IL LA VILLE TORQUE, LE PALAIS, LES POBTS
En partant de l'angle N. 0. de la ;^ci, nous entrerons dans La ville turque. Elle est bfttie» et ''■^•tià sou seul mérite, sur rislhme 'Br^tadion) qui réunit Tile de PUtos au continent, ayant à TE. le P n-Neaf et à TO. le Vieux-Port. Sa i^-j'ur, depuis le fort CaflTarelli ;a?f«a son extrémité septentrionale, ?^<fe 13à 1400 met., ce qui n'excède ?>re les 7 stades (1300 met. cnvi- ^^) indiqués par le nom de Tan- :<^one chaussée ; sa largeur moyenne s: de moins de 600 met. Nous Kcns déjà esquisse son aspect : les ietix rues qui partent du côté 0. de .2 ^nde place sont ornées d*abord Se boutiques européennes qui font ^it^ntôt place aux petites échoppes le^ marchands indigènes. On trouve -score là quelque activité commer- •: aie et assez de couleur pittoresque p^ur frapper le voyageur qui commencerait par là sa tournée d'Orient.
Les rues étroites, encombrées, sales e; tortueuses, peuvent donner une liée de ce qu'est le reste de la ville. Sur quelques peints cependant, surtout dans ses parties extrêmes, des ubitations indigènes d'un meilleur aspect se sont élevées depuis quarante ans. Mais dans l'intérieur de la ville turque, il n'y a pas un éditée, pas une mosquée, pas un bazar remarquables. On ne tarde pas à Toir la mer en suivant la rue la plus' rapprochée du Port- Neuf. De tt point, le port lui-même et la ville i'Aleiandrie présentent un aspect usez riant : au delà des bâtiments lui forment le côré nord de la place ies Consuls, on verra se dresser i obélisque. Plus loin la rade s'arron- •i'i jusqu'à la pointe Pharillon. La l>9ie elle-même, mal abritée contre les C'jups de vent du N. et en partie ensablée, ne reçoit plus guère que des iirques, mais celles-ci sont nom- Lr-'uscs, et leurs voiles blanches,
ORIENT If.
coquettement entre-croisées comme les ailes d'un oiseau de mer, pré* sentent un aspect charmant. Kn continuant à suivre cette direction, on atteint le sol de l'ancienne lie de Pharos; c'est probablement au point de jonction de THeptastadion et de l'île, qui se trouvait dans l'antiquité le temple de Phtak^ que les Grecs avaient assimilé à leur Héphaistos.
On n'en a retrouvé aucun vestige.
Le promeneur se dirige alors vers l'E. : peu à peu le quartier devient désert, et bientôt on su it une espèce de quai le long d'une fortification basse, qui longe dans toute son étendue le fond occidental du Port-Neuf et aboutit au fort de l'ancien Phare ; ce fort occupe, en effet, à la pointe orientale de nie de Pharos (qui a depuis longtemps cessé d'être une île), l'emplacement du
Phare des Ptolémées, qui fit l'admiration des anciens et immortalisa le nom de l'architecte Sostrate de Cnide. C'était une tour formée de plusieurs étages en retrait l'un sur l'autre, et construite en marbre blanc; sa hauteur était de 400 pieds, son érection avait coûté 800 talents.
On n'y voit aujourd'hui qu'une grande et lourde construction carrée, sans style et sans goût, entourée de fortifications turques. Lorsque la mer est calme, on voit encore sous les flots, à la pointe orientale de l'Ile, autour du fort Kaïd-Bey, de nombreux blocs de roches et pierres taillées; c'est sans doute là tout ce qui reste de ce merveilleux monument. La pointe du phare forme l'entrée 0. du Port-Neuf, comme la pointe Pharillon (l'Acrolochias des anciens) en marque rentrée orientale. La distance d'un cap à l'autre est d'environ 1700 met.
Revenant sur nos pas vers le S. 0.
et laissant à dr. un fort avancé dans la mer, nommé le fort /4da, on suit, à travers un quartier désert. Taxe de l'ancienne île de Pharos jusqu'à la presqu'île opposée, où l'on rencontre
KGYPTE. — ALEÎCANDRIE,
[ROLTi: (
à g. Varsenalj à dr. fa caserne du régiment de la garde (ancien hôpital)^ et en face
Le palais de Raz-et-Tin, construit par Mohammed -Âli^ à Textrémité 0 de nie, à 2 kil. de Tancien phare. Il borde la plage N. du Vieux-Port (PEunostos}. Raz-ct-Tin (le cap des figues), était autrefois l'habitation d'été des souverains d'Egypte ; on peut facilement le visiter en s'adressantau gouvernorat par l'intermédiaire d'un kawas du consulat français; c'est une dépense de 5 fr., que l'on donne au kawas.
Le grand escalier, en marbre de Carrare, est d'un beau caractère, ainsi que la grande salle d'audience, de forme circulaire; on remarquera la richesse des parquets et la décoration un peu surchargée des plafonds.
Les bâtiments du harem sont séparés du château par une esplanade plantée d'arbres et décorée d'une fontaine; ils dominent, au N. la côte opposée; à l'extrémité occidentale de la presqu'île se trouve le Phare actuel, cette grande et lourde tour modernp, qui frappe désagréablement les yeux quand on arrive à Alexandrie. Le phare est à feu scintillant, et à éclipses de 20' en 20'.
