‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 143 sur 408 · LES OBÉLISQUES · texte numérisé non relu

LES OBÉLISQUES

l'eaipereurThéodosc et au patriarche Th^opbiie ]a responsabilité de la destrjctioo de la bibliothèque. (F. sur :p sujet, B. Chastel, Revue histori- '^'ttf, avril-juin, 1876; Algiave, Revue tTfniifique^ 19 juin 1875, et Lefort, *jut(te hebdomadaire de médecine et dt (hirurgie, n- 26, 1875.)

De ia colonne dite de Pompée, on

rtatreotrer à Alexandrie par (10 min.)

/i porte du NU ou de la Colonne et

regagner directement (10 min.) le

couvent latin et la Grande-Place, ou

îjîvre vers TO., le bord du canal

j l'on trouve Vhypogée chrélienf et,

'•"aversant le canal près du cbemin

de fer, aller visiter les catacombes.

1^3 monuments antiques les plus

(lignes d'attention, après, ou plutôt

avant la colonne de Dioclétien, sont

ceux qu^une tradition populaire (qui

r est nullement justifiée) a nommé

(entre 1625 et 1515 av.mt J. C), et les cartouches de Ramsès II et de Séti II, de la xix* dynasnie (entre 1405 et 1300 avant ). C). Les plus lisibles sur la face N. N. 0. se trouvent i la partie supérieure de Tobélisque. C'est là que vers la cinquième rangée des signes, en les prenant en ligne horizuniale, on distingue sur la bande médiale ' le cartouche — prénom de Thoutmès III {men Khoper Râ)y flanqué de chaque côté du car-

le-i

Aiguilles de Cléopfttre (situées rue de l'Obélisque, à ]0 min. à TE.

•ie réglise et du consulat d'Angleterre, sur le rivage du Port-Neuf.) '.*" sont deux obélisques de granit ' "e, qui forent originairement drcs- > s dpvant un des pylônes du grand 'emple d'Héliopolis. Un seul des deux f-îl encore debout; sa hauteur est de '\ mtl. Les hiéroglyphes ne sont bien conservés que sur ses deux faces, N. N. O. et O. S. 0. Les vents ti'E. et du midi en jottant avec fureur le sable siliceux du désert contre les deux autres faces E. N. E ei ^. S. E. les ont détériorées, et leurs iiiéroglyphes sont devenus illisibles.

L'autre obélisque, couché dans le sa- • le, à quelques pas à l'O. S. 0. du l'femier, est tellement enterre qu'on I. en voit plus quune surface de •» met. environ à fleur du sol ; on le prendrait pour une simple dalle, sans lei hiéroglyphes qu'on y distingue.

<>t obélisque avait été donné aux Anglais par Méhemet-Ali : mais lU f-ni renoncé à l'emporter. Ces obéli^cs portent les cartouches de Tlioutmcs IIl de la xviir dynastie

touche-prénom de Ramsès II {Ousorvfia-Rd step en RA) ; plus bas sur les

1. Les inscriptions des obélisques se lisent toujours en colonnes verticales de haut <>n bas, et se divisent en trois bandes, une médiale et deux laléralci.

Voici du rosle la traduction d« l'inscription de la face principale de Tobélisque, encore debout, que nous décrivons en ce moment :

A — sur II bande de gauche : • L'ilorus [laureau vaillant, aimé de Ma], le roi des deux i:gyples (Ousor m;\ Rà step en Rft), seigneur des |janégyries comme son père Plah-Toioiinen, lils du Soleil (luniaès Meïamoun) que lia a engendre pour mettre en fêle On (Ileliopolis), et pour comliler d'ollranaes les temples de qui l'a engendré, ic seigneur des deux mondes ;,Oiisor m<\ H.i step en l'w'i), tiU de \\X (ilamsus Meïamoun), donnant la vie à jamais connne le dieu Rà.

H — î^ur la band:i médiale : « L'Ilorus iQui porte haut le diadème de la Haulo-Éf;>ple, aimé de Hàl, le nu des deux f.içyptes (Meii Klioper l\i;, l'ilorus vainqueur qui be rejouit à la vaillance et iruppc les princes des régions étrangères.

C— sur la bande de droite : • L'Horus [taureau vailUnl, lils de Meatouj, Itf roi

EGYPTiC. — ALEXANDHlii.

[UoCTE 6J

mi

bandes latérales se lisent les cartouches noms de Ramsès-Meîamoun (comparez pour les cartouches et leur épellation, p. U5).

Les ruines devant lesquelles se trouvent les deux monolithes doivent être celles du Gésareum ou temple de César, qui était aussi appelé Sébastéum, c'est-à-dire temple d'Aulilirt guste (Sepacrto;). Pline \^J nous dit formellement (H.

N. XXXI, XIV, 8), qu'il y avait à Alexandrie, près du port, dant le temple de César, deux obélisques de 42 coudées, — Philon, qui écrivait peu de temps après l'achèvement et la consécration du temple en donne la description suivante :

« Il n'y a sanctuaire au monde « comme celiii qu'on appelle Séhas- « téuniy temple commémoratif du « lieu de l'embarquement de César ' « (Auguste). Ce temple, très-grand » et très-apparent, et dont il n'est « pas un pareil ailleurs, s'élève ma- '« jestueusement en face des ports les « plus sûrs, il est rempli d'ornements « dédiés, consistant en tableaux, en « statues, et en objets d'argent et « d'or; il est entouré d'un enclos « très-larpe, et pourvu de portiques, « de bibliothèques, d'appartements « d'hommes, de bois sacrés, de pro- « pylées, de lieux vastes et do salles « à ciel ouvert, en un mot de tous « les embellissements les plus somp- « tueux. »

Le Césareum, achevé sous le règne de Tibère (14-37 de J. C), et

des deux Éjîyplcs (Ousor ma Râslep en Hà), seigneur du ^ord et du Midi, qui protège l'Egypte et là les régions étrangères, fils dd Uà (Ousor niù Ril S)tep en Kà), roi vaillant, actif de ses deux mains à la face de toute la terre assemblée, seigneur des deux mondes (Ousor mâKa step en Rà}, fils du Soleil (Ramsès Meiamoun], vivant ù, jamais comme Rà.

