‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 138 sur 408 · VI. LGLISES CBBÊTIENNCS ET fiYMA- COGDCS, ÉCOLES, HÔPITAUX · texte numérisé non relu

VI. LGLISES CBBÊTIENNCS ET fiYMA- COGDCS, ÉCOLES, HÔPITAUX

Nous aTons déjà mentionné et dé- :M Véglùe angiicane sur la place Ut-hemet-Alî. Les cuUes protestants '■SDteot encore^ : Véglùe luUié- 'irnv, rue de TÉglise- An glaise, et ' ^3l-i« teotsaise, rue de l'Êglise- K^js^ise, 42.

I^ pnocipal établissement cathoi'fce est le grand couvent latin, <'>>!•' au 3. £. de la place Méhémet> A I. à peu près au point oîi la grande Ti: de la Promenade (boulevard ÎHuail) prend fin eu s*entre-croisant îTcc la rue transversale qur vient de iA^^rte de la Colonne. (>'est un vaste ciiâce, entouré de beaux jardins liantes de grands palmiers. Végiisé'.

^'■i^ l'invocation de sainte Catherine^ r resente un grand fronton de maudis style italien, et un d6me massif 1ia|ué d'une tour carrée sans éléj&nce. L'intérieur n'offre rien de remarquable; la construction est assez ffk'uiière et la coupole assez large. le couvent appartient aux pères fran- Ct^cams de Terre-Sainte. Lhôpitaleu- Topéen y est annexé ; l'entrée est du c'> de ro. £n face de l'hôpital on remarque le tombeau d'un santon qui P^'aii être en grande vénération par- L. Ici musulmans, à en ju^er par la ;i^nuté de linges qu'y aitacbent les ecmes du pays, en guise d'ex-volo.

-Jie tradition arabe veut que le corps ^'Alexandre repose dans cet endroit, «^ass cette tradition serait diflicile à -wi lier avec ce que Slrabon du du >'Ma ou Sôma, que cet auteur seaiblc ^c'^îrprèsdu Muséum ( V. p. 271-27'i).

''*'ique en face de ce tombeau, à •t:iree d'une des rues du quartier ^- 1 Atarine, est une gtatue muULée ^wrphyre, représentant un homme ^'^'\ apparemment l'empereur Diof>î.ien ; les plis de sa loge sont harr- Pieusement drapés, le fauteuil est ^•eu sculpté , malheureusemeut la lt:ie maaque, une partie du buste gît ' ^*:^Tt. Menlioimons encore parmi

les établissements catholiques, la chapelle des lazaristes , rue Ibrahim, et une églùe grecque catholique (rite melkhite) qui s'élève aussi derrière l'école des sœurs do charité.

Le culte grec compte : 1" la grande Église grecque de l'Annonciation^ située ài'E. du couvent latin, et à peu de distance. C'est un vaste édifice, d'un style lourd, construit sur le modèle général des églises byzantines, sans ornements au dehors, avec clochetons surmontés d^unc petite coupole et un dôme élevé sur le centre de la croix. L'église est précédée d'une cour à portiques et entourée de jardins. 2* Le couvent grec de taint Sabba, siège du. patriarche, au milieu des jardins, derrière le théâtre Zizinia.

Une chapelle arménienne est située dans le jardin arménien, rue de lu Colonne-de-Pompée, en face le boulevard Ismaîl. Vne église maronite, rue des Cordiers, près la place Popolani ; et une autre récemment bâtie, derrière l'Okel-Neuve. Une église copte, près de l'obélisque. Les Coptes se vantent de posséder le corps de saint Marc, qui, selon une version plus accréditée, a été transporté â Venise au moyen âge.

La communauté Israélite possède plusieurs sgnagogues; les principales sont : celle de la rue Franqae ou en face de la rue des Sarafs; celle de la rue du Prophète-Daniel, près de l'aiguille de Ciéopâtre, et une autre; rue de TOkel Neuve, riche et nouvelle, appartenant- à la famille Ménasce.

