MŒURS. —- HABITATIONS
i«s Toiiat pendent aeerochés i un eroehat de bois; aaooB rnenbUp «uoun iTotmoA m corrige la simplicité de cette pièce ; tout le luxe consiste i b'jaebir les mais à la chaux.
€9 escalier conduit au pigeonnier, complément ordinaire d'une maison ^rptinne; les étabies destinées aux brebis, cbèvres, bœufs, sont de la doaière nisUcité. Quand la maison n*a pas de cour, ce qui arrive souvent, Its {canes se tiennent d'ordinaire accroupies devant la porte, surveillant l«n abnta^ Ifoos avons signalé, p. 97, l'analogie de formes que les constncteM présentent avec les anciens édifices égyptiens.
SiJe eeaforUUe et le Inxe sont bannis de la demeure du fellah, il n'en e^jnde même des maisons appartenant à des /amilles riches; la division fèàtJe en deux parties distinctes subsiste : l'appartement des hommes, f^BiUk, celut des femmes, odalik. Cest dans la première seule que le mu- Abaa reçoit ses visites ; seul il entre dans la seconde, et n'y pénètre même X lorsque des femmes étrangères s'y trouvent. La partie réservée aux Wmes est séparée de celle des femmes par un long corridor ou par une foor. ta première n'est meublée que de quelques divans bas placés à de ffl08re le long des murs ; la seconde réunit seule tout le luxe de la maison. U earioeité des voyageurs, que surexcite si fortement le mystère dans 4^1 est enveloppée la vie des femmes, ne peut au surplus être satisfaite «Be par quelques descriptions dues à des Européennes admises à visiter les Wems. Théophile Gautier a recueilli une de ces relations; nous ne pou- Tuis mieux faire que de la transcrire ici. « L'appartement était aussi élépit que rïcfare et contrastait avec la sévère nudité du sélandik ; une rangée ^ fenêtres en occupait les trois plans extérieurs, de manière à admettre le plu de Jour et de lumière.... Un magnifique tapis de Smyrne couvrait DoeUensement le plancher, des arabesques et des entrelacs peints et dorés dwonient la plafond, un long divan de salin Jaune et bleu régnait sur les <feQx teees de la muraille, un autre petit divan très-bas s'étalait dans ud entre-deux de croisée; des carreaux de damas bleu jonchaient çà et là le Upit. Dans un angle scintillait, placée sur un plateau de même matière, uoo fînde aiguière de verre de Bohême, ramagée de dessins d'or; dans Tautrc éUit placée nn coffret de cuir gaufré, historié, piqué et doré, d'un goût cWmant. Malheureusement ce luxe oriental était entremêlé d'une commode 01 leajou sur le marbre de laquelle pyramidait une pendule recouverte de »B globe, entre deux vases de fleurs artificielles sous verre, ni plus ni OMins que sur la cheminée d'un honnête rentier du Manis. »
Cette dernière observation mérite d'être généralisée. En modifiant la vie onentiie, la civilisation européenne lui a été une grande partie de sa cou- ^etde son relief pittoresque; aujourd'hui les pachas et les riches per- 'oseages qui veulent étaler un grand luxe dans leurs demeures font venir Itan meubles, leurs étoffes, leurs tapis d'Europe et surtout de France. La Hontiondes maisons arabes, si originale dans les villes préservées encore ^ U mode européenne, comme à Damas, ne se retrouve plus dans les nou- ^k$ constructions faites en Egypte ; et tout le luxe qui s'y étale ne rem- ^ pas l'ancien art arabe, si supérieur au nôtre en finesse, en élégance «îttise.
Cofimnct. — Noua avons indiqué, p. 181, les principales particularités du ^^'■^une ordinaire des Égyptiens dans les classes populaires; on remarquera OMEHT n. 13
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la singulière habitude qu'ont un grand nombre de femmes, dans les villes, ëe porter entre les yeux un tuyau en forme de cylindre en cuiyre ou en or : c'est le hourou; c'eist au bourou qu'est ûié le voile, en forme de pointe, qui cache la partie inférieure du visage; le voile qui couvre la tête et retombe en arrière s'appelle yabrah; dans la campagne, les femmes n'ont que le yabrah ; elles ne le ramènent en avant, pour se cacher le visage, qu'en présence des étrangers, et encore, souvent, ne prennent-elles cette précaution que très-négligemment. Les robes et les voiles sont en général en cretonne écrue teinte en bleu foncé; le blano est la couleur réservée aux jeunes filles; les femmes mariées se mettent en noir; le turban vert est porté par les émirs, les imams, les personnages religieux, les hadjis (pèlerins de la Mecque).