La parUe inférieure des inscriptions chi effacée. (Nous devons cette tradactiun ù Tobligcancc de M. Maspero).

où les navigateurs, en «sortant du port ou en remettant le pied sur le sol natal priaient pour leur voyage, ou remerçaiefnt les dieux d'un heureux retour, fut transformé trois siècles plus tard en église chrétienne et en cathédrale, toujours sous le nom antique de Césareum ou Sébastéum. Pendant les discorde» intestines entre les païens et les chrétiens, il fut brûlé et détruit de iond en comble par les troupes de l'empereur Julien (en l'an 36'i de notre ère). Quelques substructions de cet édi' fice ont été mises à nu en 1814-7.'), « entre l'obélisque renversé et la grande synagogue. On a trouvé d'énormes restes de maçonnerie en blocs de pierre calcaire et de grès de 1 met. à 1 met. 1/2 de long, d'une largeur et d'une épaisseur proportionnelles, qui formaient un mur longitudinal dirigé du N. N. 0. au S.

S. £., et un autre mur transversal à celui-ci, et dirigé de 1*0. S. 0. à TE. N. E. parallèlement aux bases de deux obélisques. Ces fondements allaient se perdre au-dessous du petit quartier arabe situé devant la gare de Ramlèh. » Par leurs dimension?, ils paraissaient avoir appartenu à ua vaste édifice qui ne peut être que le Césareum. (K. Néroutsos-Uey, Bulittde l'institut égypt., 1875, p. 171).

Au point du rivage où nous somnic> parvenus, la vue s'étend sur tout le bassin de l'ancien Grand Port et sur le phare qui lui faisait lace dam l'antiquité. Près de là se trouvait sans doute le Poseidion, ou tempU* de Neptune; une chaussée prolongtc jusqu'au milieu du port reliait le Poseidion au Timonium, palais qu'Antoine s'était lait construir«-' sur un petit îlot après sa défaite à Actium. Il ne reste aucun vestige île ces deux édifices. A l'O. s'élevaient, le long du rivage, les arsenaux et des magasins royaux (apostases) devant lesquels s'étendaient des quais qui permettaient aux navires <le charger ou de débarquer leurs marcjïau-

ISWf:

tH0lITE"6] ANTiyiflTÉS. — MUSÉUM.

éset. C'est probablement entre ce ^nge el Iti terrains occupés aujoornuipir Inmaisons Antaiiiïdis, que ïéleiidiil l'Emporimn [la Bourse), , lui vistea marchés du raon-

liiiealtin. Alexandrie avait en effet firent les zi ■trité du commerce de Tyr et de térature ; ils encc et rétribuaieDt i professeurs, l'tolé pour avoir obtenu tiques lies œuvre; pbocle et d'Euci remplaça le coll "1 uniïersiti

tnt après les obélisarabe »ient s'appuyer ■> golFe par une portion appeir ' ■tw flomatne. A partir de là, ul «u S. E-, interrompue par lu t du cbemia de fer de Ramlèb, ptr une porte qui conduit sui pUteau élevé vers lllâpilal mili- «;' puis, faisant un coude non du couvent grec et de grandes itiiions de palmiers el de tama- «es (une belle allée ramËi nin au boulevard Ismall), elle direction à l'E-, pendant , jusqu'au bastion voisin de e Rosette. Dans ce trajet, le ne fait que suivre les

ui séparait le Bruchion du

pice d'acropole. C'est dans celle ré- ^que devaient se trouver l'Arsiium, monument élevé par Ptolé- « Pbiladelptie à ta mémoire de sa urArainoë; et, sur|l'éminencc entre obélisques el les palais royaui, le *Ure, qui servait aussi de cila- ''où l'on allait au port et à , Jules César en augmenta I lortiGcations pour s'en servir une de rempart contre les forces derniers Ptolémées et des Aleian- ». Le quartier du Bruchiun, en- > le 'fbéiire avec sa galerie cou- IW, la Palestre el le manège (Méan- '), renfermait principalement : les "" """" leurs jardins

fameuse 0" e Mutéum, reliés 1

contenait

e grai

lesdi

botanique que Pta enricbit de plante lostrate, Vit. Ajk Muséum était di^

du Muséum, nomi s la dominatio.

empereurs, prena principaui: magis Parmi les bistori

nous citerons : Eut Apeiles et son d Ërasistrate •lepèr Ptolémée Phi Démétrius de Pbal nodole, Tliéokril

tiiléla

Timocharès c les70docteursjuil'^ iipn des Sej.

gèle, Ératostbène grand comme aitrc bistorien; Conon, étoiles la CheatUr

KGYPTK. — ALEXAI«)RIB.

[Boute v^\

domination romaine, Philon, Apollo- nias de Tyane, Tbistorien Appien, le néoplatonicien chrétien Justin martyr; l'astronome Ptolémée, Lucien et Celse, Clément d'Alexandrie, le célèbre Origène et lafilIedeThéon, Hypatie.

Dans Ce quartier étaient encore : la haute cour de justice ou DiccLslérium^ le Stadium, le Gymnasium, avec de beaux portiques situés probablement à TE. vers la porle actuelle de Rosette.

On chercherait en vain, dans Tétat actuel des lieux^ soit en dedans, soit au dehors de l'enceinte arabe, à préciser l'emplacement de ces édifices qui étaient compris entre la voie Canopique et la mer. De nombreux débris de colonnes et de sculptures sont journellement mis à jour lorsqu'on construit des maisons dans les terrains situés au N. du boulevard Ismaïl. Nous avons déjà mentionné plus haut comme torse d'Hercule une statue assez remarquable. De nombreuses substructions, au N. du môme boulevard, mais dans lesquelles on n'a pas retrouvé jusqu'à présent les éléments suffisants d'une restauration , ont sans doute appartenu aux dépendances du palais des Ptolémées, et, un peu plus loin, sur la rue même, à &00 met. environ avant la porte de Rosette, on peut observer d'autres ruines disséminées, avec des restes de colonnes. Ce pourrait ôtre le Gymnase, d'après l'indication de Strabon.

A dr. de ce même boulevard, on remarque deux éminences assez confiidcrablps, Tune appelée Kôm-ed-Dimds sur laquelle s'élève le fort Crétin, ainsi nommé du nom d'un des officiers de génie les plus distingués de l'expédition française. Il est probable que cette position dominante était celle du Sôma, où se trouvaient les sépultures des rois ; c'est ce que signifie encore le nom arabe Kôm-ed- Dimâs, c'est-à-dire colline des sépultures. On sait en effet que les sépultures royales, qui renfermaient

aussi le corps d'Alexandre le Grand portaient le nom de Sema ù\i SùmÀ (Strabon, p. 794). Les restes d héros macédonien furent d'abord en fermés dans un cercueil d'or, qui fu volé par Ptolémée Alexandre, fils d^ Ptolémée Évergète II et de Cocc< (107-89 av. J. C); ils furent ensuit^ replacés dans un cercueil de verrej dans lequel le corps fut encore vij par Auguste. (Suétone, Octare^ 1 8) .

