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V. Bxonrtiou «otoar do Oalre

ï. LE VIEUX CAIRE OU FOSTÂT.

Le vieux Caire est à 5 kil. du quar* tier Franc et ù 2 kil. 1/2 de l'extrémité S. 0. du Caire. On s'y rend soit en prenant, à partir de "Ezbékyèb, l'avenue de Boulaq qu'on laisse (10 m.) pour suivre a main gauche la rue de Kasr-ol-Nil, qui traverse le nouvoaif quartier lâinuïlyèh, soit en traversant la partie occidentale de la ville, le Umi^ du Khalig, jusqu'à BaJ) es-Seï-

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EGYPTE. — LE CAIRE

[ROUTE \î]

dèh-Zéinéb, C'est un quartier entièrement arabe, avec une quantité de petites mosquées et quelques jolies fontaines arabes. On remarque surtout, près d*un carrefour avec une petite porte en pierre, une petite mosquée entourée d'un charmant groupe d^arbres. On passe ensuite près de la mosquée Es-Seidèh^Zeinéb (F. p.3?6), remarquable par les peintures dont la porte est ornée, puis (30 min. du Mouski) Bab etSeidèh- Zeineb, au delà de laquelle on longe à dr. le Khalig et à g. Timmense champ de décombres qui borde le Caire au S. Ces décombres, qui s'étendent beaucoigp plus loin à TE., dans la direction du Moqattam, appartenaient non-seuloment à Postât, mais aux villes d^El^Àsker (l'armée) et El-Katai (les fiefs), qui précédèrent, ainsi que Foslât, la fondation du Caire. El-Asker, au S., avait été fondée en Fan 133 de l'hégire (750 ans de J. C.) et avant le déclin de Postât. El-KataI,auN.d'Ei-Asker, en 256 de l'hégire (869-870 de J. G.), occupait environ 1 kil. et demi d'étendue en tout sens. La mosquée de Touloun en était le centre, et c'était ia capitale nouvelle et splendide des Toulounides. Après bien des vicissitudes, ces quartiers disparurent durant les troubles effroyables du règne de Mostansèr Billah. Kataî fut enfin démoli par ordre du premier vizir de ce prince, Bedre-Gemaly, et les matériaux servirent à construire jusqu'à Bab-Zoeïlèh. L'Imam-Chafey appartenait â ces deux villes. — On atteint (15 min.) la tête de Viiqwdue de la citadelle nommée en arabe Foûm e^Kkalig (bouche du canal). La prise d'eau est établie dans une grande tour hexagonale d'une construction solide. Au centre est une citerne circulaire qui communique avec le Nil par un canal souterrain. Au rezde-chaussée sont diverses salles servant d'écuries et de greniers à fourrage. Le premier et le deuxième étage servent de chambres oii logent

les employés et les gardiens; h Français en avaient fait à l'époque de l'expédition d'Egypte un i>bstennlitaire et y avaient placé quelques pièces d'artillerie, telle construction se termine par une plate-forme oii sont les sakkyèh ou manèges, nus chacun par deux bœufs qui éièveot l'eau d'une profondeur de 35 met.

par un chapelet de pots de terre cuite. Au centre de cette plate-forme est ud grand bassin ou réservoir hexagone où se déverse l'eau élevée par chaque manège et d'où elle s'écoule dans l'aqueduc. L'aqueduc se dirige vers la cidatelle sur une longueur de 3200 met. en zigzag, jusqu'à U porte Bâb el-Karafèh, où, reçue dans un bâtiment semblable à celui de la prise, elle est élevée dans un réservoir à 20 met. au-dessus de l'aqueduc. Elle se dirige alors par un aqueduc plus élevé, de 320 met. de longueur, jusqu'à un troisième réservoir hexagonal, d'où elle est encore éle* vée de 20 met.; un canal creusé daos la roche calcaire la conduit alors au puits dit de Joseph (V. p. 311). Près de la tète de l'aqueduc est un marabout avec un vieux sycomore, à l'ombre duquel s'abritent constamment les chameliers et lesâniers; c'est un des groupes pittoresques du Caire.

Une avenue ombragée, où se trouvait le palais de Soliman-Pacha (colonel Sèvres), amène endn (13 min.) au

Vieux Caire. La ville fut fondée par Amrou, le général du khalife Omar, à l'époque môme de la conquête de l'Egypte (640 de J. C).

