ROUTE 18] SAQQAKAH. — LE SÉRAPÉUM
tombe, située au S. de la maison du Sérapéum, ne renferme qu'une seule chambre. Les parois sont couvertes de sculptures et de peintures, reproduisant des scènes semblablesà celles que nous avons décrites ci-dessus et aussi finement exécutées, avec des particulariiés curieuses qu'il nous suffira de mentionner. Les scènes relatives à rapport des dons funéraires y occupent la première place. Le défunt est assis (paroi de VO,, entre les deux stèles). Devant lui commence uqe véritable procession de serviteurs apportant les dons; en tète, marchent âe^ prêtres récitant les hymnes sacrées; derrière eux, des serviteurs disposent sur une table les offrandes destinées à la cérémonie. Phtab- Uotep lui-même accueille les dons, et on le voit porter à la bouche un vase contenant une des substances qui figurent dans les dons funéraires. Pbtah-Hotep se qualifie de ■ pjôtre de la pyramide Men-asou de Ranouser et de la pyramide Nuterasou de Menkaouhor. >
Les fouilles exécutées dans les tombes de Saqqarah ont donné au mu!;ée de Boulaq le plus grand nombre de stèles et de sutues qu'il y ait dans aucun musée. Parmi les stèles, nous indiquerons celles qui perlent les n** du catalogue 38, 70, 67, 72, 73 ; parmi les statues, les n** 115, 117, 118, 119, 121, 127, 146, 148, I'j5, 168, 170-173, 174, 177, 195; et tout particulièrement, le beau monument de Psamétik (385), époque de<i Saîtes (F. p. 365, b), et les belles >utues d'Osiris assis (386), et dMsis "iS7). Le voyageur les verra avec mi^Tèt, à son retour au Caire.
S* Le Sérapénm de Memphis est ^itué à 10 met. vers TO. de la grande pyramide, et à 30 met. de Saqqareh.
Higtoire. — C'est la première (rrande découverte de M. Mariette en K^'pte, et assurément une des plus ^.lorieuses. Celte découverte remonte à 1850. En parcourant un jour la plaine de Memphis, M. Mariette aper-
çut, pointant à travers le sable, la partie supérieure d'une tête de sphinx; il fit aussitôt déblayer la place, et mit à jour le morceau entier assis sur sa base. C'était une de ces statues dont étaient formées les avenues des grands temples égyptiens.
On lui apprit qu'on en avait souvent trouvé de semblables dans le même endroit, et que beaucoup en avaient été emportées. Le passage où Strabon parle du temple de Sérapis s'offrit immédiatement à la pensée de M. Mariette et il ne douta pas qu'il fût sur la voie de cet antique monument, un des plus célèbres et des plus révérés de l'Egypte, à cause des Apis ou bœufs sacrés qui y avaient leur sépulture. « Le temple de Sérapis, dit l'auteur grec, est construit dans un endroit tellement sablonneux, que les vents y amoncellent des amas de sable sous lesquels nous vîmes les sphinx enterrés, les uns à moitié, les autres jusqu'à la tête. »
M. Mariette se mit à l'œuvre avec une inexprimable ardeur. Les difficultés étaient grandes. Il fallait creuser et maintenir le sable mobile qui recouvre la* plaine aune grande profondeur, et qui menaçait à chaque instant d'envahir la tranchée et d'engloutir les travailleurs. En deux mois (novembre et décembre 1850), l'avenue tout entière fut déblayée sur une longueur de près de 200 * met., et 141 sphinx furent mis à jour, ainsi que les piédestaux d'un grand nombre d'autres. Il suffit de savoir, pour apprécier la grandeur de ce travail préliminaire, que, depuis l'entrée de l'avenue jusqu'à son extrémité, la profondeur dos sables qui ont envahi la plaine va toujours en augmentant, et que, tandis que les premiers sphinx n'ont au-dessus d'eux qu'une couche de 3 à 4 met., c'est à 20 met. et plus de profondeur qu'il avait fallu chercher les derniers.
