JEUX. — MUSIQUE. — SPECTACLES
rénjtit dé ise bnwtenMiil perpétuel, tout cela nous a pousste Jusqu'aux dernières limites de la patience. > A ce tableau il manque un trait qui n'est p« le moins déplaisant; un grognement rauque et désagréable qu'il Aiit eatendro continuellement, et souvent une odeur difficile à supporter. iNous a?ons parlé du cbameau coureur; quant au cbameau porteur, quelques mots suffiront; nous les empruntons à Mme de Oasparin : « Les Anbes leur mettent à tous un bât, dont la cavité embrasse la bosse. Sur ce ^OB place un filet de grosses cordes; les malles, les sacs de nuit et les «ittiui s'entassent dans ces filets, dont on relève et fixe les bouts sur le <kisderinimal; les chameaux de charge marchent ordinairement la tête et U en libres de toute entrave. » La provision d'eau est portée dans de vastes <Hi&ti aplaties, qui pendent le long des flancs de l'animal. Le chameau f« porter en moyenne 300 à 300 kil. Pendant tout le temps qu'on le charge, i^i entendre son grognement; si alors on lui enlève une fraction minime (fca charge, il se tait et obéit avec docilité. Le chamelier marche à pied, ^ côté de sa béte ; de temps à autre, s'il veut arranger quelque chose au changement ou se reposer, on le voit escalader l'animal avec une dextérité prodigieuse, et, sautant sur son genou de devant, se penchant à son cou, ^aecrochant aux cordes du bât, parvenir jusqu'au sommet de la bosse sans vréter la marche de la héte. Le chameau, animai assez maussade, connaît ^conducteur et lui rend souvent les plus affectueuses caresses. Us /sus ou amutemenit dn Arabe$ sont assez nombreux; ils aiment avec Passion le jeu de dames (dàmah)« le jeu d'échecs, le trictrac surtout; ils ont Plusieurs jeux particuliers qui se font au moyen de petites pierres que l'on place dans des cases et que l'on prend à poignée pour les distribuer selon certaines combinaisons; ils s'adonnent aux exercices gymnastiques, la joute, ^ lutte; ils se livrent souvent i l'escrime du bâton, dont ils cherchent à se ^>per; le tir à la dble, le jeu de paume, le disque leur sont familiers; ui de leurs jeux les plus intéressants est celui du gérid ou du javelot, qui » exécute à cheval.
1a mutigue est fort goûtée dans tout l'Orient, et particulièrement en %pte; eUe anime toutes les iêtes, pubUques et privées; on ne sort ?Q«n dans les rues du Caire sans entendre les notes algues de la fliite ^teoues par le tambour de basque; cette musique est fort primitive, iUe ne plaît pas aux Européens à cause de sa monotonie, tandis qu'elle ]ette les ini^gènes dans le ravissement; elle nous a paru presque toujours ^,sériense, triste, même lorsqu'eUe voulait exprimer la joie; il serait ^BJtnte de ne pas lui reconnaître certaines qualités qui paraissent convenir Q«nreiUeusement au caradèra arabe : eUe est capable d'exprimer cet état ^ rime qui est une soru de recueillement profond, d'amour inquiet, de fiijwment mêlé de crainte, effet ordinaire du sentiment religieux porté «usjtt'à l'adoration. Ln mélodies sont cependant monotones et glapis- ^tes, et le chant est nasUlaid.
^t i la danse, les musulmans dédaignent de s'y livrer et ne la résident que comme un spectacle. Nous y reviendrons un peu ptais loin <^- p. 20».2ll). *^ *^
^tectecics.^ De grands établissements, consacrés à l'art théâtral, ont été V^ depuis quelques années à Alexandrie et au Caire; le khédive s'inté- T*^ beaoeonp au théâtce, dont il suit assez ordinairement les ruprésenu-'
808 ÉaYPTfi MODERNE.
tions, donnant ainsi l'eiomple à sei flU, aux prinoes de sa famille et à tous les dignitaires; ses femmes y assistent aussi^dans des loges richement ornées, où elles demeurent invisibles derrière un treillis; les regards âes spectateurs se tournent quelquefois vers cette galerie mystérieuse, attirés par les feux de mille diamants et peut-être aussi par la curiosité; mais le gros du public se compose d'Européens, et les Egyptiens restent assez étrangers à cet art exotique. Des cafés chantants existent à Alexandrie, aa Caire, Port-Saïd, Ismallia, etc., mais la plupart de ces établissements ne donnent pas une haute idée des Européens à des gens auxquels on ne peut refuser le mérite d*étre généralement graves, au moins en public. U est vrai que les musulmans ont un genre de représentations qui leur est propre, fort répandu chez eux, et qui nous donne une fort pauvre idée de leui goût, c*est celui des marionnettes, où le même personnage, JEarayhev^r, joue invariablement le premier r61e. Ù nous serait impossible de donner ici un< description du spectacle qui attend le voyageur; son ignorance de la langue l'empêchera de saisir les allusions, les calembours, les conversations doni nos pièces les plus libres ne peuvent donner une idée, mais la pantomime rédifiera suffisamment sur le caractère de Karagheuz, qui semble la personnification arabe du dieu qu'on adorait jadis à Lampsaque.
