‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 167 sur 408 · ROUTE 12] ILE DE RAOUDAH. — NILOMÊTRË · texte numérisé non relu

ROUTE 12] ILE DE RAOUDAH. — NILOMÊTRË

gire, 1092 de J. C.)» nsta dans le même état jusqu'à rezpédition française d'Egypte ; il était alors couvert dun dôme qui fut détruit pendant un combat livré contre les mamelouks qui s'y étaient Vetranchés.

Le Nilomètre actuel est un bassin carré ou puits au fond duquel Teau du M arrive par des canaux. Une ooar carrée, bordée d'un parapet, entoare l'ouverture du puits. Les murs soni intérieurement ornés de niches a?ec des colonnes supportant des arcades ogivales, ainsi que des bandeaux ornés et des inscriptions. Le P"iis est divisé par un large palier ' j deux étages inégaux, l'étage inférieur étant le plus éirolL On y descend par un escalier qui s'enfonce sous le niveau de l'eau à l'étiage, jusqu'au fond, bâti en maçonnerie.

L'échelle est une colonne octogone, placée sur une base au centre du puits; elle porte des degrés ou coudées surmontés d'inscriptions. La commission française de l'expédition d'Egypte a constaté que ces coudées étaient au nombre de 16, mais un des savants de l'expédition, Marcel, et tout récemment un astronome égyptien, Mahmoud-Bey, à qui nous empruntons ce détail, a pu lire dis> tinctement gravé en caractères ara- ^ au-dessus de la dernière coudée d'en haut, le nombre dix-sept. Mahmoud-Bey en conclut que la première c<iudée doit occuper la base de la cf)lonne, de sorte que le zéro de l'échelle doit correspondre à peu près au pUn maçonné du fond du puits.

(V. Mahmoud-Bey, le Système métrique aauel d" Egypte ^ etc.)

Les coudées sont gravées alternativement sur les pans de la colonne.

Les dix coudées supérieures sont divisées en six parties égales, se subdlfuant à leur tour chacune en quatre parties appelées kiraU; la coudée a ^Qsi 24 kiratt. La longueur de la coudée éUnt, d'après Uahmoud-Bey (*' p. 177), de 0 met. 540, celle des dix-sept coudées de toute l'échelle

sera par conséquent de 9 met. 187 ; « or, dit Mahmoud-Bey, l'altitude ou la cote de l'extrémité supérieure de la dix-septième coudée étant de 17 m.

833 au-dessus de la surface moyenne des eaux de la Méditerranée, la cote du zéro de Téchelle nilométrique est (le 8 met. 646 au-dessus de la sur* face moyenne des eaux de la Méditerranée. »

Quand la hauteur de la crue atteint, sur l'échelle nilométrique, 15 coudées et 16 kiratt, qui correspond à la cote 17 met. 106, on proclame le Wafay c'est-à-dire la formation de la crue nécessaire pour Tarrosage de tout le pays, et l'on célèbre la fête du Nil ou du Khaltg.

Les eaux de l'étiage sont en moyenne à 7 coudées de l'échelle; le maximum de la crue ordinaire est à 'il coudées de l'échelle allongée : il en résulte que la crue effective du Nil est de 14 coudées ou d'environ 7 met. 5G6 vis-à-vis du Caire. Si l'on ajoute aux 8 met. 646 de la cote du zéro de Téchelle au-dessus du niveau (lo la Méditerranée, les 7 coudées de rétiage moyen et les 14 coudées de la hauteur maximum ordinaire de la Ci'ue, valant ensemble 11 met. 34, on ' arrive à une hauteur d'environ 20 m.

pour la hauteur de la crue maximum ordinaire ; or, ce nombre dépasse do 1 met. seulement l'altitude du terrain de culture de l'île de Raoudah, qui marque la limite à partir de laquelle tout le sol de l'Egypte peut être arrosé, sans le secours des canaux. Mais le réseau de canaux établi en Egypte permet d'arroser ce pays, à 15 coudées de l'échelle nilométrique, soit à 8 coudées (5 met.

32) de crue effective, représentant une hauteur totale de 17 met. 346 (Mahmoud-Bey, ouvrage cité, p. 26).

(F. sur les crues du Nil, ci-dessus, p. 42).

