. chemin pour Krévassara, Drakhxaani et Boudonits*. [V. Route 17).

Au delà de Chéronée. on remonte dans la direction du N.-O., en se dirigeant sur le Parnasse. La vue s'étend à une grande distance sur la vallée du Céphise, à l'E. jusqu'au lac Copais, et au N., à travers un dénié étroit, sur la montagne d'Elatée. Suivant le côté S.

de ia val>'ée,on arrive bientôt dans un vaste bassin, arrosé par plusieurs ruisseaux affluents du Céphise, et dominé par la masse imposante du Parnasse; on traverse (45 m.) le v. de Hagios Blasios, au-dessus duquel se trouvent Quelques vestiges des murs de l'antique Panoptus (ii*v«nw), qui appartenait à la Phocide. î>on roi Nchedius prit part à la guerre de Troie. Panopeus fut détruite trois fois : par Xerxès, par Philippe de Macédoine à la ûn de la guerre sacrée* et par Sy lia.

On se d inge vers le S.-O. , et laissant au S. une vallée et le chemin

— DAVLIA. U7

ordinaire de Distomo et de Delphes, on monte au 1 h.j bourg de Davlia, l'antique DauJù, située sur les pentes E. du Parnasse.

C'était une ancienne ville de Phocide, à laquelle on rattachait la fable de Procné, de Philomèle et de Térée. Daulis fut détruite par Xerxès, puis par Philippe, au commencement de la guerre sacrée; mais elle se rebâtit, et sa forteresse passait pour imprenable. Les restes de cette acropole se voient encore sur la colline qui se dresse au S. du v. moderne de Davlia. C'est une muraille flanquée de tours de construction polvgonale. A l'intérieur de l'enceinte, on trouve une ancienne église de St-Théodore , où Leake et Bœekh ont relevé quelques inscriptions.il faut compter 1 n. au moins, aller et retour, pour visiter cette acropole .

Au-dessus de Davlia, on s'élève dans les vallons boisés du Parnasse; on rencontre (35 m .} quelques moulins à foulon , où se fabriquent ces épais manteaux que portent les Grecs ; et laissant à 45 m. sur la droite le rourmf de Jérusalem, et l'un des sentiers du Parnasse F. R. M), on continue vers le S. Un chemin en corniche 10 m.) conduit dans une (10 m.) gorge horizontale, qu'il faut traverser pour atteindre /25 m.; une espèce de col, d'où l'on descend entre des rochers schisteux, dans une vallée, au fond de laquelle, au S., on aperçoit le golfe de Corinthe et les montagnes de la Morée. On rejoint (35 m.^ la route directe de Livadie à Delphes, au carrefour nommé g^s-r, àoô; (route divisée , ou TctWîi triple route) d'tEdipe.

C'est en cet endroit, consacré par la légende, et bien décrit par Pausanias, à la rencontre des trois routes de Daulis, d'Àmbrysos ^Distomo, et de Delphes, qu'Œdipe rencontra Laïus monté sur un char, et le mit à mort à la suite d'une dispute.

A 1 h. vers le S. la ville «e Distomo

marque remplacement de l'ancien Ambryaos, Tille de Pboeide, détruite par Philippe et prise par les Romains l'an 198. Elle était renommée par la culture du kermès employé pour la teinture ecarlate. A 1 h. 90 plus an S . on trouve le golfe et la ville d'Aspra-Spitia, l'antique Anticyra, célèbre parla culture de reliébore. Ces deux villes ne présentent aucun reste intéressant de l'antiquité.

On laisse à gauche la route qui conduit en 4 h. à Livadie, et 1 on monte vers l'O., dans une vallée comprise entre le Parnasse au N., et le Cirphis (Xéro-Vouni) au S. ; on atteint le (40 m.) khani de Ziméno, et bientôt (30 m.) le col, ou sommet du passace, d'où le regard plonge sur la vallée étroite et encaissée de Delphes, jusqu'à son débouché dans la grande et fertile vallée d'Amphissa. Les sommités sauvages du Parnasse au N., les pentes du Xéro-Vouni, couvertes de belles forêts de sapins, présentent un aspect plein de grandeur. Une ruine hellénique , à droite du chemin, marque l'emplacement de l'antique Cypanssus.

On quitte bientôt le chemin direct de Khrisso et d'Amphissa , pour prendre à droite (15 m.) un sentier oui longe en écharpe les pentes du Parnasse, et conduit (30 m.) sur un contrefort escarpé, d'où Ton découvre les montagnes de la Morée. Un peu plus loin (10 m }, on aperçoit le golfe de Corinthe, et. en se retournant vers TE., la Béotie et le lac Copaïs. On atteint (15 m.) le gros v. d'Àrakhova, célèbre par ses vins.

A droite, sentier pour r ascension du

PnrnaMe.(F.RouteU.)

