ROUTE 12] LES PYRAMIDES DE GIZÈH
de beauccmp celle que Thistorien lui attribue.
La seconde pyramide, ou pyramide de Khéphren (B),un peu au S.O.
d<' la précédente, est à peu de chose près de la même hauteur, quoique sa largeur soit un peu moindre. Cha> cane de ses faces actuelles mesure MO mèL (5 met. de moins que Air longueur primitive, quand e4>As avaient leur revêtement). La hauteur verticale est de 135 met., 2 seulement de moins que leur hauteur originale. Le quart supérieur des faces a encore le revétemenf uni qui recourrait primitivement les assises en i^radins, ce qui en rend l'ascension et «urtout la descente assez difficiles, sinon périlleuses. Elle a été moins dégradée à son sommet que la pyraluide de Khéops, et la plate-forme qui a termine est moins large. Elle s'ap- P^isit a Ur-t, la grande. » Elle fut cjferte en Tan 1200 par Sultan El- .Iztz-Othman, fils et successeur de baladin, comme on l'apprend d'une .iscriptioQ arabe tracée dans la chamtre sépulcrale; l'entrée en fut refermée immédiatement après. C'est Belzooi qui le premier, en 1816, a retrouvé et déblayé le couloir qui conduit au caveau central. Celui-ci est situé sur la face N., à peu près dans îe grand axe vertical, mais au niveau même de la base, et creusé dans le roc qai forme le sol. Le sarcophage eo granit qu'on y a trouvé ne contenait plus que de la terre.
Le couloir descend d'abord sous un angle de 25* sur une longueur de 33 met., et alors il se dirige horizontalement vers la chambre du sarcophage. L'entrée de la galerie horizontale était fermée par un bloc de graliit. La chambre du sarcophage située dans Taxe de la pyramide mesure en l'^D^ueur, de l'E. à l'O., 14 met. environ, et en largeur 5 met.
Cne double muraille (G), en pierres fioD ui liées ou en moellons, et d'une élévation médiocre, règne en avant de la face O. de la pyramide. Entre
la pyramide et la plus rapprochée de ces oyirailles, on remarque une ligne de constructions ruinées en pierre de taille.
La troisième pyramide, ou pyramide de Mycérinus (C), à la môme distance de la seconde, et dans la même direction que la seconde par rapport à la première, est de beaucoup la moins grande des trois. La longueur de ses faces était, à la base, de 107 met. 75; sa hauteur verticale, de 66 met. Ces dimensions ont été diminuées de quelques met. dans les deux sens par les dégradations. Cette pyramide s'appelait « Her, la supérieure. » Comme la seconde, elle fut ouverte et refermée au temps des khalifes d'Egypte. Le colonel Wyse en a le premier réexploré l'intérieur en 1837. On y trouva les débris du cercueil en bois de Menkerà (Menkhérés), qui sont maintenant déposés au Musée Britannique. La chambre sépulcrale est dans Taxe vertical de la pyramide, mais creusée dans le roc au dessous de la base. La pyramide ne renfermait pas le tombeau; elle le recouvrait. Un temple (H) , dont il reste des vestiges, était devant la pyramide, du côié de l'E., à l'extrémité d'une chaussée en pierres (I), semblable à celle que nous avons décrite ci-dessus, p. 386.
Au S., et tout près de la troisième pyramide, s'élèvent trois aulret pyramides (J), de dimensions relativement très- petites. Ce sont comme des ébauches, des embryons de pyramides. Ces expressions conviennent tout à fait à la nature des monuments.
Le groupe de monuments formé par la troisième pyramide, le temple de TE. et les trois petites pyramides du S., sont entourés, à quelque distance, d'une sorte de muraille peu élevée (K.), semblable aux deux murailles parallèles que nous avouF signalées en «rrière de la deuxième pyramide.