Llle de Raoudah était autrefois liée à la rive occidentale par un pont de bateaux qui n'existe plus depuis longtemps. La partie N. était occu-

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pée par de beaux jardins plantés 1 vers 1834 par Ibrabim-Pacha, mais qui ont beaucoup perdu depuis la mort de ce prince. Ils sont aujourd'bui presque abandonnés.

On revient du vieux Caire vers la tète de Taqueduc et vers le Kbalîg, qu'on passe sur un pont, près de son point de départ. A 10 min. du pont, on trouve à gaucbe le

Kasr eI-Â!n (palais de la source), où fut originairement installée une des écoles gratuites créées par Méhémet- Ali, et qui est devenue depuis une école de médecine avec un hôpital consacré surtout aux militaires. L'école est sous la direction de M. le Û' Gaillardot, médecin sanitaire de France, qui s'efforce d'y développer les méthodes européennes, introduites par le fondateur de l'école, notre compatriote Clot-Bey, et continuées par ses successeurs Perron, Burguières-Bey, Mohammed- Ali-Bey.

Cette école de médecine n'a pas pour but de fournir des docteurs et des médecins de 1'** catégorie pour l'enseignement; son rôle est plus modeste : elle délivre seulement des certiticats de capacité à de jeunes médecins (espèces d'officiers de santé), destinés au service de l'armée et au service des délégations sanitaires des provinces dont nous avons indiqué l'organisation en parlant de l'intendance générale sanitaire d'Aleiandrie (T. p. 264). Les élèves les plus distingues sont envoyés aux frais du gouvernenienl dans les grandes facultés de l'Europe pour recommencer un cours complet d'études et recevoir le grade de docteur. Ce sont ces derniers qui deviennent plus tard, à leur retour en Egypte, chefs de service et professeurs à l'école de Kasr cl-Aïn.

On conçoit qu'avec cette destination Tinstallation de TÉcole soit encore modeste. Les collections d'histoire naturelle, le laboratoire de physique et de chimie sont cepen-

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dant assez bien pourvus; les salles consacrées à l'étude de l'anatomie, de la médecine opératoire laissent plus à désirer. Dans le grand amphithéâtre sont inscrits, à côté du nom de Clot-Bey, ceux des principaux fondateurs et professeurs de l'École.

Tous les cours se font en arabe, à l'exception du cours de chimie inorganique, professé par notre distingué compatriote, M. Gastinel-Bey.

L'École se compose de l'école de médecine, de Celle de pharmacie, de celle des sages-femmes et d'une division destinée à former les infirnûers.

Les élèves sont pour la plupart reçus gratuitement : entre autres, 3 chrétiens, dont 25 sont syriens. Â la fin de leurs études, ils sont libres de retourner chez eux ou d'entrer dans les services civils. A la fin de Tannée 187.S, il y avait 195 élèves, presque tous internes. En 1876, on en comptait 173 avec 32 élèves sagesfemmes. Les nécessités du service militaire ont été le motif principal de cette diminution temporaire. Sur ce; 173 élèves, il y en avait 138 pour la médecine, 21 pour la pharmacie et 21 élèves infirmiers.

Les cours comprennent : la cbimi'' inorganique et organique, la physique, l'histoire naturelle, l'anatomic, la physiologie, la pathologie, la pathologie interne et externe, avec les cliniques correspondantes, Thygiène, la matière médicale et la thérapeutique, la médecine légale et la médecine opératoire.

Les spécialiiés comprennent : outre le cours d'accouchement, les cliniques des maladies de la peau, d'ophthalmologie, etc.

En tout, 1 7 professeurs, sans compter les professeurs de langues el deux professeurs sages-femmes. Tous ces professeurs, excepté les D' Gaillardot et Gastinel-Bey, sont arabes, mais docteurs des facultés de Paris, Vienne, Berlin, Munich. 1»

écrivent tous le français et s'occupent à traduire en arabe les mejl-

RâSH £L-AIN.

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leurs traités seientifiques de notre époque '.

