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TOPOGRAPHIE GÉNÉRALE

Déme au temps des Romains, ce n'était encore que la jetée primitive conduisant de la ville au phare.

C'est également sous le règne de

Plolémcè Soter que fut élevé, à l'ex-

trémité orientale de Ttle de Pharos,

le célèbre Phares qui ne fut terminé

(pxsous Phtladelpbe, et qui comptait

lunules sept merveilles du monde;

ce Qoaament, ainsi nommé de Tlle

sarla^flle il était construit, servit

fssmte à désigner tous les monu-

tuezis de ce genre, destinés à éclairer

e! à diriger la marche des navires. 11

: avait aussi dans IMle de Pharos,

1 extrémité de THeptastadion, un

-ys bourg habité principalement par

^ pêcheurs, et qui portait comme

• i'e, le nom de Pharos.

Le Grand- Port était borné à l'E. par 23C étroite bande de terre, le îoàiius^ dont Textrémité, VAcrolochias [;».inte Pharillon), formait rentrée orientale, comme le phare lui-même Turmait son entrée occidentale. A la ..^ie du promontoireLochias,au fond la Grand-Port, devant le palais des l't'jlémées, on avait crcu-^é un petit i-issin où restaient à rancrc les galènes royales (porlus regabs^ ; en avant •-^e ce bassin, s'étendait la petite île "l'AQîirrhodos, avec son palais et son petit port, dont il ne reste pi as de l^ces.

Li ville elle-même H-aW. divisée,

iaas sa longueur, en deux quartiers

tnacipaux, le Bruchion, à TE., bor-

dint le Grand-Port, ei qu'une enceinte

;-3rticuliêre séparait du resle de la

^ille, et le Rhacôtis, à TO., sur les

i^-ds de TEunostos. C'était surtout

^Oûs la partie orientale que se trou-

•^.l accumulé le plus grand nombre

• s palais, des temples, des monu-

^ïnis de toute espèce dont les suc-

îî^seurs d*Alexandre avaient rempli

•?:J: capitale. D'après Strabon,qui

^'iita rÉgj'pte en l'an 24 avant J. C,

*iqui,de tous les anciens auteurs, est

<^elLii qui nous a laissé le plus de

^i-îiails sur la topographie d'Alexan-

*i"ie, une rue de plus d'un pl^thre de

large (de 30 à 3& mètres), traversait en droite ligne toute la longueur de la ville, de TE. à TO., depuis la porte de Canope jusqu'à la porte de la Né* cropole ; cette rue était toute bordée de palais, de temples et de constructions magnifiques. Une seconde rue de même largeur, allant du lac Maréotis au port des Rois, coupait la première à angle droit. Cette disposition de deux rues droites entr^ croisées était commune à un grand nombre de villes antiques de l'Orient.

Sur le lac Maréotis, un port intérieur recevait, par les canaux, tous les produits de rÉgypte destinés à Teiportation.

Les jardins publics et les palais royaux, qui se succédaient sans interruption dans le quartier du Bruchion, occupaient au moins le quart de la ville. G'ost de ce côté, près du port, que s'élevaient les Palais des rois, le Posidion ^ VEmporium, qui était alors le centre du commerce du monde, les Apostases, ou dépôts des marchandises, établis autour du quai, et le Jfu5f'«»n, centre des lettres, des sciences et des arls. Dans le quartier occidental, et en dedans de la rive dr. du canal, on voyait le Svra-pflum, un des temples les plus renommés de TKgypte, et où était une bibliothèque qui le cédait à peine à celle du Muséum. Il était situé sur une éminence, l'on arrivait par plus de cent degrés (r. sur ces monuments, p. 267 et sep).

