‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 186 sur 408 · VU. LE BARRAOB DU 1«IL · texte numérisé non relu

VU. LE BARRAOB DU 1«IL

Le moyen le plus facile de s'y rendre est de prendre le chemin de fer jusqu'à la station de Kalloub (départ à 8 h. 30, trajet en 34 min.) d'où il ne faut guère plus d'une heure à âne pour gagner \t barrage. On peut, pour revenir, attendre le train qui passe 4 Kalioub à S h. 3$. ou revenir le long des bords du Nil» environ 4 h. i âne. Ce chemin est agréable à suivre, parce qu'on y jouit de la vue du Nil, et que l'on se trouve en contact avec la population laborieuse répandue dans une campagne riante;' on traveric aussi plusieurs villages.

Cet ouvrage gigantesque, dont Mohammed-Ali posa la première pierre en 1847 au milieu d une grande solennité, aurait été le plus grand ouvrage hydraulique du monde si on avait pu le conduire à terme. Le but de cette construction était de maintenir les eaux du fleuve pendant les huit mois d'étiage (c'est-à-dire des moyennes et des basses eaux), au ni; veau même du sol, de manière a pouvoir arroser la basse Egî'P^^ comme pendant l'inondation. Comme complément du barrage, tout le sy^ tème de canalisation du Delta devait être modifié et complété. C'était une grande dépense; mais aussi, le résultat devait être d'accroître, dans une proportion énorme, l'étendue des terres actuellement cultivables du Delta, en même temps qu'on rendait inutile l'emploi de âOOOOsakkyèh ou machines d'arrosement artificiel qui exigent un grand nombre de bra?.

De plus, les canaux du Delta, rempliî= d'eau pendant l'étiage, devenaient d'excellentes voies de navigation.

Deux projets de barrage avaient

tante a pour elle Tautorité de M. de Rozières, l'un des savants de l'expédition d'Egypte, de Linant-Bey et de M. Itier, qui affirment avoir vu des troncs brisés à fleur du* sol, conservant encore leurs racines silicifiées comme eux et encore engagées dans les grès qui forment le soussol. Si ce fait, qui a besoin d'être confirmé encore, était positif, il serait d'un grand poids pour décider la question. Pour expliquer la forêt pétrifiée, M. Itier suppose l'éruption de sources thermo-siliceuses, qui aurait coïncidé avec la formation du Gébel Âhmar, où l'on voit encore des entonnoirs tapissés de silice, de grès vitrifiés et d'autres traces de l'action de ces sources. Ces sources siliceuses ont leurs analogues actuellement encore dans les grands geyser de l'Islande et de la région du Teîlow- Stone près du mont Washburn, dans l'Amérique du Nord, où leur découverte récente a excité l'admiration d'un peuple assez calme de sa nature. On peut enfin admettre qu'un mouvement volcanique ou plutôt une faille produite par le soulèvement du Moqattam a amené à la surface du- sol un affleurement de grès de Nubie, oii se serait trouvé un gisement de bois analogue à ceux que Ton a observés dans le désert libyque, et cette hypothèse paraît jusqu'à présent rendre mieux compte que les autres de ce phénomène remarquable. Il y a, dans cette question, comme on le voit, un grand nombre de faits à vérifier à nouveau^ et bien des hypothèses à justifier. Aussi les savants restent-ils encore dans l'indécision sur l'origine de la forêt pétrifiée ^

Au reste, c'est moins pour les pétrifications elles-mêmes que pour la

1. V. sur cette question l'intéressante discussion qui a eu lieu entre les docteurs Gaillardot, Zittel, et autres savants, devant l'Institut égyptien. {Bull, de Vlnêtitut égyptierit 1874-1875, p. US- US et p. I4ft-154).

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