Conteurif daneetueg, psyUii. — On trouve ordinairement dans les c&ie.< arabes une espèce d'orateur qui raconte ou chante une histoire merveiUeusi ou un roman populaire. Ouoique ces récits soient peu variés, ils n'en cap* tivent pas moins toujours l'attention et l'intérêt des auditeurs. La parole dei conteurs est animée, leur geste expressif, le ton habituel du récit est une aoru de deml-réeitatif. Ils s'aooompagneiit ou se font accompagner quelqu^fon d'un instrument à cordes, comme d'une base continue sur laquelle la voix s( détache avec plus de force et d'éclat. Ces conteurs forment une corporatioi partagée en plusieurs catégories, à chacune desquelles est attribuée un* classe de récits dont le conteur ne doit pas sortir. Trois romans V^^^^^ font principalement les frais de leurs récits : les Aventures d'Àbou-Z^ le roman de Zahir et VHistoire tVAntar. Quelquefois le maître du café pay les conteurs pour attirer la foule; mais en général leur rétribution repo^ sur la générosité des auditeurs. M. About, dans son livre le ^^^^ j (; tableau exact et animé de ce genre d'exercice, fort goûté des Arabes. * jeune Bédouin en burnous rApé, chaussé de babouches béantes, vint ^, croupir au milieu de la chambre sur une natte réservée. Il tira de ^^ .^ un rouleau de papier, et commença modestement une lecture. ^' . ^^ tants paraissaient le connaître et même s'intéresser par avance aux c qu'il allait dire. J'en vis un qui bredouillait en h4te,i l'oreille de s^| ^ une sorte de commentaire ou de prologue pour le mettre au ^^^^T^^ l'affaire. Le lecteur promena les yeux sur son public, reconnut ^^ ^q, que sans doute il avait déjà vus la veille, laUça deux ou trois qu« auxquelles on répondit affirmativement, après quoi il se mit à lire .^ chef-d'œuvre.... l'intérêt le plus vif se peignait sur toutes les P"y**^ yijU De temps à autre, l'auteur suspendait son récit pour interroger le^P^ ^^
Chacun disait son mot, donnait sa solution; les avis se c*^****^ .'^^^iai nions contradictoires s'e&tre-choquaientdans l'air avec ^^^^^'.t^^j ^narU avec malice de plus belle
et montrant ses petites dents aiguës, laissait dire, P^^^ j^ ^ e, à la grande joie de. ceux-ci, au grand dépit de ceux- »
G0NTBUR8. — DANSEUSES. 209
sttiiftetfoa générale des neutres, qn! confondaient lenr ?ôiz dnie un long
soopîr modulé. Ces hommes sont de grands enfants; ils s'amusent d*un rien
et l'extasient à tout propos. Le moindre chanteur de la rue est interrompu
TÎBgt fois par un afc/ général plein de langueur et de sympathie, ?éritahle
utompagnement qui fait une musique dans la musique. Notre conteur avait
porté au maximum l'intérêt de son auditoire, lorsqu'il s'arrêta net, roula
TïrèsMBi ses papiers, les cacha dans sa poitrine et se déroha, non sans rire
Tm |M^.. Non-seulement on l'applaudit et on le rappela, mais quelques
dilcstnfi le retenaient par son vieux burnous.... Je crus qu'il s'apprêtait à
foire BBS collecte, et je mis la main à la poche; mais on me dit que ce
jem èamme était un des six mille élèves de l'université de Gama-el-Az-
bar; â consacrait ses loisirs à des ouvrages en style fleuri, dans le genre
éetMGle et une Nuits..,. • Sauf ce détail exceptionnel que le conteur est ici
is éJère de l'université d'El-Azhar, le tableau est d'une frappante vérité.
ÈnunÊÊtiHehanfeuHs, — Un divertissement d'une nature plus intime est
fnm des danseuses {ghàwaxi. Elles appartiennent iune tribu particulière
jppdée GhawAzi. Les voyageure les confondent souvent avec les chanteuses
^ik, plur. atrdltfi), avec lesquelles elles n'avaient originairement rien
te coomun, si ce n'est que les unes et les autres étaient également appelées
dais l'intérieur de la maison des riches pour y faire montre de leurs talents;
=^ celle distinction tend à s'eflacér et, aujourd'hui, on voit les mêmes
îeaunes tour à tour chanter et danser.
• Autrefois les aimées, dit M. de Garey, jouissaient d'un rang élevé, dA i kor antique origine, et formaient une société célèbre ; elles devaient caDaître les règles de la littérature et du chant assez bien pour impro- • '%r et chanter des couplets adaptés aux circonstances oh elles étaient apn*éts. Elles devaient savoir par cœur les poésies nouvelles et les récits bfrdîques ou historiques les plus propres à émouvoir ou à intérasser leur >tiH^. On payait ces artistes fort cher; aussi ne se faisaient-elles entendre fie chez les rois, les princes, les grands dignitaires et les plus riches habi- ^ta du pays. >
les aimées sont singulièrement déchues de cette ancienne splendeur;
^1» sont descendues au rang de courtisanes vulgaires, et leura danses,
*£it}o«rs vivement goûtées des Égyptiens, ne sont plus en honneur dans la
^nie européenne et dans la société des grands personnages, qui cherchent
i inriter nos mœurs. Ce n'est guère que par occasion et pour faire honneur
i quelques étrangers toujours friands, de ce spectacle qu'on en fait voir
oeore au Caire dans des soirées données psr de riches Égyptiens. C'est à
'^•sstigadon des musulmans dévots que les aimées ont été exilées du Caire
)L' Ahhas-pacha ; ce pacha hésita longtemps à prendre une mesure qui
^fnàa priver l'État d'une source de revenus, il ne céda que sur la propo-
t^«n que lui firent les dévots de payer eux-mêmes l'impét de la corpora-
^ des aimées. Les aimées furent exilées à Esnèh, où l'on trouve les plus
^Bi^kti, Les voyageurs en rencontreront d'ailleurs dans toutes les villes des
(«itodu Nil, à Syout, à Girgèh, à Kénèh, à Louqsor et à Esnèh.
Itt aimées dansent quelquefois par groupes de deux ou de quatre; eteioiiis, quoiqu'elles mettent une certaine symétrie dans leurs mouvesms, il ne faudrait pas s'attendre à leur voir former des figures et des iiyrfSttX réguliers.
OBUIT II. 1^
SIO EGYPTE MODSRNfl.
Lonqu'elles se préffentent sur 1q dourkAh^ elles comm^nceiit à Cure quel ques pas en agitant au-dessus de leur tête de petites cymbales de cuivre qu'elles tiennent du pouce et du médium de chaque main et dont elle jouent avec beaucoup d'expression. Ce prélude achevé, la danse commence Alors les jambes demeurent immobiles, de même que la partie supérieur du corps, excepté les bras, qu'elles écartent, qu'elles arrondissent, qu'elle baissent ou élèvent suivant les différentes phases du sentiment lascif qu semble les animer. Agitées par une trépidation incessante que tour à tou elles accélèrent avec une audacieuse énergie ou ralentissent languissais ment, les hanches et les reins assouplis à tous les mouvements exprimes sans retenue toutes les sensations physiques; c'est le vibrahurU sine fhi prurientes Uuciv<>s docili Iremore lumbot des filles de Gadès, tel que le décrit Martial {Epigram., liv. V, 78).