On longe en écharpe les contreforts du Parnasse ; la vue s'étend de plus en plus sur la vallée de Salona, le golfe de Corinthe et la Morée. On remarque à gauche de la route ($ h.) les ruines d'une tour hellénique, et, quelques pas plus loin, quelques grottes sépulcrales; bientôt on aperçoit Delphes, bdti

GKÈCK. [Rolte Kl.»

en amphithéâtre sur la montagne ; on laisse a droite (15 m.) la gorp** profonde de Castalie, et l'on arrive (6 m.) à :

Delphes, aujourd'hui K as tri (8 h.

30 m. de Chéronée). On y trouve des logements assez convenables.

— HUtoire. — Delphes doit sa célébrité à l'oracle d'Apollon Pythien.

Les origines de l'oracle, les étymologies des noms de Pytho, Delphes et Crissa sont expliquées par des légendes trop contradictoires pour que nous puissions les reproduire ici. On connaît d'ailleurs les fables du serpent Python, des marins cnétois conduits par Apollon, sous la figure d'un dauphin, et qui devinrent les fondateurs de Crissa et les gardiens de l'oracle. Ce qui

f tarait acquis à l'histoire, c'est que e sanctuaire de Delphes, nommé d'abord Pytho, fut longtemps une dépendance de Crissa, située sur les rochers qui dominent la plaine d'Amphissa [V. ci-dessous), même après l'époque où le conseil des Ampbictyons tint sa première assemblée dans le temple et s'en déclara le gardien. Une ville s'éleva peu à peu autour du sanctuaire dr Pytho, et en même temps Cirrha.

pôrt sur le golfe Crisséen (aujour ci'hui de Salona), s'accrût aux dépens de Crissa, et cetie dernière ville perdit toute importance.

Cirrha frappait d'un lourd impôt les pèlerins qui se rendaient « Delphes. Ces vexations en étant arrivées aux derniers outrages, le conseil des Amphictyons déclara la guerre sacrée en 595 av. J.-C. :

Cirrha fut détruite, et son territoire, le champ Cirrhéen, consacre à Apollon .Les dépouilles de Cirrha furent employées à fonder les Jeux pythiens, qui se célébraient tous les quatre ans, à partir de l'année 586. Delphes fut dès lors une ville indépendante : ses habitants semblent avoir appartenu à un rameau dorien , descendu de Lycoreia (Lyakoura?), et étranger à la populatiou générale de la Phocide.

Cette diversité de races, et l'envie que devaient exciter les richesse*

Uouifc 1) ) 1>EL1

des Delpbiens , expliquent lest invasions et les attaques qu'ils eurent souvent à subir de la part des Phocéens. Le gouvernement J<* DeJphes était aristocratique, et surtout thi oeratique. Le temple possédait la plus grande partie du territoire, et le faisait cultiver par >es esclaves. Les offrandes des Orangers entretenaient encore les Delpbiens dans la mollesse. Éâope pava de sa vie les épigrammes iiu'il leur avait lancées.

On connait l'importance du rôle ]ue l'oracle de Delphes joua dans . L;»toire : aucun des Etats de la Gr* ce, aucune des colonies grec- ^ues de l'Italie ou de l'Asie Mineure, ne commençait une entref nse sans avoir interrogé la Pyftl* : Gygès, Crésus et le dernier roi de Rome firent aussi consulter Voracle. En un mot, si cette ville Bétait pas. comme se le figuraient lesGrecs, le centre, l'ombilic de la terre, c'était certainement la métropole spirituelle du paganisme.

En 548, le temple fut détruit par un incendie.il fut reconstruit avec plu3 de magnificence, grâce aux contributions de toute la Grèce.

La dépense s'éleva à 300 talents i 875 000 fr.), et les travaux furent conduits par Spintharos, architecte corinthien. L'an 480, Xerxès envoya, pour piller le temple, un tétachement qui pénétra par le Friodos- Des phénomènes efravants se manifestèrent : deux 'normes rochers roulèrent du haut i*t la montagne et écrasèrent un jrand nombre de soldats : le reste Vnfuit frappé, d'une terreur panique- En 357, les Phocéens, condamnés par les Amphictyons pour -ivoir labouré le champ Cirrhéen, soulevèrent sous la conduite de Pàilomèle, et pillèrent le temple de Delphes. Ce fut l'origine de > a guerre «acrée, terminée en 316 nr Tintervention de Philippe. En '79. les Gaulois marchèrent sur Delphes ; mais ils furent dispersés -omme les Perses par des phénomènes surnaturels. Le temple fut ï'illé par Sylla, et du temps de

liES. 14V

Strabon il avait perdu ses richesses. Néron lui enleva cinq cents statues de bronze, partagea le champ Cirrhéen entre ses soldats , et abolit l'oracle. Adrien et les Antonins lui rendirent sa splendeur : c'est à cette époque qu'il fut décrit par Pausanias.

