EGYPTE. — DAMIETTE
[K013TE \y^
khalifes égyptiens, le mamelouk baharite Bibars^ la fît démolir^ et les habitants se transportèrent dans un village voisin^sur les bords du Nil, à environ S kil. de la mer. Ce changement eut lieuj selon Aboulféda, en l'année 648 de Thégire (1351 après J. C.)- La ville moderne ne tarda pas à égaler en importance l'ancienne ville, dont elle garda le nom, et devînt une des cités les plus populeuses et les plus importantes du Delta. Ses manufactures de cuirs et ses poteries étaient renommées; ses navires faisaient un commerce considérable avec les côtes de la Syrie et de la Grèce.
La ville actueUe, quoique bien déchue depuis les accroissements récents d'Alexandrie, dont le port a accaparé la plus grande part du mouvement commercial, est cependant encore impprtante. La population est de 29000 hab. Située sur la rive Ë.
du fleuve, non loin de la mer, elle s'étend, en forme de croissant, sur la langue de terre qui sépare le î^il du lac Menzalèh. Elle a des maisons élevées, des mosquées grandes et belles; de riches campagnes l'entourent. C'est aujourd'hui le second port de rSgypte; elle a reçu, en 1872, 713 bâtiments k voiles venant surtout de Port-Saïd, de la Turquie d*Asie, de la Syrie et de l'Archipel. Elle possède, depuis 1870, un phare blanc à éclipses. Outre les avantages que lui offre la navigation, clic trouve dans ses pêcheries et dans ses rizières une source de relations profitables avec Tintérieur du pays.
Ses poteries sont encore estimées; on y fabrique, en particulier, des gargoulettes de terre noire que Ton ne trouve nulle autre part en figypte.
Les habitants tirent aussi un grand parti du commerce du poisson, fort abondant sur toute cette côte.
On n'y trouve, en fait d'antiquités, que quelques débris de blocs et de colonnes, utilisés dans la construction des murs des mosquées. Da- 1
miette est le meilleur point de départ pour l'excursion du lac Menzalèh.
Bxoonton an lao MAasalAh.
On traitera à Damiette avec un reïs, pour cette excursion qui prendra deaz jours; le prix de location d'ane barque pouvant recevoir deux on trois persoD* nés est de 20 à 25 fr. par jour, et, avec la taxe, il s'élève à 40 fr. au minimum. Ces barqaes, assez grandes, sont malpropres et sentent le poisson. On fera bien de prendre avec soi des couvertures, des manteaux, indispensables pour se garantir, la nuit, de Thumidité des bords marécageux do lue, et même, si l'on est amateur de chasse ou de pèche, et que Ion veuille prolonger son séjour sur le lac, il sera bon de faire venir ou d'apporter du Caire une tenta, un lit et les provisions nécessaires.
Le lac Menzalèh, ancien lac Taniticus, est le plus grand des lacs d'Egypte.
Très-irrégalièrement découpé dans ses rives méridionales, sans cesse déplacées suivant le niveau changeant des eaux et la direction du vent, il est borné au N. par une langue de terre étroite qui le sépare de la mer, avec laquelle il ne communique que par deux étroits passages , boghaXf nommés Dibék et Gemilèh. Une zone da terre bien cultivée le limite à 10., vers la branche de Damiette; à l'E., il est séparé par le» berges du canal de Suez, qui l'a traversé dans sa partie orientale ( F. R* 15), de plaines basses, fangeuses, couvertes par les inondations. Port- Saïd a été construit sur les bords mêmes du lac, à 14 kil. du boghaz Gémilèh, et, dans les premiers temps de leur installation, les ouvriers du canal, campés sur l'étroite et basse langue de terre où devait s'élever la nouvelle cité, voyaient parfois les eaux du lac, soulevées par l'orage, pénétrer jusque dans leurs tentes. L*eau alimentée par les canaux du Nil n est douce que pendant les inondations; elle est saumâtre, le reste de l'année.
Le lac, d'une profondeur peu considérable, même pendant l'inondation, e»t parsemé de nombreuses lies dont la plupart ne sont que dea bancs de sable.