L'autre éminence qui porte le vilj lage arabe de Kàm-ed-Dik (la CollLnj du Coq), répond peut-être à Panciei Panéum^ du haut duquel on découvrait toute la ville, et où l'on montai par un chemin extérieur tracé en ?pi raie.

Enfin, les vestiges de la plupart dt

ces édifices devraient être chercliés ei

dehors de la ville sur le vaste espaa

qui s'étend entre l'enceinte arabe

de la gare du chemin de Ramleh i

la porte de Rosette d'une part, et 1j

mer et le Pharillon d'autre pail

sur une longueur de l kil. et dcra

env. Il faudrait aussi à la base de c

promontoire chercher les traces di

Palais du Lochias. Sur ce terrait

qui porta autrefois tant de gran

dcurs, on ne voit plus aujourd'hui

au milieu des débris qui jonchent I

sol, que les deux forts de Mencharyc

et des Juifs (Tabià-el-Yahoud), et, \

C(Hé de ce dernier, le cimetière dd

Juifs. Un peu plus loin, sans s écarl

ter de la côte, est le bâtiment de l'an]

cienne Quarantaine avec un villapl

arabe, et à 5 min. plus au N., le fort

Silsilé est construit à l'entrée mèmj

de la longue péninsule qui couvn* \\

Grand-Port à l'E. et se termine \^\

le Pharillon, ancien promontoire Acr^

Lochias. C'est également sur ce rii

vage qu'il faudrait chercher les \A

tiges du Port-Privé ou Port-Royal

qui était lermé par deuxdi}juu^,c

dont l'entrée était ménagée dans ï

digue de l'O. En face de ce point, da

la rade même, les restes des roclif

d'une lie ayant la forme d'un fer

cheval font reconnaître particulijie

|i:i -.| C--^k ^;: lk^^^ V^^-

ORIENT I»

EGYPTE. — ALEXANDRIE

[ROUïL' 6'

' ment Tllot d'Antirrhodos, qui avait aussi cependant »on petit port paHiculier et un paîais, et qui prétendait, ail moins par son nom, rivaliser avec Rhodes.

La porte de Rosette, qui fait par- • lie de l'ancienne enceinte arabe, a été, à une époque contemporaine, fortifiée de cinq îjastions. Mais l'enceinte de la ville antique s'étendait beaucoup plus loin, jusqu'au pied des collines aux dépens desquelles ont été depuis élevés les retranchements connus sous le nom de lignes françaises. Il y a grande apparence que la porte de Canope où se terminait, à TE., la grande rue d'Alexandrie, était à l'endroit où se voit aujourd'hui la station de police de Khadrâ, à 1800 met. au delà de la porte de Rosette.

Au delà de la porte de Canope s'étendait rHippodrome et le faubourg d'jïleusis, appelé de nos jours A'/iddra.

Le terrain qui s'étend au S. de l'établissement des eaux jusqu'au canal Mahmoudièh ne présente plus aucun vestige d'antiquités : les ruines mêmes ont disparu. Il n'est d'ailleurs pas certain que la ville s'étendli aussi dans cette direction.

Enceinte et rues de la ville antique. Des fouilles récentes ont permis de rétablir en partie le plan de la ville antique, de mettre à nu les fondations des anciens murs et du pavé des anciennes rues, enfouis depuis des siècles, à une assez Jurande profondeur par suite de Texliaussement progressif du sol '. Ces données nouvelles et les vestiges cidessus mentionnés nous permettent ' de compléter, autant que possible, ce que nous avons ail dans les pages précédentes, ainsi qu'au paragraphe H, sur la topographie de l'ancienne ville.

Les dimensions de l'emplacement

1. (Voyez : Mahmoud-Dey. L'antique A!eiandrit, Copenhague, 1872.

de l'ancienne Alexandrie ont pu êtrj déterminées par le tracé des ancior^ nés murailles lequel ne se rattache e| rien à celui des murailles modernerj de construction sarrasine, réparées diverses reprises, et remises enti par Méhémet-Ali dans l'état oii non les voyons aujourd'hui. Le périmcli de la ville arabe et moderne est bie plus restreint, ainsi qu'on peut II voir par le plan ci-contre que l'espacj occupé par l'ancienne Alexandrie. LeI antiques fondations des murs ont cl] mises à nu à TE. du cap Lochias d'al bord; on a ensuite pu les suivre jus!

qu'à un kil. de distance, sous IVai^ Là elles rentrent dans le continent, é sur un espace d'env. 800 met. on le retrouve encore en allant vers le S. i partir de ce point, les fouilles son devenues impossibles , à cause d leur envahissement et de leur de* truction par les eaux; mais, plus lo:

elles ont pu être continuées jusqu'j la mosquée de la Khadrâ : là, oi perd toute trace jusqu'au canal Mah moudièh : çà et là, cependant, se re trouvent encore de gros bloc? qu doivent appartenir aux fondations d l'ancien mur.

En suivant ces traces, on arrin jusqu'auprès de la colonne dite dj Pompée, où les indications manqucrï de nouveau : il est permis, touteloi'j de conjecturer que, contournant V soubassement du monolithe, la mû' raille remontait ensuite jusqu'à V0\ du port Eunostos , et rejoignait U mer à l'endroit où se terminait re* comment encore l'enceinte sarrasim^

Depuis le cap Lochias jusqu'ad obélisques de Cléopâtre, sous la par^ du chemin de 1er de Kamlèh, s'éiein daient des quais dont on voit cncor^ des traces nombreuses jusqu'à 2 fi 3 met. sous l'eau. Entre cet ondniij et le port Eunostos, la nouvelle vili«i a tout envahi. Cependant, en crcuj sant les fondations des maisons roo^ dernes, on trouve encore quelque^ points de repère.

Dliprès ce tracé, on a pu calcule^

'norrr 6] plan de LA. VILLE ANTl6ufi-

^r>proximativeineot retendue do Tenwmtede Paocienne ville : elle aurait eu ««nv. 15 ou 16 kil. de périmètre.

*^ plus gnin<le longueur était de >A1" et sa farf?eur variait de 1560 à 7ViO/^. Ces chiffres s'accordent ',&r:aitement avec ceux des auteurs à", l'antiquité : suivant Strabon, sa i -;jeur aurait été de 30 stades, et sa largeur variait de 7 à 8 stades.