Une amusante description de ces danses est due à la plume de Maxim* Du Camp, dans son livre le Nil. La danseuse qu'il vit à Esnèh était un< ancienne maîtresse d*Abbas-pacha et s'appelait Koutchouk-Hanem (petit< dame.) « Je me rendis chez Koutchouk-Hanem, et.j'entrai dans une petite cour sur laquelle descendait un étroit escalier extérieur. En haut des degrés Koutchouk-Hanem m'attendait. Debout, vêtue d'une simple petite chemis en gaze couleur brun de Madère et de larges pantalons en cotonnade blan ohe, à raies roses, les pieds nus dans* ses babouches, les épaules couverte par les flots de soie bleue qui formaient le gland de son tarbouch, le coi serré de trois colliers à gros grains, les bras cerclés de bracelets ruisselante les oreilles ornées de boucles trapézoïdales chargées de lamelles d'or, le cheveux tressés et retenus sur le front par un ruban noir^ blanche, soUd« joyeuse, pleine de jeunesse et de vie, elle était superbe.... Elle me prit 1 main et me conduisit dans une grande chambre carrée, garnie de nattes < d'un divan; elle frappa dans ses mains, une esclave parut, portant un pla ieau chargé de verres et un flacon de raki. Quelques minutes après, tro femmes entrèrent, assez laides, et simplement vêtues de cotonnades gr^ bleu à fleurs jaunes; puis deux musiciens s'accroupirent et tirèrent de le^ bionse une sqrte d'instrument qui ressemble à un rebeek, sorte de viol^ primitif. Deux des femmes saisirent des daràboukt, sorte de tambours i basque, les frappèrent et, avec l'accompagnement des rebecks, conuaenoj rent à chanter; toutes les femmes dansèrent l'une après l'autre, et qnà quefois deux ensemble.*., hdê danses arabes consistent seulement en oi dulations du corps plus ou moins variées, ralenties ou accélérées, selon i mesure que battent les darabouks, soutenus par le choquement aigu d erauUes passées aux doigs de la danseuse, k peu près comme des cas^ gnettes espagnoles. Quand le torse s'agite, les hanches doivent rester i^ mobiles, et le torse ne bouge plus dès que les hanches remuent. ,
« Routchouk-Hanem dansait avec ardeur, parfois elle tenait tout aj corps en repos et faisait simplement glisser sa tête sur la dernière yê tèbre avec un mouvement de serpent amoureux ; dans d'autres momeoi elle s'agenouillait, s'allongeait jusqu'à frôler la natte avec ses seins, et II sait, avec les bras étendus, un geste circulaire qui ressemblait aux graj coups d'aile des oiseaux de l'Océan; ou bien, jetant hardiment son pi droit par-dessus sa jambe gauche, ployant son corps à moitié, entre-3 quant ses crotale» soaonsy «Ue marchait en relevant ia tête aveo les gei
DANSE08ES. — ÂLMÉBS. tll
des iNtedmiM da musée «fAriei. Alors les rebeeks grinfaletu des notes sunigttli et les dsrebouks grondaleiit comme ime tempête.
• A chaque instant on se reposait pour boire du raki.... La nuit Tenue^ nsTieille femme entra, c'était une ancienne aimée fort célèbre dans satiaps; elle dansa ayee un art, une précision que nulle ne possédait.
• i la demande du voyageur, Koutcbouk-Hanem se déoida à danser la ^UKdei guêpes (nahlèb).... les femmes s'accroupirent en cercle, et la danse eoouMça; l'aimée s'agitait et était ses vêtements l'un après l'autre (comme povidîpper à un insecte introduit sous ses vêtements) { lorsque le dernier {uiolné, elle fit deux ou trois gambades insignifiantes et se précipita en- «>te Tin ses larges pantalons, où elle entra et resta* caobée jusqu'au ^ Im danseuses étaient fatiguées et presque enivrées de raki ; le mu- «cies, irn mort, bavait sur son rebeck. Je dis adieu à Koutcbouok-Ranem ^ je ngagnai ma cange. »
i quelques détails près, dont la nature varie selon le goût ou le dégoût ^ rayageurs, cette description donne une idée exacte des représentations <ie es genre ; il existe, du reste, plusieurs espèces de danses ; la plus bardie << il plus brutale est exclusivement empreinte du génie égyptien ; une autre, atiée de quelques pas, parait combinée avec la danse grecque; la troiâème est la danse des guêpes, dont nous venons de parler. Nous avons vu, ^?t quelques années, à Kénèh, une aimée gracieuse, nommée la Bé- ^eiia, danser avec un certain talent la danse des sabmeff.
Ouad la danse est arrivée à son plus baut point d'excitation, 11 y a des aflDentide repos pendant leaquels les danseuses viennent agaceries spec- (<i«iTs. Leurs provocations s'adressent surtout au principal invité. Une i&snière galante de témoigner sa satiafaetion est d'bumecter du bout de la iiBgae de petites pièces d*or qu'on leur applique au front, sur la gorge, sur lesbns.
U danse des aimées, sous l'influence de la présence firéquente des EuropMBs, tend i perdre son caractère original ;'le voyageur est souvent reçu ^ un salon à Teuropéenne , les aimées se présentent gravement devant le H<eeutear, et lui donnent la main à la manière anglaisai La présence '^péennes contribue quelquefois à faire observer aux danseuses une ct^&e modération dans les mouvements et les gestes; on remarquera que '« {ranges des cbeveux, courtes sur le front, allongées en nattes sur les <^ du visage et derrière la tête, rappellent la coiffure des fomnes égyp- ^'^uies telle qu'elle est représentée sur les monuments.
Les danseuses sont de toute antiquité en Egypte ; car on les yoit représentées sur les monuments des Pbaraons.
Noos devons mentionner encore une danse qui se rattacbe à celle des ^êes; elle était fort appréciée au Caire, il y a une cinquantaine d'an- ^; elle se cacbe aujourd'hui dans les cafés dont la clientèle se recrute ^^ les buveurs de raki, les consommateurs de bascbicb, le rebut des ^■&Tais musulmans (Edmond About, le Fé\Ji4h) ; elle s'étale encore eepen- ^ quelquefois sur les tréteaux des fêtes publiques; ee n'est plus tme ^t Biais tm tklmit, un homme couvert de piilloos, surchargé de bijoux, ^ imite les mouvements, les gestes, les provocations des dan^uses; « le ^olreur de cette bête immonde se tient debout devant lui, une bou^e î la main, pour édâirer tous les détails de ea penonne* Il Isl tm é$
SI Si . âayPTE modsrnë.
temps à autre un compUa^nt horrible accompagné de gestes trop significatifs. L*ètre ambigu sourit i ces incroyables louanges, et bientôt, toujours en musiquei.il fait le tour de la salle pour quèler des hommages plus solides et mieux sonnants. »
Ce spectacle hideux se rattache à un genre d*ignominie qui a exercé sa funeste action d'une manière toute particulière chez les Orientaux, où il s'est développé sous l'influence de certaines habitudes, de certaines oonditiens de la société ; mais il serait injuste d'en imputer exclusivement toute la faute i la société musulmane ; la flétrissante passion dont nous entendons parler a été dès la plus haute antiquité répandue parmi les races orientales; elle s'est introduite de la Thrace chez les Grecs et les Romains * ; et certains passages de la confession générale appelée rituel fiMéraire nous montrent qu'elle n'était pas inconnue à l'antique civilisation égyptienne.
Psyllet, — Nous ne dirons rien des diverses sortes de baladins, escamoteurs, etc., qu'on rencontre dans les rues du Caire et surtout devant la porte des hôtels: mais une classe d'hommes qui, sans être absolument particulière à l'Egypte, s'y \<Ai cependant plus souvent qu'ailleurs, est celle des charmeurs de serpents. En ceci, comme en bien d'autres prodiges, le charlatanisme peut sans doute se mettre souvent de la partie; néanmoins il reste des cas,, et en grand nombre, où toute supercherie a paru impossible, et oii les psyllet, comme les anciens les nommaient, semblent exercer sur les reptiles une fascination véritable.
