‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 102 sur 408 · ARMÉE. — MARINE · texte numérisé non relu

ARMÉE. — MARINE

Il y a dus cet déereto éts garanties sérieuses pour l'avenir des finances éfjpiiennes, et Ton peut légitimement espérer de voir désormais le pays éfiter des crises aussi menaçantes, et développer ses éléments de prospérité nec U régularité que les habitudes réglées de la comptabilité européenne ne msn^ront pas d'y introduire.

Un décret du khédive, en date du 14 mai 1876, a de plus institué un

CowU wpréfne au Trétcr, dont les attributions répondent asses exaetement

à e«Ues de notre Cour des Comptes et de notre Cooseil d'état (section flnao-

eièn). Il est chargé de l'inspection générale des revenus et des caisses de

l'Ètâty et les comptables sont tous désormais responsables devant lui. U est

durgé de plus de préparer les budgets, et tous les engagements qui peu-

reoi charger l'État d'uoe dépense sont confiés à son approbation préa-

Iai)ie. Ce conseil est composé par moitié d'indigènes et d'étrangers. Un

des hommes politiques las plue distingués de l'Italie nouvelle, M. Scialoja,

ueieo ministre du roi Victor Emmanuel , a accepté à titre temporaire la

nsion d'organiser et de présider ce conseil.

$ 6. innée. — Marine. — Mohammed-Ali a été le premier à créer en Egypte une armée régulière, à l'imitation des armées européennes. U en ivait porté l'etrectif à près de 160000 hommes, ce qui était hors de proportion avec une population de près de 3 millions d'ftmes. Une mission mi- «ttaire française a donné à l'armée égyptienne son organisation et sa discipline. L'effectif actuel est difficile à connaître; aujourd'hui 34000 hommes, demain IS 000 à peine.

L'uniforme des troupes égyptiennes, contrairement aux prescriptions des ânaans cités plus haut, n'est pas le même que celui de Tannée turque; il e^ beaucoup plus élégant et mieux approprié au climat; pour l'infanterie, e'es^ une tunique descendant à mi-cuisse, un pantalon bouffant retenu au ^ de la jambe par une guêtre. Drap gris de fer pour l'hiver, toile Maœhe de coton pour l'été; tarbouch rouge aveo ui) gland noir au ttffifflet.

Presque tous les soldats sont armés de fusils Remington, se chargeant pv la calasse. Les arsenaux du vice-roi sont bien garnis et suffiraient i i'é<{aipement d'une armée bien supérieure à la sienne.

la cavalerie comprend des cuirassiers, des chasseurs et des lanciers. Klle est parfaitement montée. L'artillerie a 24 batteries dont plusieurs de ca- >><x>s rayés. La batterie égyptienne n'est que de 4 pièces. Les corps spéciATii se composent d'un bataillon du génie et d'un bîataiUon de pontonniers »ee un équipage de ponts.

L'armée se recrute par la conscription; en principe, tout Égyptien doit '•• service militaire; mais, dans la pratique, on s'exonère souvent moyen- ^t une somme donnée au cheikh chargé du reorutement dans son village. ^ fellàb a la plus grande répugnance pour le service militaire. Une fois ^ les drapeaux, c'est un soldat sobre, patient, discipliné et brave, mais '^«sl sujet 4 la nostalgie.

Qoaot i la marine, elle a fait de grands progrès depuis 1860; à ce mo- ^Dt, elle ne comptait que quelques débris de la belle flotte de Mohammed- ^'i; aujourd'hui, elle compte des frégates 4 aubes, un yacht à vapeur, à hélice, construit en Angleterre, sur lequel le Tice-roi se rend soit à Port-Saïd, soit à Stamboul, etc. Hais, sur le désir exprimé par la Porte, les frégates

blindées et loi navires cuirassés commandés dernièrement en Angl i terre ont dû dtre rendus, par le khédive, aux constructeurs, ou cédés à it Porte, moyennant remboursement.

Aujourd'hui, la flotte égyptienne a des équipages et môme un état-major régulier, qui compte beaucoup d'étrangers, officiers de distinction et de mérite. Il en est de même du génie; presque tous les forts de la côte, d'Alexandrie à Port-Saïd, sont sous le commandement d'ingénieurs militaires des États-Unis.

