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ainsi restitué dans le Corpus inscrip- Honum gtiTcarum de Boeckh (Berlin 1803),
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Il résulte de cette inscription que la colonne fut érigée par l'éparquu ou préfet d'Egypte Pompée (d'autres ont restitué Publius), en l'honneur de l'empereur Dioclétien , sûrement après la victoire remportée en 2% sur Achillée, qui, depuis cinq ans, avait pris en Egypte le titre et les insignes de la dignité impériale.
La hauteur totale de la colonne est de 30 met., celle du fîit de 22 met., et sa circonférence de 9 met. La colonne, d'un beau granit rouge poli, est élégante et d'un bon style, mais le chapiteau et le piédestal sont d'un travail inférieur, et n'ont pas été terminés, ils paraissent même appartenir à des époques différentes. Les substructions de la colonne sont formées de fragments rapportés de monuments plus anciens, avec quelques hiéroglyphes, parmi lesquels on a pu lire le nom de Fsametik. Si l'on peut ajouter foi à ce que rapportent Ma* krizi et Abd-el-Latif, cette colonne, aujourd'hui solitaire, était originairement dans un portique entouré de 400 colonnes, où la tradition plaçait la bibliothèque , que l'on croyait avoir été brûlée par Omar; il en faudrait conclure qu'elle avait appartenu au Sérapéum. Ce temple fameux, dont il ne reste plus le moindre vestige apparent, était certainement situe dans la même région que la colonne de Dioclétien, et sans doute, sur cette même colline.
Le Sérapéum ou temple de Sérapis avait été fondé par Ptolémée "Soter, dans le quartier de RhacAtis, l'ancien bourg des Égyptiens, pour recevoir une statue de Sérapis, divinité étrangère dont le culte avait été, d'après Plutarque et d'autres écrivains, in-
EGYPTE. — ALEXANDRIE
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troduit de Sinope; il est difficile d'admettre toutefois qu'il n'y a aucun lien d'origine entre le Sérapis d'Alexandrie et le Ousor-Aptde Memphis {V. p. 130). Le temple était construit sur une émiuence artificielle, et Ton y arrivait par un escalier de plus de cent degrés ; il ne contenait pas seulement le temple consacré à la divinité ; mais, comme le Muséum, il renfermait une bibliotlièque et des salles distinctes, ornées de colonnes et de statues. La magnificence de cet édifice était telle, qu'Ammien Marcellin le proclame sans égal dans le monde, à l'exception du Capitole de Rome. Le Sérapéum subsista longtemps après 1/introduction du christianisme en Egypte, comme le dernier rempart du paganisme à Alexandrie. • Il était, dit Ampère, le Palladium de la religion épyptienne et de la philosophie grecque. A Tépoque de sa destruc^ tton, il représentait l'alliance que toutes deux avaient formée contre Tennemi commun, le christianisme. • C'est dans l'enceinte du Sérapéum que les païens soutinrent contre leurs adversaires les derniers assauts: mais leur résistance fut vaincue par l'intervention de Théodose.
Pendant que les deux partis étaient en présence, les armes à la main, sur la place publique, on donna lecture du décret impérial qui ordonnait la destruction des idoles d'Alexandrie; les adorateurs païens, consternés, se dérobèrent par la fuite à la fureur de leurs ennemis. Le moine Théophile procéda à la destruction du temple de Sérapis, sans rencontrer d'autre obstacle que celui que présentaient la grandeur et la solidité des matériaux; l'édifice fut complètement ruiné, et de ses débris on éleva une chapelle en l'honneur des martyrs chrétiens. La statue colossale du dieu qui, d'après Clément (Clemens Alex. Protrept. c. 4. )( 48), était de bois, revêtue de plaques de métaux et couverte de pierres pré-
cieuses, lut brisée, et les fragments en furent ignominieusement traînés dans les rues d'Alexandrie. (Eunape.
VU, ÀedeSy Ed. Boissonade I, p. 43.) La bibliothèque du Sérapéum contenait 600 000 volumes, en y comprenant les 200000 appartenant au roi de Pergame et que Marc Antoine offrit à Cléopàtre. Il serait difficile d'admettre que, dans le sac du Sérapéum, la bibliothèque ait été épargnée; le prêtre espagnol Orose, visilai:l Alexandrie en 416, parle d'armoires de livres qu'il a vues et qui ont été vidées, au dire mémo des contemporains, par ses coreligionnaires, les chrétiens d'Alexandrie; à la vente, il n'indique pas positivement que ces armoires provenaient du Sérapéum et, bien qu'il soit difficile de leur attribuer une autre provenance, cependant le défaut d'un témoignaK^ précis laisse planer quelque obscurité sur ce point important d'histoire.
Quant à l'opinion, communément reçue jusqu'à ces derniers temps, d'après laquelle la destruction de la bibliothèque serait imputable au général arabe Amrou, elle se fonde sur un témoignage dont la valeur est généralement contestée aujourd'hui. L'historien arabe, Abou^feda, raconte qu'Amrou, obéissant aux ordres d'Omar, aurait fait enlever les 400000 vol. du Sérapéum, et il ajoute que ces livres, distribues entre les 4000 bains d'Alexandrie, auraient servi à les chauffer pendant six mois; mais Aboulféda vivait aii xiii* s., bien longtemps après lescvénemeuls qu'il raconte. On s'étonne à bon droit, qu'un fait de celte imp"rtance, s'il était vrai, eut été pii>'^' sous silence par des historiens pi"'' rapprochés des événements et qui ont décrit en détail les annales d'Alexandrie, et cotte invraisemblance, joinii^ à l'exagération manifeste du laiigar^'' a frappé du plus complet discrédit te témoignage d'Aboulféda. GiI>bon .
Sismondi, Ampère, Rcinhard, Hein»', n'hésitent pas à faire remonter ;•
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