Ils élèvent des serpents auxquels ils ont arraché les crochets venimeux et ils les* promènent sur les places. Leur principal exercice consiste à ehan* ger h terpent tn bâton, comme ils le disent; pour cela, ils lui compriment fortement la tète avec leur pouce, et l'animal tombe dans une catalepsie qui l'immobilise dans une raideur complète; en lui prenant la queue et la roulant entre leurs mains, ils lui rendent le mouvement. Pour dissimuler leur secret, ils accompagnent l'opération de diverses grimaces, comme de cracher dans la gueule du serpent. D'autres fois, ils aflectent d'enrouler ces animaux autour de leur cou, de se faire mordre par eux et de réagir avec fureur contre eux en affectant de les manger tout crus; souvent » un singe qui agace les serpents, se fait poursuivre par eux, contribue à mettre de la gaieté dans le spectacle.
Une autre spécialité des psylles est de rechercher les serpents qui se sont introduits dans les maisons et se tiennent dans les endroits obscurs et
1. Pour idifler le lecteur sur It valear de cette assertion, noue transcriroos ici les vert d'Oyide {Mikmorphotêi, livre X, ven 79-85) qui la jastifieet:
Omnem que refagerat Orpheoe
Femineam venerem
Ille etiam Thraeum popnlie fuit aactor amorem In teneroe traotferre mares, citraqne juventam Atatis brève ver, et primoe carpere flores.
Voyez aussi le fameux dialogue de Lucien : Dispute de rAthénien et du Corinthien. M. Girard a raconté (^Àrch. deê mwiontt i" pariie, t. II, p. SSO). d'après Piutarque (£ro(tc., p. 760), par quelle filiation cette habitude BTait passé de la Thrace et do la Thessalie en Eubée, où elle avait fait asses de prosélytes pour que le nom de Chalcis devint synonyme de ce vice qui ne tarda pas a envahir Athènes. La secoade églogue de Virgile, et maint passage de Catulle, de Martial et de la plupart des poètes romains, nous prouvent que lltalie n'en était pas exempte.
PSTLLB8. — MARUOES. 213
imoudaf. Us se font payer eher pour cet eieieioe. Us eiploraai avec soin
]m endraUs oà on peut tronrer le reptile, et rappellent en eontrefaisant le
lîlOement des serpents, taqiôt celui pins sonore du mâle, et tantôt oelni
pbs étouffé de la femelle. C'est surtout à un cri ^amour que le serpent
doit répondre. Geoffroy Saint-Hilaire a assisté à Tune de ces scènes ebez le
géeéral Bcmaparte, lors de Texpéditlon française, et croit à la réalité de
leu talent. La reoberche n'aiait pas duré moins de deux heures et demie.
On^Mt assuré que le psylle n*a?ait pas apporté lui-même de serpent dans
Kt^éïKnents, comme on les a souvent accusés de le faire.... M. Maxime
Ba Ckap raconte une scène de ce genre dont il a été le témoin ; le psylle,
eatiédBs la chambre, se mit à siffler sur un mode triste, monotone et
iM; puis il entonna une sorte d'incantation impéiatiTe. n disait : • Au
SQB de Dieu clément et miséricordieux, je t'adjure 1 je t'adjure I Si tu es
éedus, si tu es dehors, parais t parais t' Je t'adjure par le nom si grand
fOÊ je n'ose le direl Si tu toux désobéir, meurs! meurs! meurs! • et le
leTageur vit sortir un petit serpent qui rampait avec agilité sur les nattes;
ie serpent ainsi évoqué se laisse prendre par le charmeur, qui le met dans
son panier et l'emporte. Quelque explication qu'on donne du fait, la réa-
bié en a été souvent constatée.
$17. — Hariaget, cireoneiaion, enteiremeiits, IHm reUgitufeSjeto. — Mmriûgu* — Les mariages sont précédés et suivis de cérémonies et de ftles; Pavànt-veille du mariage, on accompagne la future au bain, en grande cérémonie; on lui tresse les cbcTcux; ses riches vêtements sont parftiméa, des bijoux couvrent sa tète; toutes les parentes et les amies nement prendre part à cette fête; une femme se souvient du jour de bain de ses noces comme d'un des plus beaux de sa vie. • C'était le jour du bain de mon mariage, dit->elle, que telle chose m'est arrivée. » (Gérard de Nerval.)
Le lendemain on se réunit dans la maison de la jeune fille , on s'y Uvre à des divertissements dans le goût des Arabes, scènes comiques, jongleries, éansee^elc.; les parentes et amies, placéesdans des appartements intérieurs, témoignent bruyamment des plaisirs qu*ellés prennent et poussent leur tmfkKrit en signe de joie (le zagharik est une sorte de cri aigu, trembloté et prolongé que les femmes font entendre dans toutes les cérémonies ; il parait nrtout exprimer la joie, mais il n'est pas banni des enterrements, il prodoit an étrange eflbt). De petites pièces d'or (de 5 à 10 piastres) sont jetées i poignées sur les pas de la fiancée et parmi les assistants.
Lscbeikli Tient faire la prière dans la maison; il écrit les accords; le dieikh serre dans sa inain les deux pouces des fiancés placés l'un contre Tantre, et le mariage est accompli; mais ces deux pouces rapprochés et lerrés par le cheikh n'ont pas, comme nous le verrons plus loin, la force 4e cohésion de notre anneau de- mariage. Cette cérémonie est suivie d'une iromenade dans la ville. Les riches prennent des voitures, les pauvres sont certes par des chars ou vont à pied; mais toujours le cortège est précédé h musiciens, violons, fl&tes, tambours de basque; des baladins, des bouf- Itas, des lutteurs ouvrent la marche; chacun peut se réunir au cortège; la /^ d'an mariage, comme presque toutes les fêtes arabes, est la fêce de tout le monde; les maurs orientales sont, chez le peuple du moins, plus «impies que les nôtres. La fiancée, enveloppée des pieds à la tête dans un
S14 ÉGTPTE MODERNE.
grand voile qui embaxniaae sa marche, s'avance soutenue par deux ou quatre matroDesqui la tiennent par la main et parles épaules.... Les promeoadesj les réjouissances durent plusieurs Jours.
£n se mariant, Tbomme constitue un douaire à sa femme; il donne selox^ sa richesse, depuis dix mille francs jusqu'à vingt francs, nous a-Won dit; una partie de cet argent est employée à acheter à la jeune fiUe des vêtements^ des bijoux...; plus d*un emprunte et se ruine à moitié pour cette sorte de eoF6ci2le de mariage.
