‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 193 sur 408 · R. 18] LES TOMBES. — TOMBE DE GÂMPBKLL · texte numérisé non relu

R. 18] LES TOMBES. — TOMBE DE GÂMPBKLL

Jes ezca? Ations funéraires (L) que Ton rencontre dans la chaîne de rochers qui forme l'escarpement oriental du plateau sur lequel reposent les pyramides, et oïl passent la nuit ceux des voyageurs qui veulent gravir la plus grande pyramide le lendemain de bonne heure pour y jouir du magnifique spectacle du soleil levant.

Elles n'offrent, du reste, rien d'intéressant. La plus importante d'entre elles est connue sous le nom de tombeau des Nombrtt; on y lisait, gravé sur la paroi, le nombre des troupeaux àe Khafra-Ànkh» Elle est aujourd'hui ensablée.

Dans la prolongation S. de la face orientale de la grande pyramide, à peu de distance en arrière du sphinx, un puits, découvert par le colonel anglais Wyse, est connu sous le nom de tombe de Campheli (N) . C'est un monument Irès-curieux. Il consiste en un grand puits carré taillé dans le roG à la profondeur de 16 met. 30.

Le côté le plus large du puits, de l'Ë. à ro., mesure 9 met. 30; l'autre face, seulement 8 met. Une large tranchée, taillée dans le roc autour du puits, forme un quadrilatère de 20 met. 70 sur 22 met. 25 de profondeur; et dans l'espace compris entre la tranchée et le puits, on a ménagé un passage conduisant de l'un à l'autre. On y a trouvé aussi l'entrée de deux puits plus petits, de l'un desquels on a tiré un sarcophage qui est maintenant au Musée britannique. Le grand puits n'est pas précisément au centre, c'est4-dire à égale distance des quatre côtés de la tranchée; l'espace le plus large est du côté du S. Un sarcophage en pierre renfermant un cercueil en basalte noir est encore en place au fond du grand puits. Au-dessus du sarcophage, quand la tombe fut découverte, il y avait une arche en plein cintre du temps de Psamétik I*% que les Turcs ont démolie pour en emporter les matériaux.

Au S. de la tombe de Campbell^

dans le voisinage d'un amas de ruines informes (peut-être une ancienne pyramide), sur la lisière du plateau, se trouve un groupe de tombeaux, dont deux sont assez bien conservés.

L'un est celui « d'Ouerkhun » prophète de la pyramide Har, c'est-àdire de la pyramide de Menkerà. 11 contient les cartouches des rois Menkerâ et Noferarkarà (iv* et v* dynasties). On y remarque des scènes de navigation et deux grandes images sculptées sur le rocher. Le second tombeau nous montre les cartouches d'Ott«erfca/'.Derrière ces tombes, le plateau s'abaisse en un ravin assez escarpé, au-dessus duquel s'élèvent, à l'O., des fragments de la chaussée de pierre (I), qui mono i la troisième pyramide. Cette chaussée, dont les traces ont disparu dans le ravin lui-môme, se continuait vers l'E. dans la plaine. L'on en voit encore une portion assez considérable, de 600 pieds de longueur environ, au bas d'une éminence rocheuse, qui fait retour sur la partie méridionale du ravin, et un peu audessous d'un beau bouquet de palmiers et de sycomores groupés autour d'une source, charmante oasis dans ce désert.

Au delà du ravin, le plateau se continue, présentant encore çà et là quelques cavités funéraires sans intérêt.

