SOCIÉTÉ. *- MŒURS
Cspanteit i'iiH^ se répaad, parmi les penouftges distioguéts, de por* 1er le nom de soa père.
IM Htm eo vigueur en Sgypte sont les mdmes qu*en Turquie : paobas, kvfSy efsDdis^ etc. Ils expriment une distinction qui s'applique aux serviets Tendus, fàX dans Tordre civil, soit dans Tordre militaire ; ils ne constltaeat poini un titre de noblesse, comme nos titres de duc, comte, etc.; ils ne 3ûst point attachés à la fonction, ils ne sont point héréditaires.
Ba Européens au service du vice-roi ont été élevés à la dignité de («y, «a fèeonpense de services rendus, sott dans la direction de travaux publics, ^eA éttÊ Tadministration, soit dans Tarmée, soit dans la recherche et Tctoés des monuments historiques de TÉgyple, soit dans la finance et dans faB^ment. Le titre d>/€ndt (maître) se donne communément à qui «en» une profession tant soit peu élevée.
ta ftii^gamie^ consacrée par le Koran, est dans les mœurs de presque touaar fes raess orientales ; elle est tempérée, en fait, soit par la difficulté de .swrvoir aux dépenses qu'eàtraine la pluralité des femmes, soit par le désir ie te rapprocher, sons ce rapport, des moMirs de l'Occident; mais il faut éiTt que ai la polygamie est limitée, en fait, par certaines coÏMlitions «dales, en revanche et par une sorte de compensation à ces obstacles, le ^âvofoe est très-fréquent; beaucoup de musulmans ne peuvent pas avoir piosienrs femmes, il est vrai, mais ils changent fréquemment de femme; L sullit, pour se convaincre de ce iait, de mettre en regard le nombre ^ mariages et des divorces dans Tannée 167 1 ; il y a eu Dour toute ^"^ypte, en 1871, 30 489 mariages et 13 008 divorces.
Le Feliàb, comme le Bédouin, n'a en général qu'une femme; quand on uaverse les villages d'Egypte, on constate que les fenêtres treiUissées des âafema y sont rares; ces barems appartiennent soit à quelque riche personnage, loit à un fonctionnaire.
La «uiaAion de la femme dans la société musulmane a été déterminée
par le Koran, qui leur consacre un chapitre entier. Ses prescriptions ont
été reprises et précisées par le code MuUika qui traite : r des conditions
da mnriege et des degrés de prohibition. Les prescriptions posées i cet
égard sont à peu près les mêmes que celles formulées dans nos codes;
1* de Tégniité de traitement du mari envers ses femmes légitimes. Chacune
Celles, quels que soient sa religion, sa fortune, sa naissance, son âge, a
dnât au même traitement sous les rapports du logement et de la nourri*
tore. La loi musulmane a même formulé à cet égard des dispositions minu-
ueoses destinées à régler certains détails intimes, et que les Européens
sent surpris de rencontrer dans un recueil de législation; 3* devoirs du
aari envers ses femmes, relativement à leur entretien. 11 est obligé d'y
fourvoir suivant son état, son rang et ses facultés. 11 doit leur fournir tous
les mois la somme nécessaire à l'entretien de leur harem. 11 ne peut obli^
^r Tune d'elles à recevoir dans Tappartement qui lui est destiné un enûmt
^ttB antre lit ; 4* de la puissance maritale. Le mari peut défendre à la
Itmme de sortir, il peut la loger dans le quartier qui lui convient, il peut
9ka» Tempécher de voir certains membres de sa famille ; mais il n'a pas
Is droit de la conduire, sans son consentement» dans une autre viUe, et il
ne peut TempAcher de voir, au moins une fois par aemaine, ses père et
mère, et une fois par mois ses autres parents les plus proches ^ â* de la ré-
padUtion et du divorce, qui ne sont pas identiques. La première peut él^ demandée par le mari seul ; elle n'est ordinairement requise que dan5 \ cas de stérilité ; elle n'est définitive qu'après trois mois. Le mari est obli^ de rendre la dot, s'il en a reçu une, ou d'assurer l'entretien de la femn^ répudiée. Le divorce peut être deoiandé par les deux parties. Les mot^ qui le justifient lé^ement sont le consentement mutuel, rinsuffisance q l'entretien, l'éloignement volontaire du mari, son apostasie ou son impui^ sanee. i
Ces dispositions consacrent, on le voit, l'infériorité sociale et civile de i femme, mais elles lui assurent à certains égards une somme de droits m n'est guère inférieure à celle dont les femmes jouissent dans les sociéu occidentales. Si la séparation des femmes ne leur donne pas dans la sociéfi la puissance qu'elles ont chez nous, elles peuvent acquérir néanmoins un certaine autorité sur l'esprit de leurs maris, et l'histoire offre des exempl^ de l'influence que les femmes, bien que reléguées dans leur harem, oi exercée sur leur époque ; le vice-roi actuel d'Egypte, Ismall-Pacha, e» dit-on, plein de déférence pour sa mère, dont il écoute volontiers les cod seils; en Egypte, comme ailleurs, une femme doit à son intelligence, à so caractère, à la sagesse de sa conduite un ascendant véritable ; il ne iîaut pa juger l'institution de la pluralité des femmes d'après nos idées occident? les ; la polygamie, pour nous, dégrade la femme ; elle lui ôte à nos yei^ toute sa dignité ; nous ne voyons plus en elle qu'un être inférieur, dont le réli est étrangement rabaissé, soit dans la société, soit dans la famille; car nau aimons à voir en elle l'âme, la vie, la sainteté du foyer; nous lui avoi^ créé une vie plus digne, plus noble, plus respectée ; mais les musulmanj sont loin de nos idées ; ils ne conçoivent pour la femme m cet excès d^honnevi^ ni cette indigniU; ils sont bien loin de la mépriser ou de la plaindre] cause de sa situation; ils la trouvent à sa place, ils l'aiment ainsi, il| la respectent même, et 11 y a chez eux, pour la femme, un idéal d| vertu, d'honneur, de dévouement, de sagesse , d'esprit de fiunille qui ^ du môme ordre que le nôtre, bien qu'il ne s'élève pas si haut.
De plus, il faut dire, pour être juste, que les Orientaux sont jaloux ai l'honneur de la femme plus que nous-mêmes; le scandale de nos rues e de nos places, légalement accepté, reçu dans nos mœurs^ passé à Téta d'institution honteuse, est limitée à des quartiers infimes; nous ne croyonj pas non plus que le foyer conjugal y soit aussi souvent troublé que che| nous par l'inconduite ou l'infidélité, plus démoralisantes peut-être que U polygamie. En définitive, si la femme est moins élevée en dignité, les mœuri publiques la protègent peut-être mieux contre les surprises et les écarts
Restreinte dans l'esprit du Koran, et limitée comme elle l'est aussi pres^ que partout en Egypte, la polygamie a donc moins d'influence qu'on ne U croit généralement. Ce sont les harems nombreux, tels qu'on les voit sur tout à Constantinople, qui, constituant une débauche légale, amènent l'abâ' tardissement de la race et ne sauraient & ce point de vue être flétris trof énergiquement.
L'assujettissement des femmes en Orient est moins absolu qu'on ne U pense communément; on se les représente souvent enfermées dans le ha^ rem, gardées comme des prisonnières ; la vérité est qu'elles sortent trèsfréquemment et qu'on les rencontre en grand nombre dans les r^es et les