Au bout de cette immense allée de sphinx, s'est présenté ce qu'on ne
EGYPTE. — SAQQARAH
se serait guère attendu à rencontrer dans un temple égyptien, un hémicycle de statues grecques représentant les philosophes et les écrivains les plus fameux de la Grèce, Pindare, Lycurgue, Solon, Euripide, Protagoras, Platon, Eschyle, Homère, Aristote, tous avec leurs attributs, et quelques-uns ayant leur nom inscrit au bas de la statue ; deux autres statues étaient mutilées et méconnaissables. Entre l'hémipycle et les deux derniers sphinx de l'allée, un dromos transversal conduisit, sur la g., à un temple d'Apis construit parNectanèbe (xxx* dynastie, de 378 à 340 ans avant notre ère), et devant lequel étaient posés deux sphinx de grandes dimensions; sur la dr., le dromos aboutit au premier pylône du Serapéum. Cette partie droite du dromos, longue de 100 met. environ, était bordée de chaque côté par un mur bas et large en forme d'immense piédeslal, et, vers le milieu, il était coupé à g. par un édicule de style grec, avec deux chapelles de style égyptien, dans l'une desquelles était une belle statue en pierre du bœuf Apis. De cha(tue côté des -deux chapelles, et sur le piédestal courant qui borde l'autre côté du dromos, on voyait de singuliers groupes de style grec représentant soit des enfants à cheval sur différents animaux, soit des animaux réels ou symboliques.
En avant du premier pylône, deux piédestaux étaient surmontés de lions accroupis d'un beau travail.
Ces lions, aujourd'hui déposés au Louvre, sont absolument semblables aux lions en basalte qui se voient au Vatican (ils proviennent aussi du Serapéum), et dont les moulages en bronze ornent la fontaine de l'institut, à Paris.
A la profondeur considérable où Ton était parvenu , le travail de déblaiement devenait de plus en plus difficile à cause des perpétuels ébou- Icments contre lesquels on avait à se défendre. Néanmoins l'enceinte du
Sérapéum fut suivie dans toute son étendue ; mais ce travail gigantesque ne demanda pas moins de 8 mois.
Quelques parties du mur d'enceinte ont été construites ou réparée* par Nectanébo, dont elles portent les inscriptions. En creusant au pied de la muraille, on trouva dans une sorte de niche pratiquée à sa partie inférieure une collection de 428 figurines en bronze représentant différentes divinités, principalement Osiris, Isi^, Apis et Phtah.
Aux difâcultés que la nature du sol et la profondeur de Tenfouissement opposaient à cette exploration, vinrent alors se joindre des empêchements d'une autre sorte, suscités par les rivalités jalouses que ces belles découvertes éveillaient au Caire. A force de courage, d'adresse et de sang-froid, M. Mariette déjoua les secondes comme il avait surmonté les premières, et il garda son terrain au milieu des obstacles de toute sorte où sa vie même fut plus d'une fois menacée. Ces contrariétés ralentissaient, mais n'arrêtaient pas s^ marche; et un jour, le 12 novembre 1851, il toucha enfin au but que ses efforts poursuivaient depuis plus d'un an. Il découvrit l'entrée des vastes hypogées où étaient déposés les Apis après leur mort. Ce qui donne une grande valeur historique à cette décauverte, ce sont les inscriptions qui accompagnent chaque tombe, où est relatée la date précise de la mort du bœuf sacré rapportée à l'année courante du prince régnant. On a trouvé là un moyen certain de rectifier .et de fixer U chronologie des dernières dynasties pharaoniques, en remontant jusqu'à la xxn* , c'est-à-dire jusqu'à l'an 980 avant l'ère chrétienne, les inacnptions fournissant pour cette période une série ininterrompue.