Si» des deux tombes que nous venons de décrire, on se dirige au N., laissant à g. la petite pyramide eK sa chaussée et faisant face à la seconde pyramide, on rencontre bien • tôt (180 met.) ur le plateau un escarpement (R) dans lequel sont creusées des lombes qui remontent à la Yi* et à la v* dynastie. Dans la qua^ trième, en se dirigeant du S. au N., on trouve sur les parois des représentations intéressantes : musiciens, danseurs, gens qui conduisent dos animaux sauvages; on y remarque le cartouche du roi Menkerà. Plus au N., dans la tombe du prince lia-

mhau. sont les cartouches des rois Kboufou et Khafra; parmi beaucoup d'images^ figure celle d'un homme conduisant une hyène. Vient ensuite la tombe du prince Sechemkara et, un peu plus loin, celle du prince NebemakhoUy la dernière de cette rangée vers le N., dans laquelle les scènes de chasse et d*animaux sauvages se montrent à côté des représentations de travaux manuels exécutés dans les champs; on y voit aussi des souffleurs de verre. Le petit ravin, dans lequel on descend après ce tombeau, et qui se dirige de ro. à TE., contient plusieurs tombes. En le suivant dans la direction N. 0., on rencontre, à une distance de 150 met. au S. de la grande pyramide, une tombe qui frappe par sa façade monumentale, ornée de quatre colonnes. Elle a un toit cintré et contient des inscriptions assez bien conservées; dans lesquelles on lit le nom de Psamétik. En suivant toujours le ravin dans la direction 0., on atteint l'espace libre sur lequel se dresse la seconde pyramide. Le rocher qui ferme cette esplanodtf du côté de TO. a été utilisé pour l'emplacement d'une série de tombeaux, parmi lesquels une chambre se fait remarquer par son toit, sculpté en forme de troncs de palmier juxtaposés; du reste, ces tombeaux très -dégradés n'offrent pas grand intérêt. Le mur du rocher, du côté N. de ce terre-plein, porte une courte inscription de Ramsès U. En se dirigeant de là vers l'E., en longeant la face S. de la pyramide de Chéops,on passe entre deux mastabas en ruine, et on rencontre un nouveau groupe de tombeaux (T), près de la petite pyramide de la princesse Hent- «en. qui contiennent plusieurs sculptures remarquables. Dans le premier, le plus au S., se montrent les cartouches des rois Sahoura et Assa, de la v* dynastie. On y voit des représentations bien réussies de la moisson; sur la fausse porte de la troi-

EGYPTE. — LES PYRAMIDES. [ROUTE lî]

sième chambre, est gravé le nom du maître du tombeau, Smrmefer. Le tombeau qui touche celui-ci a des peintures murales parmi lesquelles apparaît l'image du défunt. Deux mastabas ruinés qui viennent ensuite portent les cartouches des rois Snefrou et Khoufou, et ils appartenaient, le premier, à une fille du roi Soefrou, le second i Schafnefru, parent royal et fMrétre d'Apit^ qui a vécu à la cour du Pharaon Khoufou. Ces contemporains de Snefrou, le prédécesseur de Khoufou, comptent parmi lef personnages les plus anciens nommés dans les tombeaux. On trouve de ce côté beaucoup de ruines :

peut-être faut-il placer ici le temple d'Isis dont il est question dans la pierre de la fU le de Chéops.

Si l'on se dirige de là à l'O. de la pyramide de Chéops, on se trouve au milieudes mastabas (U) qui appartiennent exclusivement à l'Ancien Empire. Ils sont rangés régulièrement les uns i côté des autres sur un pl^n symétrique, dans la direction N. S ; de sorte que la nécropole de l'O. ressemble à un échiquier dont les cases seraient uniformément allongées ver^ le N. Sur le tambour de la petite porte oinrerte sur la face £., selon h disposition ordinaire, se lisaient !(' nom et les titres du défunt. Parmi lë> mieux conservés, nous citerons : 1^ mastaba du fils royal (suten-sa)//<i^' nommé aussi Safhotep « le c/iff dr^ secrets (secrétaire) de tous les travaux du roi. » Sa femme, la princesse Merttefs, est représentée avec lui. Plus loin, au N. 0. de la s»-conde pyramide, se trouvent Iroi^ mastabas rangés les uns à côtéde^ autres. Le plus au S. appartenait à Phiahbiounefer • paretU royal et prophète des rois Sahura et Banouser; > une partie des peintures murales de ce tombeau a été enlevée et déposée au musée de Berlin, mais ce qui reste est encore digne d'intérêt et se recomm^de surtout par de belles couleurs. Âu N. de ce mastaba,