La marine égyptienne comprend la navigation à la mer et la navigation sur le Nil.

I. Navigaiionàla fner, — La marine égyptienne compte : 1* 14 navires à vapeur relevant du ministère de la marine, savoir : yacht du khédive, yachts de la suite, 2 frégates à hélice, 2 corvettes à hélice, 4 canonnières à hélice, un aviso à roues, des chaloupes canonnières: t* 36 paquebots-poste khédivièh, de 100 i 300 chevaux; 3* divers navires. Les navires à voiles, bricks, voiliers ordinaires, sandals, chaloupes, mahonnes, schooners, canges, etc., en tout plus de 500 navires à voiles.

IL la naffigation sur le NU emploie 58 navires à vapeur, vapeurs du Mahyèh, remorquage, des canonnières, et un nombre considérable de dahabyèhs, sandals, kayass, felouques, etc., en tout plus de 9000 navires à voiles.

§ 7. Inttmotion publique. — Le nombre des enfknts recevant rinstruction primaire était, te^im la skuistiqtie de V Egypte j en 1878, de 90O0O, il s'est élevé de 1873 à 187ô, à 140977 élèves, 6048 maîtres et 4817 écoles. La population de rÉgypte étant de 5 250000 âmes, il y a donc 372 élèves fréquentant les écoles pour 10000 habitants,- cette proportion, bien qu'inférieure à celle do la plupart des grands Etats de TEurope, est cependant supérieure i celle de la Russie, qui ne compte que cent cinquante enfants fréquentant les écoles pour 10000 habitants.

Sur le nombre de 140000 élèves, ne figurent que 3018 filles, presque toutes de familles non musulmanes; jusqu'ici la femme avait été privée des bienfaits de l'éducation. Mais le khédive, rompant avec des préjugés séculaires, s'occupe activement de l'instruction des filles. Il existe maintenant au Caire deux écoles musulmanes de filles établies par le Khédive et la princesse sa mère; l'une, celle de la Siovfièhf a 15 maîtresses et 298 élèves; l'autre, à XêkGérabiihf a 9 maltresses et 147 élèves. Si les musulman^ réalisent l'éducation des femmes, le relèvement de leur race peut s'ensuivre. C'est l'épreuve ttne qud non, elle sera décisive.

Outre les écoûs primaires arabes^ qui comptent pour 111 803 élèves dans les 140 997 mentionnés ci-dessus, il y a des écoles d'un rang plus élevé, les éeole< ctfHtef munseipoltff comptant 2960 élèves, et les écoles gouvememenîal*s (école primaire de Darb-el-Nasrièh, école de Ras-el-Tyn, à Alexandrie, et école préparatoire du Caire), 1385 élèves ■.

L'enseignement spécial compte 4 écoles militaires, celle d'état-major (21 élèves), d'artillerie (223 élèves), d'infanterie (570 élèves), de cavalerie (208 élèves). 11 y a une école de marine militaire à Alexandrie; une école de mathématiques, d'art vétérinaire et d'agriculture.

t. V» Statiitique des écoles civiles^ par Dor-Bey, inspectenr général da ministère de l'Instruction publique ; le Caire, 1875.

INiJTROCTION PUBUQUE. — TRAVAUX PUBUCS. 167

iM antres teoles spédalea, entntanoBs^ aia teis du goafernemmiiy aoDt:

L'KcoIe polytechnique, qui iburnil des ingéaieun pour les travaux d*irngitieB, de oooatruetion, ainsi que des si^ets pour le génie et r&rtUlerie (IJ professeurs» 33 élèves).

L'Éooie Bonnele anbOy qui fournit des professeurs (8 professeurS| 3&

Um fioole de Médecine et de Pharmade, comptant 18 professeurs et 195

âèfH en I87S, à laquelle est annexée une École d*Âcoouehements pour les

a9»-femmes, comptant 6 professeum et S9 élèves.

Ihs Soele d*Égyptologf e, pour l'étude des hiérogljphea et de la langue «bjBioienne qui, de 1869 à 1875, a formé 16 élèves.

