AOCJTE 10] LE CANAL DE MAHMOUDIÉH
Anglais en 1799 ont rompa les digues du eanal pour permettre aux eaux maritimes d*envahir le lac Mariout
r.p.41 et p. 291); depuis, on a rép^é cette brèche, d'où le nom arabe de ce lieUy El-Sedd.
Le canal Mabmoudièh suit pendant
quelque temps Tancienne branche
casopique du Nil et le vieux canal de
Pouè, et court parallèlement aux
koTife du lac Mariout, dont il n'est
tMgoé qae d'un kil. environ; un peu
anot d'arriver au petit village de
Ei-Béda^ il laisse sur la dr. le lit de
ancien canal d'Alexandrie au Caire,
:'idirafièhy qui rejoignait le Nil un
peu au-dessous de Kahmanièh, et
J se rapproche de la ligne du che-
lOin de fer d'Alexandrie au Caire;
;»ot$, tournant à TE., il passe près de
()4 kii.) NéchoftLy qui s'élève à une
petite distance de la rive, à g., et
marque peut-être l'emplacement de
Tancienne
Scliédia : cette ville devait son nom grec au pont de bateaux établi ^n cet endroit, et oii l'on percevait un droitsur les voyageurs et les marchandises ; le nom moderne Néchou vient peut-être aussi du mot copte iVtc/ioi, qui signifie les bateaux. Au temps de saint Athanase, Scbédta était le siège 4 un évéché. La distance en ligne droite d'Alexandrie à Nécbou est à peu de chose près celle assignée enire Alexandrie et Schédia : 4 schoenes cquivalant à environ 23 kil.
Les ruines qui commencent un peu an N. du village s'étendent sur CD espace de plus d'un kil., jusqu'à Textrémité S. de longues diiçues de terre; celles-ci, établies sur quatre lignes presque parallèles, ne portent aucune trace de construction et paraissent avoir été produites par le recreusement de l'ancien caûai qui passait probablement entre elles. Les ruines consistent en un amas confus de pierres, tuiles et briques. Deux monolithes de granit ^ès^iustes poftent le nom de Kam- ^ le Grand et quelques autres in-
scriptions. Des restes de grands murs s'élèvent au S. £. de ces fragmenta et indiquent l'emplacement d'anciennes citernes; leur construction rappelle beaucoup celle des monuments de même nature que l'on voit encore en Italie et aux environs de Tunis; les murs construits en pierre ont aujourd'hui à peu près 5 met. de hautteur; on en reconnaît douze très-distinctement, mais il y en avait un plus grand nombre ; l'espace qui s'étend entre eux mesure 215 pieds de long sur 27 de large. Ils formaient ainsi de longues galeries, qui servaient de citernes.
On arrive ensuite à (4 kil., rive g.) Kérionn où se trouve une verrerie, et un peu plus loin une poterie : en cet endroit le canal s'élargit; l'antique Chere« s'élevait sans doute à peu de distance, et les anciennes villes de Anthylla et Arohandronpolit devaient être dans la plaine qui s'étend entre le canal Mabmoudièh et le lac d'Edko.
Après avoir laissé à g. le petit village de Birket-Gettas {Birket, en arabe, veut dire l'étang), au N. duquel sont quelques ruines sans intérêt, on traverse le lit de l'ancien canal, on atteint (8 kil. à dr.), Kéroué, bâtie sur la route qui longe le canal; dans la plaine qui s'étend à TE. et au S. E. de Kéroué, se trouvent quelques ruines. Le canal et la route continuentàse diriger presque en droite ligne au S. £. ; après (7 kil.) Zané' el--GaMalf la route se sépare du canal pour allerèDamanhour; le Ifahmoudièh tourne au N. B., après avoir dé* passé l'embouchure du canal ÀboU" Dibab, sur lequel se trouve Daman«hour, à une distance de 8 kil. environ (K. p. 292, a). Continuant à se diriger au N. S., on contourne une plaine basse qui se remplit d'eau pendant rinondation et sert ensuite à alimenter le Mahmoudièh d'une eau sans limon ; on atteint (9 kil.) un pont déversoir et (S kiL)
Atflèh (60 kii. d'Alexandrie), con-
[Route 10
struit à la prise du canal Mahmoudièh sur la branche de Rosette. Ce n^est plus qu'un misérable village^ rempli de chiens et de poussière ; mais celui qui de là aperçoit le Nil pour la première fois, est frappé de la vue du fleuve et de l'horizon qui s'ouvre devant ses yeux, surtout après une longue et monotone navigation sur le canal : en hiver et en automne, le chasseur y trouvera beaucoup de gibier d'eau, des bécassines surtout.