Dans les classes riches, les mariages se concluent ordinairement par Vintermédiaire de tierces personnes; et le marié ne connaît le visage de sa femme que par ouï-dire; aussi son émotion doit être grande quand on soulève le voile qui cache les traits.... mais le feU&h connaît toujours celle qu'il épouse ; aux champs, dans la me, il a tout le loisir de la voir, non voilée. L'âge légal du mariage commence, pour les musulmans, à leur dixième année.
JHtforce. — Rien de plus fréquent que le divorce en pays musulman; un homme peut renvoyer sa femme sans l'intervention du cheikh; il suffit qu'il lui dise devant trois témoins : tu et dtvorotfe, et elle ne peut dès lors rè* clamer que le douaire stipulé dans le contrat de mariage. De son câté, la femme a le droit de provoquer le divorce pour des motifs réglés par. la loi. Le privilège du mari est, sur ce point, de pouvoir divorcer sans donner de raisons; en 1871, sur 30489 mariages musulmans contractés en Egypte, il y a eu 13008 divorces 1
Comme nous l'avons vu, un musulman peut avoir jusqu'à quatre femmes légitimes : c'est le privilège des riches, si c'est un privilège; ces femmes, ayant droit chacune à un entretien prévu par la loi, à un appartement séparé, et à des domestiques spéciaux, nécessitent un train de maison considérable, et peu de personnes, en Egypte, peuvent se donner ce luxe, plus gênant qu'on ne le pense communément. Il arrive quelquefois cependant à un musulman pauvre d'épouser plusieurs femmes; c'est que les femmes égyptiennes sont laborieuses, et leur travail fait une existence très-douce au paresseux fellah; ces trois ou quatre ménages s'ignorent parfaitement l'un l'autre; et la découverte de ces mystères amène ordinairement des disputes oomiques et l'expulsion du coupable des divers foyers.
Un musulman qui épouse une femme d'un rang supérieur au sien, n'a droit qu'à cette seule femme comme femme légitime ; de plus, il lui doit le respect; en entrant dans le harem, il doit se tenir debout jusqu'à ce que sa femme l'invite à s'asseoir. Les rapports d'un musulman avec ses feounes, les droits de celles-ci, leurs privilèges, sont soumis à une réglementation minutieuse, à une véritable étiquette. Nous terminerons par un trait caractéristique des mœurs orientales. La re^ie mère, en Egypte, recueille chez elle des femmes du harem du vice-roi^ qui deviennent ses filles adoptives; elles sont très-recherchées par les dignitaires et les riches personnages, à cause des intelligences qu'elles peuvent conserver dans le harem du khédive.
Mous terminerons ce paragraphe par quelques mots sur le mariage à la copie, ces singuliers contrats, où l'on prend une femme pour un mois, deux mois; « ce sont des unions contractées par un chrétien avec une fille
MARIAGES. — NAI88AI9GBS* — CIRCONCISIONS. 215
tafi» «t béBta par un prêtre copte; elles rnsemblcnt «lUt mariages mmùMOMOÊ, en ee sens que la séparation est toujours possible» à la Tohmté &e l'homme, moyemtantan douaire insignifiant, qui peut descendre jusqu'à dfiqiBaDte frmncs; rinierrention du prêtre donnée oes unions passag^es un air temèto qui suffit & quelques mères de familles coptes ; il fiiut y ajouter que des mœuis pareilles ne sont pas eitraordinaires dans un pays où le éifm» est à- Tordre du Jour. Il est encore un moyen plus sommaire et plus eipMitif de se marier passagèrement en Egypte : c'est d*épouser une fille 01^ difant le Turc ; un umUm à qui Ton donne quelque argent dit une pnère, «Mis assiste doTant le cadi et yous unit, sans s'informer de votre reSpga, C«st d'une simplieilé vraiment ^pypftsnn^.
OMlqoee Européens ont pu, il y a quelque vingt ans, profiter encore de ces aœnn aingnUères, tout en s'exposent à la réprobation unanime de )ans eompMiiotes. On lira de curieux détails à ce sujet dans le livre spiritad de Géravd de Nerval. Nous doutons fort qu'aujourd'hui il tài encore poBible de le faire.
JMsamweff, iinontiHon. -^ La prise de nom d'un enfant, chez les musulaaas, ii*eet accompagnée d'aucune cérémonie religieuse. Elle a lieu le, stpcîèiiie jour q>rès la naissance, elle est accompagnée de fêtes dans la iiaille.
ilge aiiqvMl les jeunes musulmans sont soumis à la circoncision n'a rien ée fxe. Les Jeunes gens appartenant à des familles riches ne la subissent gière errant quatone on quinie ans ; les autres, avant sept ou huit.
La eireoneision donne lien à de grandes réjouissances qui durent pluiiears jcnrs; la veille, une grande promenade à travers la ville ou le village est organiséei comme pour le mariage, les musiciens, les lutteurs amés de longs bâtons avec lesquels ils se poursuivent, ouvrent la marche ; Tiennent ensuite des enfants, vêtus de leurs plus beaux costumes, quelquefois à ptedy d'autres Ibis maintenus par des esclaves sur des chevaux, selon la fertune de la fhmllle ; ils sont conduits par quelques fakirs, qui chantent te moals religieux; vient ensuite reoftot (mutahêr), sur un chcTai super-- Itfsnt harnaché, l'air très-sérieux et fier, les chevilles cerclées de brace« Isti d*nrgeBty coiffé, suivant la classe à laquelle il appartient, soit d'un bsnet die feutre à hoiq>pes violettes, soit d'un tarbouch rouge ou violet imdé d'or; quelquefois, des enfants secouent le èuminim, flacon d'eau de nse, et en aspergent les speetateurs ; le personnage le plus important du cert^ est le 6arbtsr, qui, le lendemain, procédera à l'opération; devant •e petit mutaher, se tient un de ses camarades, portant la tablette à écrire, décorée par le maître d'école de chefs^'œuvre calligraphiques; derrière le dk!val, on femme jette continuellement du sel» pour conjurer les mauva^ e^its. La marehe est fermée par des femmes gagées qui font entendre iear oiÊmUmUm* On se rend ensuite à la mosquée, dont on illumine le miittet. Le lendemain, on se réunit dans la maison de l'enfant ; là, mêmes njootseances. M. Gérard de Nerval raconte ainsi ces scènes curieuses dont iJ I été témoin. « Les femmes, dit<^U, remirent aux enfants un chàle, dont qsatre d'entre eux tinrent les coins. La tablette à écrire fut placée au Biiliea, et le principal élève de l'école {mrif) se mit à psalmodier un chant deat chaque vesset était ensuite répété en cbceur par les enfants et par les femmes. On priait le Dieu, qui sait tout, d'accorder sa bénédiction à cet en-
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fant. « Bien m'aocbniB, disait l'enfant à sa mère, de te voir aisiie an paradis «et laluiée par Marfam (lUrie), par Zeinab, fille d'Ali, et par Fatime, fiUe « du^fophète.» — « 0 vous, jeunes filles qui nous entoures, disait Tarif jevous • recommande aux soins de Dieu, lorsque tous peignez vos yeux et que tous « tous regardez au miroir. » On conduit ensuite l'enfant dans une pièce voisine, où, en présence de ses parents, et pendant quç les cymbales résonnent pour étouffer ses plaintes, le barbier procède sur lut à l'opération. L'assemblée, sans se préoccuper daTantage de l'incident, passe une grande partie de la nuit à boire des sorbets, du café et une sorte de bière épaisse (6ott2a). »
Enterrements, — Lorsqu'un musulman est sur le point de rendre le dernier soupir, on Teille à ce qu'aucune femme ne s'approche de son Ut. On a grand soin de lui tenir les jambes étendues, de lui fermer les yeux, de lui tenir la bouche close. La mort est suiTie d'ablutions faites par un imam. L'embaumement et l'autopsie sont défendus, excepté dans un cas particulier, celui de la mort d'une femme enceinte lorsque l'enfant donne signe de vie.