Le costume des i atf est remarqué par les étrangers ; ces coureurs portent une sorte de chemise en mousseline à larges manches tombantes, en forme d'ailes, une sorte de pantalon en étoffe blanche, comme celle de la chemise^ bouffant jusqu'aux genoux, et serré i la taille par une ceinture de soie multicolore, une petite veste ou gilet brodé d'or, quelquefois fort riche ; sur la tête, une calotte rouge à long gland de soie bleu; ils courent devant la voiture, pour faire ranger les passants; les grandes maisons ont des sais attachés à leur service; les sais sont choisis parmi les jeunes hommes robustes, nerveux, agiles; ils peuvent fournir, sans s'arrêter, de très-longues courses; mais on n'abuse pas de leurs forces, et ils sont devenus aujourd'hui, pour les grandes maisons, des serviteurs de luxe.
Dans les classes supérieures de }a société, le costume moderne décrété par Mahmoud fait tous les jours des progrès; c'est, à quelques détails près, la reproduction exacte du costume européen, sauf la coiffure, qui se compose d'une calotte rouge appelée tarbouch, plus connue en France sous le nom de fex ; la redingote noire i boutons de même couleur, à collet étroit non rabattu, compose maintenant la tenue of&Sielle. Il était difficile d'en choisir un qui fût moins adapté au climat.
Le costume des dames musulmanes se compose : de longues chemises qui remontent jusqu'au bas du cou et se ferment sur le sein, et qui, chez les gens riches, sont fiutes de soie de Brousse ou môme de gaxe; de caleçons longs et larges, et enfin d'un pantalon dont l'extrémité inférieure se serre autour des jambes et dont le haut s'attache à une petite veste de dessous nommée yeUk. Les tortures et les mensonges du corset leur sont inconnus. Pour sortir, elles recouvrent ce costume d'un long manteau sans manches {tôb ou ieblèh) qui les entoure depuis la racine du cou jusqu'aux pieds, et dissimule complètement les formes; enfin, elles s'enveloppent le cou et la tête d'un mouchoir blanc if>ourko) disposé de façon à ne laisser apercevoir que les yeux ; la partie inférieure du voile, chex les grandes dames égyptiennes, est disposée de manière à pouvoir s'élever ou s'abaisser à volonté, et le voyageur pourra remarquer que, grftce à cet arrangement, plus d'un visage se laisse voir. En Turquie, l'arrangement n'est pas tout à fait le même; mais le double voile est plus transparent et laisse apercevoir les traits et les détails de la physionomie. Mais, en Egypte conune en Turquie, nous conseillerons au voyageur, dans l'intérêt même de sa curiosité, d'ap-
porter à cette sorte d'examen la plus grande circonspection ; -si les femmes oui en sont l'objet se bornent à lui témoigner une irritation sous la-
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queJle oo ponmit distinguer parfois le sourire de 1* vanité satisfoite, les hommes qui peorent se trouver dans l'escorte sont beaucoup moins toiéruts; des eunuques à cheval accompagnent toujours les dames qai sortent en voiture et ils s'acquittent consciencieusement de leur mithwm de surveillance; du reste, c'est ici une question de tact et de conve- Daace; un homme bien élevé saura toujours rester dans ^les limites du avroir-rivre^ et cette discrétion s'impose d'autant plus en Egypte, que la rigoatr de cet antique usage n'y est pas poussée à Textréme.
0«^nes détails historiques sur l'origine de la coutume qu'ont la plupart des femmes de l'Orient de se voiler la figure ne seront pas ici hors de aâoDs. Cette habitude n'est pas l'effet d'une prescription religieuse; ce a«;;iasnon plus, comme on le suppose trop souvent en Europe, une pré^ Gutionde la jalousie; c'est tout simplement une convenance, upe raison incité, c'esty en un mot, comme il faut. Il a toujours été d'étiquette, en Onmt, de se laisser voir le moins possible. En Perse, autrefois, on n'adresait U parole aux rois et aux grands qu'à travers un rideau. 11 fut donc enleodu un jour qu^une femme distinguée et de belles manières devait se tenir à l'écart, et ne pas se montrer publiquement. Pendant longtemps Mahomet ne changea rien à la vieille liberté des rp- Ulions; ses femmes conversaient avec les musulmans : elles recevaient des mites et en rendaient, sans que l'on fit sortir les hommes. Mais lorsque le Prophète fut devenu un grand personnage suivant le monde, lorsqu'il fut un prince, lorsqu'il sentit le besoin de prendre ou de faire prendre autour de lui des manières conformes à l'idée qu'on devait se faire de son nng, il copia les habitudes domestiques régnant à la [cour des Saasanldes, aodèles du grand ton et des grandes manières orientales : dès lors, les femmes se voilèrent, elles s*enfermèrent, elles n'admirent plus ostensibleaient aucun homme auprès d'elles.
Ce raffinement nouveau pour les Arabes resta et reste encore étranger lu gros des tribus.