Bofia des Écoles de droit et de langues (1 1 professeurs, 36 élèves), d'arts et fliéiiers mécaniques (9 proiessears» 44 élèves), de comptabilité et d*arpeotsge (12 professeurs, 80 élèves). Une éoole des aveugles (10 professeurs, 80 élèves).

Des dassM dioenm sont aussi institaées pour les télégraphes, les dessi- Biteon, les peintres décorateurs, et les métiers des chemins de fer.

Les élevée qui aspirent aux écoles ci-sleseus désignées, reçoivent d'abord linstroction élémentaire dans les écoles primaires gouvernementales du Cure et d'Alexandrie; de là ils rentrent dans des écoles préparatoires aussi cBtretenuee par le gouvernement, on ils se préparent aux écoles spéciales.

Le gouvernement envoie en outre, i ses fmis, des jeunes gens étudier en ftanoe, en Angleterre, en Italie et en Allemagne. 94 jeunes gens choisis oat été ainsi envoyés de 1864 i 181^.

Des écoles gratuites pour les pauvres et les orphelins sont entretenues va frais du divan des Wakfs et avec Taide du gouvernement. Des écoles centrales, établies aux chels-lieux de province > existent à Bénisouef, à tafaa, à Syont, à Minièh, à TanUh et 4 Uanaouiah. Les parents aisés contribueni «veo le divan des Wakfs et le gouvernement à rentretien de ces éooies. Enfin, des pensionnats fondés par des donations particulières existeat an Caire et à Alexandrie.

On enseigne dans ces différentes écoles : I9 Coran, les préceptes religieux, la langue ambe, la langue turque; dans quelques-unes, les langues eoropéennas et surtout le français, Thistoire, la géographie et Tarithmétique.

Des écoles de différents rites : copte, juif, syrien, arménien existent au Caire. Des collèges nationaux, aux frais des parents, sont établis au Caire, i Alezandrieiy dans les chefs<Ueux de province, et même dans des villages.

Les écoles des mosquées» véritables écoles théologiques, ne comptent pas aïoitts de 15339 élèves.

Enfin, à toutes ces écoles nationales, il iSaut joindre les écoles étrangères, tenues dans les diverses parties de rjSgypte par des congrégations reliinsoses et des missions étrangères. Ces écoles étrangères comptent 416 profasMurs et 8961 élèves.

$ 8. TraTaux pnblioi. -^ Outre la gigantesque entreprise du canal de Sms, d'importants travaux* parmi lesquels ceux du Port-Vieux d'Alexandrie, ceax de Sues, des phares égyptiens sont actuellement exécutés ou en voie «Teiéctttion. (V. SkOisHque de l'Ényp^*)

168 âOTPTfi MODERNE.

Les travaux du Poft-Vié\iX d'Alexandrie, oommeacés en 1870, comprennent : 1* un avant-port ou rade, d'une aurfaoe totale de 350 hectares et d'une profondeur d*eai| dto dix mètres au minimum. Cet avant-port sera abrité du côté du large par un brise-lames ou digue, construit en blocs artificiels immergés en enrochements. 2* Un baasin intérieur, d'une surface totale de 12 hectares, et d'une profondeur minimum de 8 met. âO c. Ce port sera fermé du côté du nord-ouest par un môle d'abri et muni de murs de quai qui auront un développement total de 3200 mètres. Les quais, élevés de 2 met. 50 au-dessus du niveau de la mer serost fondés de manière à ce que les plus gros navires puissent les aborder; de doubles voies ferrées, se reliajit à la gare du chemin de fer du Caire, seront posées sur toute la longueur des quais.

Les travaux du port de Suez, commencés en 1866 et terminés en 1874, comprennent: 1* la construction préalable d'une cale de radoub; 2* l'établissement en pleine rade, à 24U0 mètres de la côte, d'un mouillage de 39 hectares de superficie; ce mouillage est protégé contre les vents du large par des digues d'une longueur totale de 2310 mètres; des lignes de quai, d'un développement de 1600 mètres y permettent les opérations du commerce.