Constantin emporta une partie de ses statues pour orner sa capitale.

L'oracle fut encore consulté par Julien, puis enfin aboli par Théodose.

Description et topographie ancienne. — Delphes s'élève sur un

fdateau verdoyant, au-dessus de a vallée profonde du Pleistos, et au pied des grandes murailles verticales formées par les rochers Phaedriades. Le v. de Kastri occupe certainement l'emplacement de la ville antique et du temple d'Apollon. Mais c'est précisément pour cela que nous ne possédons que des notions incertaines sur la disposition de ses monuments.

« Les maisons modernes de Kastri, dit M. Guigniaut [Arch. des Missions, t. IV, p. 409), ne s'étendent, en se multipliant, qu'aux dépens des restes de l'antiquité, qui en fournissent trop souvent les matériaux, et qu'on retrouve à chaque pas encastrés dans les murs de ces maisons. Les accidents du sol, si multipliés, si fortement caractéj risés.etqui ont persisté, par lapuis- &ancede la nature, quand toutchangeait autour d'eux de ce qu'avaient fait les hommes, sont encore ici nos meilleurs guides.» On constate aujourd'hui la disparition d'un certain nombre des plus précieux débris qu'avaient relevés les antiquaires. A peine reconnalt-on les constructions importantes, comme le mur de marbre qui soutenait le temple au S., et qui était couvert de longues inscriptions remontant jusqu'au ma siècle av. J.-C, et relatives à des affranchissements d'esclaves. Ces inscriptions ont été heureusement copiées parO. Millier, Curtius, et par M. Lebas en 1844. Sur un niveau un peu inférieur, on trouve les restes d'une

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muraille puissante, remarquable par sa belle construction. Ces murs semblent avoir formé des terrasses superposées, que la déclivité du terrain avait rendues nécessaires pour établir l'enceinte sacrée. On n'a plus aucun fragment authentique du temple lui-même , ni d'aucun dos monuments décrits par Pausanias. 'A moins de nouvelles fouilles, on ne peut plus que faire des conjectures sur la position de \'adytum% ou sanctuaire, ainsi que de la fissure sur laquelle se plaçait le trépied sacré, et d'où s'échappaient ces vapeurs enivrantes , qui jetaient la Pythie dans l'extase prophétique. Ulrichs a reconnu dans la petite fontaine de St-Nicoîas l'ancienne source Cassotis, qui s'écoulait dans Tintérieur de l'enceinte sacrée et de 1'adytum. Le même antiquaire a reconnu, un peu à l'O. de cette fontaine, 'des restes du thé.Hre et de la Leschè , lieu de réunion des Delphiens. Un peu plus haut, vers 10., la fontaine Kenxa répond sans doute a la fontaine Delphousa, qui fournissait d'eau Delphes et le faubourg Pyla?a, où se tenait le conseil ampnictyonique.et dont on trouve quelques vestiges sur la route de Crissa. Au dessus et à l'O. de la fontaine Kerna, on trouve les restes du stade, dont on peut tracer le contour. On a reconnu quelques sièges creusés dans le rocher , mais il n'y a aucun débris du marbre dont Hérode Atticus l'avait revêtu. Un peu plus à l'O , on observe des vestiges des murs dirigés du S. au N.. et appartenant sans doute à l'enceinte dont PhilomMe avait entouré la ville.

Mais la partie la plus authentique de l'ancienne Delphes est la fontaine de Castalie, située à l'entrée de la gorge étroite et profonde qui sépare les rochers Pha> driades. L'eau s'échappe d'abord par plusieurs filets imperceptibles entre les rochers , pour former bientôt un ruisseau, qui descend vers le monastère de la Panagia- Kimisis, et va se jeter dans le

:CE. [Km te 13.]

Pleistos. La source se déverso dans un bassin quadrangulaire creusé dans le roc. et où l'on descend par trois ou quatre marches.

La paroi de la montagne est taillée verticalement et présente plusieurs niches; laplus grande a été convertie en chapelle. On trouve aussi un canal étroit creusé dans le rocher, qui communique à sa partie supérieure avec le lit du torrent, et par sa partie inférieure disparaît ae nouveau pour aboutir plus bas. Le bassin quadrangulaire a été nommé vulgairement le Batti de la Pythietet le canal creusé dans le rocher a été regardé comme un passage par lequel la prêtresse pouvait paraître et disparaître. Par suite de la même erreur, on avait supposé que l'antre prophétique et le trépied sacré étaientplacésun peu plus hautdans la gorge des roeners Pho*driades ; quelques degrés qu'on voit encore aans le rocher semblaient confirmer cette supposition : mais il suffit de réfléchir que dans la saison des pluies et à la fonte des neiges cette grotte devient un torrent impétueux, et que d'ailleurs Vadytum et le trépied étaient dans l'enceinte même du temple, c'est-àdire au milieu du village actuel.