On désigne communément la tombe des Apis sous le nom de Sérapéum. Nous nous servirons de cette désignation usuelle, en faisant re-
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marquer toutefois que le Sêrapéum proprement dit était le temple, édifice qui avait l'apparence extérieure des autres temples de TÉgypt?, même de ceux qui n*ont pas une destination funéraire. Dans Tune des chambres de ce temple, s'ouvrait un chemin en pente qui gagnait bientôt le roc et donnait accès dans les vastes souterrains^ qui étaient la Tombe d'Avis,
État actuel, — Les sables ont déjà recouvert toutes les approches du Serapéum. Nous avons pu en 1869, lors des fêtes de Tinauguration du canal de Suez, voir la plus grande partie deTavenue des sphinx et Thémicycle des statues grecques que Ton avait en ce moment découvertes pour faire honneur aux grands personnages étrangers qui visitèrent l'Egypte à cette occasion. Mais à l'heure présente on oe les voit plus. L'hypogée se compose de deux vastes souterrains.Le premier a son entrée au S. etse dirige vers le N. U se compose d'une galerie sur laquelle s'ouvrent une vingtaine de chambres. La plus ancienne de ces chambres est du temps de Ramsès II (xix* dynastie), et la plus moderne de Psamétik !•* (xxvi* dynastie).
Cette suite de caveaux renfermait environ 1200 stèles avec des inscriptions. Ces stèles, qui consacraient le souvenir d'une visite pieuse faite au Sérapéum , étaient encastrées soit dans le mur qui fermait la chambre sépulcrale, soit dans les parties Immédiatement voisines du rocher. Toutes celles dont les hiéroglyphes se sont trouvés encore tant soit peu lisibles sont actuellement déposées ou louvre. Outre les stèles commémoratives, cet hypogée a fourni un grand Qomore de statuettes représentant ies personnages admis à l'honneur de figurer «dans la tombe. Il est aujourd'hui inaccessible ; les voûtes se sont écroulées en quelques parties et le reste ne présente pas assez de solidité pour qu'on en permette la visite a^ux voyageurs.
ORI&NT a.
Le second souterrain, le seul que Ton visite aujourd'hui, fut inauguré dans la 52* année de Psamétik I*' (613 avant J. G.], et il servit de sépulture aux Apis jusqu'aux premiers temps de la domination romaine. Il a son entrée à TE. On y pénètre par une porte basse enfouie dans le sol au fond d*une tranchée profonde. La clef de la porte est entre les mains d'un Ârahe, chargé de la garde du souterrain. On aura soin de se munir de bougies et d*éclairer attentivement sa marche ; en 1870, un voyageur qui avait négligé cette précaution tomba et se fractura le bras.
Presque à l'entrée, le couloir est obstrué par un grand sarcophage de granit. On se glisse avec peine entre la paroi de ce sarcophage et celle du couloir; au delà, on se trouve dans de grandes galeries, oii l'on circule librement. A dr. et à g., s'ouvrent des chambres qui contiennent de grands sarcophages. Le souterrain a 195 met. de longueur. Les sarcophages, au nombre de 24, sont en beau granit de Syène; ils ont 3 à 4 met. de hauteur, sur une lon- ^eur de 4 met. 1/2 à 5 met. et 3 met. ae largeur. L'épaisseur des parois latérales est de 60 centimètres. On estime que chacun de ces monolithes doit peser de 60 à 800000 kilogr. Ils sont sans inscription, à l'exception de trois qui portent les noms d'Amasis (XXVI* dynastie), do Cambyse, de Khabbasch, « Vamié^Oior-Hajoiy le set" gimir de Kakem»f qui se souleva contre Darios I et Xerxès I, et régna quatre ans sur l'Egypte. Les guides font escalader celui qui est dans la dernière chambre à dr. Six ou huit personnes peuvent se tenir assises dans l'intérieur.
Dans le voisinage de ce double hypogée, du côté du S., il y a d'autres souterrains beaucoup plus petits où furent ensevelis les Apis morts sous les derniers rois de la xvin* dynastie, et sous les premiers rois de la zix*. On n'a trouvé jusqu'à pré-
sent aucun Apis antérieur au règne d'Aménopbis III. Les Apis n'avaient pas encore à cette époque de tombe commune. Ils avaient chacun leur tombe isolée qui se composait tout simplement, à la surface du sol, d'un édicule orné de bas-reliefs et, sous cet édicule, d'une chambre carrée à plafond plat, à laquelle on arrive par un chemin en pente, pris dans le rocher. La porte regarde le soleil levant. Près du cercueil en bois du taureau sacré, les principaux personnages déposaient quelques statuettes ornées de leurs titres et de leur nom. Ce mode de sépulture resta en usage jusqu'au temps de Ramsès II, sous le règne duquel on construisit le premier souterrain commun.
