POPULATION. ~ RAGES
^ liâtes. Au BiiJiAu du n* Bièele, 200 ans après U conquête, c'était eaoofv, à ee qu*il semble, la seule langue que comprit la généralité des Cbptes; mais le x* siècle ne s'était pas écoulé, que la plupart des ha» ktaats de la basse Egypte avaient cessé de la parler et de la comprendre, n se maintint beaucoup plus longtemps comme langue vivante daas le SaJd. Au rapport de Maltrizi, les femmes et les enfants des Coptes ae pariaient guère d'autre langue de son temps (c'est à-dire vers la fin du zxr siède et le commencement du zv) que le copte-saldi, bien qu'ils fusant aussi familiers avec le grec. Mais bientôt après, on voit la langue oDpts tomber aussi en désuétude dans la haute figypte, et l'arabe prendre sa 0ac«.!Sous avons vu (p. 106) que c'est ^ar rétude du copte que l'on est icivé au déchiffrement des hiéroglyphes.
J3us la conformation extérieure et la physionomie des Coptes, on est ù^é de quelques points de ressemblance avec les anciens Egyptiens, tels ^ ceux-ci sont figurés dans les représentations des tombeaux et des tem- ^^ bien qu'on puisse reconnaître aussi de notables différences, tenant aux czùseasents multiples qui ont eu lieu par la suite des temps. On trouve :bez le Copte les mêmes nuances de teint que chex le musulman, selon les iiifférentes latitudes, nuances qui passent graduellement du jaun&tre p&le au bronze et au brun. Chez le Copte, l'oeil, toujours noir, est généralement çruid et allongé, l'angle extérieur légèrement relevé, le nez est droit* UTondi à l'extrémité, et les narines dilatées; les lèvres assez fortes, les cheveux noirs et bouclés. La taille est communément au-dessous de la ffioyenney ce qui était aussi le cas des anciens égyptiens, à en juger psr les momies. Lauts femmes, celles des hautes classes et des classes moyennes ea particulier, se noircissent le bord des paupières avec le k4uhfeul; celles tks basses classes se talouent en bleu le visage, les mains, etc., de la même laanière que les autres femmes égyptienoes, sauf qu'elles font généralement entrer la croix parmi ces ornements. La plupart des Coptes font cireoDcire leurs fils, coutume bien antérieure à l'arrivée des Arabes, comme uQ le voit par Hérodote.
L'habillement des Coptes est seml^able à celui des musulmans d'£gypte, si ce n'est que leur turban est noir ou bleu, ou bien encore d'une couleur grisiàtre ou brun cUîr. JLes femmes coptes se voilent la face, non-seulement en pubUCy mais aussi dans leur maison, même en présence de leurs proches parents. Les jeunes filles et les femmes de la classe inférieure portent géoécaiement en public le voils blanc; le voile noir n'est porté que par la femnse mariée des classes supérieures. Beaucoup, toutefois, adoptent le voile blanc, par le désir qu'elles ont d'imiter les femmes musulmanes.
A l'excepUon d'un très-petit nombre, qui professent la religion grecque ûu romaine, les Coptes sont chrétiens jacobites, ou, comme on dit encore, eatyehiens, monopbysites, ou monotb élites. On sait que la secte à laquelle Etttyehès a donné son nom ne reconnaît dans Jésu»€hrist qu'une seule aature, la nature divine. Les Coptes ont de nombreuses écoles, mais pour la garçons seulement. On leur apprend à lire les Psaumes, les Évangiles et ta ipltres en arabe et en copte. On ne leur enseigne pas le copte grammaticalementy aussi est-il très-rare de rencontrer un Copte qui sache écrire ou parler sa langue natale correctement et couramment. Très-peu d'entre eux peuvent faire plus que réciter ce qu'ils ont appris par cœur des Ecritures
et de U liturgie. Tous les Coptes qui ont été instruits à l'école disent encore leurs prières en copte, et c'est dans cette langue que les prêtres lisent le^ Écritures à l'église ; mais elles sont expliquées en arabe. Beaucoup de livres à l'usage des prêtres et des laïques sont écrits en langue copte, mais en caractères arabes.
Un des traits les plus remarquables du caractère des Coptes est la haine qu'ils portent aux autres sectes chrétiennes; l'aversion des musulmans pour les infidèles n'en donne qu'une faible idée. Ils sont, généralement pariant, d'un caractère sombre, très-avares, dissimulés à un degré incroyable, rampants ou insolents selon Tu fortune; race très-peu recommandable au total, et qui donnerait une triste idée du peuple dont ils descendent, si une pareille disposition morale n'était pas l'inévitable résultat d'un régime d'oppression et d'abaissement. Ils ont tous les vices des esclaves : ignorants, fourbes, sans foi ni conscience, n'ayant d'autre pensée que le gain, d'autre jouissance que les plaisirs grossiers. Tel est le portrait que l'informant de M. Lane lui a fait de ses coreligionnaires, et les autres voyageurs n'en ont pas reçu une idée plus favorable. C'est parmi eux que se recrutent commu* nément les hommes d'affaires et les comptables des administrations.