Aucun texte ancien n'autorise non plus à penser que la Pythie eût l'habitude de se baiguer dans la fontaine de Castalie. Cette fontaine fournissait l'eau sacrée du temple de Delphes ; tous les pèlerins devaient s'y purifier et laver leur chevelure, avant de se préserver devant l'oracle ; et le bassin quadrangulaire est considéré par Ulrichs comme le Bain des Pèlerins.

Les rochers Phœdriades (resplendissants), qui dominent la fontuinc de Castalie , ont été souvent docrits à tort par \ps portes comme le double sommet du Parnasse , dont le pic principal s'élfcvc à une hauteur bien autrement considérable. Ces rochers réfléchissent la lumière du soleil pendant la plus grande partie du jour. C'est du haut de leurs parois verticales

Rcut* 14.1 LK PAKNAXSL. 151

(ju'on précipitait les criminel?. Le d'un édifice carre, et descendant

rocher Flembouko, oui s'élève à sur la gauche, on atteint (1 h.) le

l'E. de la fontaine de Castalie , v. de Khrisso, qui occupe à peu

répond à l'Hyampeia, d'où K»ope pr^s l'emplacement de l'antique

fut précipité. Par la suite, ce fut Oissa. dont nous avons esquissé

le rocher de l'O. qui fut consacré l'histoire en mAme temps que

à cet usage. Pendant la guerre de celle de Delphes. On trouve en-

l'iu dépendance, les (trocs firent coro quelques débris de murs po-

penr la même manière plusieurs prisonniers turcs.

Le monastère de la Paiiayia- Kuuui>% que l'on voit à droite de U route d'Arakhova, sur un petit plateau couvert de vieux olivi«-r< cl de mûriers, indique remplace ment de l'ancien Gymnase.

On remarque dans le jardin une belle muraille hellénique, et dans !a v.-our du couvent plusieurs fragments de sculpture, dont les plus important* sont deux grands basrel'ieU . dont l'un représente un torse d'homme, et l'autre un quadrige : les chevaux sont bien conservés, mah le char est en partie détruit, et il ne reste plus qu'une jambe du personnage qui le montait. Devant les chevaux, on voit un autel qui porte des traces manifestes de peinture. M. Ulrichs a cru reconnaître près de cette église les gros blocs oui du haut des rochers Pbîedriaaes roulèrent sur les Perses, et que l'on montrait du temps d'Hérodote.

Un peu plus loin, et sur la droite de la route, une plate-forme, avec quelques débris, marque l'emplacement des quatre temples décrits par Pausanias, et dont le plus important éiait celui de Minerve Pronoea.

En quittant Delphes, pour suivre la route de Khrisso , on laisse à droite le stade, à gauche les restes du faubourg de Pylaea , un peu plus loin, a, droite, deux belles grottes sépulcrales, et l'on atteint 10 m. ! l'angle du contre-fort, d'où l'on découvre le golfe de Salona et !a ville de Galaxidi.

A dr. sentier pourle Parnasse. 1\ r. 1 i.

On remarque ."> m., les traces j'un«* voie antiqce, et les restes

Ivgonaux autour de l'église des Quarante Saints. — De Khnsso, on descend au S. vers le golfe et dans la vallée grandiose d'Auiphissa,

ou de Salona : la ville de ce nom se voit au N. On atteint -20 m.) le fond de la vallée, et l'on s'engage 5 m.} dans un bois d" vieux oliviers , planté sur une partie de l'ancien champ Cirrhécn. ou Crisséen, dédié à Apollon. Au sortir de ce bois, on rejoint (30 m.; la route d'AmphiBsa : le commerce de la Thessalie arrive directement par cette route au golfe de Corinthe, et il n'est pas i<ire d'y rencontrer des caravanes ce chameaux. On arrive {30 m. à :

Scala di Salona (2 h. 15 de Delphes , petit port sur le golfe du même nom, et qui n'est formé que d'une douane, d'un cabaret et de quelques maisons.

Le bateau do Lloyd autrichien, allant de Patras à Loutraki, y touche vers midi, le jeudi, et celui dr Loutraki à Patras, le vendredi duns l'après-midi.

A 30 m. à 10. de Scala, sur le bord de la mer, le hameau de Ma goula et quelques débris antiques marquent l'emplacement de 1 antique Cirrha, l'ancien port de Crissa , dont nous avons aussi raconté l'histoire.

De Scala di Salona àAraphisia et aux Thermopyle*. (V. R. 15.) — A Galaxidi, Lepante et Misiolonghi. (V. R. 2?.)

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