‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 145 sur 408 · D'ALEXANDRIE A · texte numérisé non relu

D'ALEXANDRIE A

L'eicunton sa fait

compagner 1b voyag

D'Alexandrie ù RaiulË min de fer ou par la r [K.a. 7,)4kil. — Audi (Bauos, p. !H4], il y a la ru nie ilirecle jusqi (7 h. de uiaruliu) que nui

de ne pa» prendre à cai

rèt qu'elle présente, el littoral p^ir ALioukir ui .Huns di^criro. ■ lort de Kamlèb [:

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nit cl de pui'pliyre latl U'iiomoie, partout niËlc ( de puleries, de vu

signalèrent u no grande quantité d*ossements en fragments très-divisés et de slatuettes, la plupart en calcaire recouvert d'une, couclie de vernis verdAlre, d'un type essentiellement égyptien et qui se trouvaient mêlées aux ossements.

De co point, laissant la route sans intérêt qui conduit directement au MaddiMi (F. ci-après), on fera bien de se diriger à TË., à travers le sable et les oasis de palmiers. Après avoir passé Bab'Kn et la maison isolée de Fellahin, qui est un point de repère dans ces solitudes, en serrant d'aussi près que possible le rivage de la mer, on voit d'abord sur les dunes, des vergers circulaires qui ne renferment guère qu'une variété de jujubiers, et bientôt après de larges tranchées pour la culture des pastèques, citrouilles, etc.... Près de la, est

Mandarahy qui répond sans doute à Taposiris parva mentionnée par Êtieiiije de byzance et par Strabon.

C'est un village arabe très-pittoresque, en partie construit des débris de colonnes antiques, qui abondent d'ailleurs sur le sable de cette localité ; on ne trouve dans ce village aucune autre ressource que du café et des pastèques. A peu de distance de là, à cinquante brasses de terre, se trouve rile des Rougets. Une barque de pôcheurs y conduira de la côte et et en ramènera le voyageur, pour 2 fr. 50 c. ou une roupie (soit 18 piastres d'argent) ; la traversée en vaut la peine. L'Ile, qui, peut-être, tenait anciennement à la terre, a une forme oblongue; son extrémité nord présente des restes de bains anliqueif très-bien conservés, taillés dans le roc à une grande profondeur et dans lesquels, par des couloirs habilement ménagés, souvent doubles, pénètre l'eau de la mer. Ces bains étaient recouverts autrefois d'un vélum qui garantissait les baigneurs des ardeurs du soleil : on en voit encore les points d'attache. L'ile possédait aussi

des bains chatids,dont les fourneau de briques sont encore apparents enfin, il y a quelques antiëes, le gc néral américain Motte ayanl fait prs tiquer des fouilles dans la parti orientale, mit au jour de nombreu sarcophages, dans l'un desquels o trouva un squelette, portant au pieds des anneaux de métal.

Revenant ensuite à terre, on pour ra, non loin de là, si le guide e* assez intelligent pour indiquer Vei droit, voir, enterré dans le sable tout près de la mer, et à envirn 1500 met. de l'endroit où l'on aur atterré en revenant de 1*1 le ^ dans 1 direction d'Aboukir, un sphinx d marbre noir, mentionné, il y a biei des années déjà, par Wilkinson.

Passant ensuite sous un promon toire parallèle à celui de Mandarab on verra devant soi les premiers forÇ d'Aboukir qui répond sans doute al promontoire de

Zephyrium où s'élevait un ten^ pie d'Arsinoê Aphrodite (Strabol XVII, p. 800). Entre les forts d 'A boukir et la mer, on voit, mis ; nu par les travaux de ces forts, le débris d'une ville immense, dont oi peut encore reconnaître la posin.'i générale. Le tracé de quelques rue a pu ôtre reconnu, mais aucun praa< édifice ne sub^iste.

Cette localité d'Aboukir ne pré sente d'intéressant que les grané souvenirs militai resqui s'y ratlachenl Le village actuel , situé à la partù 0. de la baie, est assez commerçant, ainsi que l'attestent les nombreuse^ barques et felouques, soit à l'ancrt dans le port, soit échouées sur le rivage. Ouant à la baie elle-même, elle est doublement célèbre par la bataille navale du V août 1798, oii la HoUe française fut déLj-uito par l'ami «*!

Nelson, et par le combat du 25 juiH?' 1799, où Bonaparte, avec 6(X)0 bommcs, anéantit une armée turque t^e 18000 qui venait de débarquer.