Nous dirons, en passant, qu'il existe encore un petit phare établi à Alexandrie, à Textrîmité du î)rise-lames. Revenant sur ses pas, le voyageur pourra visiter VÀrsenal de la marine, avec ses bassins, d'où est partie la flotte de Nararifiy ses ateliers de construction et de réparation. Il y a environ quinze ans l'on voyait encore échoués au milieu du port, les débris mutilés de cette Hotte, débris assez pittoresques, mais d'un aspect attristant, et qui encombraient inutilement les bassins. Le gouvernement les a fait enfin disparaître. Tout près de là, se trouve le magnifique Dock flottant y construit aux Forges et Chantiers de la Méditerranée ; il a lôO met. de longueur et 30 met. de largeur, et permet de mettre à sec, en quel-
ques heures, en plein port, le na\i du plus fort tonnage, pour le réparel on longe ensuite la courbe du vioi port jusqu^à la Douane, que nni connaissons déjà, et jusqu'à i'u/jli de Santéy au S. de la Douane, à Vu gle S. 0. de la ville.
Le port. — Des travaux consid< râbles pour améliorer le port ont c, exécutés depuis plusieurs année^ On a créé : !• Un avant-port ou ra'i< d'une surface totale de ihO hectard et d'une profondeur d'eau de dix m\ très au minimum. Cet avant-port o abrité du côté du large par un bri-^^ lames, construit en blocs artificiel immergés en enrochements, et po^ tant un phare à son extrémité. U ^ dirige vers le rocher dit Abou-Hag gar et de là, par une courbe ver^ 1 Mex, laissant à la navigation une et Irce de 800 mètres de largeur m'wi mu m. 2" Un bassin intérieur, d'ua surface totale de 72 hectares et d'un profondeur minimum de 8 met. aÛQ en contre-bas des plus basses eau^ Ce port est fermé du côté du N. ^i par un môle d'abri et bordé de quati qui auront un développement tota de 3200 mètres, depuis l'arsena juscju'au delà des écluses du cana Mahmoudièh. Ces quais sont élevc'^ ai 2 met. 50 c. au-dessus du niveau (1< la mer, et permettent aux mahonneî d'y charger et d'y décharger leurs toar chandises en tout temps. Une vo« ferrée relie le port à la gare du ch''min de fer du Caire; elle est doubla et dessert les quais sur toute leui longueur; les travaux préparatoire^ ont commence en mai 1870. Celle grande entreprise, poussée aciivf* ment par M. Grcenfield et Cic, chargés de l'ouvraffe, a dû être complu''»' ment terminée en 1876.
En 1872, il est entré dans le poil 2933 navires, dont 516 paquel)ot>poste et 2400 bâtiments de commerce à voiles et à vapeur ; la sortie a été d' 2948 navires, dont 492 paqueboUposte à vapeur, et 2412 bàtimenU? de commerce à voiles et à vapeur. Sur
HoLTt: 6] PORTS. — FOKTS. — MOSOUÉES.
le> 516 bateaux à vapeur entrés à Alexandrie 118 étaient anglais, 119 traiiçais et 109 austro-bongrois. Les hnporlatioiis déclarées à la douane i'-ileiandrie dans la même année et été de 590291 489 piastres et les a'r.rlations de 1 330 483 809 piastres. luut autour du port se construit un <|uiru£r nouveau, occupé par des a^'Mis bâties à l'européenne, et qui cs' dereou le siège d*un grand mou- •«^«at coxnmencial. Un grand mar- C2^ au coton a été établi à une petit distance du canal.
Au-dessus de l'office de Santé^ sur co^ éminence, appelée en arabe l^'^fi'm'Sadoûra (la butte de Tobfcrvaioire)^ le fort Galfarelli garde le tum d'un des généraux les plus disjts^niés de Texpédition d'Egypte, le >n>e Caffarelli du Falga, celui qui, iim le mot de nos soldats, était bien l^^areux au milieu du désert d'avoir >'i!core une jambe en Fra.ace. (On sait <;« il avait été amputé sur les bords i^iiKhin.) Il devait bientôt mourir de K) blessures au siège de Saint«Jeand'Acre. C'est cet officier du génie ^ui lit élever le fort, c'est son nom Soi est consacré par les plans du grand ouvrage de la Commission |lKg>ple. Il est injuste de le lui en* iT.er comme l'ont fait sans motif les '"'latins ou européens, qui ont donné } -«leneurement à ce fort le nom de ^ Napoléon. Si le nom du gêné- •^tn chef avait été donné à cet ou- '^?e, il s'appellerait fort Bonaparte, ^^ nom sous lequel était alors connu '^ (glorieux capitaine. Celui-ci a assez ^ monuments de par le monde, il y^itm donc de garder le nom de '-^elli, cuique suum, , '^ peut, par la rue Ibrahim ou par '*^>ie Anaitasy, qui passe au pied '*•- îyrt Caffarelli, rentrer sur la place û'3 Consuls par l'angle S. 0*