Livre torque
Oninée rasse. 79
Aooble msse 14
Shilling; 4
ECU d'Espagne. 20
ECU de Marie-Thérèse 13 Medjidiëh Constantl-
nople. 18
piastres, paras.
ee
Maison dehors du taux légal, il y a un cours de convention variable ; c'est ce qu'on appelle monnaie courante. La piattre tùurante a pour valeur la moitié de la piastre dite au tarif. Ainsi la livre égyptienne (100 piastres au tarif) passe pour 200 piastres courantes, la livre anglaise pour 19S, la guinée turque pour 175, le napoléon pour 1&4, la pièce de 5 fr. pour 37. Le voyageur, qui quitte le Caire pour la haute Egypte, n'oubliera pas qu'il doit se munir de tout l'argent monnayé nécessaire pour sa tournée, et surtout d'une quantité de piastres, ainsi que de pièces de 30, de 10 et de & paras, pour les achats qu'il aura à faire dans les villages.
Potdf et meturee. •— Leurs noms et leurs valeurs sont exposés dans le tableau suivant :
Meturet de longueur.
Pic indigène on ordinaire
Dirft Béledi), base dn système métrique
égyptien — on coudée = 0",582
Pic ou coudée du Nil (dira Nili) = 0",524 Dira Stambonli , pic de Con-
stantinople — 0"*,tf8
DirA hendàsi (pour les étoffés). = 0",85
Pic de construction — 0",75
Kassabah =: s^.ss
BAh (3 coudées) = |",74
Chibf (grand empan), intervalle de l'extrémité du pouce à l'extrémité du petit doigt dans leur écart maximum, le tiers environ de la coudée, environ 0,19 Fitr (petit empan), intervalle marqué par l'écartement de l'index et du pouce, environ 0,16.
Muum de tupnfiei;
Kassabah = 12"»%60
Pic carré (de construction) — 0"*f ,5625 Feddàn (agraire) — 4200-1,83
Meeum de capacité.
Ardeb ordinaire, cube de la coudée or-
dinaire • , Ouebèh (f/6 ardeb)....
Kéié (t/2 onebeh)
Roubèh (1/2 kélé)
Melooèhd/sroubèh).
Koddoh (1/3 melouèh)
is.
De la haute figypte.
S roubèh = mid
8 mid = 6 ouebeh = ardeb. = 197>'' 74
Meturet de poidt.
Oke (400 dirhams)
RotoH (144 dirhams)
Dirham
ou plus exactement
Ardeb de blé
' de lentilles
— de rix
Balle de coton (en général).
^ 1, 216 .= 0, 444 == 0. 0039 - sr, 898 --- 133^,637 = 151^ = 185''.
Un travail récent de Mahmoud-Bey * donne des détails intéressants sur ce système métrique destiné à disparaître bientôt, et qui sont précieux au
1 . Le tyttime métrique actuel de VÉgypte comparé au tyttème françaitt let nilomètret ancient et modemet et les antiquet coudéetj etc., par AAahmoad-Bey, astronome du khédive, imprimé à Copenhague, 1872.
POIDS ET MBSUAfiS. — CALENDRIER. 177
prât ê$ TM hîBkoriqua. lyabord cè lystème, comme notre système mitrifsSy a une base unique, i*unilé de longueur, la coudée Beledi (coudée iBdigiBe}, dont le carré donne l'unité de superficie. Son cube donne la a^icité de l'aideb, et enfin le poids de ce cube d'eau distillée est de 64000 diibam, celui du cube de son quart est de' 1000 dirham. Le dirham est raoité de poids. Il y a dans les mesures de capacité pour les grains une puttcaiarité ingénieuse; au Heu de représenter, dans les multiples supéliciR, lé rapport absolu des volumes, comme dans le système métrique &aaçdi, il y m une différence en moins qui croit avec les mesures les plus vMa, pour tenir compte du toisernnU que les grains éprouvent par le poidiéM couches superposées, de sorte que les mesures égyptiennes repré* méat, non pas des multiples du volume théorique, mais des multiples du â^bra de grains qu'elles peuvent contenir. La coudée Beledi, qui est la te da systèaie, est fort ancienne, mais n'est pas, malgré son nom, la cou- ^ pharaonique. Elle représente eiactement le double du pied romain, tot la mesure moyenne de 0*,29â6 nous est conservée par les étalons du ^aisée de Naples. Ce double pied romain avait été introduit en Egypte au lî* siècle par les empereurs Théodose, Yalentinien et Arcadius. L'ardeb cfyptien est encore tel qu'il était à l'époque romaine, car toutes