L'acctenne ville et la moderne présMtent à peu près la même dispos i> toQ en ce qui concerne le tracé des rnes : celles-ci se coupaient toutes à tnçle droit, et l'ingénieur suivait en celi ce que lui conseillaient les conditi&Qs climatologiques : « En été, • dit iu^aboDy > les vents Étésiens soufflent d'i nord (ou plutôt, suivant nous, flu N. 0.), et après avoir traversé iine grande étendue de mer, permettront aux habitants de jouir d'une s^-oQ délicieuse. »

Dix-huit des anciennes rues ont pa être suivies au moyen des fouilles modernes ; onze dans la largeur, et s^pien longueur.

l>e toutes, la plus importante est la ▼oie Ganopique : c^est une des rues l^ngiiadinales. Sur six points différeQ'.s , on en a relevé le pavé. Elle c-Trespondait à celle qui se prolonge aujourd'hui de l'E. N. E. à VO. S. 0., yy<ii le nom de boulevard Ismaïl ou fae de la porte de Rosette ou de la l'rjmenade, mais l'ancienne voie s'é- -'-tirait beaucoup plus loin , et la r"^rte de Canope devait répondre, comme nous l'avons dit, à la station ^t police de Khadrâ.

Le sol actuel s'est élevé, au-dessus ^f l'ancienne stratification pavée, <i«nviron 1 met. 50 cent. Cette belle ^"^^ Ganopique avait à peu près Umèt. de large : elle était bordée ^^ palais et de colonnades dont on î^ui encore, çà et là, apercevoir les r««tfs mis à nu par des fouilles réunies.

i'irallèlement, ont encore été retrouvées six autres voies de 7 met.

d€iaf|^e chacune. 280 met. les sépa-

rent les unes des autres : elles se dirigent toutes de TE. N. E. à ro.S.

0. formant, avec la ligne directe de l'E. à ro. un angle d'environ 24«I5'.

Onze rues transversales ont été relevées « et six rues intermédiaires suivies dans toute leur .longueur.

Toutes sont perpendiculaires à la rue Ganopique et à ses parallèles. Leur largeur est de 7 met. Mais Tune d'elles, partant du cap Lochias, et aboutissant au canal, rivalisait en magnificence avec la rue Ganopique; elle avait aussi 14 met. de large et était bordée, comme celle-ci, de palais, monuments, colonnades, etc.

Une autre rue transversale, que Nérontsos-Bey propose d'appeler me du Sôma^ s'étendait du Césareum au canal. Elle avait sur sa dr. les bâtisses royales du Sôma, et sur sa g. le musée, et traversait perpendiculairement la voie Ganopique en pas« sant devant le temple d'Isis et le Césareum, pour déboucher sur le quai du Grand-Port entre l'Emporium et la place ouverte devant les deux obélisques. Elle était dans toute sa longueur accompagnée par un des aqueducs souterrains détachés du canal d'Alexandrie.

La hauteur du sol de toutes ces rues au-dessus du niveau de la mer était de 6 à 15 met. Leur pavage, composé de gros blocs provenant des carrières de la haute Egypte, reposait sur une épaisse couche de maçonnerie , mais il est difficile de lui assigner une date certaine : il semble de construction romaine; celui de la ville grecque, très-antérieur, devait se trouver à 1 met. env. au-dessous.

D'après Mahmoud-Bey, la différence du niveau de 6 met. à 15 met. au-dessus de la mer, s'expliquerait par une vallée peu profonde qui divisait le Bruchion en deux parties égales.

Cette dépression a été reconnue dans la partie orientale du Bruchion; elle traversait la ville, entre le cap Lochias et le canal Mahmoudièh, dans

EGYPTE. — ALEXANDRIE

la direction du N. au S. Elle a été certainement comblée à une époque inconnue, mais elle existait encore

au temps de César; car, suivant Thistorien Hirtius, le plan du conquéraut était d'isoler, par ce moyen, les deux portions d'Alexandrie, • qui, » dit-il, ■ se trouvaient séparées par un marais. >

Le Bruchion avait son enceinte particulière. 11 était limité à l'O. par la grande rue de sept stades de long, qui allait de la porte de la Lunej située devant les ports du commerce, jusqu'à la porte du Soleil^ près du canal : à VE, il était limité par le quartier juif du Delta, quj s'étendait sur le rivage depuis le cap Lochia<; jusqu'à Eleusis, aujourd'hui Khadrà.

On sait combien le Bruchion eut à soufl'rir dans le sié^e que César y soutint en Tannée 48 avant notre ère, lorsqu'aprcs la victoire de Pharsale, il fut retenu sept mois dans Alexandrie par les séductions de Cléopàtre, et s'y vit attaqué par les partisans de Ptolémée Dionysos, qu'il avait évincé du trône. Ce quartier soutint un autre siège sous le règne de Claude H (270 de J. C), et fut presque entièrement détruit quelques années après, sous celui d'Aurélien (en 275}. Saint Jérôme dit que le Bruchion était de son temps (vers l'an 420 de J. C.) séparé de la ville, et qu'il servait d'asile à quelques solitaires. Il était absolument désert un siècle après, du temps de saint Epiphane.

Nous avons parlé suffisamment, dans les paragraphes précédents (F.

p. 250 et 2ô7) , de l'Heptastadion, qu'il est impossib le de retrouver sous la ville turque, et de Tile de Pharos. A In jonction de l'Ile avec la jetée de l'HeptistadioiijSe trouvait le temple de Phtahf nommé par les Grecs HephaBstofl.

il nous reste à parler des autres quartiers d'Alexandrie antique, le tiuartier juif et le Rhacôlis, Le qiidiiicr des Juifs aj»{>elc Delta

occupait l'angle N. Ë. de la cité. Il s'étendait du côté de la mer entre les murs de la ville et le Bruchion ; comme iesjuiveries des modernes cités d'Europe, il avait ses murs et se»

portes , nécessaires pour sa sécurité, à cause des fréquentes querelles qui s'élevaient entre les Grec> d'Alexandrie et les Juifs, sous l'influence des passions politiques et religieuses. Les Juifs étaient gouvernes par un ethnarque particulier (Joseph, Anliq. xiv, 7), par un sontiédrm ou sénat, et coDservaient leur loi nationale. Les Plolémées leur corr férèrent les mêmes privilèges qu'aux Grecs, et César Auguste, lors de >a conquête de l'Egypte, leur confirind ces privilèges. Ils étaient déjà c^';.ui aux autres habitants d'Alexandrie, e; il leur reconnut le même droit de cité.