La flotte française, qui venait rte transporter en Egypte Bonaparte et sa

RODTfc 81

ABOUKJK

'rtiine, éUit momllée temporai récent dans ift rade d*Aboukir, le peu é-* profondeur des passes ne lui ayant f:> permis d'entrer days le port d'Aknn!rie. Las treize vaisseaux de hai bord dont elle se composait se (iîp.oyaient en une ligne semi-circu- U.v, parallèle au fond de la baie.

Il fUit ti h. du soir : Tamiral Drueys ^t fm-enu que des voiles anglaises * s; en vue, se dirigeant vers la baie. '>uit Tamiral Nelson qui, après i^Ar couru toute la Méditerranée à U recherche de la flotte française, irisdSi avec son escadre j forte égai^^cnt de 13 vaisseaux de ligne, dans 'u^iention de nous livrer bataille.

Bmeysjpris à Timproviste, ne croyait F'^> à un engagement immédiat; ^is Tamiral anglais avait conçu un t'an d'attaque dont l'audace môme «'■ira la réussite. Six de ses vais- '•nx eurent ordre de tourner la ?iuctie de la ligne française, enfrancbssant, sous Tiiot d'Aboukir, une pis^e étroite et dangereuse que l'amifai Brueys, avait regardée comme inabordable, et d'aller se placer en în-il-re de notre escadre ; le premier iiiiraent échoua sur les bas-fonds, °^ais les cinq autres réussirent à prendre position entre notre ligne <>'(:tu bossage et la terre. Pendant ce '^eaïus, Nelaon avec ses sept autres uisseaux s'était déployé sur notre •f"jiU, de sorte que Brueys se trouva ''3c«'; entre les deux feux de la dou- 'i^K ligne ennemie. La bataille s'en- '^î.'ea; elle fut terrible. L'irrésolu- M (la contre-amiral Villeneuve, qui ^^Qimandait les cinq vaisseaux de ••'>tre droite et son inaction au fort '^J combat, engagé au centre et à wire gauche, la rendit désastreuse, '•^fniral Brueys fut tué sur son banc •^^ quart; notre flotte tout entière, V'^W quinze heures d'une lutte achar- ^"•«j fat détruite, à l'exception de ^'Qt vaisseaux que Villeneuve ra.- ^«ûa à Malle. Le combat naval d'A- '- 'ukir eut un immense et sinistre re- ^BUssetnent. Cet événement pouvait

amener la perte immédiate de l'expédition, quMl priVait de toute communication avec la France ; le génie de Bonaparte sut pourtant tirer parti de cet isolement même et communiquer à ses soldats une force et une éner* gie nouvelles.

La bataille du 35 juillet 1799 fut une revanche plus brillante que fructueuse de ce grand désastre.

18000 janissaires, les meilleurs soldats de l'armée turque, venaient de débarquer à la pointe d'Aboukir, protégés par une division de la flotte anglaise. Une redoute, occupée par une poignée de nos soldats, avait été aisément enlevée, et Marmont, qui commandait notre division d'Alexandrie, avait trop peu de monde pour marcher à l'ennemi. Bonaparte, de retour de l'expédition de Syrie depuis deux mois à peine, était au Caire. A la première nouvelle du débarquement, il réunit ce qu'il a sous la main, 6000 hommes environ, ei accourt en toute bâte. Les Turcs avaient pris position dans la presqu'île d'Aboukir. 6 à 7000 des leurs, retranchés dans un village et sur deux mamelons, couvraient la presqu'île :1e reste, au nombre de 12000, occupait le village môme d'Aboukir, en arrière de cette première ligne. A peine arrivé sur les lieux, Bonaparte ordonne l'attaque. Le premier village est enlevé, les mamelons déblayés, les Turcs sabrés ou poussés à la mer. Le gros du corps ennemi s'était lancé en avant au bruit de la fusillade ; nos soldats, soutenus par la cavalerie de Murât, les rejettent sur Aboukir, et les acculent au rivage où tous périrent jusqu'au dernier, sabrés, fusillés ou noyés. Cette impétueuse exécution n'avait durée cjue quelques heures. Cette victoire resta d'ailleurs stérile et ne put assurer l'avenir d'une conquête déjà séparée de la métropole par le blocus maritime, et que l'abandon de Bonaparte allait bientôt réduire à elle-même.