3* Let TuTCi, L'analogie morale pourrait placer le nom des Juifs après celui des Coptes, et la communauté de croyance appellerait aussi à leur suite les autres chrétiens d'Egypte ; mais la suprématie politique doit donner le pas aux Turcs. Depuis le temps de Sélim (1517), ils sont les mottres du pays, mais ils n'y ont jamais été nombreux. On évalue à 10 ou 12000 au plus le chiffre de la population turque de l'Egypte ; population essentielle* ment mobile et transitoire. Ils ne se sont jamais mêlés à la masse du peuple, qu'ils méprisent, et forment une sorte d'aristocratie; ils sont restés cantonnés dans les emplois civils et militaires, encore ils n'y ont eu depuis longtemps que peu ou point d'influence, supplantés qu'ils avaient été par les Mamelouks avant l'expédition française, et, pendant quelque temps, tenus à distance par le génie politique de Mohammed-Ali.
4* Les LevatUim. Sous le nom de Levantins, on désigne communément tous les Arabes chrétiens de l'Egypte, d'origine syrienne. Les uns se rattachent à des familles établies de temps immémorial dans le pays, les autres s'y sont établis à des époques plus ou moins récentes. Il y a parmi ces derniers beaucoup de Syriens, d'Arméniens et de Grecs. Ceux-ci ont gardé entre eux l'usage de leur langue nationale ; mais les premiers ne parlent que l'arabe, que les autres comprennent et parlent aussi. Ils ont de plus, dans leurs rapports d'affaires avec les Européens, une sorte de jargon mi-partie grec et italien, qu'on appelle Ungua franea, La plupart des Levantins sont adonnés au commerce ou font la banque; il y a parmi eux de très-riches maisons. Quoique chrétiens, ils se rapprochent beaucoup des musulmans par leurs usages domestiques et toutes les habitudes de la vie intime. Un voyageur instruit et spirituel, M. Bayle-Saint-John, a esquissé, dans un amusant volume, le tableau domestique des Levantins du Caire (rtro year's Résidence in a Levantine famUy, 1850).
6* Les Francs, De tout temps il y a eu des Européens établis i Alexandrie, sous la protection de leurs consulats respect! rs, et même une partie de ces familles européennes, commerçantes pour la plupart, étaient souvent comprises dans la classe des Levantins; mais le nombre s'en est beaucoup
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s-era àepaîs lfohtrained*A)i. Leur condition, cela va sans dire, s'y est ^.1 mêsne temps singolièrement améliorée. Ce sont aujourd'hui des Europ«€Z£S qui occupent la plupart des hautes positions dans les travaux puïBa et dans l'enseignement ou la direction scientifiques, et même dans fadmimstration de la justice et des finances. Â cet égard, une révolution eosipièce s'est accomplie. « La conviction de la supériorité européenne, éoàit il 7 a trente cinq ans Edward Rohinson, le savant auteur desHtbItcai r, s'est maintenant répandue parmi le peuple ; les préjugés et le que Tignorance musulmane professait à l'égard des chrétiens se v<&t fei Egypte du moins) affaiblis en proportion, et tendent à disparaître. a^JBBdliui les Francs peuvent se promener seuls dans les rues du Caire, àssm bien qu'à Constant inople et dans les autres villes de l'Orient, sans 4f^r à craindre ni insultes ni empêchement. S'ils voyagent dans Tintértor, ils sont reçus partout avec politesse, et même avec empressement. » !> qui n'était encore il y a trente ans qu'une tolérance est aujourd'hui ieveau plus qu'une égalité parfaite : l'Européen est,en Egypte, un privilégié devant qui tout s'incline : par son savoir, son activité, par sa rithesse relative, il est devenu presque un maître.
6* Leg Juifs. On estime qu'il y a en Egypte environ 6 ou 7000 juifs. Le 2Mn, en AraJl>e, est Tahoud au pluriel, au singulier rafcoudt. La plupart liemearent au Caire, où ils occupent un quartier sale et misérable. Beaucoup sont riches cependant. Ici, comme partout, le commerce des monsaies est leur grande affaire. On leur reproche d'être négligés dans leurs Tètements. La couleur de leurs turbans est la même que pour les Coptes. Leurs femmes se voilent le visage, et rien, extérieurement, ne les distingue des femmes coptes ni des levantines.