L'inhumation a lieu Tingt^quatre heures après le décès; les nrasulinans qui rencontrent le oouToi s'y joignent souTcnt, pour accomplir une pratique recommandée par leur religion ; le Toyageur verra souTent passer dans les rues ces cortèges funèbres, d'où sort une rumeur sourde. et confuse, produite par les prières, les récitatifs, les cris des pleureuses; une troupe de gamins affublés ou plutôt déguenillés à l'orientale, guidés par un gamin chef qui n'arriTc jamais à les faire mettre en rang, ni à leur faire comprendre la mesure de la cantilène criarde qu'ils ont mksion de chanter, tient la tête du cortège ; puis. Tient une corporation d'aTCUgles Têtus de longues robes de cotonnade bleue ou blanche, ou armés de longs bâtons sur lesquels ils s'appuient; ils chantent aussi, mais sur un autre ton, plus grave et non moins disoordanL
Une douzaine d'hommes portent la cÎTière de bois oil le corps est étenln : celle-ci est recouTerte d'un ou plusieurs châles de cachemire, et le poteau qui termine à l'aTant cette bière supporte, suivant le rang de la personne décédée et les moyens dont peut disposer sa famille, si c'est un homme, son tarbouch, sa ceinture, ses pantoufles ou babouches, son sabre, etc.; si c'est une femme, ses Toiles brodés et garnis de sequins, son collier formé de triangles de métal d'une forme très-antique et très-égyptienne en même temps, ses boucles d'oreilles, tous ses bijoux; enfin, un bouquet de fleurs naturelles surmonte le tout, et on y Toit toujours des soucis; cet emblème de la douleur chez toutes les nations d'Europe leur est Tenu d'Orient, ou est né le langage des fleurs. La plupart du temps, de même que les enfants et les sTcugl^s qui précèdent le cortège, ces ornements sont loués pour la circonstance. Enfin, la marche est fermée par une troupe de femmes euTeloppées de longues robes et drapées de manteaux de toile indigo, poussant, en guise de pleurs, de petits cris stridents; chacune tient à la main un mouchoir de couleur sombre, qu'elle tortille UTec toute espèce de contorsions, et agite dans la direction du corps, comme si elle Toulait l'asperger des larmes que le tissu est censé sToir essuyées. Ce sont des pleureuses de profession, louées pour la circonstance. Des cheikhs religieux suiTent la bière jusqu'au cimetièrei ils prononcent sur la tombe des prières qui durent plusieurs heures, selon le rang et la fortune du défont.
£NT£EUUSM£NTS. — FÊTES. S17
iM iahnmaiioM teiont tatrefoiU pittiqnéos avec une déplonble négttpon; les norta étaient MUTent enterrés sans bière, à la profondeur de qvtre pieds seulemenU Un usage généralement suivi reconunand . % en «itti de ne pas fermer heiraétiquement la tombe. Cette incurie était la OBN de maladies épidémiques. L'établissement des intendances sanitaires» ^ vigilanee, l'autorité qu'ont acquise par leur science et leur dévoueneat ks médecins français préposés à la surreillance de ce senrice, ont tsmé dlieureux résultats. Les enterrements se font actuellement à la profaBdeveonTenable, en dehors de la aone atteinte par les eaux du Nil. Ces msnmeBt puissamment contribué à faire disparaître la peste.
Mn nliffieu9€i, Cérémoniêt, -^ Les plus grandes fôtes religieuses nt eeUes que l'on célèbre à l'occasion du départ et du retour de la cara* vaKdela Mecque. Chaque année les musulmans pieux partent en grand "■in du Caire, comme de Damas^ ou des autres grandes Tilles de l'Orient, ^entreprendre le pèlerinage que tout bon mulsulman doit accomplir une tedaoi sa Tie. Le Khédive, comme le Sultan, envoie sous la conduite du ebcikh ^ dirige la caravane, un tapis destiné i recouvrir le sol de la Kaaba; is ffloor ces caravanes rapportent le tapis de l'année précédente. Lors de ces iBbiaités les rues regorgent de spectateurs que les troupes font ranger ; llnasase allège se déroule gravement, solennellement, au son des trom- F^, des cymbales et des tambours qui règlent la marche; les diverses tttioiis et sectes se distinguent par les trophées et les drapeaux ; les Hsoes files de dromadaires attachés l'un au cou de l'autre, et montés par teBédoaiasaa long fusil, se suivent lentement; daos chaque groupe, des san- ^1 des derviches ne cessent de hurler leurs cantiques entremêlés du nom 'AIkh: des femmes passent, portées sur des sortes de palanquins posés en tews sur le dos des chameaux; des ménages entiers prennent place.dans ^ psviUûDSy garnis de tentures brillantes pour la plupart. Le bruit des Guqas de la citadelle, les acclamations redoublées, les éclats des trompes, sononoent que le makmil, espèce d'arche sainte qui renferme la i^de drap d'or de Mahomet, est arrivé en vue de U ville. La plus riche Piitis de U caravane, les cavaliers les plus magnifiques, les santons les piu renommés, les hauts personnages, reconnaissables au turban vert, en- 'Bwent ce palladium de l'islam. Sept ou huit dronuidaires viennent à la file, ^ tte richement ornée et empanachée, couverts de harnais et de tapis écla- ^^ Les ptemiers portent de jeunes timbaliers aux bras nus, qui lèvent et UaieBt tomber leurs baguettes d'or du milieu d'une gerbe de drapeaux ^^tats disposés autour de la selle. Ensuite vient un vieillard symbolique, ^ longue bsûrbe blanche, couronné de feuilles, puis le mahmil, se compo- ^dfon riche pavillon en forme de tente carrée, couvert d'inscriptions ^'odées, surmonté au sommet et à ses quatre angles d'énormes boules ^ttgent. De temps en temps le mahmil s'arrête, et toute la foule se pros* ^*ne dans la poussière en courbant le front sur les mains; on voyait '■Mois plusieurs santons se percer les joues de longues pointes et marcher "xd, eouverts de sang; d'autres dévoraient des serpents vivants, et d'autres 'foors se remplissaient la bouche de charbons allumés.... A rentrée de la ^y les salves de canon recommencent, et l'on prend le chemin de la cita^ ^«, 4 travers les roea. Le soir, les grands édifices, les dômes des mosqaécs, les minarets sont illuminés; des versets du Coran brillent devar'
les principales maisons, tracés en verres de couleur; cependant les jongleurs, les danseurs de corde, les rhapsodes attirent la foule, qui se presse autour d'eux.