Pour sa consommation, Alexandrie avait un très-jîrand noml)re do citernes, outre ce que lui fournissait, par plusieurs aqufMhics souterrains, le canal dérivé de la branche Canopique du Nil, qui venait aboutir au Kibotos, et qui ne comptait pas moins de trois ponts sur le trajet qu*il faisait au S. de la ville. Aux deux extrémités opposées de la ville, de vastes faubourj^'s la prolon^reaient dans une étendue considérable. Celui de l'O.

prenait, de la nécropole oii il conduisait, le nom de Nécropolis: on voyait dans ce faubourg, selon Stra-

EGYPTE. — ALEXANDRIE

bon, un grand nombre de jardins, de tombeaux, et des maisons où tout était disposé pour l'embaumement; à TË., en dehors de la porte Canopique, on passait près de THippodrome pour arriver à Eleusis (aujourd'hui Khâdra), et de là, à ce qui prit plus tard le nom de Nicopolity en l'honneur de la victoire définitive qu'Auguste y remporta sur Antoine.

Telle était Alexandrie sous les premiers Ptolémées : c'est sous leur règne qu'elle atteignit l'apogée de sa fortune. Elle dut sa prospérité à la sagesse de Soter et au génie de Philadelphe. La présence des philosophes, des savants les plus illustres du monde grec, les richesses de ses bibliothèques, le retentissement de ses écoles, lui donnèrent un éclat incomparable, et devinrent sa gloire la plus durable. Mais déjà la puissance de cette dynastie commença à déchoir sous Philopator, despote gouverné par des femmes, des eunuques et des favoris; à partir d'Épiphane, l'état d'Alexandrie s'aggrava; l'armée était désorganisée, le commerce et l'agriculture en souffrance ; le Muséum suivit ce mouvement de décadence; ses professeurs, il est vrai, cultivaient encore les sciences, mais l'invention et le goût faisaient défaut ; les guerres de Rome avec Carthage, la Macédoine et la Syrie, retardèrent seules la déposition des Lagides; l'influence de Home sur le royaume des Piolémées commença propremjent en l'an 204, brsque les tuteurs d'Épiphane placèrent le jeune prince sous la protection du sénat, comme son seul refuge contre les des.seins des rois de Macédoine et de Syrie {Justin, XIX, 2). iEmilius Lepidus fut nommé tuteur du jeune Ptolémée; pendant que le royaume des Lagides tombait ainsi sous la tutelle étrangère, des querelles de famille achevèrent d'ébranler le pouvoir ; Alexandrie, dont la population était turbulente et vicieuse, devint le théâtre de violentes luttes intestines. Évergète II

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dut étouffer dans le sang la révolte des habiUnts. Ptolémée Alexandre II tomba, dans le Gymnase, sous les coups de sa garde du corps; les sciences et les arts ne pouvaient plus fleurir au milieu de ces sanglants conflits; le commerce devint de plus en plus languissant, et la ville était en pleine décadence, lorsque les Romains l'attaquèrent. En Tannée 4S avant J. C, César débarque avec seulement 4000 hommes à Alexandrie, alors gouvernée par Cléopâtre et son frère Ptolémée; dans le conflit qui existait entre le frère et la sœur, César prit paru pour Cléopâtre ; il l'^^a bataille aux Alexandrins, et soutint, dans le Bruchion, un long siège, pendant lequel la célèbre bibliothèque du Muséum devint la proie des flammes ; on attribue communément à 1»

courte domination de Cléopâtre la fondation du Césaréum, élevé non loin du Grand-Port, entre l'Emporium et le Posidion ; mais cette opinion a été réfutée récemment i| p. 270). Antoine, qu'après la mort àt César, Cléopâtre sut enchaîner a s* fortune, reconstitua une riche bibliothèque, formée de 200000 volume*.

qu'il fit venir de Pergame et placef dans le Sérapéum ; après sa déjaiu d'Actium, il se fit bâtir un palais»

le Timonium, où il mena une vifl retirée, imitant l'exemple de 'liQjo° (Plutarque, Antoine, 69), jusquf" moment oîi Octave vint l'attaque' dans sa dernière retraite.