\ Après quelques instants donnés à

ÉOYPTfî.

la contemplation de ces champs do bataille, de la presqu'île, et des Ilots qui portent encore les noms d'Âboukir et de Nelson, on laissera le village, et se dirigeant Ters le S., on longera les bords de l'ancienne bouche CanopiquBj pour arriver au Maddièh, mot arabe qui signifie passage, gué; quelques huttes de pécheurs, parmi lesquelles se trouve celle du batelier qui doit faire passer aux voyageurs ce vestige de la bouche Canopique du Nil, sont tout ce qu'on voit à cet endroit. La branche Canopique, qui réunit aujourd'hui le lac

rhonneur de « Sérapis in Cano]>o ».

La fameuse pierre trilingue trouvée à San (l'ancienne Tanis), et connue soui le nom de Décret de Canope {V, R. 13, § III), nous montre qu'au lecjp> de Ptolémée Évergète l'*", en l\i.-.

238 avant J. C, Canope était la ca;)itale religieuse de la contrée j c('>i dans cette ville que se réunit le cler^'<i d'Egypte pour voter une adresse ilc remerciements au roi et à sa {eman' Bérénice.

Cette ville offrait, dans des templcv à la fois nombreux et spacieux, une hospitalité empressée aux étrangen*.

d'bidkô avec la mer, parlait ancien- | et particulièrement aux faabitanb

nement de la pointe du Delta, courait dans une 'direction qui se rapprochait de la chaîne libyque, dont le cordon littoral d'Alexandrie n'est que le prolongement; elle est aujourd'hui en partie comblée, en partie occupée par le canal Mahmoudièb.

C'est près de là que s'élevait , d'après les données des anciens, la ville de Ganope,et un peu plus loin la ville d'Héraclée, près de laquelle Ulysse et ses compagnons vinrent échouer.

Aussi, celte embouchure du fleuve •portait-elle le nom dUéracléoiiquej aussi bien que de Canopique. Le temple d'Héraclée, dédié à Hercule , existait encore au temps d'Hérodote et même de Slrabon.

Canope, éloignée, suivant Strabon, de l'iO stades d'Alexandrie, était située à ro. de la bouche canopique du Nil; la ville, malgré les assertions des Grecs et des Romains, qui faisaient dériver son nom de Canopus, le pilote de Ménélas, parait avoir eu une origine égyptienne, fort reculée.

D'après les documents égyptiens elle s'appelait Pagouat; les auteurs modernes ont cru pouvoir, sur la foi d'un passage du rhéteur ^Elius Aristîdes, rapprocher son nom grec de deux mots copies Kaknnoub qui signifieraient la terre d*or, xpuaoùv lda9oç. Elle possédait un temple de Sérapis: on a trouvé dans les ruines d'Alexandrie une inscription en

d'Alexandrie, qui s'y rendaient e.; foule par le canal, pour s'y livrer à la joie et aux divertissements, le canal, sillonné de barques, relenii^sait nuit et jour de chants et de propos libres ; la licence de ces amusements était devenue proverbiale, et Sénèque disait de Canope : « Nul habitant de Canope ne peut se dire sage, mais le sage véritable y peut résider sans perdre sa qualité m son nom. ' La branche canopique, aujourd'hui desséchée, était, comme on sait, la branche la plus occidentale du Delta; à sa droite s'étendait le nome Elaitique, ainsi nommé du frère du premier Ptolémre.

Au Maddièh se trouve le point de jonction entre la route littorale qu" nous venons de décrire et la roule directe que nous avons laissée de côté (F. p 28f)). De là, jusqu'à une distance de 60 kil., s'étend, au bord de la mer, que l'on devra suivre, une longue continuité de sables : entre la mer et les forts qui, de 1200 en l'iUO met., gardent cette côte, règne un espace de 400 met. env.; peut-être !«'"' derniers débris d'Héraclée, dans une contrée où les matériaux de construction sont si rares, ont-ils servi a construire ces forts.

De même que d'Alexandrie à Abou-

kir, on a suivi le cordon littoral q"' s'étend entre la mer et le lac d'Aboukir, de même désormais on siûv^^

[Hou TE 8] b'ALEXANDHIE A ROSETTE.

kIuî qui sépare le lac à*Edkô de la ïéditerraoée.