Comme il assiégeait un château ap' pelé Babylon (F. p. 348, a), il avait planté sa tente un peu au N. de la place investie, et il voulut qu'eu souvenir de l'événement, la ville, dont il fit commencer la construction sur la place même où il avait campé, fût appelée Fottdt, mot qui en arabe signifie une tente. Ce fut là aussi qu'il fit élever la mosquée encore existante et qui a gardé son nom. Postât resta la capitale mu-

;R0UTE 12] VIEUX CAIKE. — MOSQUÉE D'AMROU. 3(i5

wilmane de l'Egypte jusqa*à Tépoque de la fondation du Caire ^ en 969 (F. p. 309, h). C'est depuis lors que i'osUt a pris la dénomination amez impropre de vieux Caire, en arabe M<ur €l-Atikah; mais dans ces dernicn temps l'usage lend à lui rendre, tvec raison, son nom primitif. En 1168, brs de l'irruption des croisés dans la basse Egypte, les Sarrasins iirrèrent Fostât aux flammes, dans la crainte qu'elle ne tombât aux mains des chrétiens. A cette époque elle ^'éleodail au nord jusque vers la Bosquée de Touloon, dans ce qui est devenu plus tard la partie méridionale du Caire. L'incendie de 1168»

qui durm, diUon, cinquante-quatre jours sans qu'on pût l'éteindre, fut la ruine définitive de FoslAt. Elle ne s'en est pas relevée. Les décombres répandus dans la campagne indiquent seuls son ancienne extension.

On estime que la population qu'elle a conservée, et qui se compose prinsipaiement de Coptes, peut se monter à 3000 âmes.

Le seul monument de quelque intérêt qu'on y trouve est

La mosquée d'Amron {Gdm*aiMr), située à l'E. du village, du eôté du champ de décombres. Bâtie par Amrou l'an )1 de l'hégire, elle fut la seule mosquée do Fostât pendant tout le temps que dura le règne de» quatre premiers Khalifes et celui des Ommiades. Lorsque cette dernière famille fut renversée par les Abbassides, le premier Khalife de cette maison envoya son cousin Abdallah en Egypte, afin de poursuivre les débris des Ommiades; Abdallah v«itt â Fostât, fonda la mosquée ra-Asker. Fostât eut alors deux Bosqaées.

U mosquée d'Amrou, â cause de Tastiquité de son origine, est un des

saaauaires les plus célèbres de Tisismisme; quatre-vingts d'entre les compagnons de Mahomet assistèrent à^ l'èreettoa de ce temple et â Téta-

blisBement de la Kibla ou direction

de la Mecque; elle n'avait point encore de mirhab, construction qui ne fut introduite dans les mosquées que par Omar-ben-Abd-el-Aziz ; en 53, le peuple s'étant plaint qu'elle était trop petite, on l'élargit ; Moawia or« donna de couvrir son sol de nattes; ce fut Mouslema, fils de Mokhiid, gouverneur d'Egypte, qui, le premier, étendit l'enceinte du côté de l'E. et construisit des tourelles sur les quatre coins, pour les muezzins. Abd-el-Aziz, investi du gouvernement de l'Egypte, en démolit une partie et l'élargit du côté de l'C, en l'an 79 de l'hégire; un jet d'eau, le premier introduit dans les mosquées, y fut construit par Aboul-Faradj lakoub-ben-Kils.

Cette mosquée, la première que les Arabes aient bâtie en Egypte, est le véritable type de la mosquée primitive. Vue extérieurement, c*est une construction presque carrée, surmontée de deux minarets s'élevnnt l'un vers la partie méridionale de la face 0., l'autre â l'angle S. E. Ces deux minarets, â une seule galerie et terminés en pointe, sont d'une grande simplicité.

Nous donnons ici le plan de la mosquée d'Amrou, telle qu'elle était â l'origine, selon la restauration de M. Pascal Costa (oiivr. cité, pi. I).

Les bâtiments qui bordaient la première cour sont totalement détruits.

L'entrée actuelle est au-dessous du minaret du milieu. C'est une porte en forme de trèfle, surmontée d'une petite fenêtre en ogive surbaissée ; l'intéri eur n'est autre chose qu'une cour découverte de 80 met de côté, entourée de colonnes formant galerie et ayant au milieu une fontaine pour les ablutions, ombragée par un beau palmier.

