‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 188 sur 408 · VIII. LES PYRAMIDES · texte numérisé non relu

VIII. LES PYRAMIDES

Cette excursion est la plas importante de celles qu'on peut faire autour du Caire, et celle dont se dispensent le moins les voyageurs. Qui n'a pas é(é aux Pyramides n'a pas vu TÉgypte !

Si Ton ne veut -voir que les Grandes Pyramides deGizèh (prononces Gnisèh), Texcursion peut être facilement faite en un jour et même en une matinée. Grâce à la nouvelle route carrossable, qui, du pont du Oéifrèh se dirige en droite ligne aux pyramides, on peut s'y rendre de l'Ezbékyèh dans une bonne voiture en 1 h. 1/2 environ, y passer quelques heures et revenir de même*. Rten de plus simple, comme on le voit, mais aussi rien de plus banal et de plus prosaïque. Autrefois on savait payer de quelques privations et de quelques fatigues physiques les grands spectacles de la nature ou de l'art. Aujourd'hui, on trouvera dans nos générations, amoureuses de leur bien-être, peu de personnes disposées à partir 2 h. avant le jour, ou à aller camper la veille au soir près des pyramides, pour jouir du splendide effet qu'offre le lever du soleil au haut de la grande pyramide. Il n'en est plus guère non plus qui sachent enchatner cette excursion avec celle de Saqqarah.

L'Immense majorité préfère consacrer une autre journée 4 la visite de Saqqarah. Cette dernière localité est à environ 5 h. du Caire ; on peut s'y rendre par le chemin de fer de la hante Egypte, en prenant à la gare de Gizèh le train de 9 h. du matin; on s'arrête à la première station, Bédréchefnt d'où l'on gagne Saqqarah, à âne, en une heure et demie. Mais les ânes de Bédrécheln n'ont plus la douce allure, ni le harnais perfectionné de ceux du Cai re ; aussi pour éviter ces montures trop rustiques, plus d'an vogayeur croit devoir louer la veille au Caire, les ânes qu'il emmènera avee soi dans le train, ou qu'il enverra en avant pendant la nuit, de manière qu'ils soient rendus i Bédréchein à l'arrivée du train; oit revient de Saqqarah à Bédrécheïn ri âne, et l'on peut rentrer le soir même au Caire par le train descendant de la haute Egypte (il faut souvent l'attendre fort longtemps et fort tard), ou revenir par le Nil sur une barque que l'on aura

EGYPTE. — LES PYRAMIDES. [ROUTE lî]

dû retenir dès le matio. On peat enfin, à la rigueur, coucher à Saqqarah, soit dans une tente qu'on y aura apportée, soit dans la maison de bois que M. Mariette-Bey a construite près du Sérapéam, et qu'il met obligeamment à la disposition des voyageurs, quand il ne Too cupe pas lui-même.

En procédant comme nous venons de le dire, en deux excursions, on verra passablement les grandes pyramides de Giièh et Saqqarah, mais on ne verra pas les autres pyramides, et surtout on per- ' dra le trajet de Saqqarah aux Grandes Pyramides par la lisière du désert, trajet si propre à donner une grande idée de cette nature inconnue à ceux qui ne doivent pas faire le voyage du Fayoum, des oasis ou du Sinaî.

Enfin il reste encore quelques touristes animés d'un xèle louable, qui veulent relier les deux excursions à l'ancienne : il en reste au moins parmi les Anglais, parait- il, puisque leur guide expose la manière de faire celte excursion, que nous venons encore recommander pour notre part.

On peut, ad libitumt commencer par Saqqarah ou par les pyramides de Gixèb. Dans le premier cas, on se rendra le premier jour à Saqqarah, comme il est dit plus haut; on y couche, et le lendemain matin, selon le temps dont on dispose, on visite les autres groupes de pyramides, ou l'on revient directement vers celles de Gisèh (environ 3 à 4 heures 4 âne). Visitant à loisir les grands monuments de Gizèh, on rentrera au Caire dans la soirée, et même, à la rigueur, vers midi. Dans ce mode d'aller, on sacrifie le lever du soleil mu haut de la Grande Pyramide, à moins qu'on ne s'arrange pour coucher près de celle-ci le second soir.

Pour la marche inverse, on partira du Caire dans l'après-midi, on couchera dans les grottes creusées au pied de la Grande Pyramide ou dans une tente apportée du Caire. Le lendemain on verra lever le soleil du haut de celle-ci. On achèvera la visite des autres monuments et l'on se rendra à Saqqarah (3 h. environ), où l'on pourra coucher une seconde nuit, si l'on veut explorer attentivement les monuments. De Saqqarah, on pourra se rendre à Bédrécheïn, pour prendre, à 3 h. 1/2, le train qui vient de la haute Egypte et se rend au Caire {V, ci-dessus).

Pour cette excursion, il f«iut se munir

de provisions, de bougies, d'nne Iinterne, de nattes, de tapis, de matelas et de couvertures; un petit mareheiMd pour gravir les degrés de la pyramide n'est pas chose inutile. Chaque persosM qui fait partie de l'expédiUon a son 4oe, et chaque âne a son conducteur;!^ deux ensemble coûtent pour la journée de 6 à 8 francs. Les Bédouins qui habitent le petit village situé au pied dd plateau, à TE. de la Grande Pyramide, font exclusivement le métier de guides et d'aides. C'est un monopole dool iit jouissent, en retour de la securué dei voyageurs dont ils répondent. Moyennant 2 fr. 50 c. que chaque voyageur paye à leur'cheïkh, celui-ci fournit deux ou trois de ses hommes pour vous assister scit dans l'ascension, soit dans la visite à l'intérieur de la Pyramide. Mais outre ces 2 fr. 50 0. remis au cheîkh, il f^ d'usage de donner encore un baghchich k chacun des trois Arabes qui vous ont assisté; le voyageur qui voudrait se soustraire à ce surcrott de dépenses sérail littéralement assailli d'assourdissantes réclamations, et le mieux est de donner quelques piastres à ces aides, doot le service est vraiment indispensable, en ayant soin de les tenir ensuite à distance par une attitude très-ferme. Nous recommandons de plus au voyageur de ne pas payer d'avance, pour ne pas être exposé à payer double : Il fera bien^assi de refuser l'assistance de tout homme qui n'aura pas été désigné par le cheikti. S'il est accompagné de son drogman, ce qui vaut mieux, il fera bien de lui laisser le soin de tout régler avec le cheîkb, il évitera ainsi bien des ennuis; et le plaisir de cette excursion si intéressante et, disons-le, si émouvante, ne sera pas gftté par l'odieuse poursuite de ces tenaces quémandeurs debaghchichs; malheureusement, vous en avex à peine fini avec leurs réclamations, que vous êtes aux prises avec leurs offres criardes et importunes d'antiqnités, scarabées, amulettes, pierres gravées, etc. Il est prodent de se méfier de ces antiquités qui sont, en général, de fabrication tout à fait récente.

Ajoutons que les dames ne peuvent guère songer à faire elles-mêmes l'ascension de la Pyramide, moins encore à cause de la fatigue extrême qui en résulterait pour elles, qu'à cause de Tindécence des guides à moitié nus par lesquels elles devraient consentir A se laisser porter au sommet.

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