[Route 12] LES TOMBES. — LE SPHINX-

se trouve celui du père de Phtahbiounefer, Aimeri^ et de son grand-père Atteskaf'Ankhy qui étaient tous deux de hauts personnages. On y remarque des scènes diverses : labourage, élevage des bestiaux, préparation du vin, cueillette des fruits; des ouvriers, des musiciens, des danseurs y sont représentés. Ces trois tombeaux foureissent, comme ceux qui sont situés à l'E. de la pyramide de Chéops, un excellent modèle de chapelle extérieure des mastabas. (K. p. 84 et 8&)

Le mastaba voisin a appartenu au maître de chant, A fa « qui réjouit le cœur de ison teigneur par son beau chant >, prophète des rois Neferkarà, Sahoura et Raoouser.A TO. de ce tombeau s'étendent, dans la direction du S. vers la petite pyramide, d'anciens murs, destinés à protéger la nécropole contre Tenvahissement des sables. Vers le N 0., les tombeaux se continuaient encore plus loin, mais quelques-uns d'entre eux seulement émergent à peine du sable. Entre ce point et la pyramide de Ghéops, le voyageur trouvera plus d'une tombe digne d*étre examinée. Dans le plus grand des deux mastabas, qui sont situés à l'angle N. 0. de cette pyramide, se trouve la représentation d'une chasse d'eau bien conservée.

Un petit tombeau, placé un peu plus au N., montre des scènes diverses :

labourage, animaux sauvages, différents métiers, musiciens, etc. Il contient les cartouches des rois Sahoura, Keka, Assa, Akauhor et Ounas. Le défunt, Senotemhei, y est représenté avec sa femme, la princesse Chent' kaiM. (F. Prokesch-Osten , Nilfahrt hit su den Zweiten Cataraettn, p.

Les tombes du plateau des pyramides ont fourni au musée de Bouiaq un grand nombre de monuments, stèles, tambours cylindriques, montants de porte, bas-reliefs, etc. (F.

Musée de Bùulaq, n*" 37, 99, 581, et Notice sur le Musée de Bouiaq, Ap •

pendiee, p. 283-286) ; le plus important de ces monuments est la stèle de la fille de Chéops (F. p. 392, a).

Le Sphinx (M) est en avant ou à TE.

de la deuxième pyramide, à la distance d'environ 500 met. Cest, comme on sait, la représentation colossale d'un lion à tête humaine, accroupi.

Historique du déblaiement du Sphinx, Au commencement de ce siècle, le capitaine Caviglia dégagea les abords du Sphinx et put déterminer la forme et les dimensions du monument. Il trouva entre les pattes du Sphinx un autel, un petit édicule et un lion. Le petit édicule ou sanctuaire se composait de trois stèles :

Tune, en granit, au fond, appliquée sur la poitrine du sphinx; les deux autres, en calcaire, à dr. et à g., formant les deux côtes de Tédicule ; ' ces deux dernières ont été enlevées.

Sur la stèle de granit, haute de 4 met. 15, est représenté le roi Thoutmès IV, offrant d'un côté l'encens, et de l'autre une libation à la figure d'un sphinx, qui est sans doute la représentation du colosse, avec la barbe et d'autres attributs d'un dieu. A l'entrée du sanctuaire, un lion accroupi regardait du côté du Sphinx et de la stèle centrale.

Depuis cette découverte, le sable avait de nouveau recouvert la partie inférieure du monument et la stèle antérieure. En 1852, le duc de Luynes ayant voulu faire dégager le monument, M. Mariette dirigea les travaux de déblaiement, et l'on acquit alors la conviction que le monument était un rocher naturel taillé en forme de sphinx ; le résultat le plus important de cette opération fut de mettre au jour le tombeau de granit ( F. ci-dessous). Les travaux, commencés aux frais du duc de Luynes, furent continués aux frais du gouvernement français et abandonnés lors de la guerre de Crimée. Us restèrent inachevés jusqu'en 1858, année où M. Mariette, ayant été placé à la tête du service de conservation des antiquités ëjm -

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ÈGYPTB. -. LES t>VRAMlDÉS. [Rout'B li]

tiennêÈf acheva Topération, et c*e8t alors qu'il découvrit les célèbres statues de Khafra. (F. ci-dessous.)

