POLYGAMIE. — ESCLAVAGE
kun dewiùn se bornent, en général, à Tobservation de certaines
qae Tosage a converties en lois, et qui les obligent, par ezem-
fl%i ne sortir de chei elles que voilées et escortées de domestiques et d'es*
d^m%, pour les femmes riches, ou bien escortées d*enfants ou de quelques-
oas de leors compagnes, pour les femmes de condition inférieure.
Uoccopation des femmes se réduit, dans les classes supérieures et
!, aux soins du ménage et de la toilette; jusqu'à présent, rien n'é-
ao développement intellectuel ; mais depuis quelques années,
|«rl!ailîative du kbèlive, un progrès sensible semble en voie de s'accom-
pir «■ Egypte, dans la condition intellectuelle de la femme ; tout en ré*
les questions relatives au mode d'existence des femmes ou à la
de la famille, le vice -roi n'a pas voulu que, dans ses Etats, la
mère de fkmille continuât à être privée des bienfaits de l'éducation;
ses ordres, le gouvernement s'occupe activement de l'instruction des
; une école, la première de tout l'Orient, a été créée à Sioufièh, au
Caire, et de grands établissements sont en voie d'organisation ; il serait dif-
^k^ de prédire le sort réservé à cette innovation qui rencontrera sans
àcvto bien des résistances dans les idées musulmanes sur le rôle de la
'emme et sur la constitution de la famille.
D'âne manière générale, nous pouvons dire cependant qu'un travail latent (Témancipation de la femme semble se préparer en Egypte, plus que dans les lutres États musulmans; si la femme soumise à la loi du Koran acquiert p^us de liberté, plus d'instruction, si elle est moins gênée dans ses mouveseats^ c'est sur l'antique terre des Pharaons, au contact de la civilisation ^uit^éeimej qu'elle jouira le plus tôt de ces précieux avantages. Déjà, si BOUS sommes bien informés, les jeuues princesses de la famille régnante -nt poor la plupart reçu une éducation européenne, connaissent les langues *i les littératures de l'Occident, cultivent les arts et peuvent présenter à iear mari ee charme intellectuel qui a manqué jusqu'à présent à la femme laosatmane. Cest par là qu'on peut espérer voir peu à peu se dépeupler les
L'amonr de la làmille est très-développé chez les musulmans, peut-être i eauae du manque de distractions extérieures et de l'impossibilité de trouver d^autres plaisirs que ceux de la famille. Avoir un grand nombre d'enfttits leur semble le bonheur le plus désirable, et ils ne conçoivent pas |ae Ton puisse s'en séparer.
Esclavage. — L'esclavage est aboli en principe en Egypte comme dans tcmt l'empire ottoman; les grands bazars d'esclaves ont été fermés; mais il fiiste encore des marchés secrets, même au Caire, et rien n'est plus facile \ws d'acheter un esclave nègre dans la haute Egypte; là, ainsi qu'en Nuae, on assez grand nombre d'esclaves nègres sont employés aux travaux i: culture. Ils sont généralement originaires du Soudan et du Darfour.
Les travaux des esclaves, les conditions de leur existence, de leur affranchissement sont minutieusement réglés par la loi religieu^e, dont le caractère est, du reste, bienveillant*; on doit rendre aux musulmans cette justice, que l'institution de l'esclavage n'a pas été souillée chez eux par les
i. Voy. Le Codé de VEtclatage^ dans l'ouvrage da général* Daumas, le Greatéf Déeert, PaHs, I8S7, iQ-8.
actes de barbarie qui ont trop souTent déshonoré les colons européens en Amérique.
Les esclaves sont en général traités avec bienveillance, Us sont de la maison, dont ils semblent faire partie ; comme le travail est très-divisé, chaque esclave n*est chargé que d*une partie de l'ouvrage, et ses occupations ne lui imposent aucune fatigue sérieuse; aussi, souvent, s'attachentils à cette existence facile, qui n'exige d'eux ni grande activité, ni lourde responsabilité, et qui laisse à leur esprit cette somnolence dans laquelle ils se complaisent par-dessus tout; on nous a cité des exemples d'esclaves libérés par leur mattre, peu désireux de profiter d'un privilège dans lequel ils ne voyaient qu'une source de peines et d'embarras et préférant aux périls delà liberté, la sécurité, l'irresponsabilité et la douceur relative de leur situation; il en est de l'esclavage comme de la polygamie, les mœurs se chargent elles-mêmes, en Orient, d'en corriger les tristes effets.
Du reste, aucune flétrissure ne s'attache, dans ces pays, à l'idée d'assujettissement; un esclave est souvent moralement plus près ds son maître qu'un domestique chez nous: < L'esclavaq^e, dit M. About, est si peu méprisé en pays musulman, que les sultans de Constantinople, chefs sacrés de l'islam, naissent tous de femmes esclaves, et n'en sont pas moins fiers, il < s'en faut. Les mamelouks, qui ont longtemps régné en Egypte, conlinuaîent i leurs familles en achetant les enfants du Caucase, qu'ils adoptaient à leur majorité. Souvent encore un grand seigneur égyptien élève, instruit et dé- i veloppe un enfant esclave qu'il marie ensuite à sa fille et substitue A tous ses droits; et on rencontre au Caire des ministres, des généraux, des ma- i gistrats de l'ordre le plus élevé qui ont valu mille à quinze cents francs dans leur première jeunesse. »
Tel est le plaidoyer qu'on entendra partout en Orient, telles sont les cir* constances atténuantes que l'on invoque pour justifier la persistance de cette détestable institution, que toutes les grandes nations civilisées ont été unanimes à Hétrir. L'esclavage, qui fait de la créature humaine un bétail à la merci des autres hommes, bétail pour lequel il n'y a plus ni liens de famille, ni amélioration possible par le travail, c'est-à-dire aucun des éléments de la moralité humaine, n'est pas seulement un attentat contre Ttiumanité; par une loi fatale de la Providence^ il se retourne contre <^ux qui l'eiploitent. Dans tous les pays, l'esclavage, en déshonorant le travail, écarte des champs les hommes libres. C^est ce qui se passait récemment dans les Étals du Sud de l'Union américaine avant la guerre civile. Les émigrants de toutes les parties du monde se pressaient dans les États libres, mais délaissaient invariablement les Etats esclavagistes. Au lieu de ce puissant moteur de la richesse et de rindépendance réelle de l'homme, le travail, on voit, chez les peuples où existe encore l'esclavage, fleurir les habitudes et les passions les plus honteuses, la paresse basée sur un faux orgueil, l'égoTsme poussé jusqu'à la cruauté férocd, l'immoralité créée par la condition de la femme esclave. Ce n'est pas seulement l'esclave, qui n a pas de famille, c'est aussi son maître, pour lequel les esclaves féminins fournissent un excitant perpétuel à la débauche et à Tadulière. Aussi, avec l'esclavage comme avec la polygamie, un pays ne saura jamais s'élever à la grandeur et A la civilisation véritable : c'est le cas des possessions espa* gnôles, comme des empires de l'Orient.