Leur nombre augmente prodigieusement en été. En partant de El^Nédi^ village situé sur les bords du lac, as kil. environ de Damiette, on se dirige à TE. Les
LAC MENZÂLËH.
matelots manaaTrent d'abord à !a per^ che pour mettre la barqae an large, pois us prennent les rames. Le yent s'é^ lèTe en général vers neaf oa dix heures, et permet alors de déployer la grande voile triangal^ire fixée à une vergue énorme dont le tiers inférieur porte sur l'avant de la barque, tandis que les deux autres tiers dépassent le mftt, quelquefois de 8 ou 7 mètres. « L*effet de cette grande voile, sous ce beau ciel limpide, est ravissant. Le voyage est animé parla vue dlonombrables bandes d'oiseaux qui, tantôt serrés les uns contre les autres, paraissent de loin former à la surface do lac de véritables ilôts, et tantôt exécutent dans l'air, avec un ordre parfait, leurs rapides évolutions; des oies, des pélicans, des cygnes y flot> tent mollement comme des navires à l'ancre; des flamands s'y promènent dans les bas-fonds ou sur les lies ; des canards sans nombre le parcourent dans tous les sens >. Le chasseur y trouvera donc on gibier exceptionnellement abondant, mais d'on abord malaisé. Une petite baripe qu'il aurait fait venir du Caire lui serait ici d'une grande utilité. Les poissons sont aussi abondants dans le lac que les oiseaux; on les» voit c s'ébattre, sauter hors de l'eau jusqu'à venir parfois tomber dans la barque. > (OIlivier-Ritt, tithmê de Sues, p. IS6.)
Après une traversée dont la durée, variable selon le vent, peut être estimée à 7 à 8 heures, on arrive, en se dirigeant toujours k l'E., quelques degrés S., à
TVnnM, l'ancienne Tenais, Tennesos, QOn loin du canal de Suez. Cette lie ren ferme beaucoup de ruines de l'époque romaine, bains, tombeaux,débris de poterie; nulle trace d'inscriptions. Les tombeauTt sont voûtés, peints pour la plupart, û, Texléfieur,en rouge et en blanc. DeTennèh, on se dirige au S. 0., vers (3 h.) llle de Tounahf dans laquelle un petit monticule marque l'emplacement d'une ancienne ville, dont les ruines n'offrent aucun intérêt; le petit village de Chêfkh ÀbdaUah s'est élevé sur ces débris. On pourra camper en cet endroit, où l'on trouvera un emplacement plus favorable qu'à (1 h.) BUtarféh, à l'O. de Tounah, petite ville de 2000 habitants, bàlie à l'extrémité d'une petite langue de terre, daasun endroit marécageux. Elle n'existe et ne prospère que par la pèche ; les barques, les maibons, les places, tout est rempli de poissons. Dans cette localité peu attrayante où l'on fait d'ordinaire
un court séjour, le voyageur observera cependant avec intérêt ces forts et vigoureux pécheurs, dont le type rappelle d'une manière frappante celui des statues et des sphinx de San (K. p. 413, a), qui nous ont conservé les traits de l'ancienne tribu des Hycsos. Les pécheurs de Mataryèh, d'un naturel un peu sauvage, interdisaient autrefois presque absolument la pèche à leurs voisins; mais aujourd'hui, la pèche est entre les mains du gouvernement, qui t'afferme à des particuliers.
De Mataryèh, on se dirige au N. 0., et l'on atteint en 6 h. Damiette.
n. Far le ini et les oanemc.
262 fcil.
Partant du port de Boulaq ( F.p. 300, a), on laisse à g. Embabèh, et à dr.
les palais et les villas situés entre Choubrah et Boulaq. Au-dessous de Cboubrah, le Nil fait un coude à TE., contournant une !le de forme ovale, qui n'a pas moins de 3 kil. de long. Son lit se rétrécit é la hauteur de Beisous, pour s'élargir de nouveau et donner naissance à de nombreuses îles, qui précèdent la grande île de Chalaganéf sur laquelle est établi
26 kil. Le Barrage (F. p. 378, b).
Passant sous une des hautes arches du pont, on longe Tîle et Ton entre dans la branche de Damiette. De petits villages peu importants animent les rives du fleuve. On longe une grande île étendue dans un large renflement du fleuve, de TE. à l'O., bien cultivée et peuplée de quel(^ues villages. En face de la pointe occidentale de cette île , on aperçoit
19 kil. Berchoum, rive E.^ renommée pour ses figues. Un peu au-dessous de Berchoum, prend naissance le canal de Menouf, qui se dirige au N . 0. , vers la ville de ce nom. Il débouchait autrefois dans la branche de Rosette, près de Nadir; mais, comme il amenait trop d'eau dans cette branche, on a jugé à propos de le fermer, un peu au-dessus de Menouf, et d'en dévier le cours plus au N 11 se réunit