Enfin le Rhacôtis ou quartier égyptien, qui comprenait le Sera- 1 peum, était creusé à l'angle S. 0. ' de la ville, près du port Kurif^* tes, qui avait son bassin particulier, le Kibotos; de ce côté, se trouvaient les greniers publidy et, c!i dehors de la ville, le faubourg de ii Nécropole, sur lequel nous allons revenir.

Nous n'avons à signaler en Ui'<d'antiquités dans cette partie de la ville que les hypogées chrétiens «kcouverts, il y a quelques années, si»-" le boulevard compris entre les vi'.liges de Karmoûs «t de Minet-el-Bà^sal près de l'usine à gaz, en face do*^ grands magasins qui bordent le canal. Le plateau rocailleux qui ^^ trouve ici est porcc d'une multitude de couloirs et de souterrains qui i>'t'''' foncent plus ou moins profondément dans le roc et s'enire-croisent en ifU^ sens. Presque toutes ces lombes oii' été détruites par le moyen de mine»

à poudre pratiquées pour rexploifition des pierres. Une seule tn:ip''^ funéraire, découverte en 18â8, suiisjstc encoie, épargnée par ordre du ^^OLivcrnernent. Cette chapelle, «'ive^

CROUTE 6J

HYPOGÉES GHRI5TIENS.

s-?^ annexe») a la forme d'une croix cunptiennc; la branche droite est i'.rmée par deux couhirs inclinés, la branche gauche par le eubiculum, i'nrbre du milieu par la Cf /{a et le fied par le columbarium.

Le couloir d'entrée s'enfonce en ' nae d*escaUer, de 24 gradins, dans iicUmbre du milieu ou celLa. Cellec était destinée aux réunions appekr.$ synaxes et aux agapes ou repas i/f fraternité; elle est de 6 met. de

nirueur de TO. à TE. et de 4 met.

dft largeur. Au coin S. E, se trouve un autre couloir incliné, de 12 grains, qui s'enfonce dans une direc- •..on opposée à celle du couloir d'cn- \'K*i, et qui, tournant ensuite à dr., >e perd dans d'autres souterrains ;lus profonds et plus inaccessibles.

La paroi S. de la chapelle, entre les «i eux couloirs, présente l'ombre d'une ??ule figure, peinte à l'encaustique, ft qui, d'après les quelques traces d'une inscription effacée, devait être celle de Constantin.

Au coin N. E. est un puits quadrangulaire, qui mène au sous-sol et rmduit dans deux petites chambres funéraires écroulées et comblées. Le t'uits présente des échancrures en forme d'échelons, et il est recouvert d'an enduit double de gypse et de homrd, c'est-à-dire de poteries pilées ; des tuyaux en terre cuite encastrés avec du ciment dans une goulotte creusée dans le roc servaient autrefois de soupirail pour la ventilation ^e ces souterrains. Dans la paroi 0.

est creusée l'abside, dont la partie voûtée est modelée en plâtre, de ma- Qière à figurer une conque ; la par- ^e inférieure de l'hémicycle est cise- ^lée en banquette demi-circulaire appelée exédre. L'hémicycle lui- Ui&me est peint a l'encaustique et r-iprésente l'Eucharistie, d'après le f>le primitif de Vagape, tout à fait comme dans le.^ catacombes de Calante à Rome. Malheureusement, ces {Clôtures sont dans un état de dégradation complète.

A l'K., la chapelle est ouverte et donne accès à une autre chambre voûtée, qui n'est que la continuation de la première, de 8 met. 1/2 de longueur et de 'i met. environ de largeur. Cette deuxième chambre présente de chaque côté deux rangs superposés, chacun de sept niches quadrangulaires, espèces de couchettes taillées dans les parais, et dispo<:ées parallèlement les unes aux autres. Sur la paroi du fond sont également deux autres rangs, composés chacun de deux niches ; c'est à des chambres semblables, destinées à recevoir des dépouilles mortelles des fidèles, qu'on donnait le nom de Columbaria dans les catacombes de l'ancienne Rome; ces niches funéraires étaient fermées par des dalles de pierre.

La chambre transversale ou transept du Nord est ouverte du côté de la chambre du centre. Cette chambre n'a plus que 4 met. de longueur sur 3 met. 1/2 de largeur; elle présente, au fond et de chaque côté, des tombeaux quadrangulaires, creusés dans ie roc et couronnés d'une voûte curviligne en forme de baldaquin.

Les peintures intéressantes qni décoraient cette chambre ont malheureusement disparu. On n'a trouvé dans les niches de ces tombeaux chrétiens ni urnes ni ossements.

On a recueilli, sur le plateau qui surmonte Thypogée que nous venons de décrire, des débris de poteries, de petites lampes en terre cuite, de fabrication grossière, portant le dessin de la croix ansée du rite égyptien : des ampoules en terre cuite, rondes et aplaties, d'un travail ordinaire, qui servaient à contenir l'huile bénite provenant de la lampe ardente du tombeau de Saint-Menas, près du lac Maréotis, huile avec laquelle on faisait des onctions sur les vivants pour des cures mirficuleuses et sur les morts pour le salut de leur âme : de petits bronzes qui appartiennent aux der-

KGYXn^K. — ALEXANDHIK.

[HOUTE d

s temps de Conslantii^ le Grand; y lit la légende : Divus Constan- '.s fxUer Àugustorum, qui indique ces bronzes étaient frappés par ils, à titre de consécration. (Voyez 3Utsos-Bey, BuUetin de Vinsiitut )., 1875.)

3s derniers monuments antiques nous ayons à signaler, et qui se )ortent aussi aux origines du stianisme, sont:

is catacombes, situées hors de [lie, dans l'ancien faubourg de la ropole, au bord de la mer. On s*y l en franchissant le canal Mahdièh, près de la gare du chemin îr du Caire, qu'on laisse à main pour suivre une longue rue, qui e (10 min. plus tard) au N..des tns du palais de Gabari. A un t d'heure de là, en se rapproit de la mer, on atteint les catabes. Leur étendue est considéramais beaucoup de parties en obstruée^ par les éboulements.

on veut pénétrer assez avant, on se munir de torches et d'un ronde cordes ; mais on visitera fanent et sans guide les premières s, dont quelques-unes sont à ciel trt. La plus intéressante est une à voûte circulaire, dans laquelle ntre par une porte à fronton doe élégamment sculptée. Il y avait : portes latérales, les piliers qui éparaient de la porte du milieu détruits. La voûte forme une esde coupole avec corniche, et portes donnent dans trois chamassez élégamment sculptées, une autre chambre à TO., on l'ouverture d'un souterrain où il iifficile d'avancer. A l'Ë. sont re plusieurs chambres sculptées.

ne des tombes n'a d'ailleurs d'inhistorique. On voit encore la ! où se trouvaient les sarcopha- U y a lieu de supposer, en Tab- I do tout document historique (on aperçoit, il est vrai, quelinscriptions grecques, mais inarables), que ces souterrains

ont été creusés auX^ premiers siècl de l'ère chrétienne. (Il est d*usagc donner une légère rétribution i gardien arabe qui vous fait entti dans les salles du souterrain.)

