‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 195 sur 408 · ROUTP 12] SAQQARAH. — LES TOMBES · texte numérisé non relu

ROUTP 12] SAQQARAH. — LES TOMBES

lente d'étudier les représentations de Tintérieur des tombeaux; Nous verrons que ces tableaux, parfois aipusants, toujours égayés par les plus vives couleurs, appartiennent par leur sujet, soit au personnage encore vivant, pour lequel la tombe a été faite, soit au défunt, à son passage de ce monde dans Fautre, soit aux dons funéraires.

A droite, les statues de Ti sont embarquées dans des navires pour être transportées dans la tombe qu'elles doivent orner. Des bœufs sont amenés pour le sacrifice qui doit être accompli en faveur du défunt à certains anniversaires, selon les rites funéraires. L'un d'eux est saisi, des serviteurs lui lient les jambes et se préparent à l'abattre.

Sur la paroi de dr. , Ti est représenté lui-même, accompagné de sa femme et de ses enfants ; il est au milieu de ses gens dont il surveille le travail.

OueJques-uns des serviteurs portent sur leurs épaules des sacs pleins de grains pour la volaille; d'autres engraissent les oiseaux en enfonçant dans leur gosier de la farine roulée en boules. Un peu plus loin, est une vue pittoresque des constructions de la ferme ; les plafonds sont soutenus par des colonnes de bois élégamment sculptées; au milieu des bâtiments est une mare dans laquelle nagent des canards. Plus loin, sont des champs dans lesquels paissent des quadrupèdes. Parmi les oiseaux que possède Ti, on voit des oies, des canards de diverses espèces, des grues de Numidie, des pigeons, etc. Il possède également des animaux en grand nombre, antilopes, gazelles, etc.; des cartouches portent les noms des rois Keka et NoferkarA. Toutes ces représentations se rapportent, comme on le voit, au personna^'e encore vivant; malheureusement, cette décoration est devenue indéchiffrable en plusieurs endroits, et, en particulier, sur les piliers. Au milieu de cette salle, s'ouvre lepuiu qui

aboutit à la chambre du sarcophage, laquelle, du reste, est obstruée par les décombres. Par une exception bien rare, le puits, au lieu d'être vertical, est incliné comme le couloir d'une pyramide. Le sarcophage est en calcaire et ne porte aucune inscription. A l'angle S. 0. de la salle des piliers, une porte donne accès dans un couloir étroit sur les parois duquel sont représentées diverses scènes. Sur la paroi E. de ce couloir, est figuré, comme dans la chambre précédente, le transport des statues destinées au mastaba, a Ceci, disent les légendes, ce sont les statues en bois d'acacia du défunt Ti »; « ceci, ce sont les statues en boisd'ébène. > Des musiciens et des danseurs y sont représentés. Sur cette même paroi, on a figuré l'abatage des bœufs destinés à fournir une partie importante des dons funéraires. A dr. du couloir, s'ouvre une petite chambre dont les peintures ont trait également aux dons funéraires; des serviteurs apportent sur leur tête, sur leurs épaules, sur leurs mains étendues, des victuailles, des fleurs, des plateaux chargés de vases. Ces dons funéraires, d'après le proscynème fait à Anubis et gravé à l'entrée du tombeau, devaient être apportés dans la chambre mortuaire, au commencement de Tannée, à la fête de Thoth, au premier jour de l'an, à la fête de la navigation, à la grande panégyrie, à la fête de la chaleur, à l'apparition du dieu Khem, à la fête de l'holocauste, aux fêtes des mois et des demi-mois et tous les jours.

Sur la paroi de l'O., de grands na> vires aux voiles étendues, des bar-' ques montées par des rameurs, sillonnent les eaux du Nil; elles portent le corps de Ti et les objets destinés au culte des morts. Ces représentations marquent le passage du défunt de ce monde dans l'autre; elles sont l'illustration du vœu exprimé dans l'inscription qui décore l'entrée du tombeau, qu'An ubis.

