I. — ReDB«lgB»m«ati ffénéraïuc
Débarquement. — De quelque direction qu'on arrive, les abords du port d'Alexandrie sont difficiles ; une chaîne d'écueils et de bancs de sable, qui court parallèlement à la côte, ne laisse que des passes étroites et sinueuses; bien que des bouées placées de distance en distance servent à marquer la direction à prendre et que des travaux aient été récemment entrepris pour rendre le port plus facilement accessible, cependant, il faut attendre, pour franchir les passes, la lumière du jour et Tarrivée d'un pilote du pays. L'intérieur du port est sûr et le mouillage est bon. Un grand nombre de navires s'y pressent, mais celui qui s'attendrait à un spectacle pittoresque éprouverait une grande déception.
Dès que le navire a jeté l'ancre dans le port et obtenu l'entrée, une quantité de barques, avec bateliers et drogmans, entourent l'escalier de débarquement, et se disputent en mauvais français ou surtout en mauvais italien la clientèle des voyageurs qui vont débarquer. On fera bien de ne pas se laisser abasourdir par tout le vacarme qui se fait en ce moment, et de ne s'embarquer qu'après avoir
fait son prix du bord même. C conduit d'abord au bâtiment douane, où les bagages et pas»
sont examinés. Cette double fi lité n'est pas ordinairement \A vère et on la facilite ordinair avec un léger haghchich (a pourboire) offert aux foncLioQ subalternes.
A la sortie de la douane, oui omnibus, voitures, portefaix, pour se rendre à son hôtel. C que le voyageur doit faire toc bord pour se débarrasser de s< pedimenta, ainsi que des impO Une fois installé, il recouvre berté pour visiter la ville.
Pour tout ce qui^ concerne l tels, cafés, drogmans, àni"^ vaux, chemins de fer, poste à vapeur, télégraphe, nous r à la table des renseigneme raux à la fin du volume, tal souvent besoin d'être reno cause des changements qui s nent si rapidement en Oriei tous les établissements relat étrangers.
Aleiandrie est une ville ass portante, et contient maintea assez grand nombre d'édifices tablissements publics pour S plusieurs jours de visite. NoiK nirons donc ces établissements l'affinité de leur nature; le voys suivant le but de son voyage»
vant la nature de ses affaires, d études ou selon son caprice, les
ROUTB 6] ALEXANDRIE. — SITUATION.
vt ainsi en toute liberté. Toutefois^ omme il est utile de les réunir aussi Ntcn leur proximité relative, nous hunerons au voyageur pressé par le Cfflps une tournée générale qui, parut de la place des Consuls, et y reenant, permettra de parcourir même D un jour, en s'aidant de voitures n d'ànes, tous les points principaux le la Tille. Quelles que soient les in- «ntiûQs ultérieures du voyageur, il [en bien de prendre suivant cet iti- "iénirt un premier aperçu de la lile, quitte à revenir plus tard visi* :r en plus grands détails les points ji l'intéressent davantage. Âlexanrie, selon nous, ne doit même pas rtèier beaucoup plus de vingt-quare heures le touriste qui arrive en '•.Tpte. Il fera mieux de se rendre iptdement au Caire, ville véritableleot orientale, riche en édifices araes et en antiquités, où il commen- )ra immédiatement une étude réelle a pays. Alexandrie est déjà trop eu- }péenne, trop semblable aux autres orude la Méditerranée, trop dénuée le monuments véritables, pour rele- -r longtemps le voyageur que l'inté- ^l artistique ou bislorique pn'ocup^ plus que les questions d'aiïaies. D'ailleurs en quittant TÉgypte, l faut presque nécessairement re- |bv.r par cette ville et y attendre ■ttvent plusieurs jours le paquebot 99] dott V0U5 emmener. C'est à ce Ooment, qu'après le voyage de la ^ate Egypte, par exemple, on aiin^ra à retrouver la civilisation, à VLSjier plus en détail le petit nombre f antiquités que contient encore la Ville d'Alexandrie et à entreprendre l«s excursions d'Aboukir, de Roset- K etc., avant de dire un dernier >dieu à la terre des Pharaons.
Tournée générale d'Alexandrie. — I^lac« Mohammed-Ail ou des Consuls (coQSQlat de France). — Église anglaise. ~ Pliais de justice. — Reveuir « l'o. da la place, vers la ville turque. ~ Moaqoèe de Gheîkb-lbrahim, bazars «t Wattqaet arabes. — Intendance .sa-
nitaire avec rinstitut égyptien et son musée, vue de sa terrasse sur le Port Neuf. — Statue antique dans la cour d'une maison attenante. — Suivre le bord du port neuf. — L'ancien phare. — ReTenir vers 10. jusqu'au Palais de l'arsenal et l'ancien hôpital. — Palais du vice roi au Raz-cl-Tin (visite avec permit). — Les quais du port jusqu'à la douane et atf Lazaret. — Port Kômen-Nadônrah (butte de l'observatoire) ou fort Caffarelli (dit vulgairement fort Napoléon). — Vestiges de Tenceinte arabe, et restes de villages arabes; emplacement des portes de Gabari et de Mahmoudièh. Hypogée chrétien, près de Karmous. — Canal Mahmoudièh et gare du chemin de fer. — Mosquée des Mille et une colonnes (église Saint-Mare). — Visites à la Nécropole, au palais de Gabari, Catacombes.
Revenir par la rue Ibrahim, jusqu'à l origine du boulevard Ismaïl (rue de la Purte-de-RosetLe}, suivre celui-ci vers l'E. — Couvent latin. — Hôpital européen. — Église grecque. — Statue antiqae près de ces couvents. -» Revenir à la place des Consuls.
