IMPRESSION GÉNÉRALE DU VOYAGE
Ifour éviter les grandes chaleurs de Tété, qui seraient très-funestes et dé- {ruirùent le bénéfice obtenu. Il faut passer l'été sous le climat doux do la Provence ou de Tltalie du N.,. pour revenir à Tautomne en Egypte. Deux hivers an moins sont nécessaires pour assurer la guérison.
Le voyage d'Egypte est un des plus intéressants et en même temps des
iftns faciles que Ton puisse se proposer; les paquebots^ le chemin de fer, la
fcivilisition européenne, qui a pénétré jusqu'au Caire, le mode de transport
jAT le Nil, aisé et confortable, en font le voyage par excellence pour les
fanmes ei les malades, pour lesquels les excursions dans l'intérieur de la
i Syrie, de l'Asie Mineure ei de la Grèce sont si difficiles et si pénibles. La
vue (Ib Delta couvert de prairies verdoyantes à la suite de l'inondation en-
cbanle l'homme du nord, qui vient de parcourir les campagnes brûlées de
l^Svrie, les rochers arides de la Grèce, ou les sables sans fin de l'Arabie
P^irée. Le Caire, avec son architecture arabe si fine, sa population si
, piOoresque, mêlée de toutes les races de l'Afrique, frappe et étonne plus
I^Kore peut-être que Constant! nople ; enfin les pyramides et les temples de
1^ blute Egypte reportent notre pensée dans les profondeurs les plus recu-
ks de rhistoire. La vie un peu monotone que l'on mène sur une cange, en
pKmontant le Nil, est un des meilleurs stimulants à l'étude, et le touriste le
; phis frivole devient, par nécessité, un voyageur sérieux. Quelques livres
bien choisis sont alors une ressource précieuse : il ne faut pas crain-
<te de grossir son bagage de cette manière. Le dessin, la peinture, l'histoire
fi«torelle oflfriront d'utiles délassements à celui qui craindrait trop les étu-
fe archéologiques. Tout le monde ne possède pas ces talents ou ces con-
teissances, mais parmi les passe-temps qui peuvent rendre le plus fruc-
taeui les loisirs de ce long voyage, on peut recommander la photographie,
tles procédés sontù la portée de tout le monde, et aussi les estampages
Qtnous avons indiqué les procédés principaux dans notre introduction
néraie au voyage d'Orient. Ces deux modes de reproduction des monu-
nis que le voyageur aura admirés, lui permettront de rapporter une
lection de souvenirs aussi précieux pour les savants que pour les gens
h monde.
Ooant aux voyages dans le désert, au Sinaï, aux Oasis, ils exigent natu» felieinent plus d'énergie, et un renoncement plus grand au confortable, pendant on se fait vite à cette vie, et des femmes mômes ont fréquem- Qt accompli le premier de ces voyages. L'impression que l'on en ressent entièrement différente de celle du voyage du Nil. C'est le sentiment de liberté absolue, du renoncement facile à bien des choses qu'on croyait ispensables; l'esprit se reporte naturellement aux souvenirs bibliques, ux de l'histoire de l'Islamisme, à tout ce que l'on a lu sur la vie errante ; , en présence de l'immensité du désert, l'homme sent combien sont ent factices les besoins que lui crée la civilisation o\x il a vécu jusrs; et il reconnaît que les grandes idées poétiques et morales naissent t oii l'homme se trouve face à face avec la nature.