Les écoles se divisent en écoles étrangi-res et écoles indigènes. Parmi les écoles étran^^res, nous mentionnerons : le collège des Lazaristes^ rue Ibrahim; l'école des Fières de la doctrine chrétienne, fondée en I8i7 ; cet établissement comprend le pensionnat, le demi-pensionnat et Texternat ou école gratuite; le collège italien, rue de la Colonne do Pompée; les écoles gratuites universelles,

KGYPTK. — ALEXANDRIE.

créées en 1868 et placées sous la protection du prince héritier; Vécote de Véglise écossaise, attenant à l'église de ce nom; les écoles américaines gratuites, dirigées par des missionnaires américains et situées près du Mehkémé; le collège de la communauté grecque égyptienne, situé dans les dépendances de l'église grecque.

L'établissement des Sœurs de la miséricorde, rue Ibrahim, est destiné aux jeunes filles; il comprend pensionnat, externat, orphelinat, salle d'asile, dispensaire. La ville possède en outre plusieurs écoles mixtes particulières. La communauté israélite entrelient deux écoles gratuites pour les pauvres, une de garçons, située à rolçel-Neuve, etune de filles. L'enseignement comprend en général l'étude de Titalien, du français et de l'arabe ; l'hébreu est, de plus, enseigné dans les écoles israélites.

Un certain nombre de sociétés de secours existent à Alexandrie; nous citerons : la Société française de secours, dont les bureaux s'ont à Thôtel consulaire; elle a pour président, le consul général de France; 627 personnes ont été secourues, et 75 rapatriées par cette Société en 1871; un Comité de bienfaisance italien ^ une Société mutuelle itraélite d'assistance aux malades, fondée en 1859, V Établissement des Sœurs de la charité, etc.

Hôpitaux. L'hôpital général européen, boulevard Ismaîl, derrière le couvent latin, est desservi par les sœurs de charité de Saint- Vincent-de- Paul; cet édifice est bien installé :

les bûliments entourent un jardin, sur lequel s'ouvrent des galeries au rey.-dc-chaussée et au premier étage.

L'administration, la pharmacie, les parloirs sont en bas, les salles de malades s'ouvent sur les galeries; leur installation rappelle celle des hôpitaux français avec hs rideaux autour do cha(Iue lit, tradition assez peu conforme à l'hygiène et nuisible à lacirculation de l'air. Tmit l'établis-

sement est tenu avec une grande propreté, et les maUdes y reçoivent des soins éclairés.

Vhôpital général civil et milHaire du gouternemcnt est situé dans une position très-salubre, près de la gare du chemin de fer de Ramlèh; il ne comprend que des salles au rez-dechaussée. Les lits y sont sans rideaux, et bas, à la manière anglaise; près de l'hôpital général, se trouve un hospice des enfants trouvés, entr^ tenu aux frais du gouvernement; il comptait, en 1871, 34 enfants.

Sur l'avenue de Mobarem-Bey (extra muros),;est Vhôpital des Diaconesses, dans lequel sont admis les malades dé tout culte et de toute nationalité. Le traitement coûte: 1" classe, chambres privées, 5 shillincs par jour; 2* classe, 3 shillings; 3' classe, indigents, la plupart gratis.

Les Grecs ont un hôpital, nommé j hôpital Hellénique, rue du Couvent- 1 de Sainl-Sabba; le traitement est de' 2 fr. par jour, les malades de toutes les nations y sont admis. Les indigènes dominent dans l'hôpital général du gouvernement, les Italiens et les Français dans l'hôpital européen, les Grecs dans l'hôpital grec, les Anglais et les Allemands dans l'hôpital des Diaconesses. Le nombre de malades traités dans ces hôpitaux, en I^ÎO, était de 5800, soit pour l'hôpital européen, 1366; hôpital du gouvernement, 3300; hôpital grec, 773; hôpital des Diaconesses, 384. — Enfin, i!

exi<5te un hospice des indigents (îe^' kèh-el-Foukara), situé au quartier de Karmoùs, destiné aux malheureui des deux sexes, qui y sont logés, nourris et habillés aux frais du gouvernement égyptien. (V. Guide an' nuaire de M. Françoîs-Levernay , 1872-1873.)

VIL BAZARS. — IIinrSTRIF.S NATIO- NALES.

