ROUTE 13] MANSOURAH. — DAMIETTE
cnieSy avait 460 met. de long sur 300 de large. Le temple proprement dit avait environ 120 met. de long ou 180 mèt.y en y comprenant le pronaos, SOT €0 met. de large. On ne reconnaît plus que des fragments de comicbes, de plafonds, d'arcbitraves et de murs, dans un complet désordre, et Ton est étonné d*un si prodigieux travail de destruction. Les corniches portent le triglyphe égyptien, avec les cartouches du roi; elles présentent, du reste, des ornements variés, suivant la place qu'elles occupaient dans rédifice; Tune d'elles est ornée de têtes d'Isis, alternant arec le cartouche du roi.
Sur Tun des murs, dont un fragment est encore debout, à peu près au centre du temple, est figurée la barque sacrée d'Isis. « La déesse d'Hébit» est assise entre deux autres déesses. (Sur le rôle des barques sacrées, F. p. 101.) Le soubassement des murs, dans cette partie du temple, portait, selon la pratique assez généralement suivie, des dieux du Nil en procession, représentant les nomes d^Égypte ; entre ces dieux, sont figurées des plantes aquatiques.
On remarque encore dans cette partie du temple des chapiteaux à tête d'Isis, semblables à ceux de Dendérah et de PhilaB. {V. ces temples.)
Au N. E. de Behbelt el-Hagar, on atteint
19 kil. 7a{iiMi/i(rive g.), petite localité située en face de
Mansourah, sur la branche orientale du NiL — Embranchement sur * Zagaxig, le Caire, Suez.
Suivant Tbistorien arabe Albouféda, cette ville, qui ne répond d'ailleurs à aucune localité antique, fut fondée en 1221 par Melek el-Kamel, à l'époque même où les Croisés assiégeaient Damiette. Son nom de Ifansourah (la victorieuse) lui fut donné en mémoire d'une victoire remportée en cet endroit par les Musulmans sur les Croisés. On montre encore sur la pointe de terre opposée à Mansourah,
à l'endroit où le canal vient rejoindre le Nil, remplacement prétendu du camp des Croisés, en 1221 et 1250.
C'est sous les murs de cette ville qu'en 1250 saint Louis fut fait prisonnier après sa désastreuse retraite.
Mansourah, quoique déchue de son ancienne importance, est encore une assez grande ville (16000 hab.), cheflieu de la province de Dahkalièh.
Elle renferme de belles mosquées, une église copte et plusieurs manufactures de toiles, de crêpes, d'étoffos de coton et de lin assez renommées. Elle ne livre guère , du reste, au commerce intérieur, alimenté par les fellahs, que des produits as.<tez grossiers, surtout en ce qui concerne les cotonnades bleues. On y a bâti récemment un palais pour un des fils du khédive.
Mansourah ne possède aucun vestige d'antiquités : beaucoup de ses maisons sont en ruine.
La voie continue à suivre la rive 0. du fleuve, dont les rives sinueuses s'éloignent et se rapprochent tour à tour. Après les stations peu importantes de (24 kil.) Chirbin (R. 0.), et de (13 kil.) Kafr Terraeh, on arrive à
26 kil. Damiette, l'ancienne Tamiathia. Tamiatbis était une ville considérable de la basse Egypte, située à l'embouchure de la branche phatnitlque du Nil. Elle est, du reste, moins connue sous ce nom que sous le nom moderne de Damiat ou Damiette. Damiette est surtout célèbre par le rôle qu'elle joua dans les dernières croisades. Sa situation à l'embouchure de la branche orientale du Nil en faisait le boulevard de l'Egypte et la désignait aux attaques des Croisés; aussi les Arabes l'avaient-ils entourée de murs fortifiés. C'est à la suite du siège infructueux de Damiette que saint Louis, attaqué dans sa désastreuse retraite par les Arabes, fut fait prisonnier près de Mansourah (F. ci-dessus). Pour mettre la ville à l'abri des attaques des Croisés, un de