GHI£NS. -- GHSVAUX. *- CHAMEAUX
les Ximipéent trouvent aqlourdlim dans les rllles d'figypte des ealè-
ekes élégantes, ausri commedes qoe celles de Paris et aussi bien eon-
dttilas; les paebas, les princesses, le khédlTe se promènent aujourd'hui
da» des coupés ou des landaus, commandés en Europe; les équipages du
kliédlve sont élégants et rappellent, pour la tenue des livrées, les traditions
des écuries de Napoléon IIL Une partie de la domesticité des Tuileries a en
effet été engagée en Egypte à la suite des événements de 1870. Ici encore,
tout ai approuvant Tamélioration qui résulte de rintroduclion de la car-
rosscris européenne, au point de vue de la légèreté et de la soU^té des
éqaipsgesy nous regretterons encore qu*à côté de ces qualités réelles, les
Orientaux n'aient pas soin de demander aux constructeurs la conservation
des formes traditionnelles qui s'alliaient si bien aux costumes et à l'aspect
gàiéral du pays.
Les ihmmMym sont employés surtout pour le transport des matériaux; ils is suivent en longue file et forment un embarras quand ils traversent une ville; ils portent sur leur dos les moellons, les pierres de taille, la chaux, de longues planebes qui s'abaissent et s'élèvent, selon le mouvement ondulatoire de l'animal ; les angles des rues sont les points difficiles et provoquent à chaque tournant les cris et l'agitation de la foule. Le voyageur aura rarement l'occasion de làire usage du chameau comme monture sur le sol même de l'Egypte. Depuis l'établissement du chemin de fer de Sues, le voyage d'Arabie ne commence qu'à cette dernière ville. C'est au Gairo toutefois qu'il faut se munir d'un drogman, de chameliers, d*une escorte, toujours par l'entremise du consulat. En dehors du voyage d'Arabie, oe n'est guèro que pour l'excursion aux oasis ou à Kocéir que le voyageur commencera à user du dromadairo {hedjini] et du chameau {gémel, T. p. 49).
Quelques mots d'Instruction sur l'art de monter ce singulier animal ne seront pas inutiles au voyageur : la première difficulté qui se présente est d'enfourcher sa monture; le dromadaire, debout avec sa selle, n'a guère moine de dix pieds de haut; à un sifflement particulier du chamelier, il plie lee genoux et se couche ventre contre terre : il est encore aussi élevé qu'un cheval ordinaire. On monte dessus comme on monterait sur un chevaL Dès qu'il sent l'homme sur son dos, le dromadaire se relève des pieds de derrière ; il faut prévoir ce mouvement et se pencher en avant, en se tenant solidement au pommeau de la selle : presque aussitôt il se relève des pieds de devant, et le voyageur doit s'incliner rapidement en arrière, sans quoi il lui arriverait ce que M. Alexandre Dumas a si spirituellement raconté dans une page devenue classique sur la matière (Quinxe jours au Sôial). « Je résolus de faire, avant que les autres arrivassent, et en présence de mon ami- Béehan, un essai sans importance apparente, mais dont le résultat devait être de me familiariser avec l'animal. En conséquence, comme si j'avais l'esprit parfeitement libre, je m'sccrocbai en fredonnant au pommeau de la selle et aux cordages qui en pendaient, et après les trois âans daseiques, j'enjambai le monticule et me trouvai à cheval ; mais i peine étais-je affermi que ma béte, qui savait sa profession de dromadaire ansii bien que moi mon métier de cavalier, releva brutalement tout le train de derrière, ce qui me mit immédiatement le nex i huit pouces plus bas que les genoux, et me valut dans la poitrine un coup atroce du trusquin de
la selle, qui est relevé de près d'un pied et terminé ptr une boule de bois ornée de cuivre. Au même instant, le train de devant se releva avec la mène spontanéité que j'avais remarquée dans son jMrédécesseur, son tndn de derrière, et je sentis que le dossier de la selle me rendait avec usure dans les reins le coup que le pommeau m'avait donné dans la poitrine. Bécbara, qui ne m'avait pas perdu un instant de vue pendant mes exercices de vdiige, me fit remarquer Texcellente combinaison de ces deux proéminences, sans le secours desquelles je serais inévitablement tombé en avant ou en arrière. Béctiara m'avait fait cette judicieuse remarque, le visage riant, comme s*il eût voulu me prouver que j'étais ingrat envers ma selle; mais, comprenant son inconvenance, il m'invita, pour se raccommoder avec moi, à profiter de ma situation pour regarder le paysage. En effet, du point élevé où j'étais parvenu, j'embrassais un horizon immense. »
Il faut user, pour descendre du chameau, des mêmes précautions que pour y monter, et exécuter les mêmes mouvements dans un ordre inverse. Le dromadaire n'a qu'un simple licou plus ou moîss orné de coquillages, avec lequel on le dirige : la selle est une selle arabe, étroite et haute, qu'on exhausse sur le dos de l'animal, avec des coussins, des tapis, afin qu'elle ne le blesse pas durant les longues marches. « On obtient difficilement, dit Mme de Gasparin, que la selle soit deux jours de suite accommodée de la même manière : tantôt elle penche à droite, tantêt à gauche; tantôt le tapis et les coussins vous jettent en avant, tantôt en arrière. De là viennent les trois quarts de la fatigue. • Une fois installé au haut de son dromadaire, le voyageur a le choix entre oinq ou six positions. IX peut se tenir comme il lo ferait sur un cheval, ou de côté comme une amazone, ou encore prendre entre les deux positions un terme moyen* En tout cas, il faut suivre les mouvements de l'animal au moyen d'un coup de reins très-fatigant au début
L'allure du dromadaire cause à quelques personnes des souffrances qui ressemblent i celles du mai de mer; mais c'est là un fait ezceptionDel. Beaucoup de voyageurs déclarent que, quoique très-sujets à ce dernier mal| ils ont fait de très-longues courses à dromadaire sans rien ressentir de semblable.
Les dromadaires marchent ou trottent; ils galopent rarement, et dans ce cas, désarçonnent infailliblement leur cavalier au bout de très-peu de temps. Ils font, en marchant au pas, une lieue par heure, et trois ou quatre en trottant. Ils peuvent soutenir cette allure pendant une journée entière, et faire trente lieues d'une traite. Ils supportent admirablement la soif, et un en a vu rester vingt^inq jours sans boire, tout en exécutant des marcbes forcées. Leur nourriture quotidienne se réduit i une boulette de pâte qu*on leur fait manger, et à une poignée de féveroles le soir. Il faut Sn cependant qu'ils ne sauraient passer auprès d'un buisson épineuxi d'une tige de chardon, sans essayer d'y mordre ; aussi, quand les marges de la route en offrent en abondance, il y a de quoi épuiser la plus longue patience. Ils tirent sur leur licou et font éprouver au bras qui les conduit des secousses de chaque instant. • C'est, dit Mme de Gasparin, la bête la plus patiente et la plus impatientante qui existe.... Vingt arrêts par minute devant la moindre épine, invincible opiniâtreté, manger solennel et bruyant, lèvres sensuelles qui ruminent avec volupté, brisement de notre pauvre corps,