VMpUal général de Kasr el-Aïn est, à certains égards, plus remarquatleque l'Ecole. Cest un vaste édifice cirTéà2et3 étages, avec une grande coût intérieure, qui reçoit le chiffre réglementaire de 600 malades, mais poumit facilement en contenir le doéle. Peu d'établissements sont oieDi entendus au point de vue de 'liypiène ; les salles sont vastes, élevées et ne renferment relativement Jû'uQ p«iit nombre de lits sans ri- ««ux, de sorte que rien ne gêne la «fculalion de l'air. L'aération se fait, (iu reste, non-seulement par les por- ^ et les fenêtres qui, grâce au cli- ^t, peuvent rester presque con- ^^ment ouvertes, mais aussi par *e grandes ouvertures circulaires pratiquées dans les planchers, qui permettent aux différents éUges de communiquer les uns avec les autres. On voit les avantages qu'une fîreille ventilation présente, compa- •<^t: au système de clôture d'un trop "'rand nombre d'hôpitaux européens.

Aussi l'hygiène do Kasr el-Aîn estcUe excellente, les maladies infectieu- ^» y sont rares et les opérés notamueût y guérissent dans une large pror-C'rtion.

Des divisions spéciales de l'hôpital ^&t affectées au service des femmes ^& couche, aux femmes malades et aitme aux enfants trouvés qui, confiés pour l'ordinaire à des nourrices '^6 la ville, sont reçus à Kasr el-Aîn lor^u'iU tombent malades. Quant *uj aliénés, il» n'y sont jamais ad- ^'j ils ont un établissement spécial ^Ëoulaq, qui a remplacé l'ancien îi'insian deQalaoûn (F. p. 324, b) ; il ^(i>end de la direction de l'hôpital '^< kasr el-Àïn, mais il faut avouer

, i- Nous devons ces renseignements ù «obligeance de M*, le D' Gailiardot.

f'recteor de l'École et médecin sani- '"''f'- de France^i qui nous a fourni d'ail- ' 'irs bien des noies précieuses pour !a '■"action de cet ouvrage.

que son état intérieur est encore déplorable.

A côté de Kasr el-Aîn est le bâtiment appelé

Collège dos Derviches, établisse* ment central de ces corporations religieuses répandues dans tout le monde musulman (F. p. 151) et qui se partagent en un grand nombre de sectee.

Après avoir passé le Kasr el-Ali et le palais de la mère du khédive, on arrive aux Jardins et Palais d'Ibrahim -Pacha; ils bordaient autrefois le Nil sur une longueur de près de 3 kil. entre le Kasr el-Aîn et Boulaq. Le terrain qui s'étend de là jusqu'à l'enceinte occidentale du Caire, autrefois occupé par d'énormes amas de décombres et d'immondices apportés de la ville depuis des siècles, avait été déblayé, nivelé et couvert de belles plantations. C'était un des travaux qui, depuis le règne de Méhémet-Ali, avait le plus contribué à rembellissement, ainsi qu'à l'assainissement du pourtour de la ville.

Des massifs de superbes dattiers, de sycomores, d'acacias, etc., se dressaient au milieu de belles prairies, oii le promeneur trouvait de frais ombrages en toute saison. C'était la campagne, presque la forêt à la porte même de la ville. Malheureusemeol ces plantations ont été détruites ; on a cru devoir les sacrifier pour édifier le quartier Ismallyèh avec ses villas à l'européenne et ses grandes avenues. Sans blâmer tout ce qui a été fait de ce côté, nous croyons qu'on aurait pu être plus ménager des anciens arbres, moins amoureux des lignes droites, et surtout chercher ailleurs un supplément d'emplacoments. On laisse à gauche le Kaxrel'Douharahf nouveau palais du khédive, puis le palais et la caserne de Kasr-el-Nil, et l'on arrive à un rondpoint ou aboutissent plusieurs grandes rues; on prend la rue du Kasrel-Nil, qui rejoint l'avenue do Bou- I laq, et tournant à droite, on atteint

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en 10 miD. rEzbékyèh; on peut aussi prendre, à partir du rond-point, la rue qui se dirige au N. E., vers V Hippodrome ; grand bâtiment ovale, à ciel ouvert, qui a été' construit en 1871, sur le modèle de Tancien hippodrome de Paris; il peut contenir 8000 personnes : des troupes équestres et des pantomimes y donnent des représentations semblables à celles de tous les Franconis de l'Europe. Après avoir passé l'Hippodrome, on prend à gauche la petite rue sur laquelle se trouve VÉgiise luUiériinne^ et Ton arrive à l'avenue parallèle à celle de Boulaq, qui débouche sur l'Ezbékyèh, à dr. du 'New- Hôtel.

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