De grands travaux de voirie, la construction d'un grand nombre de ponts, le tracé de plusienra canaux, ont signalé l'aetivité du gouvernement égyptien dans les dernière» années. La viabilité et l'édilité ont reçu une grande impulsion au Caire et à Alexandrie. La ville des khalifes elle-mâme a aujourd'hui de larges boulevards et de. belles rues, qui lui donnent l'aspect d'une capitale européenne. Un nouveau quartier, l'Ismallièh y a été construit; un système de distribution d'eau et une usine à gaz y ont été établis. Ce sont là des progrès, sans doute, et qui ont amélioré l'hygiène de deux grandes villes. Mais il nous semble qu'on aurait pu les obtenir en sacrifiant moins la couleur locale et peut-être aussi le bien-être de ses habitants, que des rues larges et de grands espaces vides exposent aux rayons d'un soleil brûlant , dont les anciennes villes arabes savaient si bien se garantir. Les Italiens sont parvenus à moderniser leurs villes sans renoncer au caractère artistique des édifices, qui non-seulement donnent à un pays sa physionomie, mais répondent aux besoins de l'hygiène qui lui est particulière; c'est ce genre d'amélioration qu'on n'a pas su réaliser en Egyple; il suffisait de rebâtir d'une façon plus solide les maisons anciennes qui tombent journellement en ruines ; on aurait pu conserver, en l'améliorant, le style arabe et l'ancien plan ; de fortes murailles, des salles élevées orientées au nord, donnant sur une cour intérieure plantée d'arbres, rafraîchie par des fontaines, permettant de recevoir la lumière et l'air en abondance sans se ressentir de l'excessive chaleur; voilà ce que réalisait l'ancienne demeura arabe. Nous doutons qu'on puisse en dire autant des hôtels parisiens élevés sur les boulevards du Caire.

§ 9. Commerce. —Voies de communicatioii. ^ Avant 1863, la moyenne de la valeur des marchandises exportées d'Egypte était de 66 millions de francs par an. Entre 1863 et 1872, cette moyenne annuelle s'est élevée à plus de 300 millions de francs. Cette exportation actuelle de l'Egypte tend du reste à augmenter de jour en jour, ainsi que le prouve le mouvement d'exportation de l'année 1872, qui s'est élevé à 3âO millions; en 1873, elles ont atteint 370 millions; le développement de son agricultura,

TRAVAUX PUBUCS. -— GOMMBRGE. 169

de ton iadustrie» d lesquasiités toujours croissantes de coton, de sucre et ë^aatres marchandises qu'elle verse sur rsurope, continuent à maintenir r0s9Of dont Ja hausse cotonnière de 1864^ et 1865 avait été Toccasion.

Ab poinl de vue des relations avec l'Europe, le commerce d'Alexandrie ^ime celui de toutes les autres places de TÊgypte; il figure en effet pour ia Noime annuelle de 280 millions de francs.

Des exportations totales de l'Egypte, TAngleterre reçoit par année, en laoïeoBey les huit dixièmes, la France un dixième environ, et le reste est putifé par les autres pays, dans Tordre suivant : l'Autriche , l'Italie, la Tar^ûà d'Europe et l'Asie Mineure, la Syrie, la Russie, la Barbarie, la Belgiqae, la Grèce, etc.... Le chiffre des exportations a quadruplé pendant la période de 1862 à 1875.

Llmportation moyenne de 1863 à 1872 a été de 130 millions de francs. Cette somme est beaucoup plus forte que la moyenne des années préceptes. Cette progression est due au mouvement commercial et industriel iaoi l'Egypte est aujourd'hui le théâtre. L'industrie locale trouvant un i d^uehé plus facile, des eneouragemenls plus nombreux, a demandé à récraager un plus grand fonde de matières premières. Le chiffre total des AportaiioDS s'est élevé de 100 0/0 en 13 ans.

Sur le chiffre de cette importation, l'Angleterre figure pour quatre dixiè- BM, ta Turquie d'Europe avec la Syrie pour deux dixièmes, la France pour plus de un dixième ; viennent ensuite par ordre, l'Autriche, l'Italie, la Barbuie, la Grèce, la Belgique, la Russie, la Suède, etc.

L'importation étant beaucoup moindre que l'exportation, l'Egypte bénéftàe chaque année d'une somme considérable qui, de 1863 à 1872, a atteint 00 total de un milliard et demi de francs.