Sous la domination romaiDe»

Alexandrie reprit un nouvel csbor^r on y construisit des édifices ^^^^Z^"le Césaréum ou Sébasticon (acDe>j sous Tibère), le commerce se reJe^^ et atteignit un développement ]^'' que -là inconnu, par les rclaiio|| établies avec les Indes; ujie \ ■ riode brillante s'ouvrit pour la ^*' ' qui eut plus de 300000 babU^^^^^ sans compter les esclaves, ^'•" •^.

la seconde ville de l'empire romau^j mais le caractère querelleur °®* j bitants amena bientôt de nouvel

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HISTOIRE-

troubles; une sanglante émeute des Jui/s, et; plus tard, les persécutions dingées contre les chrétiens agitèrent Tiolemment les esprits; à famr do I!I« siècle de notre ère, l^istoire de la ville n'est que le triste tailean de sa décadence; des comfcaîsde rues, les pillages, les meur- ^conséquences de soulèvement), tsst^ politiques, tantôt religieux, lui <ci<fent de sanglantes répressions ^wf grands désastres, en particulier ^ Caracalla (216), et sous Macrin (^i;; sous Aurélien (278), un de ^ 5oulèyements amena non-seu- «cent la destruction de la citaèile, mais la ruine entière du Bruj ciuoa et de ses splendides monu- ! E«nts. A mesure que le christia- ^me se fortifiait, l'esprit inquiet ! ^- peuple prenait une nouvelle di- >'%tion,dans laquelle il fut encouragé . r^r la conversion de Tempereur; les I «ci>nncs persécutions contre les I «retiens se changèrent en persécutons contre les païens et, d'autre part, les querelles ecclésiastiques imenêrent des conflits sanglants, sur- ^^at la lutte ouverte au sujet de la ûatare du Christ, dans laquelle Arius ^' Alexandre, Athanase et Georges, Puèrent les premiers rôles. En 389, ^îas la guerre qu'il avait déclarée JQX restes du paganisme. Théodose J^démolirle temple de Sérapis, après ^«s combats aeharnés, et la bibliothèque créée par Antoine fut si compittemenl pillée, que, quelques ant<€8 après, Orose n*y trouva que ?i«l<iues armoires vides; c'est donc ^ tort que Ton a accusé de cette des- ^'licûon le conquérant Amrou , qui, *2 décembre 641 , s'empara de la ville, ^«b un siège de 14 mois. {V. § IX, ^^péum). Malgré tout ce qu'elle ^t souffert pendant quatre siècles, ^landrie avait encore de beaux res- ^ de sa première splendeur. Selon ^ fable célèbre, Amrou, écrivant au '^MifeOmar pour l'informer de sa coniQéte, lui aurait mandé qu'il avait ^^ûQvè dans cette immense cité 4000

palais, autant de bains publics, 400 cirques ou places pour les divertissements, et 12 000 jardins. 40000 Juifs y habitaient un quartier séparé. Mais la grande source de l'opulence d'Alexandrie, c'était le commerce, surtout le commerce de l'Orient. Déjà bien amoindrie sous les empereurs de Constantinople, cette source de richesses diminua bien plus encore après la conquête arabe : aussi la population y dé* crut-elle dans une proportion rapide.

On peut juger de cette décroissance par ce seul lait , que dans la seconde moitié du ix* siècle, vers Hlb, Ahmed ibn-Touloun, le fondateur de la dynastie des Toulounides, fit abattre les anciennes murailles, devenues infiniment trop vastes, et construisit une enceinte nouvelle beaucoup plus resserrée. Dans cette période de son existence, Alexandrie eut encore des jours d'une prospérité relative; la découverte du cap de Bonne-Espérance, qui ouvrit une route nouvelle au commerce de l'Inde, et, 20 ans plus tard (1517), la conquête de l'Kg\'pte par les Turcs, en furent le dernier terme. De ce moment la chute d'Alexandrie fut rapide, et bientôt sa ruine fut complète. Les derniers restes de sa population se dispersèrent; la ville arabe fut abandonnée, comme l'avaient été auparavant les troisquarts de la ville ancienne. C'est alors que se forma dans l'Heptastade, auquel les atterrissements avaient donné, entre les deux ports, la largeur qu'on lui voit aujourd'hui, la misérable bourgade qu'on a nommée la ville turque^ dernier degré auquel pût descendre Alexandrie. Le voyageur Savary, en 1777, n'estime pas au-dessus de 6000 âmes la population de l'Alexandrie turque.