Le côté occidental n'a qu'une simple rangée de colonnes; les côtés N. et S., qui sont en partie écroulés, en avaient chacun trois ; le côté oriental, qui est celui du sanctuaire, en a six, et les arcades de chaque rangée sont au nombre de vingt et une

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Le nombre total des colonnes n'est pas de moins de deux cent trente on y comprenant celle de la fontaine des ablutions. Elles sont toutes d'un aeul morceau et de marbres différents. Les chapiteaux corinthiens et les bases et piédestaux y ont été ajustés comme par hasard, afin de les élever à une hauteur régulière de 5 met. ; à cette hauteur, et sur chaque chapiteau, sont des dés composés de trois assises en pierre, dans lesquelles sont scellés des tirants en bois, horizontalement placés, qui tiennent Técartement des voussures en arcades à double courbure. Ces arcades sont en pierre très-bien appareillée, quelques-unes en briques, portant un mur en moellons recouvert d'un enduit en stuc, sur lequel posent les solives du plancher, qui forme en même temps la terrasse des portiques. On remarquera l'arcade aiguë formée de deux courbes.

Quoique les matériaux employés dans la construction de celte mosquée, pour la plupart tirés des différents monuments anciens, soient assez disparates, que leur arrangement pèche souvent contre le goût et la symétrie, et qu'en outre, toute la construction soit aujourd'hui dans un grand état de délabrement, l'ensemble présente une véritable grandeur. L'entre-croisement de tous ces arceaux forme comme à la mosquée de Touloun une de ces perspectives enchevêtrées que recherchent les artistes.

Au centre du sanctuaire est un mirhabi^J) très-simple, xinmenbèr (10) en bois sculpté, près duquel est la colonne, marquée d'une veine blanche, qui serait l'empreinte de la courbach du khalife Omar, d'après la légende racontée spirituellement par M. du Camp (le Nil, p. 60*]. A l'an-

1 . fl Le khalife Omar était non-sealement commandear des croyants, mais il avait en outre une grande science de magicien. Un jour qu'il se promenait Hous les galeries de la mosquée de la Mecque, il pensa à Amr et refçarda du

gle S. £. est le tombeau d?Àmrw, grand rectangle de pierre sunoûoté d'un toit triangulaire avec quatre colonnettes carrées aux quatre angles. A l'angle S. 0., est une toune entourée d'une petite margelle &v ras du pavé. Elle communique, selon les musulmans, ayec le puils Zem-Zem de la Mecque. On montre aussi dans la colonnade du sanctuaire deux colonnes d'épreuve ^ La mosquée est presque abandonnée, à cause de son état de ruine; néanmoins le viceroi et tout le cortège des croyants y viennent encore implorer io prophète dans quelques occasions solennelles.

Le quartier Copte forme, à i'extré* mité de Postât, une enceinte sépa-

côté du Caire. Il aperçut son lieatenant fort occupé à donner des ordres aux ouvriers qui construisaient sa mosquée, et qui venaient de dresaer nne colonne auprès du Kébla. Omar reconnut que cette colonne était mal taillée dans un mauvais arbre, mal assise.... Il se tourna alors vers un des piliers qui rentoaraient et lui ordonna de se rendre au Caire sans délai, et de prendre la plac? de la colonne défectneuse. Le pilier oscilla légèrement et reprit son immobilité. Omar, étonné, le poussa violem* ment avec la paume de sa main en réité rant son ordre ; le piller trembla comme pris de vertige, tourna sur lai-même, mais n'obéit pas; Omar, furieux, le frappa de son courbach, en s'écriant cette fois : < Au nom de Dieu clément < et miséricordieux, va! — Poorquoi ■ avais-tu oublié dlnvoqnor Dieu 7 • répondit le pilier en prenant son vol et venant tout à coup se placer naturelle* ment devant le Kébla. La dépression et la veine cinglée qu'on y volt encore sont la trace de la main et du coup de fouet du kbalife. •

1. Les colonneê d^épreurê que l'on retrouve dans plusieurs édifices musulmans, notamment à la mosquée d'Eu Aksa a Jérusalem, sont des colonnes accouplées, laissant entre elles un espace étroit k travers lequel ITiomrae vertueux et loyal peut seul passer facilement; le menteur on le vicieux ne peuvent jamais le traverser. On voit que lessnciens musulmans avaient une triste idée de ta moralité des gens obèses.

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