Chemmt û^^êt. — A l'avènement du khédive, la longueur des chemins de fer égyptiens était de 246 milles anglais ou 394 ki)., desservis par 78 stations. Au 31 décembre 1873, on avait une longueur de 1100 milles ou 177] kil. de voies ferrées, au prix de 12324320 livres sterling. Le coût du mille était donc de U 112 livres sterling en moyenne. En 1874 et 1876, 100 milles ou 161 kiL additionnels ont été ouverts au prix de 1 037 000 livres sterling, «oit 10170 livres par mille.

1* Les lignes exploitées en 1876 sont :

O'Alexandria an Caire (double voie). . • 131 milles anglais ;

ne Beoha à Zagasig (double Toie) (ligne d'Alexandrie à Saez) 34 —

De Oalioab A Mansonreh.. ss lA — -

De Zagazig à Sues (doeble josqe'A Ismailia)..*.. . 9t 1/9 — De Tantah à Oamiatte (par llahallet-Rokh, Sa-

manoad et Talka 73 3[4 —

De Mahaliet-Rokh à Ziftèh !.... 33 1/3 —

De Maballet-Rokh a Deasouk 36 1/2 —

e Tantah à Chibin-EUKom 18 3/4 —

De Benha à Mit^erry 8 —

SmftHanehenient da barrage 7 1/3 -~

Embranchement de rAbaaaIèh S —

de Teli el-Barond à Boulaq el-Oakroar (Alexandrie

an Caire) 73 8/4 -

A rsporitr ftse e/e -*

170 ÉGTPTE MODERNE.

Aipor* 586 O/oml&Manelai^

<le BoQlaq el-Dakroar A S^nt (chemin de fer de la

luioto £(rypte) 238 1/2 ~

Embranchement da FayoQ m 2S —

— d'Aba-el-Oaaqf 8 —

— de Beni-Maxar 9 —

— d'Abonksa 19 —

De Dessonk à Damanhonr 12 -~

— A Ghlrbnt (ligne dn Delta) 58 —

D'Alexandrie A Ramlèh 9 1/2 —

Total 945 milles on 1411» iLil.

2* Plusieurs lignes sont en construction, et en partie fchevées, oe sont le fi lignes :

D'Alexandrie A Rosette environ 54 kil.

De Syoat A Kénèh environ 2S0 kil.

3* La ligne du Soudan a été étudiée, d'après Tordre du khédive, par Tingénieur Fowler. Elle devait avoir primitivement 889 kilomètres de Ooady- Halfa (2* cataracte) à Motemmeh, sur la rive gauche du Nil en face de Ghendy (16* 40' latitude); les dépenses de ce chemin de fer étaient évaluées à 100 millions de francs II a fallu toutefois se borner A n*en exécuter qu'une partie, la section de Ouady*Halfa A Hannek (environ 200 milles) qui répond A des cataractes presque toujours infranchissables. La dépense de cette ligne coûtera 175000 fr. par kilomètre. Le reste de la ligne tracée par M. Fowler, de Hannek A Ghendy (environ (3ô0 milles), à travers un pays difficile, a dû être ajourné. Les cataractes du haut Nil de ce côté sont z&avigahles pendant neuf mois de l'année, de sorte que le tronçon en construction suffira pour établir des communications régulières.

L'établissement de cette ligne ferrée est d'une grande importance pour l'avenir de l'Egypte; le Soudan est une contrée fertile qui enverra vers le nord des céréales, du sucre, du coton, des gommes, du séné, des* dattes, de la potasse, de l'or, de l'ivoire, des plumes d'autruche et nombre d'autres produits. Il donne au trésor Égyptien un revenu net de l&OOOO livres sterling (2 625 000 fr.).

Télégraphes, — Avant 1863, l'Egypte ne possédait que six lignes télé^aphiques ayant un développement de 582 kilomètres. Cette loogUeor est au> jourd'hui de 9H3 milles anglais ou 14 203 kilomètres, et plusieurs nouvelles lignes sont actuellement en voie d'exécution. Les 14 203 kilomètres de lignes télégraphiques actuellement exploitées par l'État sont desservies par 77 stations; le service y est £ut en langue arabe et, de plus, dans la basse Egypte, en langues européennes (français, italien, anglais).

