‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 105 sur 408 · POPULATION. — RAGES · texte numérisé non relu

POPULATION. — RAGES

ieu imfOButt leur religion, leurs mœurs» ce que n'avait pu faire ni la consulte perwy ni la domination macédonienne, ni la domination romaine, ni k possosiott byzantine. Après une submersion totale de la population in- Ê^e, le fond de celle-ci a repris le dessus, et c'est à tort que Ton donne k nom d'Arabes aux Feildhs et aux Berberins.

LeoMt FMâh (au pluriel f eIktMti), dans son acceptation ordinaire signifie tfnEBltear, et ils le sont tous, dans la basse et moyenne l^*gypte du moins. Au Gun et à Alexandrie, ils se désignent entre eux par l'appellation d'Aouladd-Bdai (enfants de la ville) ou d'Aoulad-el-Masr (enfants de Masr, les litsalesù Ces derniers ont généralement Tépiderme plus clair, la peau jdBdnoe que ceux des campagnes. M. Lane, d'accord avec Volney et tous InMiKTaleurs, représente les Pellfths comme une race de taille moyenne, 3F«lf 4 on 6 pouces en général, mais élancés et musculeux. Les femmes «sue physionomie agréable et vive. La peau devient de plus en plus ^saeée à mesure que l'on remonte au S. ; jaunâtre ou seulement brunie te le N., elle est presque noire en approchant de la Nubie. La plupart ont la tète d'un bel o?ale, le front large et saillant, l'œil noir, enibieé, brillant, le aoareil noir, comme la barbe, qui est frisée et médiocreacDt fournie ; le nez droit et assez fort, la bouche bien taillée, les dents belles, les lèvres un peu marquées. Les habitants des villes, plus mé* iuigés, ont une physionomie moins uniforme; ceux des villages, qui ne «'allient Jamais qu'entre eux, ont des caractères plus constants, plus gênénox, en même temps qu'une expression de physionomie plus grossière. Q^uat au costume, il se borne, chez les hommes, à un simple caleçon et oe ehemise de coton. Les moins pauvres se couvrent la tête d'un turban ^ d*an tarbouch rouge ; les autres, d'une espèce de calotte blanche qu'on iHHDine lofcyéJb.. En public, les femmes des paysans portent aussi un caleçon et Que chemise semblable A celle des hommes, et sur la tète une longue piècs de coton rejetée en arrière, et dont les pointes, retenues avec les ^ti, leur servent à l'occasion à cacher la figure. Les deux sexes sont '^^'flés entièrement nus dans le bas Age. Les jeunes femmes sont bien CBoibnnAea, épaules larges, poitrine bien placée, figure régulière et très- <ip(«9sive, les yeux étincelants, à demi voilés de longs cils noirs. Elles ^ peignent les lèvres en bleu foncé : elles se tatouent le menton et d'au- ^ parties du corps. > Leur démarche est fière, leste, élégante ; il est impossible de porter avec plus de gr&ce un fardeau sur la tête ou un petit ^1^ à diev^ sur une épaule. » Ce portrait s'applique surtout aux fem- ^ FeU4hs du Sald.

^ FellAhs sont tenus en m^ris par les Bédouins, qui ont seuls gardé '^ altération le sang et surtout les mœurs de la race arabe. Un Bédouin pnnd qnelquefois pour femme la fille d'un FellAh, mais jamais il ne lui toera la sienne. Les Fellàbs ont du reste conservé toute la susceptibilité *f^ à Toecasion de la chasteté de leurs femmes, l^ Fellah est très-sobre; trois galettes de doura, larges comme la paume ^ la main, suffisent pour sa journée. Les plus industrieux ou les plus ri- ^ y joignent des pastèques, des concombres, de la chicorée, quelques 'tttei, dies oignons, et (ce qui est leur grand régal), des lentilles rouges. Le PelUh le lève et se couche avec ie soleiU Son bonheur suprême, c'est le ^^',U ne travaille que contraint par la nécessité absolue. U est vrai que

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le grand ressort de l'actftrité humaine lui mamque, le sentiment de la prc priété et la certitude de jouir de ses peines.