A côté des catacombes, et à pe de distance de leur entrée, en rcv nant vers la ville, on pourra voir que l'on a nommé vulgairement l Bains de Ciéopdtre et qui ne prése« tent d'ailleurs rien de bien curieu Ce sont des hypogées qui ancienn ment donnaient sur le rivage de mer, et qui, à présent, sont détruit»

usés par les courants intérieurs de rade. Il ne reste que le pavé, qui trouve à fleur d'eau.

On peut comprendre dans la mémj excursion la visite au palais de ( bari et au château du Mez. {Y. p. 2 et 281.)

On rentre en ville en ime peljl heure, depuis les catacombes jusqu la grande place.

Limites de la ville arabe. H nou reste, pour compléter la topographi de l'Alexandrie d'autrefois, à indiquei les limites de la ville arabe, telle qu'elles étaient au moment de l'cx pédition française, telles que nod les avons vues encore en partie, il y une vingtaine d'années, et dont il n restera bientôt plus de vestiges, si 1 mouvement de développement d"A^ lexandrie continue.

Près du Kôm-en-Nadoûra ou forl Caffarelli et de l'Office de Santé, on trouvait encore, il y a quelques années, l'ancienne enceinte lortifiée, construite par les sulia«=»

Toulounides pour isoler et défendre la seule position alors habitée de h vieille cité.

C'est là que commençait la villiarabe, qui s'étendait d'un côté vers l'ancien Bruchion, de l'autre sur 1<J Rhacôiis. Son étendue, de i'E. à l'O., | étoit de 3 kil. environ, et sa pl"^ grande largeur d'un kiL L'Heptastadion n'y était pas compris. La partie de l'enceinte qui allait d'un porl a l'autre, en coupant l'extrémité we-

[Roiie 6j

OANAL >MAHM0UU1KU.

4taioaaIe de THepUstade eu regard I' l'espace où se forma plus tard la ^.!e turque, a été abattue sous le ^.zTie de Méhémet-Ali, pour donner

II-iLCc aux constructions nouvelles de ti ]]ace des Consuls. Cette partie âë> remparts allait de la grande place icij^Je du quartier franc au côté N.

éiiUA Caflarelli et àroffîce de Santé.

'^•*ii Ja parUe de l'enceinte qui s*é- '(*ii2it, il y a quelques années en- ^^. le long du rivage et tournait ^•<.iit au S. et à TE., vers la porte '''^'>iri et la porte Mahmoudièh, a été i^due. L'espace que cette enceinte Ci^'ussaita été nivelé; les construc- ^ as nouvelles s'y sont éle\ées en fnné. nombre; les terrains vagues a:aés au S. et à l'O. du fort Caffa- >ili se sont transformés en un quari'.'^T populeux et animé; les villages L-^bes, composés de huttes de ro- : ^^ux et de boue sécbée, appuyées '^u tronc des grands arbres, qui don- Uient à cette partie de la ville un cachet égyptien, précieux pour le i«iuriste, ont en grande partie disparu; cependant on trouve encore ^> huttes et des palmiers. Les pallâiers se trouvent au delà de la rue Itrahim ou rue des Sœurs, grande itère qui part de la place Méhémet- '^1' et traverse ce quartier; cet espace était jadis couvert de maisons ^t de monuments, dont les travaux ^construction ont mis au jour quel- *}&€« débris. Çâ et là, dans cette i^de rue, on voit encore des sépultures en ruines, des tronçons do ^duits pour les eaux, des fûts de c^'ioones brisées ; à TE., au delà du iwrtier de la rue Ibrahim, entre l'o- ^'^ne du boulevard Ismaîl et le bou- Icvard extérieur qui longe l'ancienne ^^^inte afabe, on voit encore des i^Qiiers, quelques villages de huttes '^ vit une population de fellahs ^-nus. Sur le boulevard extérieur, autour de la porte de la Co- ^n») se 3ont élevés une quantité ^ guinguettes et de bouges, qui ^'fiteat le rebut de la population!

européenne de la ville, et que l'on fera bien d'éviter. Le reste de Tenceinle arabe se retrouve entre la porte de la Colonne ou du Nil, et la porte de Rosette. C'est une assez forte muraille flanquée de tours, auxquelles dans les temps modernes on a ajouté quelques bastions, avec un largo fossé. Elle a été réparée par les Français pendant l'occupation, et, depuis leur départ, par le gouvernement égyptien. Cette muraille court ainsi au N. £. jusqu'aux ouvrages baslionnés qui précèdent la porte de Rosette. Plus au S., entre l'enceinte arabe et le canal 3Iahmoudièh, quelques monticules, dont plusieurs sont couronnés de tours et de redoutes, accidentent la plaine.

Dans cette partie, comme dans tout le reste de l'emplacement qu'occupait l'ancienne ville, il existe un trèsgrand nombre de citernes couvertes, dont plusieurs ont de très-grandes dimensions, leur voûte est soutenue par des colonnes. Leur excellente construction les a conservées jusqu'à nos jours, et quelques-unes servent encore. L'eau du canal y est introduite à l'époque de l'inondation.

Nous avons décrit plus haut \p. 274) la porte de Rosette, et la partie de l'enceinte en retour jusqu'à la tour romaine du nouveau port; nous n'avons pas à y revenir.

CANAL HAHMOL'DIKII. — JARDINS ET VILLAS.

Il reste à faire autour de la ville quelques excursions agréables : au canal, aux jardins qui entourent la ville et à quelques villas du viceroi ou des grands personnages.