Les bazars d'Alexandrie ne peuvent guère intéresser que les per-

Route (JJ

BAZARâ. — INDUSTRIES.

vaines qui n'oDt encore vu aucune 'jUc orfeoUle, iU ce rappellent en *ien le grand Bezestein de Constan- Usopie, ou les grands bazars du Caire. Ce ne sont pas non plus des rd;f.ce5 semblables à ceux auxquels •^n a donné le même nom dans les >ill€» d'Europe. Ce sont tout simple- ~eal des rues, où se groupent dans un g.'vid nombre de boutiques étroit£^ et ordinairement par professions 5uaiia:res, les diverses industries iMiifènes. Le voyageur qui doit con- • Duer son chemin vers le Caire n*a ?35 besoin de s'y arrêter.^ Celui qui, î^r le point de quitter TÉgypte, aurais oublié de faire à Tintérieur v-^3 achats de curiosités du pays^ >'arra encore y trouver quelques objets à rapporter en Europe. Nous <ivons déjà signalé parmi ceux qui "ippent le plus le regard: les étoffas orientales, à couleurs vovantes, Its bijoux de filigrane, les aiguilliè- •"ts dorées, les tasses à café, les armes et les chaussures (babouches) 3iDsi que les objets de sellerie et de î^aroquinerie. Si Ton dispose d'un tecip> suffisant, on pourra aller voir, <itfrrière la mosquée du Cheïkh-Ibrahim, dans une ruelle sombre et iUoite, un genre d'industrie natio- *^"ùe fort intéressant. De nombreux «Triers y sont occupés à tresser les l 'ûcs de marais et les fibres cortica- •sda palmier-dattier, de manière à ■-re des nattes avec les uns et des "rdes avec les autres, des licous et ■fc> filets que l'on suspend aux flancs ia chameau et dont les mailles sont i*"*?. fortes pour ne pas se rompre i"jç le poids des moellons. Tous ces '•jcU sont fabriqués sans métiers, '^SfUe sans instruments; une paire '^^c.isailles, un couteau, un gros poin- •'n semblable à celui qu'on nomme, ' *V:rmede marine, une épissoire, suf- ^^atpour ces divers travaux ; quant ^'i rachis de la feuille lui-môme, on ;^ fait des balais, des cages, des ta- '^urets très-légers et très-sol ides, des l'Hure» et enfin des kafa». Le kafas

est le lit ou plutOt le bois de lit des égyptiens; un simple matelas le r»-., couvre et sa légèreté permet de le déplacer facilement et de le transporter où l'on veut. L'industrie des feuilles du palmierj à elle seule, a produit en 1872 environ 212000 couffes (cabas) diverses; et celle des joncs des marais environ 240000 pics carrés de nattes de diverses qualités. — A peu de distance, se trouve le bazar couvert d'Alexandrie; il contient deux larges galeries qui se coupent à angle droit, formant une croix. On trouve dans les boutiques qui bordent ces galeries, comme dans tous les bazars d'Orient, des couvertures, des burnous rayés, des babouches jaunes, des ceintures, des fourreaux de pistolets, des cartouchières de maroquin rouge, etc.

La grande rue qui mène du bazar neuf à la Marine a été récemment dallée , ainsi qu'un grand nombre de rues des quartiers neufs. On la parcourt sans trop de poussière en été, ni de boue en hiver; c'est une rue marchande qui renferme surtout des boutiques de droguistes et de marchands de fruits secs; les boutiques, ornées de longues bandes de pâte d'abricot, ont un aspect assez singulier.

Alexandrie possède des fabriques d'essences de fleurs, des presses à huile, 32 ateliers de confiserie fabriquant 4098 quintaux, des moulins à vapeur, des moulins à vent, des moulins à chevaux, 38 tisseranderics de coton fabriquant plus de 10 000 pièces par an, 31 tapisseries produisant plus de 24000 pièces, des presses de coton, des usines à égrainer le coton. L'industrie des soieries y occupe aussi quelques ateliers; plus de 1600 personnes y sont occupées aux bois ouvrés et parmi ces ouvriers, il faut noter les tourneurs; c'est avec le gros orteil du pied que le tourneur tient et dirige l'outil, pendant que sa main droite, armée ' d'une espèce d'archet dont la corde

EGYPTE. — ÀLEXANDUIfi.

s'enroulo autour de la pièce de bois, ' imprime à celle-ci un mouvement rapide de rolation. On a remarqué ces ouvriers habiles et leur singulier procédé à l'exposition de Paris, en 1867; on a essayé de leur donner les tours les plus perfectionnés, mais ils ont fini. par revenir à leur primitif engin, malgré la gône que leur impose ia position courbée du corps.

Page 1