ces me* sores, ainsi que le dirham, unité de poids, n'ont pas varié pendant la «iomination musulmane. Mahmoud-Bey s'en est assuré par la comparaison euete de très*ancjens étalons conservés dans les poids publics du Caire. Ui aesores agraires n'ont pas la même origine ni la même fixité. La Kas* ^^lAb(t3"^) est beaucoup plus ancienne que la coudée Beledi, elle est du temps pharaonique. Mais elle a varié sous les Romains, sous les sultans fiAkimiies,et sous les mamelouks; sa valeur aetuelle est une moyenne prise wu Kohammed-Ali. Le feddan asubi des variations analogues. Quant à la coQdée pharaonique, lfahmoud»Bey a pu en déterminer la longueur réelle <^^près les graduations des deux Nilomètres antiques d'Éléphaotine et du ^ple d'Edfou, ainsi que par la comparaison d'un texte hiéroglyphique indiquant les mesures de ce dernier temple, et traduit par M. Brugsch : celte coudée était de 0",53 c, mais il y en avait ime autre en usage k la iBte époque, longue de 0*,656, qui correspond exactement A la coudée Bendâzi, encore en usage pour les étoffes : c'est assurément la coudée de ^ ^igts dont parle Héron d'Alexandrie, et dont le mille romain contenait ^.Une autre coudée, dite coudée Charyèh ou arabique, mesure en usage ^ la métrique religiense des musulmans, n'est que 0*,49 et parait ré- P^Hidre A la coudée de 34 doigts de Héron. La coudée noire parait identique ^ ^ précédente. Enfin, la coudée d'architecte, dtrd minarif encore employée, est de 0-,75.
i>tvttion du tempt. — Calêndrien. — Vannée musulinane (lunaire) se ^ffipose de 13 mois dans l'ordre suivant : Moharrem (30 jours), Safer (29), ^^bi-Awel (30). Rabi-Akher (39), Giamadi-Awel (30), Giamadi-Akher (39), ^geb (30), Chaban (39), Ramadan (39 ou 30), Chawal (29), Zilcadèh(30), Ziliheggèh (39), en tout 354 jours. Le Ramadan varie selon le lever de la lune. U commencement de l'année musulmane ne tombe donc jamais au même i<>ar de Tannée, il se déplace d'une année A l'autre, reculant d'un certain '^bre de jours; ainsi, l'année musulmane 1387, ère de l'Uégire, a corni&«iieé le 2 avril 1810 et fini le 31 mars 1871 ; Tannée musulmane 1388
OBISKT n. 12
178 ÉaYPTE MODERNE.
commencé le 22 mars 1871 et fini le 10 mars 1892; Tannée musulman 1389 a commencé le 11 mars 1872 et fini le 27 février 1873.
Vannée copte (solaire) se compose de 12 mois de 30 jours et d'un mo. complémentaire de 6 jours. Elle a commencé le 1 1 septembre et fini le 1 septembre dans les années 1871, 1872 et 1873. Elle date de l'ère dite ère dt martyrs (de Dioclétien), Tannée 1874-1875 de Tère chrétienne était l'an née 1591 de Tère copte.
Par un récent décret, le vice-roi d*Égypte a introduit Tusage du ealef drier grégorien dans ses États, au moins pour les affaires civiles. Il fonc tionne depuis le premier janvier 1876 pour les comptes de Tfitat. La confu sion que le mélange des calendriers apportait dans les finances égyptienne (V. Rapport de M. Cate), va donc cesser. Le calendrier musulman rest en vigueur pour la détermination des fêtes religieuses.
% 13. Populations. — Races. — On a beaucoup discuté sur les race qui habitent TÉgypte, avant d'appliquer à cette recherche les précieuse méthodes qui guident aujourd'hui Tanthropologie, c'est-à-dire les donnée qui ressortent de la linguistique comparée d'une part, et de Tétude ana tomique des types humains, d'autre part.
11 convient aujourd'hui de ranger les habitants de TÉgypte dans deuj groupes bien distincts : l'un comprenant les individus de la race égyptienm ancienne, l'autre ceux des racée étrangèret plus ou moins solidement im plantées dans la vallée du Nil, assez diversement réparties suivant les lieux ayant plus ou moins influencé la race locale, mais tendant généralement i se laisser absorber et à disparaître dans le croisement avec elle.
