LES PYRAMIDES
[ROOTE 12]
été présentés, Tun par M. Linanl de BeUefODds,aujourd'hui LinaDt^Pacha, et Tautre par M. Mougei-Bey. Ils ne différaient point en principe, mais seulement dans le mode d'exécution ; dans le premier, pour éviter les in> convénients d*un travail fait dans un fleuve aussi grand que le Nil et avec uu food aussi mobile, on établissait
le btrrage au milieu des terres et on détournait ensuite le fleuve pour le faire passer sous le barrage; le se- ODod projet, qui plaçait le barrage sur les deux branches mômes du Nil, fot adopté. L'ouvrage coûta des sommes considérables, et Ton est surpris de voir qu'après tant de sacrifices accomplis, on n'y ait pas mis la dernière main, ni exécuté les canaux qui devaient en être le complément. La construction du barrage lai-ffléme est aujourd'hui très-dégradée; nous avons entendu dire par un ingénieur compétent du Caire, que des brèches énormes s'étaient produites dans les fondations, et peutêtre est-ce la certitude de ne pas pouvoir utiliser l'œuvre qui Ta fait abandonner. Quoi qu'il en soit, ce prodigieux travail mérite d'être visité comme une des plus hardies conceptions du génie humain.
Ce double pont immense, avec ses tours carrées qui flanquent ses extréoûlés, avec ses grandes arches élevées qui sont jetées sur les deux branches de Damiette et de RoseUe, et s'appuient au milieu sur l'Ile de Cbalagané, forme un admirable site.
Les deux courants qui s'engoufl'rent BOUS ses arches et dont chacun est un large fleuve, ses allées carrossables, ombragées de grands arbres, les points de vue variés qu'on y découvre sur la riche plaine du Delta, son camp animé et le petit village arabe, situé à l'entrée du pont, sur la rive orientale, encadrent merveilleusement ce grand ouvrage. Chacune des deux parties du barrage possède une écluse , et c'est une bonne fortune que de voir engager dans l'étroit passage
une dahabièh avec sa grande voile triangulaire.