MŒURS. — NOURRITURE. -^ REPAS
tru^aiwiteSy les pralines et dragées de toute espèce en sont les produits les plus estimés. Signalons toutefois, en constatant Tétat florissant de cette iodastrie, Tabus des parfuzns et surtout de l'essence de roses.
La leule boisson adoptée généralement est Teau. Cependant on soup* çoQoe STee raison un grand nombre de musulmans d'avoir éludé, par une interprétation subtile, les préceptes du Koran, relatifs à l'interdîiction du Tin. Le raki ', Veau-de-vie et d'autres liqueurs auxquelles les croyants se plabent i attribuer des cas d'indisposition, des vertus curatives, sont quel* (piefDiseopieusement employés. L'ivresse a été quelquefois regardée comme éeitt ton en Egypte : cda était turc,
Ujènde Camille mange ordinairement seul, servi par ses femmes et ses fl&i s'il dîne dans son barem, par ses domestiques s'il mange dans son iRvtement. Les femmes mangent toujours dans l'odalik. Enfin, dans les Vailles riches, et probablement à l'imitation de ce qui se pratique dans les îiaiUes princières, les fils, éloignés par le respect, mangent également & prt
& la science culinaire est étrangère aux Arabes, la science du festin leur e$t i peu près inconnue. La table consiste en un plateau de cuivre toujoms très-poli et trè»-propre, posé sur un pied très-bas, et autour duquel irots ou quatre convives assis à l'orientale, qui sur une partie du divan, qui sor des camaux, peuvent prendre place. L'usage des fourchettes et des cuillers est inconnu. Cbaque convive porte la main au plat, dissèque plus M moins délicatement les articulations, et que les viandes soient bouillies OQ rôties, le partage s'en lait aisément, chacun acquérant par l'habitude une grande habileté dans ce genre d'exercice; on voit quelquefois dans les mes retirées ou aux alentours des villes, des Bédouins prendre ainsi leur repas, accroupis autour d'une gamelle commune; souvent la viande est décoopée d'avance en petits morceaux, mêlés au riz, et les Arabes, prenant use peignée de ce mélangCi le roulent entre la paume des mains, de maoière à en faire des boulettes ; la serviette est tout à &it inconnue au comoum du peuple, de sorte que U vue de ces repas primitifs n'a rien d'agréa- Ikle pour un Européen; dsins les classes aisées, l'usage d'une petite serviette snalogue à celle dont nous nous servons pour le thé et une ablution conscieneieuse à la fin du repas, corrigent la simplicité vraiment trop grande ds ces pratiques.
Lo monde officiel n'en est plus là en Egypte ; aujourd'hui, quand le khédive donne un dîner au corps diplomatique ou i quelque gruid personnage d'Oecident, la cuisine est confiée à un maître d'hôtel européen, et le oeaa est le même que celui qu'on peut trouver en Europe dans une maison PÔDcière.
Lss personnages importants l'ont suivie dans cette voie, et quand un européen est invité par un haut fonctionnaire du Caire, il trouve une table fibaigée de vins de Fiance comme dans son pays.
Ce n'est plus que dans les provinces, quand on pourra recevoir l'hospitalité de quelque riche indigène, que l'on aura l'occasion de connaître l'an-
I. Lt roM ait ane sorte d'ean-de-vié de dattes, aromatisée avec une gommeviiiae, !• roastie, qai sa prèeipite soat forme d'an naage blanc opalin lorsqu'on Y«iM la fiqnide dans l'eaa; c'est l'absinthe de l'Orient, aussi agréable an goût, eût owIbs malfaisante ; le mefUenr sst celui deCbio.
cien repas à l'arabe. Tout d'abord l*hôtel est conduit dans des chambres très- . simples, mais abondamment pourvues d'eau, de linge, etc.; on le laisse seul ôter ses chaussures, se livrer à ses ablutions, changer ses vêtements de voyage, se reposer à son aise jusqu*à ce qu'en frappant dans ses mains il témoigne le désir d'être servi. Les serviteurs apportent alors dans une pièce entourée de divans, et couverte de tapis. confortables, le repas con> sistant en plusieurs services, généralement copieux, variés et appétissants. Ce n'est qu'après le café que le maître vient causer avec ses hôtes et fumer avec eui la pipe. Il est impossible de ne pas être frappé du tact, de la discret tion que les Orientaux déploient dans ces réceptions, et de la parfaite aisance que l'on y trouve.
Caractère, mœurt. — Le fellâh est laborieux, patient, mais insouciant; il travaillera du matin au soir, exposé au soleil dans l'eau et la boue, s'il entrevoit un gain certain; la paresse dont on l'a accusé tient souvent à lincertitude où il est de recueillir le bénéfice de son travail; la fellaha travaille plus encore que le felifth ; c'est elle qui est en général chargée du plus gros de la besogne, qui porte les plus lourds fardeaux ; on la voit souvent dans l'eau Jusqu'à la ceinture, occupée à couper des roseaux ; ces femmes, qui travaillent beaucoup, vieillissent vite ; à vingt-cinq ans, elles sont aussi flétries que les Européennes à quarante ans; toute cette population de la campagne est douce, polie, obligeante; il est rare qu'un voyageur ait à se plaindre d'elle ; et ce caractère humain des vieilles populations ég^yp. tiennes se retrouve dans les villes; il est arrivé souvent à des étrangers, en parcourant en voiture les rues étroites et sinueuses d'une ville égyptienne, de renverser les marchandises exposées en plein vent sur de petites tables, et même aussi un peu les passants; il est rare que ces actes de maladresse aient eu pour eux des suites fâcheuses ; le fond du caractère égyptien est une bonté insouciante, une disposition à tout accepter sans murmure ; ce peuple a un mot qui répond à tous les accidents, li toutes les contrariétés et en neutralise Teflet, c'est le mot maleeh, qui peut se traduire ainsi : cela ne fait rien, cela devait arriver; grâce à ce mot magique, il est rare qu'un Égyptien perde son sang-froid et se laisse entraîner à la colère, dans les circonstances ordinaires; même dans sa bouche, ce mot n'a rien de la signification sombre que nous sommes quelquefois portés à lui attribuer * le caractère du peuple se plie naturellement au dogme qui répond à ses aspirations intimes; la philosophie populaire d'Egypte est l'expression même de la nature du peuple; son acceptation du fait accompli, quel q[u*îl soit, n'est pas forcée, sa tolérance des hommes et des choses est sincère * ce peuple est comme certains vieillards qu'une longue expérience a rendus indulgents ; il a tant vu de siècles s'arrêter et passer sur son antique sol qu'il semble avoir pris son parti de tout : de là une douceur dans le caractère, une insouciance dans l'esprit, une acceptation sereine de la vie, qui étonnent et charment notre esprit, fatigué des luttes de l'Occident; il est peu d'hommes établis en Egypte, si les affaires ne les préoccupent pas ex» clusivement, qui, sciemment ou non, n'aient subi cette influence ikscinatrice.
$ 16. Usages divers, bains, cafés, baiars, promenades, tpeotacles* danseuses, etc. — La loi religieuse a fait aux musulmans un devoir de la purification matérielle. Elle l'a divisée en trois degrés, la lotion» l'ablution le lavage, et a minutieusement énuméré les souillures physiques ou mor«.l^