La Bourse. — Consulat anglais. — > Aiguilles de Cléopàtre. — La tour romaine. — Gare du chemin de fer de Ramich. —Retour à la rue delà Portedft-l'.osclle ou Voie Cinopique (fort Crétin, Kôm'el-Dik), la suivre jusqu'à cette porte. ^ Torse d'une statue d'Hercule.
— Vestiges du Bruchion et des palais des Ptolemées. — Excursion hors de l'enceinte.— Hôpital militaire. — Pointe du Pharillon. — Cimetières. — Regagner la porte de Rosette. — Visite à l'établissement hydraulique. — A la sta* tion de police de Khadra. — Vestiges do l'ancienne porte de Canope.
Retour à la porte de Rosette. — Gagner le canal Mahmoudièh. — Jardins Paslré et de Nubar- Pacha (autrefois de Moharem-Bey). — Canal Mahmoudièh, jusque près de Tabia el-Anab; prendre à dr. une large route qui ramène vers la colonne de Pompée. -^ Retour à la place des Consuls, par la porte du Nil et la rue de la Colonne.
n. — Bltoatien, topographie «aeleBa* •t histoire.
Alexandrie ('AXi^dvSpcia des Grecs
— Iskenderièh des Arabes) est située par 30* ir et d" de latitude nord et par IV et 30' de longitude orien-
EGYPTE. — ALEXANDRIE
taie (de Paris). Elle est bâtie sur une étroite langue de terre, qui court entre le lac Maréotis et la mer.
On sait qu'Alexandrie fut fondée 332 ans avant l'ère chrétienne, par le héros dont elle prit le nom. Alexandre, après la prise de Memphis, voulant se rendre dans Toasis d'Ammon, descendit le Nil jusqu'à Canope, et de là, il se dirigeait le long de la côte, lorsque son attention fut attirée par la position d'une bourgade, appelée Rhacôtis (*PaxûTi;), dont le port était fréquenté depuis longtemps par les marins grecs et phéniciens.
Les Pharaons y avaient placé une garnison permanente pour interdire tout accès aux étrangers par cette voie, car ceux-ci n'étaient admis en Egypte que par la ville de Naucratis et la branche canopique du Nil. En face du port de Rhacôtis s'étendait l'île de Pharos comme un immense briselames. « L'ile de Pharos, dit Strabon, est de forme oblongue, située près de la cùie, et formant, par sa position, un port admirable : le rivage se creuse en une large baie terminée à ses extrémités orientale et occidentale par deux promontoires qui s'avancent dans la mer et entre lesquels se trouve l'île formant comme un rempart au centre de la baie. » Alexandre reconnut de suite rcxccllence d'une position qui permettait de communiquer, par le lac Maréotis, avec l'Egypte, et par un mouillage suffisamment abrité, avec les côtes de la Méditerranée ; il ordonna à son architecte Dinocrate de tracer le plan de la future cité ; les travaux commencèrent immédiatement, mais la cité ne fut achevée que sous le règne de Ptolémée Philadelphe. Les Lagides y établirent le siège de leur empire ; ils la couvrirent de somptueux monuments et y appelèrent de toutes parts des poêles et des savants; ils tirent de colle ville la capitale inlellectuelle et commerciale du monde alors connu. L'aspect et la disposition de la ville d'Alexandrie, telle qu'on la
volt aujourd'hui, ne peuvent donnd qu'une idée très-incomplète de l'Ai lexandrie des Ptolémées. (F. les plan d'Alexandrie antique et d^A]exaI] drie moderne). Le terrain même sui lequel repose la partie de la ville ac^ tuelle qu'on nomme la ville turqu< n'existait pas au temps d'Alexandre; L'ancienne cité occupait tout l'espace de 8 à 10 stades de largeur (envi roc 1 kil. 1/2 ou 1/3 de lieue), qui sd trouve compris entre le fond dc^ deux rades (appelées maintenant Id Port-Neuf et le Vieux-Port) et Je JaC Maréotis, et elle se déployait ainsi de l'E. à l'C, en bordant la côte sur une longueur de 30 à 40 stades. £n avant des deux rades qu'elle protège, et parallèlement à la côte, s'étendait l'île de Pharos, dont le nom se trouve déjà dans Homère. Au temps de la fondation d'Alexandrie, cette île était séparée du continent par un intervalle d'un millier de mètres dans ba partie la plus proche ; ce fut un des premiers Lagides, probablement lo premier de la dynastie, Ptolémée Solcr, qui la réunit à la ville ]>3r une jetée qu'on nomma VBeptastidion ou les Sept-Stades, en raison de sa longueur. En mOme temps cfiu* jetée forma une séparation entre U partie orientale et la partie occidentale de la rade, et elle créa ainsi les deux ports, qu'une double coupure ménagée dans l'heptastade laissait communiquer entre eux. Le p^'*' oriental était appelé le Grand-fort (aujourd'hui le Port-Neuf); le port de ro. (aujourd'hui le Vieux-Port) avait reçu le nom à'EttnoSlos ou da Bon-Retour, et on y avait creusé un bassin particulier (le Kihotos) on venait déboucher lin canal navigable.
aujourd'hui remplacé par le Maiimoudièh. Ce qui n'était originairement qu'une simple chaussée s es.
élargi peu à peu par les atlerrissemcnts, et est devenu avec le temp^ l'isthme d'un demi-kilomètre de W^ oii est maintenant située la ville turque. Mais, sous les Ptolémées, e^
[ROOTE 6J