Ces fêtes durent plusieurs jours; l'enthousiasnfe redouble le jour où s'accomplit la cérémonie du dostih (piétinement); une foule d'hommes fanatisés, escortés par des eunuques qui frappent à coups de bàlon ceuï qui sortent des rangs, poussant des cris inarticulés, Tiennent se coucher par terre, sur le ventre^ Tan à côté de l'autre, en sens inverse, les bras droits le long du corps; le chef des derviches, monté sur un cheval que des saîs entraînent, passe sur ce sentier humain déroulé devant lui ; à mesure, les patients se relèvent et se perdent dans la foule qui se rue vers eux ; nul oe doit être brisé ou tué ; si quelqu'un a été meurtri, la faute en est à lui ; c'est que sa foi en la miséricorde de Dieu n'était pas assez vive.
Nous citerons encore : les fêtes du ramaddnf celle du sacrifice d^Ahraham, celle de Mahomet, De toutes les époques de l'année où les Égyptiens peuvent se livrer aux divertissements, il n'en est pas de plus favorable qtie le mois de ramadan, qui est le temps du jeûne ; le jeûne dure pendant tout le mois de ramadan, lequel tombe à des époques indéterminées, tantôt en été, tantôt en hiver; les musulmans doivent se priver de nourriture depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher; on ne peut ni boire ni fumer : c'est dire combien ce jeûne est rigoureux pour des musulmans; aussi gnettent-ils avec impatience le moment o% le disque du soleil disparaît sous l'horizon; les femmes, aussi impatientes que les hommes, se réunissent sur les terrasses de leurs maisons; des voyageurs racontent que des frimeurs tenaient leur tchiboucx d'une main, un charbon allumé de l'autre, attendant le signal; la rupture du jeûne est annoncée par les muezzins; c'est alors une rumeur, une agitation générales; toute la population rassemblée se disperse dans les maisons, dans les cafés, dans les places publiques: chacun mange avec avidité ; les riches font un grand festin et partagent aux pauvres les restes de leur table; les jeux et les spectacles succèdent aux repas; les mosquées sont illuminées jusqu'au point du jour; une partie des croyants y passent la nuit en conversations utiles ; inais beaucoup préfèrent s'amuser. Ce mois de jeûne diurne et d'amusements nocturnes est suivi d'une fête qui dure trois jours : c'est le petit Bayram^ qui, en Egypte, tend de plus en plus à n'être qu'une fête civile.
La fête du sacrifice d'Abraham, Çourban Bayràm ou fffand Bûyrâmf est la grande fête religieuse ; elle se célèbre le 10 du mois dou'l-hageh, le dernier de Tannée, et dure quatre jours pour le bas peuple; les riches le célèbrent pendant une semaine. Cette époque correspond à oette où les pèlerins, arrivés A la Mecque, immolent sur la montagne des animaux domestiques. Chaque Ikmille mahométane tue ce jour-là ^ dans toute l'Egypte, un agneau ou quelque autre animal, selon ses Aicultés. U est bon de remarquer que les fêtes religieuses instituées par Itolioniet ne ressemblent en rien à celles des chrétiens. Ce ne sotit pas des jours de repos; elles ne diffèrent des autres jours que par les prières suppléa mentaires qui se récitent alors dans les mosquées. Du reste, les boutiques sont ouvertes, les ouvriers peuvent vaquer à leurs travaux accoutumés ; mais le peuple aime mieux se divertir; on se pare de tes plus beaux vêtements, et les rues sont remplies de gens qui se livrent à la Joie.
FÉTBS RELtOIEUSES. ~ DERVICHES. 319
U jour umiTenftire de la liaiwancc du Prophète eet «ussi l'oocaflloa de gnâdes réjottissanees.
Ifou devons indiquer ici comme m rtttachaat aux cérémonies religiewee icseiereices des derviches tourneurs et hurleurs. Les déniches ont des MBUtèies ou tekkés dans un grand nomhre de riUee en Orient; on en tnwe la Csire* Contrairement aux autres mahométans qui empéohmit les ^^iaesn d'assister en curieux aux cérémonies du culte et les chasseraient <^BQiquées s*iis tentaient de s*y introduire pendant le culte, les derviches (5«^KHln8 du moins) laissent pénétrer les Européens dans leurs tekkés, î hictii condition de déposer leurs chaussures i la porte, ou d*entrer en PUteles.
