D'ALEXANDRIE AU CAIRE
Par le chemin de fer de la rive gauche
du sa.
204 kil. (Un départ par joar, à 9 h.
du soir, irois classes.)
Cette ligne est an peu plus courte (6 kil. de moins} que la ligne de la rive orientale du Nil précédemment décrite; elle se sépare de celle*ci A Tell-et-Iiarout, pour se rapprocher de la chaîne libyque, et se raccorder à Boalaq-Dakrour avec la ligne de la haute Égyple; elle s'arrête maintenant a Syout, mais elle est déjà exécutée jusqu'à Kéneh ; quoiqu'elle offre, pour se rendre au Caire, un trajet un peu plus court, elle ne nous paraît pas devoir être préférée à la ligne de la rive E. ; au-dessous du point où elle se détache de la grande ligne, la voie nouvelle s'engage entre le Nil et la chaîne Ubyqae , dans une lisière étroite dont l'aridité n'est rachetée par aucune ruine
intéressante; le seul agrément quel pourrait offrir, c'est de ne pas s'ecart^ des rives du Nil. Elle a cependant as yeux des Français ce mérite particuliei de suivre le chemin que l'armée frai çaise a parcouru en 1798, pour se rend! & Embabèh, lieu de la brillante vicloii des Pyramides.
D'Alexandrie à Tell-el-Barout ( R. 9 ), 88 kil. A partir de TelUe Barout la ligne se dirige au S., lai sant à dr. Ramsis (T. p. 398, b) e plus bas, après avoir passé le c&m Abou-Dibab (F. R. 10), Biban:
longe un des canaux dérivés du nal du Caire à Alexandrie, pour a teindre (H kil. 5)
Kom-Hamada, station sans ii^ portance. La ligne court alors a S. E., parallèlement à la chaîne ) byque dont elle n*est éloignée qu de quelques kil. et se rapproche d nouveau canal du Caire à Aleiai drie. Laissant sur la dr. le monticu de décombres qui porte le nom m derne de TeU-el-OdamêhiV. p. 299, à situé au pied de la chaîne libyqu< près du lit desséché de l'ancien ci nal de Mariout [Lycus eanalis), à arrive ('6 kil.), à l'endroit où ce d nal prenait naissance dans le Bah^ Youssoufjdontil formait unedes brai^ ches de terminaison ; plus bas, a| S. E., se trouve (16 kil.)
Teiriôh, sur la rive g. du Ml. ni quelques buttes marquent Templâ cernent d'une ancienne ville. (H p. 299, a). A partir de Teirièh, la ligni se dirige au S. E., serrée entre 1« rochers arides et les plateaux sablon neux de la chaîne libyque, à l'O.
et les rives du fleuve, à TE. j on ar rive à (19 kil.)
Kafr-Daoïid, station insignifianl<i située .tout près du canal d'Alexaii dric ; à une petite dislance au S. KJ on aperçoit le village de Térati^i ( y, p. 299, a)y d'où part la route qi^ conduit aux lacs de Natroua. Un peu plus bas (3 kil.), est un monticule M décombres nommé Kam Àbou Biilon qui porte les ruines d'une ancienne
JiOUTE 11] BATAILLE DES PYHAMÎDES.
3Ûl
Ti'ie: il a été relourné en tout sens
^rceoxqoi recueillent le nitre, abon-
to panni ces ruines ; on n'y a trou-
> que des fragments de briques cui-
■^ et quelques colonnes; ces débris
'^aent une ville d*une importance
^^ictev; leur situation près d'une
2Jx:esDe et large route, encore sui-
^« ftf ceux qui se rendent de cette
'■^ft au couvent de Saint-Macaire,
• çBi mené i la vallée du Natron,
'«i^jnse à y voir les restes de l'an-
• ^ime Tarennihif , dont le nom se
'douait dans celui de Téranèb. Un
«a plus bas, sur les bords du Nil,
ikmas (F. p. 299. a) et Ahou-Mchabi
arquent l'emplacement d'anciennes
^lùesdont le nom n'a pas été exacte-
^Dt déterminé ; la route longe en-
^-> les rives du Nil qui fait ici un
'tide très-prononcé à l'O. et vient
'^gner le pied du plateau libyque;
^<rs avoir laissé sur la dr. Beni-SO'
W/(, on tourne au S. E., et l'on
«eint (23 kiL)
Ouaidan, sur les bords du Nil. Au <<e.à de Ouardan, la chaîne libyque >innce jusque sur les bords du '^^u?e. la route court sur le plateau '■<heuz, plus ou moins recouvert par ^ sables qui envahissent le lit du ''tuTe ; on ne tarde pas à apercevoir ^i pyramides de Gizèh, qui reste- ^Qt en vue jusqu'au Caire. Au-des- ^^i d'Àbou-GhaUb, le Nil s'éloigne ^ nouveau du plateau et l'on entre '^s une plaine cultivée, de 6 à ^ii\. de largeur; au delà d'Om-Di- ^r. on a commencé à apercevoir les ■urs do Barrage (F. p. 294 et 299;. "aattemt (18 kil.)