Le voyageur fera bien de suivre, <i lussi près que possible, le bord de U mer, parce qu'il pourra y trouver u& grand nombre do coquillages fort Tves, parmi lesquels se rencontrent le ianline «rrttl^a, remarquable par sa eoaieur Ulas, et qui servait à faire 13 ftoeuse pourpre de Tyr,

Sous le quatrième fort, à partir du Maddièb, on apercevrai dr. la tombe •iuD sarUon où Ton trouvera un réservoir rempli d'eau fraîche, chose précieuse dans ces solitudes; une pe- '»ie mosquée se trouve auprès. On p^ut y faire halte pour déjeuner.

Aa delà das danes de sable, assex életre& en cet endroit, on aperçoit le som* 3et d'aa minaret : c'est celui de U prin- 'iptle mosqaée d'Bdkô; le voyageur peut '•carter de sa route et pousser jusque - 13. il trouTera une ville véritable, enf'.'ocee dans les sables qui l'entourent de toQtes parts, très-original? et absoluoent arabe ; les rues ou plutôt les ruelles 4'Edk6 sont très-montoeuses, les maisons semblent s*entasser les unes sur les antres.

On continue à suivre le littoral encore, quelque temps, jusqu'à ce que loQ prenne la voie tracée par le pied des chameaux, des ânes et des mulets, qui s'engage dans la direction <lu S. £., et que marquent, çà et U, de petits monuments modernes en briques, hauts de 3 met. 50 c. envi- [<>n, recrépis à la chaux et au nombre de six. Le sixième offre au voyageur une citerne et un peu d'eau pins ou moins fraîche : tous sont d'un y4i aspect et d'architecture morestue. Puis, des sables encore, pendant prè.< d'une heure; enfin Ton aperçoit in bois de palmiers, qui annonce la .THiimité de Rosette.

HoMtte, en arabe Reichid, fondée ^r un des khalifes en 870, est située ^r ia rive occidentale de la seconde ^noche occidentale du Nil, appelée ^^irefois branche Bolbitine. Elle ^f^it jadis une grande Importance;

OatKNT II.

bâti à 5 kil. de la mer, son port était, il y a 100 ans, plus fréquenté que celui d'Alexandrie; sa population»

qui était au commencement de ce siècle de ?oOOO habitants, s'est réduite à 14 000, et une grande quantité de ses maisons sont en ruine.

La ville est entourée de remparts qui ne tiendraient pas un seul instant devant l'artillerie moderne ; ils sont au plus capables de résister à une invasion de Bédouins; ces remr parts ne manquent pas d'ailleurs de couleur orientale. Rosette n'a ni hOtels, ni auberges, mats l'hospitalité est offerte au couvent des Pères de Terre-Sainte à quiconque en fait 1« demande.

Malgré sa décadence amenée par le déplacement commercial qui s'est fait à l'avautage d'Alexandrie, Rosette est encore le centre d'un commerce assez important ; c'est le grand entrepôt de riz de l'Egypte : on en voit partout, sur les bateaux, sur les quais, dans les rues. De vastes usines le préparent, l'épurent, le décortiquent.

Ouant à la ville elle-même, en dehors des quais où la civilisation et l'industrie modernes ont pénétré, elle présente un admirable caractère oriental, curieux à observer, surtout par une nuit de Ramadhan. Les bazars sont bien garnis, bien achalandés et mieux fournis d'articles d'Europe que ceux d'Alexandrie.

Jardins de RoteUe. ( Baghchich au gardien, 3 ou 4 piastres argent.) Ces jardins, situés sur les deux rives du Nil, en amont de Rosette et remplis de bananiers, d'abricotiers (en arabe mich-mieh)f de sycomores et de dattiers, plantés sur le limon même du Nil, ont une fertilité extraordinaire, et on y jouit en toute saison d'ombre ei de fraîcheur; les narcisses {narcùsus TareUa) couvrent le sol, fleurissent deux fois par an et leurs fleurs embaument l'air.

En rentrant dans la ville, on ne peut manquer d'admirer son caractère tout à fait oriental, les moucha-

rabis^ ou grillages de bois, fort bien sculptés, qui garnissent toutes les fenêtres et surplombent la rue; presque toutes les maisons sont supportées par des colonnes antiques, de granit et de porphyre, mais les Arabes, dans leur barbarie, les ont renversées, de manière à mettre le chapiteau en bas et la base en haut.

Toutes les colonnes . des mosquées proviennent des restes antiques qui abondent en ce lieu. Sur une place, au bord du Nil, et presque au cen*tre de la ville, s'élèvent encore de grandes colonnes qui supportaient peut-être les parties hautes d'un temple.