^ tétés, diflérents en cela des monastères d'Occident, n'ont rien de M et de somhre; ils diffèrent peu des autres hahitations musulmanes; <«iiudes derviches tourneurs au Oûre renferme une cour qui omhrage un fod arbre et au-dessus de laquelle court sur les trois Iftces une galerie en ^; c'est sur cette galerie que donnent les cellules; devant la porte des ^Bks, avant l'heure de la cérémonie, il n'est pas rare de voir un de ces aoiaes fumant grarement son tchihoock; ces moines ont en général un vi- ^ pAle, leur regard empreint de cette expression mélancolique et rêveuse IBe donne l'habitude des contemplations mystiques n'a cependant iten de ^vtmche; leur vie est moins retirée que celle des moines d'Occident, ils se zika% davantage au peuple. Ces derviches sont pauvrement vêtus, ila ^ coUfés d'un long honnet de feutre que Théophile Gautier compare i <<> pot i fleurs renversé* Les derviches exécutent leur valse, au Caire, ^ Qoe grande salle, très-simple, au centre de laquelle est ménagé un ^^poe diuulaire entouré d'une halustrade en hois} des colonnettes suppôt une galerie où se tiennent les musiciens et dopt une partie estdes' ^ utx femmes. — Les derviches entrent les uns après les autres, en sifidioiiit profondément; bientôt leur chef parait; il est v6tu comme eux, ivee cette seule différence que son manteau est propre et qu'autour de son ^et de feutre est enroulé une sorte de turban noir. Les prières oom* ^CBceatet, avec elles, les génuflexions, les prosternations; aux psalmodies '^JKorao se joint bientôt un accompagnement de flûtes et de darboulcas; les MmoUs marquent le rhythme, les flûtes exécutent à l'unisson un chant T^ roKmhle à un gémissement d'une grande douceur ; les derviohes, les ^ baîsiés et fermés, immobiles, recueillis, écoutent le chant, comme s'ils ^ P^étrsient des sentiments qu'il veut exprimer; au bout d'un moment, 'fx^iches qui étaient assis ou plutôt accroupis sur le plancher se lèvent; ^d se mettent i marcher processionnellement, lentementileurs pieds nus ra- <tBt 1« plancher : ils défilent devant leur cheikh, s'inclinent profondément, et itntoâmant à mesure, chacun d'eux salue celui qui le suit, tenant les bras ^^^ vit sa poitrine : la flûte et le darbouka marquent alors comme lue ^^t d'une tonalité élevée; puis la flûte continue seule, allant des notes '^plofl élevées aux notes les plus basses, comme pour provoquer en même ^ l^enthousiasme et la crainte. La procession continue un peu plus !^; quelques derviches, en passant, baisent la main du cheikh; puis r ^<^aeat leur manteau; ils paraissent alors avec une robe blanche nouée ^^ceiatore; les musiciens font entendre ce chant religieux arabe qui est °°tadoration cadencée; l'un des derviches ouvre alors les bras, les déploie^
et tous. Tan après l'autre^ imitant le premier, commencent à tourner lentement Bur eux-mêmes; c*est une yalse admirablement menée; les tourneurs semblent liyrés i une extase toujours plus profonde : on entend le frottement des pieds sur le plancher^ marquant la mesure ; au bout d'un quart d'heure enyiron, ils s'arrêtent un moment; mais la flûte reprend de .nouveau^ la valse recommence plus rapide ; le pied droit se lève plus haut et passe par-dessus le pied gauche; les valseurs font effort pour accélérer le mouvement; le cou se tend, les veines se gonflent; il faut les voir alors, le corps un peu rejeté en arrière, les reins bien soutenus par une large ceinture, les jambes droites, les pieds toujours à la même place, la robe flottante retenue par du sable ou du plomb, faisant autour d'eux un éventail circulaire; vers la fin, la musique devient d'une douceur infinie, les derviches paraissent tourner machinalement, et l'on se demande si cela aura une fin ; mais, si derviche que l'on soit, on ne peut tourner toujours, et tous ces valseurs ne tardent pas à sortir l'un après l'autre de la salle.
Dirviehet hurUurt, — Nous empruntons à Théophile Gautier la description des exercices des derviches hurleurs; bien qu'elle se rapporte i un des tékkés de Scutarl; elle peut s'appliquer i toutes les cérémonies de ce genre et les différences ne portent que sur des détails insignifiants. • La salle des derviches hurleurs de Scutari est un parallélogramme dénué de tout caractère architectural. Aux murailles nues sont suspendus des tambours de basque et des écriteaux paraphés de versets du Coran. Du côté du mihrab, au-dessus du tapis où s'asseyent l'imam et ses aoolytes, le mur présente un genre de décoration féroce qui fait songer à l'atelier d'un tortionnaire ou d'un inquisiteur; ce sont des espèces de dards, terminés par un cœur de plomb d'où peodent les chaînettes, des lardoires affilées, des masses d'armes, etc. En face de l'imam étaient rangés des derviches répétant à l'unisson une espèce de litanie. A chaque verset, ils balançaient leur tête d'avant en arrière et d'arrière en avant, avec ce mouvement de poussah ou de magot qui finit par donner un vertige sympathique. Quelquefois, un des spectateurs musulmans, étourdi par cette oscillation irrésistible, quittait sa place en chancelant, se mêlait aux derviches, se prosternait et commençait à s'agiter comme un ours en cage.
« Bientêt tout le monde fut debout ; les derviches formèrent une chaîne, en se mettant les bras sur les épaules, et commencèrent à justifier leur nom en tirant, du fond de leur poitrine, un hurlement rauque et prolongé, ot le la ilmha U aUah! entrecoupé ne semble plus appartenir à la voix humaine. Toute la bande, rendue solidaire du mouvement, recule d'un pas, se jette en aTSQ^ avec un mouvement simultané et hurle d'un ton sourd, enroué, qui ressemble au grommellement d'une ménagerie de mauvaise humeur. Les burlements étaient devenus des rugissements; toute la troupe se jetait en arrière d'un seul bloc, puis se lançait en avant, comme une ligne de soldats ivres, en hurlant un suprême Allah bout L'exaltation était au comble, l'imam se tenait debout devant le mihrab, encourageant la frénésie grandissante du geste et de la voix. Un jeune garçon se détacha du groupe et s'avança vers le vieillard; des aoolytes détachèrent de son clou une lar* doire excessivement aiguë et la remirent à l'imam, qui traversa de part en part les joues du jeune dévot avec ce fer effilé, sans que celui-ci donnât u moindre trace de douleur.
BERVIGHES TOURNEURS. ET HURLEURS. 8tl
« D68Z MtKM fknâtiquei le Itneènnt au miliett d« la saila, Bot Jusqu'à
U «ÉBture; on laor remit d«ux de ces dards aigus^ terminés par un oœor
de|bmb et des chaînettes d'acier ; ils se mirent à ezécutar une sorte de
d^ de poignards, désordonnée, violente; seulement, au lieu d'éviter les
pazda dés dards, ils se précipitaient dessus, afin de se piquer et de se
iiiefler. — Une joûe petite fille de huit ans s'avança seule vers l'imam. Le
viciUtfd Taccueillit d'une façon amicale et paternelle. La petite fille s'é-
^•aitt nr une peau de mouton déroulée à terre, et l'imam, les pieds
cW«b de larges babouches et soutenu par deux acolytes, monta sur ce
^«ir|s et s'y tint debout pendant quelques minutes; puis il descendit
(^ttpiàestal vivant, et la petite fille se releva toute joyeuse. Des femmes
>?MiM)t des enlknts de trois ou quatre ans, qui furent successivement
^éssor la peau de mouton et délicatement foulés aux pieds par l'imam*
'^ iiDposition des pieds guérit, dit-on, toutes les maladies. •
•^MSivoos assisté en Egypte à des exercices semblables, dans lesquels les
Ji^oan et les dards aigus restèrent pendus à la paroi, tout à fait inoflen-
^;l'iflttm n'excitait en aucune façon les hurleurs; peutrètre, en ceci
<:»iDffie en toute chose, les mœurs musulmanes tendent-elles à s*adoucir ;
fil nin, quelques-uns des hurleurs essayaient-ils d'entrer dans une sainte
(^u«ttr, la bande sautante ne se départait pas d*un certain calme, sans doute
^aunandé. Enfin, outre l'imposition des pieds, il y a l'insufflation dans
^ ctnfes, dont Teau reçoit ainsi le pouvoir de guérir toutes sortes de
^dies. On présente encore des linges appartenant aux malades.