El-Ménaché, station établie tout ^•h du Nil; la ligne traverse une 'die plame semée de villages parmi <queb on peut apercevoir sur la g.
^abéh, en face de Boulaq.
^« village d'Embabèh vit le der-> ^'«racte de ce grand drame militaire '•r»Qu sous le nom de bataille des hrraiBideS) dont nous résumerons '^ dispositions d'après l'admirable '^P^Ké de M. Thiers {HitU de la
Révol, franc,, t. X, p. 117). • Mourad-Bey avait fait de ce village une espèce de camp retranché entouré d'un simple boyau et garni de batteries immobiles, dont les pièces, n'étant pas sur affûts de campagne, ne pouvaient être déplacées. Il y avait placé ses 24 000 fellAhs ou janissaires, pour s'y battre avec TopiniAtreté accoutumée des Turcs derrière les murailles. Ses mamelouks, au nombre de 10000 cavaliers, s'étendaient dans la plaine, entre le fleuve et les pyramides. Le 3 thermidor (21 juillet 1798), l'armée française arriva en vue du Caire et de Tennemi, et Bonaparte fit ses dispositions. L'armée était partagée en cinq divisions, chaque division formait un carré, chaque carré était sur six rangs, l'artillerie était aux angles, les bagages et les généraux au centre. Ces carrés étaient mouvants. Quand ils étaient en marche, deux côtés marchaient sur le flanc; quand ils étaient chargés, ils devaient s'arrêter pour faire front sur toutes faces.... Bonaparte reconnut, avec une lunette, l'état du camp et des batteries d'Embabëh. 11 vit que l'ennemi ne sortirait pas dé ses retranchements. Il résolut d'appuyer avec ses divisions sur la droite, c'est-à-dire sur le corps des mamelouks, en circulant hors de la portée des canons d'Embabèh. Uourad-Bey devina sur-le-champ l'intention de son adversaire, et résolut de charger pendant ce mouvement décisif. Il laissa 2(KN) mamelouks pour appuyer Embabèh et fondit avec le reste sur les deux carrés de droite (Desaix et Régnier). C'est une masse énorme que celle de 8000 cavaliers galopant à la fois dans la plaine. Nos braves soldats les attendirent avec calme, et les reçurent à bout portant, avec un feu terrible de mousqueterie et de mitraille. Bejetée d'un carré sur l'autre, cette foule de cavaliers fut bientôt dans une déroule complète. Une partie dei fuyards s'échappa vers notre droite, du côté des
EGYPTE. — LE CAIKE.
[route 1
pyramides ; une autre alla ee jeter dans Embabèh; od elle porta la confusion. Bonaparte, s*en apercevant, ordonna à ses deux divisions de gauche (Bon et Menou) de s'approcher du camp retranché. Les mamelouks fondirent encore sur nos colonnes d^attaque; mais celles-ci se formant en carré avec une merveilleuse rapidité, les reçurent avec fermeté et en abattirent un grand nombre ; les autres se rejetèrent dans Embabèb, où le désordre devint extrême. Nos colonnes abordèrent vivement le village, s'en emparèrent, et jetèrent dans le Nil la multitude des fellfths et des janissaires. La journée était finie.
Mourad-Bey, avec les débris de sa cavalerie, se retira vers la haute Egypte ; Ibrahim, qui, de Tautre rive, contemplait ce désastre, s'enfonça vers Belbeys. Les mamelouks mirent aussitôt le feu aux djermes qui portaient leurs richesses. » La bataille nous avait à peioe coûté une centaine de morts ou blessés.
On atteint ensuite (26 kil.) la gare de
Boulaq-Dakronr, près de Gizèh, en face de l'extrémité méridionale de rile de Gézîrèh ; on trouve à la gare des voitures qui vous conduisent en ville par le pont du Kasr-el- Nil, et le quartier Ismaïlièh jusqu'à TEzbékyèh ( F. R. 12).