Canal Mahmoudièh. Ce canal, dont le cours se confond en partie avec l'ancien tracé du canal Canopique, est d'une grande importance pour le commerce intérieur de l'Egypte; c'est par là que les produits destinés à. Texportalion arrivent à Alexandrie. Il prend son commence-

EGYPTE. — ALEXANDRIE

[Route 6]|

ment au village d'Âtfèh; au-dessous de Fouah, sur le Nil de Rosette; sa longueur totale est de 78 kil., et sa largeur de '30 met. Il a été restauré sous le règne de Mohammcd-Ali, de 1819 à t820, et a conté 7500000 fr., 250000 ouvriers y furent employés.

Du Caire à Alexandrie, par le Nil et le canal, les barques du pays mettent de 3 jours 1/î! à 5 jours, selon lèvent; pour les bateaux à vapeur, c'est une navigation de 42 heures. Le canal, en arrivant près d'Alexandrie, court du N. E. au S. 0., le long des bords du lac Maréotis; puis, vers la partie S. de la ville, il se dirige au N. 0., suivant l'ancien tracé du canal Canopique, qu'il abandonne ensuite pour faire un coude à l'O., au N. de la gare du chemin de fer du Caire, et, traversant la ville au-dessus de l'ancienne porte Gabari, il rejoint la mer à TO. de l'enceinte arabe. La rive du canal est la promenade favorite d'Alexandrie. Une belle avenue, plantée d'acacias et de sycomores, court entre le canal et une suite de maisons de plaisance et de jardins, parmi lesquels on remarquera tout d'abord une ancienne villa du vice-roi, longtemps ouverte au public sous le nom de jardin Âfoharem-betj, devenue aujourd'hui le Jardin de Nubar-Pacha, mais que l'on peut visiter, moyennant un baghchich, quand le maître de la villa est absent. A côté du jardin Nubar- Pacha, se trouve une série de beaux jardins, appartenant à des particuliers ou aux princes de la famille vice-royale. Deux jardins publics appartenant au Khédive, dont le plus grand est nommé jardin Pasiréj du nom de son ancien propriétaire, et un autre avec villa, de M. Antoniadis, sont ouverts au public le vendredi et le dimanche. Ils sont le rendez-vous de la population élégante d'Alexandrie, qui vient écouter la musique sous de frais ombrages; les bâtiments n'ont rien de particulièrement remarquable, mais

lesjardms offrent une belle vé^éi tation et des points de vue vn^ ries sur la campagne d'Alexandrie!

et le lac Maréotis ; le voyageur pourra y admirer des palmiers de diverses espèces, des bananiers, des cactus et aloès, des bambous, de ma-; gnifiques daturas, des mimosas ^ fleurs jaunes, des euphorbes rou-' ges. On remarquera dans le janlin! Pastré le figuier bengalais , recon^ naissable à ses longues tiges advcnii-:

ves qui, partant du tronc et dti branches, viennent s'implanter sur| le sol et y former de nouveaux ar-i bres, et, dans le jardin de Nubar- Pacha, un arbre du genre pin, le; eassuarina muricata. |

On peut, du jardin Pastré, regagner par des chemins assez imparfaits h porte de Rosette, ou revenir le long du canal jusqu'au moment où Ton!

arrive en vue d'une redoute appelée:

Tabiâ-el-Anab. On voit alors sou-!

vrir à dr. une large route qui ra-| mène à Alexandrie, en passant prèsj de la colonne de Pompée et traver-j sant la porte du Nil ou de la Colonne;

En continuant au contraire à marcher parallèlement au canal Mah* moudièh, on laisse sur sa dr. le fort! Tabiâ-el-Anab, et on arrive en facej du chemin de fer du Caire; îranchis-j sant le canal et laissant à g. la gare,! on atteint bientôt : . |

Les jardins du palais Gabari; i ces jardins sont bien entretenus; on| y trouve des plantations de palmiers, ; d'oliviers, des arbres fruitiers; un arrosage abondamment pratiqué y entretient la fraîcheur ; quant au patois de Gabari, comme la plupart des palais d'Egypte, il est abandonné; on remarque le large escalier qui en décore l'entrée. En avant sont disposées des tribunes en bois, dominant un champ de courses; o^l sera surpris de voir quelaues restes de morceaux de fer fixés aans le sol.

L'origine en est assez singulière : un des derniers pachas voulut un jour avoir une cour ferrée pour y faire ma-

ROUTE 7] D'ALEXANDHIK A RAMLÈH.

nopuTTcr son artillerie, cette fantaisie coâia fort cher et profita surtout aux leicrmédiaires et aux Anglais qui «nt acheté à vil prix la cour de fer abandonnée. Plus loin, vers TO., s'étendent des jardins potagers, des îbamps fertiles, arrosé» par mille pHiU canaux et bien entretenus ; le ^ufagcur qui ne craint pas de faire asiple connaissance avec les pays qu'il parcourt, pourra consacrer queliîtie'i heures à se promener au milieu ie ces jardins. Il y verra des Égypîicns, des Égyptiennes surtout, en s'rand nombre* occupés aux travaux •les champs; il pourra ainsi étudier ces types si nouveaux et si intéressants.

Des jardins de Gabari, en se rapprochant à ro. du rivage, on peut aller visiter (15 min.) les Catacomb?x. (F. p. 278), ou bien, continuant a se diriger à l'O., en traversant des plaines sablonneuses et en suivant ia côte, gagner le

Cbftteau du Mex. Ce château, qui a de loin fort bon air, est aban- •lonné, quoique sa construction ne remonte pas à plus de vingt-cinq ans. Les murs sont éraillés, les escaliers défaits, on peut entrer à âne daus la grande cour déserte; tout autour, sont des galeries, des kiosques, des tourelles, des minarets en ruine. On peut monter cependant avec précaution dans une des tours, et, parvenu sur la plate-forme, on est récompensé de la peine que Ton a prise par une vue magnifique : au N. la mer, à TE. Alexandrie avec ses maisons blanches, ses minarets, la colonne de Pompée; plus au N. E., les vaisseaux, le phare; au S., le lac Maréotis et la mer. Au-dessous, on aperçoit le sol criblé d'ouvertures par les chercheurs de pierres; plus loin, entre la mer et le lac Ma nout, se continue ce cordon liitorthi sur lequel est bâti Alexandrie ; il s'élève sensiblement, ses sommets atteignent jusqu'à 60 met. de hauteur.

Là se trouvent de grands établisse-

ments anglais dits les carrières du Mex. Plus loin encore, on ne trouve qu'un misérable village rempli de fellahs, et la longue pointe terminée par ie fort du Marabout, qui s'avance à 3 kil. dans la mer; c'est là que les. troupes françaises débarquèrent en

On revient à la ville par le village arabe de Gabari, en traversant le caral Mahmoud ièh, près de la gare, et on rentre par la rue Ibrahim.