L'Egypte est reliée télégraphiquement à l'étranger : par la ligne terrestre de Gaza, qui la met en correspondance directe avec la Syrie et Constantinople ; par la ligne sous-marine d'Alexandrie A Malte et en Sicile, qui la met en correspondance avec l'Europe ; par la ligne sous-marine de Suez A Aden et aux Indes, qui la met en correspondance avec l'extrême Orient ei l'Australie. Deux autres lignes sous-marines sont projetées, l'une d'Alexandrie à Bone (jonction avec Alger et Marseille) ; l'autre, d'Alexandrie A Brindisi par la Canée et les lies de la Grèce.

TÉLÉGRAPHES. — NAVIGATION. — CANAUX. 17 i

HèHftaon,— De 186S à 1873, le nombre de bitimeoU de toute espèce entras aa port d'Alexandrie en grande navigation, a été de 81 433; en 1878, die a été de 1968 ; en 1874, de 3886 ; en 187S, de 2560; d'oh la moyenne amodie de 3243 naTires. La moyenne générale des bâtiments entrés annuelksMit dans les ports de Port-Saïd, Sues, Rosette, Damietle, Koeseîr, Sooakin, Massaoua est, avec cette d'Alexandrie, de 6073 bâtiments.

Les ports égyptiens sont reliés périodiquement â l'étranger on entre eux pir \a lignes de navigation postale â vapenr ci-après :

1^ lignes égyptiennes, dont une mensuelle directe d'Alexandrie â OBBstentlnople, par Syra; une mensuelle directe d'Alexandrie à Constan* tiaople, par le Pirée ; et une bi-mensnelle de Suez â Sonakin et Mâssoua^ pirDjedda.

Cinq lignes anglaises, dont une hebdomadaire, d'Alexandrie â Venise, par Briodisi et Ancône; une hebdomadaire d'Alexandrie i Southampton par Malte ei Gibraltar; une hebdomadaire, de Suez à Bombay; une mensuelle, de Ssa à Galoatta, par Pointenle^Galles, avec embranchement sur rindo-Chlne, et ane mensuelle, de Suez â Calcutta par Pointe-de Galles, avec embranchement sur l'Australie, et embranchement sur Zanzibar et le cap de Bonne- Eq»^anee.

Cinq lignes fnmçaises, dont une hebdomadaire d'Alexandrie â Marseille, pvNaples; une bî-mensuelle indirecte d'Alexandrie â Smyme, par Port- Stîd et la Syrie ; une bi-mensuelle de Port-Saïd et Alexandrie i Marseille, ?ar Malte; une M-mensuelle de Marâeille à Hong-Kong par Port-Saïd et Siiez. Quatre lignes austro-hongroises, dont une hebdomadaire d'Alexandrie à Trieste par Corfou ; une bi-mensuelle directe d^Alexandrie à Constantfnopie, par Smyme; une bl-mensuelle indirecte d'Alexandrie â Constantinople, pv Port-Saïd et la Syrie, et une mensuelle de Trieste à Bombay, par Port- Said et Suez.

Deux lignes italiennes, dont une tri-mensuelle d'Alexandrie à Gènes, par tapies; une mensuelle de Gènes â Bombay, par Port-Saïd et Suez.

Une ligne russe bi-mehsuelle d'Alexandrie- â Constantinople et Odessa, pv Port-Saïd et la Syrie.

Uoe ligne ottomane mensuelle de Constantinople â Bassora, par Port-Saïd et Suez.

Outre les lignes postales ci-dessus, l'Egypte est encore reliée périodiquei&ent à l'étranger par des lignes de navigation à vapeur de commerce, qui desservent principalement les ports de l'Angleterre en partant d'Alexandrie et de Port-Saïd.

Canaux. — Le mouvement maritime dont le canal de llsthme de Sues ^ le théâtre s'accroît d*année en année; le nombre des navires ayant tranûiécTane mer à l'autre a été : en |B70, de 486; en 1871, de 765; en 1872, de lOg); en 18/3, de 1173; en 1874, de 1)64; en 1875, de 1494; leur ton-» ^ge réel s'est successivement élevé de 65) 915 tonnes à 2 940 708 ; enfin les nicettss qui éUient de 6 708 047 fr. 80 c. en 1870, ont atteint le chiffre de 29886 302 fr. 27 c, en 1875, malgré le préjudice causé à la compagnie, dep\ns le mois d'avril 1874, par l'application forcée des recommandations de ^ commission de Constantinople (V. R. 14).