Parmi les monuments plus récents, nous citerons nombre de pierres employées soit aux soubassements, soit aux linteaux des portes, et couvertes d'inscriptions arabes; ces pierres proviennent presque toutes d'anciennes fontaines érigées par la piété musulmane ; tel est, du moins, le sens de presque toutes les inscriptions qui les recouvrent. Aucun grand édifice n'a pu d'ailleurs être restauré.

Huant aux remparts de la ville, il est bon de les suivre à l'extérieur et dans tout leur pourtour ; on trouvera, à ro., une porté flanquée de deux tours, qui a un caractère archi> tectural tout particulier ; elle est de construction relativement moderne et ne doit pas remonter au delà du XVI" s.

La fameuse pierre bilingue dite Pierre de RoseUet qui a été le point de départ de toutes les études hiéroglyphiques (F. p. lOô), a été déterrée en 1795, par les ingénieurs français, en creusant les fondations du fort Saint-Julien, situé à 3 kil. environ au

N. de la ville.

L'endroit où se trouvait autrefois la branche bolbitique du Nil peut se reconnaître à 'A kil. 1/2 environ au S. de la ville ; il suffit pour cela de gravir la cuiiine Abou-Mandour, qui pst surmontée d'un télégraphe en iuinc.

De RosetU •« QaiM «t à 9tm

On peut revenir de Rosette à drie ou au Caire par Atfèh en reo le Nil.

De Rosette à Atfèh, la navigatlc sente peu d'intérêt ; les stations pales sont(i5 kil. 3/t} Berimbal(rii (6 kil. 5) Metottbii (rive dr.), site ville antique de ce nom; (9 kil.] dioon (rive dr*) et Deiroul» en celle-ci sur la riveg.,repré8entetttj les vestiges de deux villes incoi on atteint (6 kil. 1/2) Atfèh (37 kil. sette) à l'embouchure du canal de] moudièh, station importante de la ( du Caire, avant la coBstructàon min do fer. D'Atrèh au Caire, {V. R. 10 ). Le voyage de Rosi Caire par cette voie demandait 4 jours au moins, suivant le vent. ' le fait plus.

Enfin, si l'on tient à pousser plo le long des cordons littoraux do on peut louer des ânes ou des chevi Rosette et se diriger en côtoyant jusqu'à Damiette. Le voyage d'i drie à Rosette était déjà pénibi ci Test encore plus. Le trajet 130 kil. environ et demandes ' on se décide à VentreprendrSj bon de partir de très-grand fera bien aussi, et les Pères Sainte faciliteront la chose geurs, de se munir de proi d'un mot de recommandatioi ficier supérieur européen Rosette, pour tous les coi des forts situés le long do celle - ci , du reste « ne pi ' d'intéressant : à peine quel râbles masures de loin en loi de sable, de mer et de ciel b| au-dessus de la tète. On fera tentîon de ne pas s'attarder et se laisser surprendre par la ces solitudes, ob Ton pent par les Bédouins. Pour cette un guide très-sûr, sur lequel] compter pour la connaissaaf du chemin et la distributioi qu'on doit employer à le par(

Après avoir franchi la Rosette, en face de la vi dirige d'abord au N.pour les terrains inondés, puis vers TE., on longe la ban< comprime entre la mer

OLTE 8]

Route 9]

D'ALEXANDHIfi AU CAIHE.

e Bourlos (Bohatret • Bowlot), qui résente, à (50 kil.) El-Bourqj une >iipure qu'il faut francbir en barque.

près avoir dépassé le cap Bourlos iat'Bourloi) marqué par quelques unes, on incline un peu au S. Ë., uàqu'à (40 kil.) HMcM^oun^ nouvelle :i.upure correspondant à uu canal s^vigable seulement dans la crue du Nil, «t Ton atteint (30 kil.) la bran- :btf de Damiette, d'oii l'on gagne, Oit en remontant la rive du tleuve, oit en barque, la ville de (8 kil.) UmieUe (K. H. 13).

O'ALEXANDBIE AU CAIRE,

^AR Le CHEMIN DE FER DE LA RIVE ORIENTALE.

:i« ktl. — Trois trains par jour; un nprets en 4 heures et d«inie et deux ^«iinaires en 6 heures. En hiver, le pain express dans Tune ou l'autre ditect.on part à 8 h. du matin pour arriver a midi 1/4. En été, il part le soir à h- p*^ur arriver à 10 û. I/-2. (V. Renseit^fmtnti généraiLT.)