D'Alexandrie au Caire pnr le chemin de fer, H. 9 ; — à Ramlèh, R. 7 ; — à Hosetie et à Damielle, R. 8; — an Caire par le canal Mahmoudièh et le liil, et R. de Terre, 10. — Au Caire par le chemin de fer de la rive 0. du Nil, R. il.

D'ALEXANDRIE A RAMLÈH.

A . Par !• obemiii de fer.

L'embarcadère est près des Aiguilles de Cléopàtre. Il y a des départs d'heure en henre pour les voyageurs et trois classes de wagons (V. RenaéiqnemenU géniraur). Le voyageur qui voudrait continuer vers Rosette fera bien de «e munir a Alexandrie de provisions de bouche, et peut-être, selon la liaison, de ses ânes. Ordinairement on trouve ceux-ci à Ramlèh {V. R. 8).

Au sortir d'Alexandrio par le chemin de fer, on aperçoit à gauche l'abattoir^ et, çà et là, des tronçons de fûts de colonnes de granit que les travaux de terrassement du chemin de fer ont mis à jour. Ils témoignent de la spleudeur du Brucbion sur le territoire duquel on se trouve encore. Sans t doute en ce lieu s'élevaient les palais, dont remplacement, malgré les indications des auteurs de Tanliquité et les recherches des savants modernes, n'a pu jusqu'à présent être rétabli exacte* ment.

Au delà, sur un petit pont, le seul de la ligne, on traverse un cours d'eau presque à sec pendant l'été; à

[Huuit: 7j

droite et à gauche, parmi des roseaux, se voient des villages de fellahs. Quelques minutes de plus, et i'OD arrive aux gigantesques retranchements appelés les lignes françaises. Ce sont, en elfet, des travaux de fortification élevés en 1799 par Taimée française, pour protéger de ce côté la yllie contre les Anglais: ils s'étendent depuis la mer jusqu'au canal Mahmoudiéh, au N. du palais /du prince héritier appelé Palais n* 3; leur hauteur maximum, audessus de la Méditerrannée, est de 42 met. Ils ont été élevés avec les débris de Tancienne ville, qui se terminait en cet endroit (F. p. 274).

Au sortir de ces remparts, la vue s'étend sur un horizon immense et magnifique : la mer à gauche; en face, le palais de Mouslapha- Pacha; à droite, de vastes plantations de figuiers, les jardtfM du palais n** 3 et du canal Mahmoudièh; au fond, les maisons et les palmiers de liamlèh, enfin le lac de Kkadrâf entre le nouvel embranchement du chemin de fer du Caire et le canal. Ce vaste panorama se dessine tout à coup au sortir des lignes françaises. On traverse ensuite quelques solitudes oii se trouvent des ruines formant de véritables carrières en exploitation, entre le chemin de fer et la mer. Ces ruines appartiennent à l'ancienne nécropole du N. K. d'Alexandrie, qui s'étendait sur le bord de la mer, entre le cap Lochias et le camp de César. Tout ce cordon littoral est criblé d'hypogées, dont l'âge va de la période macédonienne à l'époque byzantine. Cette nécropole servait au quartier Juif et au faubourg d'Eleusis, Les sépultures juives qui y abondent se composent d'une ou plusieurs chambres et ne se distinguent des hypogées chrétiens que par le manque d'ornementation et de peintures; elles n'offrent comme ornement^ que le chandelier à sept branches de l'Ancien Testament ou un cep de vigne ^vec des raisins ou quelques bran-

ches de palme. Ui plus grande partie des caveaux creusés dans les rocs qui dominent la mer ont été détruite ynr l'action continuelle du courant maritime qui va de l'O. à l'E. ; d'autre part, les caveaux situés en deçÀ di rivaiie, sont bouleversés par les fouilles des marchands de pien'e et desj chaufourniers. Après quelques min.,!

le train s'arrête à la station de

Moustapha-pacha. Le palais, nou-i vellement bâti, s'élève à gauche, surj l'emplacement de l'ancien chalet du même nom, qui était construit ea bois, et qui après avoir été transformé en palais fut détruit par un incendie en 1867. Le-palais actuel est un assemblage de vastes bâtimeuis, sans style, sans caractère, peints eiij jaune et comprenant, outre le palais proprement dit qui en forme le centre, une vaste caserne, des écuries, le harem, un puits surmonté d'une tour en briques pour élever l'eau au moyen d'appareils à vapeur et niémc un gazomètre. Ces constructions ont été élevées avec les matériaux enlevés à l'ancien cimetière romain qui s'étendait entre le mur d'ouest du camp romain (K. plus bas) et le cimetière arabe actuel de Sidi-Gabèr. Un y a trouvé des petites stèles ou lituli revêtues d'inscriptions latines, indiquant les noms, l'origine, la qualité, l'âge et l'état de services des légionnaires morts, déposés dans ces hypogées et dont on a découvert les squelettes entiers ou les cendres enfermés dans des urnes de terre cuite, de marbre ou de cuivre. — Immédiatement après le palais de Mustapha- Pacha, on voit les traces de

VOppidum ou camp fortifié romain, dont les ruines étaient encore intactes en 1871. On y voyait alors d'épaisses murailles fortement cimeu' tées; elles formaient un rectangle m^' surant 291 pas de long sur 266 de large, et avaient de 5 à 5 1/2 pas d'cpaisseur. Elles présentaient quatre entrées défendues par des tours rondes ou semi-circulaires ; la face N. 0. était

UoUTE 7]

KAMLEll.

très-fapprœhée de la mer; les ruines «fua vieil aqueduc s'«tcndaient à une '^>f tiie distance de la porte S. 0., elles fzisaient sans doute partie de rancira aqueduc qu*on voit au N. du ami Mahmoudièh, à environ 13 kil.

•fAifiandrie. Au centre, on voyait 1 esipJ^ement même du prétoire; en pouvait y voir encore les vestiges 'i'jLc mosaïque qui recouvrait le sol, ti su milieu de laquelle se dessi- 3it un Bacchus tenant un thyrse ; "Q lisait sur les murs de l'Oppidum .''.iscrîption suivante :

niP. CAESARI

M. AUBEL. .\NI^U>'I>'<0

AUG. ARMBiN. MKDIC. PARTII.

GERIIAN. SARMAT. MAXIM.

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