État actuel. — Le sable accumulé cache la partie inférieure du Sphinx.

La face mesure 9 met. depuis le menton jusqu'au sommet du front; elle est en partie mutilée; il y manque une portion du nez et des joues. On peut encore reconnaître qu'elle était originairement peinte en rouge. La longueur du colosse, depuis l'extrémité des pattes antérieures jusqu'à la naissance de la queue, est de 57 met. D'après les inscriptions hiéroglyphiques qu'on y a lues, c'était la représentation symbolique d'un dieu solaire. Le Sphmx a été taillé dans un bloc de rocher qui surgissait ici du sol, et, comme on voulut conserver ce bloc dans toute sa dimension, on dut, en certaines parties, en rectifier les irrégularités au moyen d'une maçonnerie rapportée.

D'après la représentation du Pharaon Thoutmès IV sur la stèle, on avait été porté à croire que l'exécution du colosse était du règne de ce prince ; mais la découverte, par M. Mariette, d'une stèle de la fille de Khéops, a jeté sur cette question obscure un jour inattendu. Cette stèle (V. Catalogue du musée de Bnulaq, n» 581) provient d'un édifice dont on a retrouvé les ruines au pied de la plus méridionale des trois petites pyramides qui bordent la grande, du côté de l'E. Voici l'inscription qu'elle porte :

« Le vivant Uorut, le rot

de la haute et de la basse Egypte y Khoufou vivant^ a restauré le temple dlsiSj Tectrice de la Pyramide (situé) à Vendroit où est le sphinx^ à la face nord-ouest du temple d*OsiriSj seigneur de Rosatou. Il a hdti sa pyramide là où est le temple de cette déesse j et il a bâti la Pyramide de la princesseUeniscn là où est ce temple, »

On lit sur la tranche de gauche :

« Le vivant Horus^ le ,. roi de la

hauite Egypte et de la basse Egypte, Khoufou vivant, a fait (ceci) à sa mère /m, ia divine mère (qui est) Uathor, rectrice des momnonia, ayant prescrit de le faire (graver) sur une stèle. Et U leur a renouvelé les divines offrandes, et leur a bdti son temple en pierre. »

De plus, le Sphinx est représepté sur la stèle, et son image est accompagnée de l'inscription suivante :

« Le lieu du sphinx de Hor^em-Khou est au sud du temple d'isis, rectrice de la Pyramide et au nord (du temple) d'Osiris, seigneur de Bosatou, Les peintures du dieu de Hor^em-Khou sont conformes aux prescriptions. •

Il résulte de ce texte que le Sphinx existait au temps de Khoufou (Chéops) et même lui était antérieur, puisqu'il figure parmi les monuments que ce prince aurait restaurés ; on voit par là combien son antiquité est reculée. De plus, d'après l'inscription ci-dessus, le Sphinx serait la représentation du dieu Har-em-Khou « Horus dans le soleil brillant», THarmachis des Grecs. De récentes recherches ont établi que le Sphinx ne contient et ne recouvre aucun tombeau.

Le Temple de granit, ou Temple du Sphinx (Q) . A 200 pas env. du Sphinx, est un monument remarquable découvert par M. Mariette (F. cidessus). Il est ouvert par le haut, et profondément enfoncé dans le sable.

C'est un édifice de former rectangulaire, construit en granit et en albâtre.

On y entre, du côté de la face N., par un passage qui descend graduellement dans les sables de l'intérieur. On arrive dans une grande chambre qui occupe le milieu de l'édifice, et qui est orientée duN. au S. Elle contient six piliers de granit, en pierres énormes ; quelques-uns des blocs n'ont pas moins de 5 met. de long. I^s deux premiers piliers portent encore les blocs qui les relient à la paroi voisine. Outre cette chambre centrale, on voit deux autres chambres^ l'une à l'E., parallèle à la première, et l'au-

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