L'expédition française a ouvert pour Alexandrie, comme pour toute l'Kgypte, une ère de régénération.

C'est le 2 juillet 1798 que Bonaparte débarqua sur la plage du Marabout, à 3 heures à l'O. du vieux port, et qu'il s'empara de la ville presque

EGYPTE. .— ALEXANDRIE

sans coup férir. Le nom d'Alexandrie se rattache à d'autres événements de cette campagne mémorable. Le 23 août 1799, Bonaparte se rembarque à Alexandrie pour revenir en France, où le rappelait son ambition. Le 21 mars 1801, les Anglais, qui venaient de jeter 17 000 hommes sur la place d'Aboukir, pendant qu'une armée turque débouchait de la Syrie et qu'un corps anglo-indien débarquait à Koçeïr, Hvrent bataille, près de la ville, à 8000 Français commandés par Menou, et, cette fois, c'est le nombre qui l'emporte. Quelques semaines plus tard, le 13 avril, les Anglais rompent les digues du canal d'Alexandrie, font pénétrer les eaux de la mer dans le lac Maréotis (Birkèt-Mariout), et par cet acte, que la guerre n'excuse pas, ruinent une étendue de pays considérable : 150 villages furent submergés et une vaste plaine desséchée fut de nouveau changée en un marais mal:^ain. Enfin, dans les premiers jours de septembre, Alexandrie vit se rembarquer l'armée française pour son retour en Europe. L'Egypte conserve aussi le souvenir de la tentative faite par les Anglais, au mois de mars 1807, pour occuper Alexandrie, sous prétexte de prévenir une nouvelle invasion française. Mais dès cette époque, Mchémrt-Ali commandait en Egypte >. Il attaqua vigoureusement les auxiliaires équivoques ({ui s'imposaientaupays et les obligea de reprendre la mer. Quelques années plus tard, «}uand Mébémet-Ali put se livrer tout entier aux gran-

1. Le véritable nom du régcncraleur de l'i^gyple ebt Meherael-Ali, car il était il'urigine turque, m; ù. Cav&la (Macédoine j. La trauscriptiûu arabe Mohammed- Ali a cepcndaui provalu dans ces derniers temps : on n'c.bi pas fiicbe en haut lieu d'en faire un souverain indigène.

Nous respecterons le plus souvent cette dernière transcription, parce que c'est celle qu'on trouve dans la plupart des documents officiels contemporains.

[route €

des idées de rénovation dont Texp»^ dition française avait apporté Id germes sur la terre d'Egypte, tourna sérieusement sa pensée v<2 i Alexandrie, seul point oii pouvait 3 reconstituer une marine. Afin <^ présider aux grands travaux qu 'j méditait, il se fit élever un palo.!

dans nie de Pharos, et y résida rôi gulièrement plusieurs mois cbaqu.^ année. Le Vieux-Port (celui de TO.) mieux abrité que le Port-Neuf^ fu; choisi pour devenir le centre de^ nouveaux établissements. C'est là qu "<^ été construit l'arsenal, sous la direc-^ tion d'un Français, M. de Cérisy. En même temps, la ville a commencé ik s'étendre dans plusieurs direction*^.

Le quartier franc s'est développé* d'abord au fond du Port-Neuf. Le:^ accroissements, qui n'ont pas cessé sous les princes do la famille ré»

gnante, se sont particulièrement développés sous le. règne d'Ismaîl-Facha, auquel on doit le développement du Vieux-Port, oii se porte tout le mouvement commercial, les percements de grandes voies, et la multiplication des constructions à l'européenne. Pour mesurer retendue de ces progrès, il suffit de dire que la population, qui n'était que de 6000 âmes à la fin du siècle dernier s'est élevée à 200000 h., sur lesquels la colonie étrangère compte près de ûOOOO âmes; la statistique de son mouvement commercial, que nous donnerons plus loin, confirmera ce que nous disons du récent développement d'Alexandrie.

ZII. — État actueL

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