Age des pyramides. Nous avons indiqué (p. 67) comment la coin-
cidence observée entre des faits de .ThiAtoire et certains phénomènes astronomiques, tels, par exemple, que le lever héliaque de Sirius (Sothis), marquant le retour du grand cycle égyptien, avait mis entre nos mains un moyen d'obtenir quelques points de repère dans la chronologie des anciennes dynasties que l*absence d'une ère certaine rendait si dirficile à établir. C'est ainsi que, sur les indications d'Bmmanuel deRougé, Biot avait pu fixer à l'année 131 1 Tavénement de Ramsès III (F. p. 67, note). Un calcul de ce genre vient de permettre à M. Chabas d'assigner une date précise au règne de MenkerA (Mykérinos), et, par suite, à la construction de la troisième pyramide.
Dans le papyrus médieal appartenant à M. Ebers, M. Chabas a rencontré un cartouche royal jusqu'alors indéchiffré, dans lequel il a cru ire le nom du roi Menkerâ. A la suite du cartouche, venait cette mention que, dans la neuvième année du règne de ce prince, eut lieu le lever héliaque de Sothis. Or, comme nous avons des points de repère assurés par plusieurs levers, le calcul conduit à placer la neuvième année du règne de Menkerâ de 3007 à 3010 avant J. C. Si cette découverte était confirmée, nous aurions ainsi l'Age de la troisième pyramide et, par suite, l'Age des deux autres. On voit que, dans ce cas, nous aurions accordé dans nos tableaux chronologiques (p. 70), aux premières dynasties égyptiennes, un âge trop reculé; mais nous avons eu soin d'indiquer, avec Biot lui-même, les réserves que doit encore inspirer ce mode de fixer la chronologie par des observations astronomiques nécessairement imparfaites. Au reste, une différence de 600 à 800 ans sur les premières dynasties égyptiennes est encore dans les limites des erreurs probables, comme l'avoue très- bien M. Mariette.
Les Tombet* Nous avons indiqué
EGYPTE. — LEO PYRABin)B8.\ [ROUTE \l\
(p. 84, ; 85, 95 et 96) la disposition générale des tombes égyptiennes et lei caractères qu'elles ont affectés aux diverses époques. Nous savoos qu'elles se composent généralement d'une chapelle extérieure ou mastaba, édicule en forme de pyramide tronquée, d'un puits, construit tantôt en pierres, tantôt en briques crues, qui s'étend en dessous de la couche de sable dont le sol de la nécropole est formé, et pénètre dans le rocher, et de la chambre mortuaire proprement dite, murée pour l'éternité. La plupart des chapelles funéraires gisent aujourd'hui ensevelies sous les décombres, et quelques-unes, après avoir été visitées et étudiées, ont été de nouveau enfouies sous le sable par les ordres de M. Marie tle-Bey, dans le but de les soustraire A celte dégradation rapide que des visiteurs inintelligents font subir aux monuments les plus précieux pour la science. Nous indiquerons celles de ces tombes qui se voient sur le plateau des Pyramides et que le voyageur pourra visiter. L'âge de ces motuiba varie entre des limites très-éloignées, depuis le temps de la IV* dynastie, jusqu'aux derniers jours de l'empire des Pharaons ; placés sans ordre les uns à côté des autres, les plus récents se trouvent à c6tè des plus anciens, de sorte qu'il n'est pas possible de les classer par rapport à leur âge. Il existe cependant à i'O. de la Pyramide de Chéops une rangée régulière de mastaba qui appartiennent exclusivement à rAnâen Em-
pire.
Quelques-unesdeces tombes avaient été découvertes et décrites par les savants de la Commission d'Égyp^^ et, plus tard, par Cbampollion et Rosellini. Elles ne sont bien connues que depuis l'exploration du D' Lepsi us (1843), qui en a examiné et décrit 130, avec leurs inscriptions et leurs peintures murales, et surtout depuis les fouilles exécutées par M.
Mariette. Nous avons déjà mentionne