Histoire. ~ Ce chemin de fer fut )t premier construit en Orient; exétuiè par le célèbre ingénieur Ste- ^f-nson, et terminé en 185â, il ne \U qu'une somme minime, grâce b nature du terrain qu'il traverse Hui n'a nécessite ni tunnel ni via- • Les ingénieurs qui ont confit le chemin de fer d'Alexandrie '^Aire, dit M. Paul Merruau {VÉ- Mntempifraine y 1858), n'ont <:u de grandes difficultés à vain- ^'Hte partie de TÉgypte offre une Ve tellement plane, qu'on a été susé d'y faire ce qu'on est con- ^ d'appeler des travaux d'art, ^î-«U. viaducs, etc. Le chemin tra- ^^' indépendamment d'une mulâe canaux qui forment comme 'y^me veineux de cette terre, :*' ;;rindcs arlô.rt'S, la branche de '^leuHa branche de Damiciti^. »»

En réalité, on n'a eu que des ponts à construire.

Degcription. — L'embarcadère des voyageurs situé au S. de la ville, près de la porte de Moharem-Bey, ne présente rien de monumental. Au départ, la voie ferrée passe à proximité de la promenade du canal, du palais de Ramlèh et du lac de Kbadrà, pour franchir ensuite le canal au delà de la maison carréty près de laquelle se détache la nouvelle ligne de Rosette. Le canal étant franchi, la vue s'étend au loin à dr. sur le lac Maréotis. « Ce lac était autrefois rempli d'eau vive et contenait une grande quantité de poissons. Les Anglais, en y introdui.sant les eaux de la mer, en 1801 (K. p. 41), en ont fait un immense marais qui dépose une couche de sel et infecte Alexandrie de ses miasmes pernicieux. Dès le temps de Mohammed-Ali, il avait été question de rendre cet immense terrain à la culture. On aurait commencé par l'inonder d'eau douce, qui aurait lavé les terres et y aurait déposé un limon fertile; malheureusement, l'exécution de ce projet a du être ajournée. La première impression du voyageur qui s'éloigne d'Alexandrie est toute de tristesse à la vue de cette plaine inculte, çà et là baignée par une eau stagnante que le vent ride à peine. » Au bout de 15 min., la chaussée est isolée au milieu du lac, et l'on ne voit plus que les rails, ainsi que les poteaux et les fils du télégraphe électrique. Bientôt l'on sort du lac et Ion traverse des champs cultivés, le long du canal.

Kafr-Douar (28 kil.), la première station,- n'offre rien d'intéressant, et l'aspect du pays est très-monotone.

Il a cependant bien gagné, grâce au canal Mahmoudi^h, depuis l'époque où le générai Bonaparte y faisait ses deux premières étapes sur la terre d'Kgyple, et où les plus braves, I^nnes et Murât, se livraient à la tristesse» et au découragement. Apio-j H voir pab^é (IR kilom.; la Nlaiioa d#

Abou-Hommo8, où le canal Mahmoudièh tourne à TE. pour rejoindre la branche de Rosette à Âtfèb, on atteint la station importante de(16kil.)

Damanhour (62 kil. d'Alexandrie, embranchement projeté sur Dessuuk, première station où s^arréle Fexpress) ; c'est un gros bourg qui s'annonce de loin par de hauts minarets octogones; de près, ce n'est qu'un assemblage informe d'habitations en briques crues; un cimetière arabe, avec une petite mosquée eu terre et un hameau ombragé d'un beau bouquet de palmiers au S.,, lui donnent cependant un peu de pittoresque ; cette ville, assez, importante par le commerce dont elle est le centre, est le ch.-l. de la province de Béherrah et très-riche en produits agricoles; elle possède des manufactures de coton.

C'est près de Damanhour qu^en 1798 Bonaparte, qui avait devancé l'armée et se trouvait presque sans escorte, faillit être fait prisonnier par les mamelouks.