On compte, en Égyptel, 113 canaux navigables d'un parcours plus ou nioins long; nous citerons entre autres :

,Le SwUiagièhy qui arrose les districts de Souhag et de Tahtahi daos la haute Egypte, sa longueur est de 18 700* kaasabas.

L'Ihrahimièh, de création récente, prend son origine à Syout et arrose les provinces de Syout et de Minièh, 98 kil de long. Le Bahr-Tougsef passe dans les provinces de Syout, de Minièh, de Benisouef et du Fayoum, avec un développement de 76 728 kaasabas, soit 272 kil. — Dans la luisse Egypte, le Chêrkoùmèk et VlsmoêUèk qui prennent leur origine près du Caire et arrosent les provinces de TE. ; le Bahr-Moêxx, qui prend son origine à Mit- Radi, sur la branche de Damietie et aboutit au lac Menzalèh; le Chibini, qui prend son origine dans la branche de Damiette et se jette dans la mer à Àcbetoun, après avoir traversé toute la province de Garbièh ; le Mahmoudièh, qui commence à Atfèh et débouche dans ie port vieux d'Alexandrie* après un parcours de 77 kil.

Bn tout, 113 canaux représentant une longueur totale de plus de 3O0O kil.

Routes. -^ Outre les lignes de chemin de fer et les canaux, des routes ouvertes en Egypte contribuent au développement des relations commerciales ; 11 faut citer : dans la haute Egypte, la grande vallée de Kosseîr, qui, de ce port, sur la mer Rouge, va aboutir à TO. à la ville de Kénèh, sur le Nil. Les caravanes de chameaux emploient 4 jours pour aller de Kosseîr à Kénèh. — Une seconde ligne relie les oasis du désert Libyque aux villes d'Esnéh et de Syout; la durée du trajet est de 8 à 10 jours. — Une troisième ligne remonte de Kénèh vers le N. 0., pour aboutir au port de Djebel-Zeït.

Dans la moyenne Egypte, deux grandes routes conduisent de Minièh aux petites oasis libyç^ues et de Benisouet au Fayoum et à Toasis d*Ammon.

Dans la basse Egypte, une grande route ferrée conduit du Caire à Suez ; en outre, des routes accessibles seulement aux caravanes relient le Caire à Belbéis, à Salahyèh et aux lacs de Natron.

Enfin, les diguet et chaustées si nombreuses partout dans la vallée du Nil, pour assurer le régime des eaux, servent en même temps de moyens de communication vicinale.

$ 10. — Productions. Importations et exportations. — Les principales marchandises provenant des produits du sol (F. p. 42 et suiv.), et qui sont exportées par l'Egypte, sont : le coton, le sucre et les céréales.

Le coton textile à longues soies fut acclimaté en Égypte,en 1820, par Bi. Jumel| et a peu à peu remplacé le coton indigène. Cette culture prit un essor considérable en 1863, lors de la guerre de sécession d'Amérique, qui obligea l'industrie de l'Europe à chercher sur d'autres points son aliment; et dès l'année 1863, l'exportation de ce produit atteignait le quadruple de la production des années précédentes. Après la cessation de cette guerre, les hauts prix ont nécessairement baissé, cependant la culture du coton, au lieu de diminuer, augmente encore et contribue pour un huitième environ à l'approvisionnement des marchés européens. L'exportation du coton s'est élevée de 1253 593 kantars en 1867 à 2 800 000 kantars en 1875. L'Angleterre dont l'industrie consomme le plus de coton est aussi le pays qui en demande à rÉgypte la plus forte quantité, c'est-à-dire les 4/5 environ. Le coton se tire surtout des provinces de Garbièh, Dakalièh, Charkièh et Menoufièh. Environ 15000 feddans de la Daira du Khédive^ sont plantés de coton. Depuis quelques années, des essais d'acclimatation du coton ont été entrepris au Soudan, et tout fait espérer que cette culture y réussira comme en Egypte.

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