7* Les Bardbra ou Berbérint. Cette classe peu considérable de la populattoa de l'Egypte est exclusivement confinée dans les parties les plus méridionales du SaTd, oii elle occupe un certain nombre de villages. Rien ne les distingue de ceux qui forment le fonds principal de la population de la vallée du Nil nubien, immédiatement au-dessus d'Assouân. On a remarqué qulls présentent dans leurs traits, et dans la manière dont ils disposent kurs cheveux, une très-grande ressemblance avec les figures des peuples smmis par les Égyptiens sur les monuments. Beaucoup d'entre eux, sous la dénomination de Bardbra (qui est la forme plurielle de herber), viennent pxercer au Caire les métiers de porteurs d'eau, de commissionnaires, etc., et ils s'y sont fait une excellente réputation de fidélité.
A Alexandrie, beaucoup se font domestiques dans les hôtels ou cochers de voitures de place : très-sobres et très-économes, ils retournent dans la baute Egypte dès qu'ils ont amassé une petite fortune. Leur costume est presque le même que celui des FellAhs, mais ils sont généralement plus ^prea et mieux tenus : ils B*en distinguent aussi par un turban de coulaiTs voyantes, rouge et jaune, et portent toujours des babouches.
8* Les Bieharris et les Abtibdèhi du désert à l'E. de l'Egypte ne se rencontrent guère qu'à la hauteur d'Edfou et d'Assou&n, et sont les analogues ies populations nubiennes. Ces peuples vivent encore à peu près i l'état sauvage. On les voit parfois venir par troupes dans la vallée du Nil, soit pour leur commerce, soit pour donner quelques représentations de leurs danses guerrières à des étrangers de distinction, quand les autorités égyp-
tienne» les appellent. Les invités du Kbédire ont en 1869 assisté à une ( ces représentations très-remarquables dans la grande cour du temp d'Kdfou» et la plupart des journaux du temps en ont rendu compte.
Ouant aui nègres, dont nous avons ci-dessus indiqué Torigine, on I rencontre mêlés en assez grand nombre avec les populations du Sald ; c*c surtout à partir d'Assouân qu'on les rencontre, mais les caravanes i amènent dans toutes les parties de TÉgypte et jusqu'au Caire.
Population, Nous empruntons à la statistique de l'Egypte (année 187! publiée par le ministère de l'intérieur, le tableau suivant de la populatii égyptienne :
Mohofxahi (Oouvemoratt) :
Le Caire, Alexandrie, Rosette, Damiette, Port- Saïd, El-Arich, Itmallia, Sues, Soaakin, etc.. MoodirièhB (Provinces):
Baste Egypte i
Haute et moyenne Egypte {
Total
Population I Résidents I égyptienne. I étrangers. |
TolJ
Les 79696 sujets étrangers, résidant en Egypte, se décomposent ainsi :
Grèce S4000
Italiens 13906
Français 17000
Anglais 600o
Autrichiens Hongrois 6)oo
Allemande lioo
DiTerses nationalités 1S90
Ces chiffres ont été évalués par les consulats respectifs, d'après les eun gistrements de leurs nationaux, qui représentent un nombre notablemeii inférieur au nombre réel.
Il faut joindre à ce nombre la population flottante.
La population du Caire serait d'environ 350000 hab.
Diodore (1,31) dit que de son temps la population de TÉgypte se montai à 3 millions d'Ames, et qu'elle avait été de 7 millions sous les Ptolémées; o dernier chiffre paraît bien fort si on le rapproche de la superficie cultivabl du pays, même en la mettant au plus haut; cependant, il n'y a rien d'im possible puisqu'on trouve aujourd'hui une population de plus de 5 milliooi d'habitants. Nous avons vu, p. 34, que la densité de la population dépas» celle de tous les pays d'Europe.
S 14. — La société en ÉgypU. Polygamia, famille, esolaTage domMtieité. L'organisation sociale en Egypte comme en Turquie a pou base l'égalité, en ce sens du moins qu'elle ne présente aucune aristocratie héréditairement constituée, et que la transraissibilité du nom, qui est le ca< raetère extérieur de l'aristocratie héréditaire, n'y est pas absolue. La hié rarchie des fonctions, essentiellement révocables et viagères, y est seuh admise ; l'honneur et les titres qu'elles confèrent à celui qui en est invest ne passent point à son fils.
Lbs descendants d'un homme illustre ne portent que leur nom personnel, un prénom, pour ainsi dire, tiré de l'antiquité biblique ou de Thistoire na^ tionale, et auquel on ajoute, pour éviter la confusion, un qualificatif tiré de sa ville natale^ de sa conformation physique, de ses quali tés et de ses défauu.