Les femmes des tribus arabes, cependant, ne suivaient pas la mode du beaamonde,et gardaient les anciens usages; ceux-ci ont prévalu jusqu'à nos jours : en Egypte, les Bédouines ne s'enferment pas sous les tentes, et rarement relèvent un coin de leur burnous pour se voiler le visage.
Cependant, l'imitation, dans les villes surtout, gagna peu à peu de proche en proche. Les petites gens eurent honte de se distinguer des gmnds et des riches : en Orient, comme ailleurs, le peuple cherche à imiter la bourfeoisie, et celle-ci la noblesse ; au fond, l'usage du voile et de la réclusion dont le Koran ne fait aucune mention, n'a, en Orient, aucune raison d'être loUde ai sérieuse. Elle est dans les mœurs, voilà tout, et les femmes ohrébennes, coptes, levantines ou grecques s'y soumettent pour se conformer m usages. Les Européennes mêmes font bien de ne pas aller entièrement iviisge découvert.
intrefois les dames musulmanes portaient de largee bottes jaunes, dont ^ge leur était réservé, à l'exclusion des femmes de l'Orient appartenant i d'autres religions ; ces bottes, par leur lourdeur et leur confection vicieuse donnent aux allures des femmes un air nonchalant ai gêné et les privent de cette grâce de U démarche, si généralement appréciée en Occident; maàs sur ce point encore, les anciens usages se sont modifiés; et nous avons
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vtt souvent, aux pieds d'une femme musulmane, la chaussure des Parisien* nés; le goût de la civilisation européenne, et en particulier des modes ftvnçaises, se répand rapidement en Egypte, et il faut craindre même qu'une imitation maladroite ne g&te le costume simple, original de TOrient en le chargeant de nos modes compliquées ; il parait que déjà plus d'un harem a vu ses odalisques ridiculement affublées d'un costume européen envoyé par nos grandes confectionneuses de Paris, et Sous lequel elles paraissaient gauches et empruntées.
N&urriture. — Le fellah est très- sobre ; sa nourriture se compose de pain de doura, mal levé, de fë?es cuites à l'eau, de fromage salé, de concombres, de dattes, de pastèques, de feuilles de laitue mangées telles qu'elles, de cannes à sucre que l'on voit éplucKer à belles dents dans les rues; une cuisine i^ussi simple n'exige pas un grand appareil, elle se fait ordinairement en plein air. Le pain est généralement de mauvaise qualité ; on le prépare sous forme de galettes rondes, minces, formées de deux feuilles superposées; il reste mou et humide; il a un goût aigrelet et une odeur assez désagréable, qu'il faut sans doute attribuer à la mauvaise consen'ation du blé, ou à un mode imparfait de panification.
Dans les familles aisées, la cuisine est plus compliquée; elle associe fréquemment des substances hétérogènes et que l'art culinaire en Europe n*a jamais confondues; le lait caillé est souvent mêlé à la soupe que les musulmans préparent de manières très- variées. Cette cuisine ne se recommande ni par la science des mélanges, ni par celle des préparations, cependant elle ne déplaît pas. Elle emploie trop souvent à haute dose les excitants, et il n'est pas rare de voir certaines mixtures rouges ou noires du poivre dont on les assaisonne; on en combat les effets par l'usage du ioourt, lait caillé. -^ Les rôtis sont souvent cuits sans discernement, là, comme ailleurs ; il ne faut pas avoir les exigences d'un Parisien pour les viandes saignantes : la cuisson exagérée est le défaut le plus habituel. Le mouton et le poulet font la base du rôti. Le premier de ces animaux est souvent cuit en entier, après avoir été garni d'oignons ou d'autres plantes de haut goût. Le poulet, découpé par morceaux et entouré de riz, constitue le ptiaii, le plat favori des Arabes; le bœuf et le veau entrent aussi dans la nourriture habituelle des gens aisés. Tout le monde sait que le porc sous toutes ses formes est banni des tables musulmanes. Le dindon, le canard, le gibier ne font guère partie de l'alimentation ; lesi deux premiers, parce qu'ils sont réputés immondes; le gibier, parce qu'il n'est pas bien saigné, malgré l'habitude qu'a le chasseur musulman de couper la tête de sa victime dès qu'il l'a abattue.
Les salades paraissent en grand nombre sur les tables arabes. Les plat^ des légumes se font avec la plupart des plantes maraîchères de nos jar^ dins d'Europe, et, comme légumes spéciaux, avec les bamiers, les arti^ chauts d'Egypte très-fins, les aubergines, les pastèques, etc. (F. p. 45} ; l'abus de ce dernier produit et des cucurbitacées, mangées avant leur parfaite ma^ turité, réagit d'une manière fâcheuse sur la santé publique.
Les fruits succulents, mais peu variés, se composent d'oranges, de dattes
de bananes, de figues. ^
La confection des sucreries est peut-être celle de toutes les sciences gas^
tronomiques qui a fait le plus de progrès en Orient; les nougats, les pâtei