• Au delà do Damanhour, commence un paysage qui rappellerait entièrement la Hollande, sans les palmiers, l'azur inaltérable du ciel et Taspect de la population. C'est la nature du Delta qui commence. A une plaine immense où l'horizon n'est fermé par aucune élévation de lerrain, succèdent des champs admirablement cultivés et entrecoupés de mille canaux qui se croisent dans tous les sens, et qu on pourrait comparer aux mailles d'un ûlet jeté à terre. Ici, s'élèvent des villages composés d'une trentaine de huttes, construites avec de la boue; là, des villes en pierre, surmontées de minarets et de coupoles, et abritées çà et là par des bouquets de palmiers. La population est laborieuse, active. Point de ces noirs couchés comme des lézards, le dos au soleil, pendant les heures de travail. Les uns puisent de l'eau pour l'arrosage des terres, les autres lient les gerbrs de maïs. Nous

n'avons jamais vu d'habitations humaines donner une imitation plus parfaite d'une ruche en travail, que tel village, aux rues étroites et sinueuses, où notre œil plongeait du haut des wagons. * (Merruau.)

Une statue de granit représentaut Ramsès II a été récemment découverte dans les décombres qui avoisinent Damanhour. Le nom hiéroglyphique de la localité ne s'y trouve malheureusement pas.

On arrive ensuite à (26 kil.) la slation de Tell-el-Baroat, tête de lipne du chemin de fer de la haute Ég>'ptc.

passant par Boulaq-Dakrour près du Caire, rive g. du NiL {V. R. 11.)

A une petite distance de Tell-el- Barout, on atteint (1 h. 5 min.) le Nil ou plutôt la branche de Rosette. pr('> du village de Dahari; on passe 1<> tleuve sur un beau pont de fer de douze arches qui reposent sur des piit^^ creuses en fonte. Ce pont a coûté environ dix millions de francs. Avant sa construction, le convoi traversait le Nil au moyen d'un bac élevé sur de hautes colonnes, qui venait prtndrc tes wagons trois par trois. C'c>t là que, sous le règne de Saïd-Pacha.

Ahmed -Pacha, héritier présomptif du trône, se noya en 18&6, le train qui le portait ayant par accident êtc précipité dans le fleuve. Au delà du pont, on entre dans la gare de (1? kil.)

Kafr-6l-ZaIat (106 kil. d'Alexandrie), qui marque environ le milieu du chemin. Les trains s'y arrêtent plus ou moins longtemps, mais toU' jours au moins un quart d'heure, on y trouve un assez bon buffet; la table d'hôte coûte environ cinq francs.

A un quart d'heure de la ville ><?

trouvent les fameuses ruines de Sai>.

dont nous parlerons plus loin. (!• R. 10.)

Nous entrons maintenant dans le Delta proprement dit, compris entre les deux grandes branches du Nil et coupé lui-même de canaux innombrables. On ne peut contempler sau^

[Route S]

D'ALEXANDRIE AU GAIHK.

admiration celte plaine .sans fin recouverte de si riches produits et par* sffflée ci et là de petits villages fel- !ibs dominés par des touffes de palmiers.

Taiitah (18 kil.), capitale de la

province de Garbyèh, est une grande

et nnportante ville de 60000hab., qui

renferme un des palais du vice-roi

^i U belle mosquée de Seid-el-Bé'

éaotij avec un dôme ogival et un

ttaa minaret octogone. Cette ville

^^t célèbre par ses trois foires, dont

.2 plus considérable a lieu en avril,

eo l'honneur de Seîd-Ahmed*el-Be-

daoai, saint musulman, né à Fez en

\% de rhégire, 1300 ans après J. C.

Ed revenant de la Mecque avec sa

&mille , il s'établit dans ce lieu, oti

il fut enterré. Chaque foire dure huit

joui^ et plus de deux cent mille per^

^•nnes 5t*y rendent; le champ de

luire occupe un vaste espace au pied

de la ville : parmi les affaires les

plus importantes qui s'y traitent, il

faut citer les ventes et les achats de

beHiaux venus de tous les points de

rt:gyptc.

Taniah possède un hôpital, un service de la poste et du télégraphe, une (•«rlise catholique et les agences consulaires de France, d'Angleterre et •les États-Unis.

(\ Taniah s'embranchent : l*i l'E. la iune de Damiette, par Samanboud, Ma- Uiiet-Rokb, Mahallct-el-Kébir, Talkah <*Q face de Mansourah, Chirbin et Damtette (lis kil.). Celte ligne donne plus lain à Maballet-Hokh les embranchements <ie Ziftê (î4 kil.) et de U9$»ouk (75 kil.); ?aa S. l'embranchement de Chibin-el- ^t^oaoi (30 kil ). Chacune de ces lignes ttt desservie journellement par un train <iiQs chaque sens.J

Au delà de Tantah, le chemin se <iirige au S. S. E. à travers de riches cultures, coupées d'un nombre é- Borme de canaux.