Le déblaiement du Sérapéum, accompli sous les ordres de M. Mariette, a produit sept mille monuments, parmi lesquels trois mille sont relatifs au culte du dieu; ces richesses se trouvent en grande partie au musée du Louvre et au musée de Boulaq. On a pu constater l'existence d'un minimum de 64 Apis. Presque toutes les tombes des Apis avaient été violées, et les objets de prix, enlevés; cependant, M. Mariette a eu la bonne fortune d'en découvrir quelques-unes, qui avaient échappé à toute violation. Nous citerons celle dn quatrième Apis de la xvui* dynastie^ mort sous Harmhabi, et celles des Apis II et III morts sous Bamsès II. M. Mariette trouva dans cette tombe un sarcophage en bois, do forme rectangulaire, peint en noir et accompagné de quatre trèsgrands canopes en albâtre oriental, à tète humaine, et un autre sarcophage , à côté duquel était, appliquée contre le mur, une statue en bois doré, de grandeur naturelle, représentant Osiris debout. Des niches étaient ménagées dans les murs; celle de la paroi E. contenait deux statues en grès de Khdmouat. Dans les deux niches de la paroi S.
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étaient déposés deux chacals enterre crue, accroupis sur un autel en forme de pylône. Dans les niches de la paroi N. et 0., M. Mariette recueillit plusieurs tablettes en terre crue avec légendes gravées à la pointe. Les murs étaient couverts de peintures très-effacées. Celles de la paroi S., un peu visibles, représentaient en deux tableaux le roi Ramsès II et son fils Khâmouas faisant des libations funèbres, devant deux Apis de forme humaine, montés sur la coudée de Phtah et armés, comme Osiris, du fouet et du crochet. Des feuilles d'or étaient répandues sur le sol, ou recouvraient la partie inférieure des deux sarcophages et le soubassement des murs de tout le pourtour de la chambre. Le sarcophage en bois contenait deux autres sarcophages également en bois, sans peinture et sans légendes; le troisième renfermai tune boîte de momies, le visage dore.
Dans une ca\ité intérieure se trouvait un monceau tout noir, formé d une matière bitumineuse, très-odorante et tombant en poussière sous la moindre pression de la main. Elle enveloppait une quantité de petits ossements, déjà brisés à l'époque de l'ensevelissement du taureau. Au milieu de ces ossements, on a recueilli de^ sUtuettes funéraires, à tête de bœui, avec légende au nom d'Apis niort,de> objets en or gravés au nom de Khâmouas et d'autres personnages, dçs statuettes, des amulettes, de!i paillettes d'or, etc. Le deuxième sarcophage de cette tombe présentait les mêmes particularités.
En retournant à Saqqarah, où aperçoit, dans les rochers à l'E- delà pyramide, vers la limite du terrain cultivé, les ruines d'une tombe en pierres de taille, du temps de Psamétik l [vii« s.). Elle renfermait une voûte quiVest écroulée, il y a î^^'* ques années.
La voûte était du reste connue bien antérieurement par les ËgyP* tiens, car on trouve à Thèfces dei tom-
beaux vofttés de la ztiii* dynastie.
Il y en a même à Abydos, de la vi* dynastie.
7* Pyramides de Dachour. Elles suivent au S. celles de Saqqarah et ne forment qu*un seul groupe avec ces dernières ; elles marquent sans doute la limite S. de la nécropole de Hemphis. Elles sont au nombre de quatre, dont deux en pierre et les deux autres en briques crues. Une des deux pyramides en pierre présente une forme insolite ; vers le milieu de la hauteur, les lignes présentent une brisure qui donne à la partie supérieure une inclinaison très-surbaissée par comparaison avec la partie inférieure L'autre pyramide en pierre^ dont la forme est régulière, est aussi la plus grande; chacune de ses faces mesure à la base