« L'Egypte, dit un dicton populaire dans le pays, c'est le terri toire que l'inondation atteint, » et c'est ce territoire (fu'babite le Fellah ses maisons, ou plutôt ses cahutes de pisé crépies à la chaut bordent œtt limite, et ses pieds ne foulent que le limon laissé à découvert par le fleuve tout au contraire, c'est sur les sables qui s'étendent au delà que leBédouii réside et qu'il plante sa tente : race nomade, essentiellement différente d celle du Fellah, bien moins ancienne dans le pays, elle a des mœurs à paiî un caractère à part, des armes, des chevaux, des chameaux, et même une io dustrie que le Pellâh ne connaît pas. Du poil de ses chameaux, le Bédouii tisse sa tente; quant aux énormes et grossiers filets, qu'il suspend à leur flancs, il les fabrique de la fibre qui forme les spathes des feuilles du palmier partout où il y a du sable, on trouve des Bédouins en Egypte : le KellAl n'a point de chameaux, encore moins de chevaux : son animal domestique c'est l'âne, l'âne patient, sobre et soumis, qui lui ressemble en tout point Le Fellah est chez lui aux bords du Nil : il ne les quitte jamais : en ne V retrouve pas ailleurs : le Bédouin, des bords de la mer Rouge jusqu'au] environs d'Alexandrie ne diflTëre en rien de ses frères du Sahara, de laSyri< orientale et de l'Arabie : il appartient au désert, et tous les déserts lui ap partiennent.

2* Leg Coptes, comme les Fellahs, quoique d'une autre religion, et ayaa des mœurs à part, appartiennent aussi aux races de l'ancienne Egypte : leuj nom indigène : Koubt, n'est même qu'une corruption du mot Hâ-Jta-Phtah « demeure de Phtah » nom égyptien de Hemphis, dont les Greos ont fai Alr&imoc (Égyptien).

La population des conquérants s'est fondue, ainsi que nous l'avons di plus haut, dans les races indigènes, et y a répandu la religion de Uahomet les Coptes seuls se sont préservés du mélange arabe en gardant leur foi chrétienne vis-à-vis de l'islamisme, mais, sauf ce fait, sauf la conservatiol de l'ancienne langue, on aurait tort de vouloir retrouver en eux, dans si pureté, les traits de la vieille race. Gbampollion avait déjà signalé cett< erreur (Grammaire égypHiWMt introduction, p. xiz) Les Coptes sont le r» sultat du mélange con(us de toutes les nations qui successivement ont do* miné l'Egypte. On n'évalue guère leur nombre aujourd'hui à plus d< 150000. Sur ce nombre de 160000 individus, qui forme à peine la quatorzième partie de la population de l'Egypte, environ 10000 habitent le Caire Dans quelques parties de la haute Ègypt^y on trouve det villages exclusi* vement coptes, et la race est surtout très-nombreuse dans le Fayoum. Li quantité d'églises et de couvents ruinés qui exlatent en diverses parties d( l'Egypte montre que la population copte, il y a seulement quelques sièclesj était encore très-oonsidérable ; mais, chaque année, beaucoup se sont faits ou se font encore musulmans, et se mêlent par des mariages avec les Arabes, si bien que le nombre des Coptes purs tend toujours à décroître. Ils n'ont pas tout à fait perdu leur ancienne langue, qui se conserve dam la liturgie et dans plusieurs de leurs livres religieux; mais le copte esl devenu une langue morte (comme ches nous le latin), et très-peu do personnes le comprennent. L'arabe l'a remplacé dans l'usage commun. U copte tomba peu à peu en désuétude après l'enyabissement de l'Sgypte ptî

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