EGYPTE. — SAQQARAH

> celui qui est à la porle divine, »

favorise l'accès du défunt dans « l'Amenti; la contrée de TO., l'ancienne, la bonne et la grande (à lui), qui est dévoué au grand dieu. Qu'il suive les chemins suivis, lui qui est dévoué au grand dieu. *

Ce couloir aboutit à la principale chambre, couverte de tableaux aussi importants par les sujets qu'ils traitent et qui nous initient à mille détails de la vie privée et des mœurs des Égyptiens que remarquables par le fini de Texécution; il serait impos< sible de les décrire tous, il suffira d'indiquer les principaux. Sur la paroi du N. (à dr. de l'entrée), sont de délicieuses représentations de la vie des champs. Des vaches traversent un gué; des veaux paissent dans une prairie; des serviteurs conduisent un troupeau de chèvres. Plus loin, sur la même paroi, sont figurées des scènes de chasse et de pêche, les oiseaux sont plumés et portés dans la maison, les poissons placés dans les filets. Le défunt chasse dans les marais. Il est debout sur une grande barque en roseaux de papyrus ; d'une main, il tient les appelants; de l'autre, il lance sur les oiseaux aquatiques répandus dans les roseaux un bâton recourbé qui part en tournoyant. Dans l'eau, sur laquelle vogue la barque, sont blottis des hippopotames et des crocodiles ; un des serviteurs prend un hippopotame avec une sorte de harpon; à côté est figuré un combat entre un crocodile et un hippopotame. Sur le registre inférieur de cette paroi N., est une file de femmes conduisant des animaux et portant des coufi*es sur Ja tête. Ce sont les propiiétés du défunt ainsi symbolisées qui toutes concourent à fournir les objets destinés à figurer en nature dans la chambre, animaux, oiseaux, vin, fruits, légumes. Sur la paroi de l'E., les tableaux d'agriculture ne sont pas moins curieux. Près de cent personnes y sont figurées.

Des bœufs etdes ânes sont employés

au dépiquage du blé, on récolte le blé, on le forme en meules, on assemble les gerbes. Au-dessus des moissonneurs, on lit ces paroles :

< C'est ici la moisson ; quand il travaille^ Vhomme reste plein de douceur, et je suis tel. » Devant chacune de ces scènes, le défunt est debout, le bâton de commandement à la main. Sur la paroi du S., se voient des artisans, sculpteurs, peintres, tourneurs, souffleurs de verre, tanneurs, cordonniers. La paroi de TO.

porte, près de deux fausses portes qui figurent l'entrée dans la « seconde vie >, l'énumération des ofl'randes funéraires qui doivent être présentées au défunt. C'est devant l'une de ces fausses portes que se trouvaient placées sur un socle les belles statues de Ti et de sa femme qui ont été transportées au musée de Boulaq.

On voit que les tableaux qui décorent ce tombeau rentrent dans une des catégories que nous avons indiquées en commençant cette description. Les plus nombreux, grande chambre, parois du N., du S. el de l'E., se rapportent au personnage encore vivant. Ti mène sur la terre une vie heureuse, telle que pouvait l'imaginer un peuple entièrement voué aux travaux agricoles; il est au milieu des siens, entouré de biens de toute sorte; il atteint une vieillesse heureuse et longue. Les plus rares sont relatifs à la mort du défunt (transport des statues, couloir d'entrée). Quant aux tableaux relatifs à l'apport des dons funéraires, ils se rencontrent surtout sur les parois de la petite chambre située à dr. du couloir d'entrée et sur la paroi £. de ce couloir.

Ce beau tombeau n'était pas isolé; les nombreuses buttes qui l'entourent montrent qu'il y avait là une nécropole régulièrement distribuée , comme à Gizèh ; mais les monuments sont ensevelis sous un épais linceul de sable.

ToTXïhe de Phtah-Hotep. Cette

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