La race égyptienne, comme on peut en juger par les innombrables statut et bas-reliefs qui nous l'ont représentée sur les monuments, et mieux encon par Tétude anatomique des momies, n'avait aucune analogie avec les race^ nègres , et avait la plus grande ressemblance avec les races blanches d< l'Afrique septentrionale et de l'Asie occidentale. « Aujourd'hui, dit H. Masperc {Mitt. anc. dee peuples de FOrient, p. 15), il n'y a plus grand effort d'imagination à se figurer, je ne dirai pas le contemporain de Séaostris, mais TÉgyptien du temps de Khéops, qui contribua pour sa part à la construction des pyramides. Il sufHt d'entrer dans un musée et d'examiner les sta^ tues d'ancien style qui s'y trouvent réunies.... On retrouve sans peine le type commun de la race. L'Égyptien était en général grand, maigre, élancé. Il avait les épaules larges et pleines, les pectoraux saillants, le bras nerveux et terminé par une main fine et longue, la hanche peu développée, la jambe sèche. Les détails anatomiques du genou et les muscles du mollet sont assez fortement accusés, comme c'est le cas pour la plupart des peuples marcheurs ; les pieds longs, minces, aplatis à l'extrémité par Thabitude d'aller sans chaussures. La tête, souvent trop forte pour le corps, présente d'ordinaire un caractère de douceur et même de tristesse instinctive. Le front est carré, peut-être un peu bas, le nez court et rond ; les yeux sont grands et bien ouverts, les jouas arrondies, les lèvres épaisses, mais non renversées; la bouche, un peu longue, garde un sourire résigné et presque douloureux. Ces traits communs à la plupart des statues de l'ancien ei du moyen Empire, se retrouvent plus tard i toutes les époques. Aujourd'hui même, bien que les classes supérieures se soient défigurées par des alliances répétées avec l'étranger^ les simples paysans ont gardé presque
POPDIATION. — RACES* 179
pfftont la renemblance de foars ancétreSy et tel fellih, qui contemple aree iumoement les statues de Kawra (Cbepbren), on les colosses des Ousortesen, icprodnlt trait poar trait, à quatre mille ans de distance, la phy- «momie de ces vieux Pharaons. Ainsi, Tune des plus belles statues en bois ^anusèe de Boalaq a été nommée par les gens du Caire le Cheikh e^Bêledy paite qu'elle est riraage d'un des derniers Cheikb el-Beled de Saqqarab. «
"la race égyptienne se rattache aux peuples blancs de l'Asie antérave par ses caraetères ethnographiques: la langue égyptienne (ancienne) se attaebe xax langues dites sémitiques par sa forme grammatioale. ^«Kettlemeiit un grand nombre de ses racines appartiennent au type héhiMraméen, mais sa constitution grammaticale se prête à de nombreux npproebements arec Thébreu et le syriaque. L'un des temps de la conju- IKson, le plus simple et le plus ancien de tous, est composé avec des proasiBs suffixes identiques dans les deux langues, tes pronoms, sufRxes et i^los, sont exprimés par les mêmes racines et jouent le même rôle en é|Tptien et dans les langues sémitiques. Sans nous étendre sur ces rapprocàemeBts, dont quelques-uns laissent encore prise au doute, nous pouvons dès à présent affirmer que la plupart des procédés grammaticaux mis en OBQTTe par les langues sémitiques se retrouvent en égyptien à l'état rudineetaire. Aussi bien ces langues, après avoir appartenu au même groupe, le sont séparées de très*bonne heure, i une époque où leur système grammatical était encore en voie de formation. Tandis que l'égyptien, cultivé plus t^t, s'arrêtait dans son développement, les langues sémitiques continuaient le leur pendant de longs siècles encore avant d'arriver à la forme que nous lev ooonatasons aujourd'hui. £n sorte que s'il y a un rapport de souche «ndent entre ht langue de l'Egypte et celles de TAsie, ce rapport est cependant asees éloigné {tour laisser au peuple qui nous occupe une pbysio- BOBie distinete. Les Égyptiens appartiendraient donc à ce qu'pn peut )?peler les races protosémitiques. Venus comme elles du centre de l'Asie, ib passèrent en Afirtque par l'isthme de Sues, lis trouvèrent établie sur les bords du Nil une autre race, probablement noire, qu'ils refoulèrent à fiatérieur. » (Comparez avec les données historiques, p. 69 et p. 80.)
