‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 109 sur 408 · SOCIÉTÉ. — ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ. — ESCLAVAGE

Hais ee n*est pis Molement la condition misérable de l'eseUre dane le pajsoiî il est reçu qull faut envisager, c'est Taffreuse dépopulation produite par Ja tniie dans les pays où on le recrute. D'éloquentes revendications* nxm ont appris oti en était le mal dans ces dernières années, quand des promesses solennelles des gouvernements pouvaient faire espérer que la fin de ces ignominies approchait. L'Egypte, comme d'ailleurs la Turquie, la Pêne, Tunis, le Maroc et Madagascar, restent le marché où viennent s'écoaler les captures des négriers. Or, d'après les ealculs de sir Bartle Frère [Cmpte rendu au» Chaniltrei du PariemerU anglais, 1873), chaque année alaorbe un million de la population de l'Afrique. • Livingstone a calculé qu'i peine un esclave sur cinq arrivait à destination, et dans certains trajets à peine un sur neuf. Encore n'a->t>il pas compté les décès qui suivent b fflatilation des petits garçons qu'on expédie aux marchés d'Egypte et de îarquie : deux sur trois périssent. » En vain le khédive, qui parait animé «Tintenlions magnanimes, a décrété la suppression de la traite, confisqué des convois d'esclaves, dirigé même des expéditions militaires contre les négriers*, • l'esclavage et la civilisation existent côte i côte aujourdliai en Egypte. Les esclaves, en quelque sorte, sont un objet de luxe : les développements de la civilisation et de la fortune en Egypte ont augmenté ie nombre des riches qui peuvent acheter et nourrir des esclaves » (i. Cooper, oaTT. cité, p. 24). Le commerce des personnes se continuera, soit en publie, soit en secret, tant que le maintien du harem rendra nécessaire la surveillance de gardiens et les soins d'une multitude de servantes, qui ne se recrutent guère que parmi les esclaves, parce qu'une fille d'Egypte se résigne difficilement à entrer dans un harem. Ce sont donO les mœurs égyptiennes qu'il faut réformer tout d'abord, et il faut que l'exemple parte d'en haot^ Cest par l'exemple et l'influence des personnes les plus haut placées, que doit cesser la vie de harem, avec l'esclavage intime et olandesUn qu'il entraîne à sa suite. 11 sera facile ensuite d'abolir par décret l'eiclavaîge agricole; le prince peut en donner l'exemple sur ses propres domaines. Tant qu'on n'en arrivera pas à ces mesurés, « tant que le prix d'nn esclave atteindra de 6&0 à 1250 francs, soit en Turquie, soit en Egypte, ilsem impossible d'arrêter la traite, à moins qu'on n*ait la folie de croire anne garde possible des vastes rivages africains. Les expéditions contre les B^riers du Soudan, dont on a fait grand bruit, dont l'intention était cer- ^neinent louable, n'ont été en réalité que des razzias, ajoutant des mas- >vres à des massaoras. On a détruit quelques postes de chasseurs d'esclaves, bien rite rétablis sans doute après la retraite de l'expédition; mais en aomme, cette énorme dépense d'argent et de sang humain a peu servi , et jamais des tentatives de ce genre p'ont entravé la traite; à peine l'entre contrainte k rechercher momentanément d'autres dèbouohés. Si S. A. veut décréter l'aboli tion de l'esclavage, et appliquer son décret par la mise en liberté de ses propres esclaves, elle posera pour son pays les fondements

i. F. Berlioaz, La traiie orientale^ Oiiloire dt$ c/imm« à l'komfM orgnniiéea en ^friç^ depuis ^inze an» pour ie* marché* de VOrient, i vol., Paris, 1870. — Joseph Coo{>er, Un continent pe¥du on Veiclarage et ia traite en Afrique, traduct. fun^tite avec one préface de M. Ed. Laboolaye, Paris, 1S76, Hachette.

1. lamaïiiaf par Sir Samuel Baker, 1 vol., Londres, ISTS. Tradoct. abrégée dans ^tTtmréàwwnde, 1S76, UachetU.

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d'une prospérité durable. L'ambition du khédive consiste à fonder un vast empire dans la vallée du Nil. S'il veut réussir, il doit rompre avec Tescla vage; c'est le seul moyen et il est entre ses mains» (J. Cooper, ibid. p. 26-27).

«Siles conquêtes entreprises dans la vallée du Nil réussissent, assurémeo les pays annexés seront des pays d'esclavage, puisque l'annexion aura liet avant que les conquérants aient chez eux-mêmes aboli l'esclavage. On pourn se demander alors si l'apparition des Égyptiens dans l'Afrique centrale sen un bienfait, si ces conquêtes seront un nouveau cbamp de victoire poui l'oidre et la civilisation, ou bien un terrain de chasse pour les traqueur: d'esclaves. Si le khédive, au contraire, proclame la liberté sur les rives dv Bas-Nil, il se verra véritablement à la tête d'un grand mouvement de civilisation dirigé vers le centre de l'Afrique, et tous les hommes civilisé! devront se réjouir des progrès de son influence. « (Ibtd. p. 31).

Domesticité. Le nombre dos domestiques est excessif; il est surtout exagéré dans les maisons dont le chef a plusieurs femmes, parce qu'alors chacune doit avoir ses serviteurs particuliers. Chaque domestique, étant renfermé dans une spécialité dont on ne le fait jamais sortir, reste inoccupé pendant la plus grande partie de la journée. Leur entretien est évalué au quart du revenu de la maison, pour laquelle ce luxe devient une cause constante de ruine.

Le maître du harem dispose arbitrairement des servantes et des esclaves; tout enfant né dans le harem est sien devant la loi, sans privilège en faveur des fils légitimes.

§ XV. — Habitâtiongy cof tomes» nonrritare, mcsnri, etc. — Presque toutes les maisons des Fell&hs sont de simples cases construites en briques laites d'un mélange de terre et de paille séché au soleil, et recouvertes d'un crépis très-lisse de terre argileuse ; une étroite ouverture y donne accès; elles sont basses, à peine élevées de 2 met. 60 c. et surmontées d'une terrasse ou seulement de quelques roseaux qui forment un abri insuffisant contre le soleil. Les plus pauvres se composent d'une seule pièce, où prennent place tous les membres de la famille; les plus aisées sont beaucoup plus vastes. L'ensemble des constructions est entouré d'un mur en pisé; on y entre par une porte fermée au moyen d'une serrure de bois; à droite, est une salie ouverte, plus ou moins vaste, un peu élevée au-dessus du sol, blanchie à la chaux, ou le maître de la maison reçoit ses amis; un divan, quelques nattes, en composent tout l'ameublement; quelquefois, une première cour étroite, destinée aux visiteurs» précède l'entrée de la cour principale, dont elle est séparée par un mur; d'autres fois, on entre directement dans la cour principale ; celle-ci forme la partie essentielle d'une maison musulmane; c'est là que se tiennent les femmes, assises par terre ou sur quelque marche d'escalier; elles y font la cuisine, toujours très-élémentaire, avec quelques pierres en guise de foyer, y prennent leur repas, s'y livrent, quand elles le peuvent, aux douceurs de la conversation et du farniente; d'un côté de la cour sont les chambres; d'un autre côté les étables, poulailler, etc.

Les chambres sont ce qu'il y a au monde de plus simple ; le sol est form<^ d'un glacis; les nattes et les couvertures sont roulées tous les malins et placées aur des étagères pratiquées dans le mur; sur les parois, les robes,

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