D'Atfèhau Caire, on remonte le Nil en barque ; la distance est de 255 kil. La durée de la navigation varie selon que le vent est plus ou moins favorable. Presque en face d'Atfèh, sur la rive orientale du Nil, s'élève
Fouah (6 kil. rive dr.), dont on aperçoit de loin les nombreux minarets. Là s'élevait autrefois Métélis (en copte MelegouMeledg). Au temps de Léon l'Africain, c'était une vraie cité commerçante : l'histoire ajoute que les femmes y jouissaient d'une grande liberté et pouvaient, durant la journée, se rendre où il leur plaisait: les environs abondaient en palmiersdattiers. Pendant les croisades, les chrétiens pénétrèrent jusque-là, sous le règne de Malek-Adel, pillèrent la ville et en remportèrent un riche butin. Au xv" siècle, le célèbre voyageur Belon citait Fouah au nombre des villes les plus florissantes d'Egypte, .^i) ans après la conquête du sultan Séiim, vers la môme épo> que à peu près, elle n'avait de rivale que le Caire.
Aujourd'hui, cette petite ville, assez industrieuse, fabrique des tarbouches ou fez; la culture desdat^ tes n'y offre rien de plus que dans les cantons environnants. Quelques blocs de granit indiquent seuls l'emplacement de la ville antique : comme à Rosette, ils servent de supports à l'entrée des maisons, ou en surmontent les portes : on peut déchiffrer, sur leui's inscriptions hiéroglyphiques, les noms d'Apriès et autres rois de la xxvi* dynastie saïle.
Fouah, en arabe, veut dire garance.
Cette plante tinctoriale y était autrefois abondamment cultivée.
On laisse sur la rive dr. plusieur;^ branches du Nil qui se dirigent vers le N. et alimentent le lac de Bourlos et l'on atteint (12 kil.)
Bessouk (rive dr.). Cette ville noffre qu'un intérêt médiocre : elle est le but d'un pèlerinage annuel des musulmans en l'honneur de Cheîkh-Iforahim, personnage qui occupe la seconde place, sur leur calendrier, après Seîd-Bédaoui de Tantah (T.
p. 293, a) : on peut, de Dessouk, se rendre, parchemin de fer, à cette dernière ville (K. R. 9).
On laisse sur la dr. les bouches de deux canaux : le premier que Ton rencontre est VAchrafiihj Tancien canal de communication entre le Nil et Alexandrie, dont nous avons reconnu les traces en décrivant le canal Mahmoudièh; le second, qui prend naissance dans le Nil, e<x le canal de Damanhour^ qui vient se réunir près de (6 kil. rive g.) Rnhmaniêhf auBahr-Youssouf, un peu au N. de cette dernière ville. On »
voulu voir dans ce canal Panciennc braoche canopique du NU, et, dans ce cas, Naucratis eût occupé l'emplacement de Rahmanièh; on trouve en effet quelques ruines à 1 kil. au N. E. de cette ville. Cependant cette opinion n'a pas prévalu. Les Frauçais avaient fait de Rahmanièh uu poste fortifié dont les Anglais se sont emparés en mai IBOI, pendant leur marche sur le Caire.
On laisse sur la g. (6 kil.) une branche du Nil qui se réunit à une petite distance de là, au Bahr-Menaîffèh, etl'on arrive à (9 kil.) Ch^Mekhet (rive g.), ville sans intérêt, et à (8 kil.}
Sftel-Haggar (rive dr.), à2 kil. environ du Nil; au N. de ce village, on ira visiter les ruines de Saû.
Pour ne pas perdre de temps, le voyageur fera bien, si le Nil est bas, de débarquer à l'une des digues qoi sont au Kdu village et d'envoyer son erobarcalioo
iHijVTE 10]