Qu'est devenue eette race égyptienne, dont nous venons de rapporter ^V»rigiDe et les caractères? Le fond de la population qui la représente «i^eore aujourd'hui et qui offre des variations d'une certaine étendue quand OD l'eiamine dans le Delta, à Syout ou à Thèbes, ne saurait cependant être décomposé autant qu'il semblerait en subdivisions naturelles importantes, û aa point de vue physique, ni au point de vue social. La distinction S^aéralement établie entre les Fellahs et les Coptes, qui attribuait généralemsnt à ces derniers l'héritage de l'ancienne race, ne repose en somme qae sur des caractères tout à fait secondaires. Ce sont les mêmes hommes, <Itti ne diffèrent les uns des autres que par des rites religieux, la conservation de la langue (assez imparfaite d'ailleurs chez les Copies) et certains nuages. Le Fellfth est l'Égyptien devenu musulman; le Copte est l'Égyptien nsté chrétien, et qui, pour conserver sa religion, a dû s'enfermer dans ^ ccrde de plus en plus restreint.
U Copte et le FellAb sont plus ou moins purs; ils ont tous deux subi, à ^es degrés divers, l'influence des envahisseurs, et en somme, le FellAh, en
^1^, rappelle plut exactement que certains Coptes les anciens Égyptiens
180 ËGTPTË MODERNE.
représentés sur les monuments. Il en a conservé les mœurs et Tattitud un peu raide, mais non exempte d*une certaine grâce. Il présente toutefoi des caractères locaux assez accusés : Les habitants de la plaine de Mena phis (sauf la tribu du voisinage des Pyramides, qui est fortement arabisé^ rappellent les Égyptiens des monuments de Gizèh; ceux de Thèbes soi d'anciens Thébains. Chez quelques mariniers égyptiens du Caire, on peu reconnaître Texistence de physionomies rappelant exactement le type ej ceptionnel de certaines statues de la IV* dynastie du musée de Boulaq. Ij Fellfth est pourtant quelquefois très-altéré dans ses caractères anthropolo giques.
Parmi les raeet étrangèreg dont les éléments se sont superposés à Tau cienne race indigène, il faut signaler^ dans la basse Egypte 1* Vêlement sémi tique, dont l'arrivée semble remonter à la IIP dynastie (monuments de boii du musée de Boulaq), et qui à certaines époques, surtout au moment de II grande conquête arabe, a reçu des renforts considérables.
2* Véliment mongolique, auquel se rattachent les Hycsos des monomenU de San et du Fayoum, et dont les habitants d'une partie des bords du IM Menzalèh et certains bédouins des environs d'Alexandrie sont fortement im< prégnés.
3* Vêlement turc, que l'on doit distinguer soigneusement du précédent; quoiqu'il soit aussi d'origine asiatique, et soit apparenté aux Takoutes el aux Turcomans.
Enfin 4* les éUments Levantins,
Dans la haute Egypte, l'ancienne race indigène a été modifiée par deux éléments surajoutés d'origine différente ; l'un, auquel nous réserverons le nom d'éthiopien^ et auquel quelques personnes donnent le nom de Couechite, (F., sur ce nom, p. 80, noti), et l'élément nègre vrai, La race éthiopienne, bien que très-foncée en couleur, n'est cependant pas une race nègre, mais qui présente une grande ressemblance de traits avec les types de peuples conquis figurés sur les grands monuments égyptiens. On en trouve les types les plus purs en Nubie, en Abyssinie, et parmi les peuplades des Bieharrit et des Ahabdèhi du désert à l'E. de la vallée du Nil, à la hauteur d'Ëdfou et d'Assouftn. Les Barabra ou Berherinif que l'en trouve dans les parties les plus méridionales du Sais et notamment à Éléphantine, semblent un pro* duit du mélange de l'Éthiopien et de l'Égyptien, dont ils ont d'ailleurs conservé bien des traits de mœurs.
Les races nigree, qui viennent se mêler à ces populations, sont pour la plupart importées du haut de la vallée du Nil et principalement du Sennaar, et des deux rives du fleuve Blanc. Ceux que l'un de nos collaborateurs a observés dans la haute Egypte, étaient souvent du Darfour et du Kordofan. Il y a vu cependant des nègres plus méridionaux, et en particulier un Chir libre, qui exécutait avec une vigueur remarquable une danse du phallus des plus curieuses.
Nous allons reprendre, au point de vue des mœurs actuelles et de l'aspect pittoresque que présentent les races que nous venons de classer scientifiquement, les principaux détails qui peuvent intéresser le voyageur.
!• Arabes, Felldhs, BédMiins, — Les Arabes qui conquirent l*Égyptc sous Amrou, en 640, n'existent plus ou presque plus : ils se sont, depuis douze siècles, fondus dans les diverses populations indigènes, tout en