Birket-as-Sab (18 kil ) est une ^UiioD peu importante. Le chemin «le fer traverse la branche d« Damions sur un pont semblable à celui

de Kafr«el-Zalal. A peu dt; distance, se trouve le beau palais d'Abbas-Paeha, grand édifice de style italien, construit dans une belle situation au bord du fleuve, et un de ces énormes monticules de décombres, qui annoncent en Egypte le site d'une ancienne ville; on arrive à (22 kil. 5)

Benhfl-l-Assal (la ville du miel) située à 165 kil. d'Alexandrie et 45 kil. du Caire, station importante, sur le bord de la deuxième branche du Nil, qu*on vient de traverser sur un beau pont. Elle exporte abondamment la denrée à laquelle elle doit son nom, ainsi que des oranges et mandarines, qui sont trèsestimées. A quelque distance au N. R. , se trouvent le» ruines de Tancienne Athribis (Hd-ta-ah-ra), C'était la capitale du nome Alhribite ; elle était située sur la rive gauche de la branche tanitique du Nil. Ammien Marcellin range cette ville parmi les cités les plus considérables du Delta, au IV" 3. de notre ère; on donne quelquefois le nom de fleuve athribite à la ponion supérieure du bras tanitique du Nil; sous les empereurs chrétien'^, elle fit partie de la province Augustamnica secunda.

Les ruines de la ville sont situées au point oii commence le canal moderne de Moueys; elles consistent en un énorme amas de décombres indiquant une ville considérable, où l'on reconnaît la trace d'une rue draiie, longue de l kil. 1/2 de l'R. à TO., coupée au centre et à angle droit, par une autre rue de 1200 met. du N.

au S. A ro. de leur entre-croisement est une esplanade où des fouilles exécutées en 1R'>2 pendant la construction d'un palais ordonnée par Abbas- Pacha, ont fait retrouver les restes d'un temple assez considérable, élevé probablement à Horus. La collection Cloi-bey, déposée aujourd'hui en partie au Louvre, en partie dans le musée fiorelly (Marseille), a surtout I profilé de ces fouilles. Sur Tune des I architraves tombées du temple, on

lisait une iiiscriplion portant la date de Ja neuvième année de Tibère et de César Germanicus; dans une autre partie du temple, on a trouvé un cartouche de Ptolémée XII, fils aîné de Ptolémée-Aulotes.

Au N. de la ville, une double chaussée semble indiquer les berges d'un ancien canal ou des restes de fortifications.

Le musée de Boulaq possède d'Âthribis un buste de porphyre rouge, représentant un empereur romain^ probablement Maximilien- Hercule, et une pierre avec douze lignes de texte gravé en langue grecque.

Elle appartient au règne simultané des empereurs Vaientinieii, Valons et Gratien; la pierre a été sans doute enlevée à Tun des temples d'Âthribis; on y voit encore, en effet, une corniche égyptienne ornée de deux cartouches alternés. L'un de ces cartouches est celui de Psamétik I (xxvi* dynastie); dans l'autre, on retrouve, malgré le martelage, la légende de Sabacon (xxv" dyn.). (K.

Musée de Boulaq, n*** 16 et 17.)

A Benhà se détachent rembrancbement de Zagazig, Ismaïlyèh et Suez (305 kil.) et de Mansourahpar Zagazig (lis kil.).

De Benhà au Caire, il n'y a plus qu'une petite heure de trajet. Le pays perd sa verdure, mais la ligne courant vers le S.» on passe à (12 kil.)

Touchf où l'on aperçoit pour la première fois les deux grandes pyramides de Gizèh. A la station insignifiante de (19 kil.) Kalioub, on verra, vers ro., les grandes tours de briques qui s'élèvent aux deux extrémités du barrage du Nil. Bientôt, se dessine, derrière les Pyramides, à ro., la chaîne libyque, tandis qu'à l'E. se dresse la chaîne arabique en avant de laquelle se montre le promontoire du Moqattam, qui porte la citadelle et la mosquée de Méhéraet-Ali avec ses deux minarets élancés ; au pied de la colline, on voit resplendir les coupoles et les mina-

rets du Caire. Franchissant le cani de Cherkaoui, on lais.se àdr. le pala de Choubrah et sa belle a vende i sycomores, à g. l'immense palais ( l'Abbasyèh. Quelques minutes encor et Pon arrive au débarcadère d

Caire (F»R. 12).

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