‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 209 sur 408 · MS · texte numérisé non relu

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A ces recettes provenant du transit, s'ajoutent les recettes du Domaine et celles du service des Eaux-

Le compte de l'exercice 1875 s'établit ainsi :

RBCBTTES.

Service financier 62«7t7'.«

Service du domaine. . . . 8S0281 U Service du transit et de la

navigation 2912ST78 32

Service de l'entretien. . . 128 87S 7S

Service des eaux 97 475 >

Total des recettes : 80827194 'i

Les dépenses de Texercice ont eu de 17946547 fr. 13 c.; les intértls des tires et des coupons consolidés, de 1790000 fr.; les intérêts du capital social, de lOOOOOOOfr.; l'amortisse osent des actions afférent à Texercice 1876, de 80500 fr., rexcédant des recettes a été de 1 117 588 fr. 78 c. Le bénéfice net, de 1 071 709 fr.35c., réparti, selon les statuts, dans les proportions suivantes : 71 p. 100 aux actionnaires; 15 p. 100 au gouvernement égyptien; 10 p. lOOf aux fondateurs; 2 p. 100 aux administrateurs; 2 p. 100 aux employés.

La situation financière de la Compagnie du canal maritime de Suez est donc satisfaisante. Pour la première fois, le service de l'amortissement du capital social a commencé à fonctionner. Un solde disponible

[RODTK 15]

PORT-SAlD.

assez coBtidérAble a permis une distribntloiide 1 fr. 88 c. par action. Le moaTement croissant du commerce, constaté par la statistique, et qui ne peut manquer de se développer d'année en innée, surtout avec les améiioralioas apportées dans la navigation du canal, assure à la Compagnie un avenir prospère.

S iw Oeeerlptioa éa

DE POBT-SAÎD A SDEZ.

160 kil.

Port-Saïd. Port-Saïd n'existait pas avant la création du canal. La bande de sable, large de 100 à 150 met., qui sépare le lac Henzalèh de la mer, ne semblait pas destinée & porter une ville de quelque importance. Les eaux qui Vassiégent des deux côtés s'élèvent, par les mauvais temps, sur ce cordon littoral à peine plus élevé que ie niveau de la Méditerranée.

C'est cependant un des points de cette côte, situé à 60 kil. à TE. de Damiette^ qui fut choisi pour être Tembouchure du canal dans la Méditerranée, et pour devenir un centre de communication entre TOccident et 1 Orient. Nous avons expliqué plus haut les motifs qui firent préférer cet emplacement à celui de Péluse qui avait été indiqué dans le projet préparatoire. Les commencements de la nouvelle ville furent difficiles et les premiers qui établirent leur tente, et se mirent à Tœuvre dans ce désert entouré d*eau, méritent le nom de pionniers de l'isthme. QueU ques baraques en bois, un phare provisoire, un petit hôpital et une boulangerie, tel était le campement primitif. Peu à peu, les ouvriers armèrent, des magasins s'ouvrirent; les maisons bâties sur pilotis furent remplacées par des constructions en briques; le sable du lac, enlevé au moyen des dragues pour ouvrir le canal et les bassins, servit & relever le niveau du sol, à le consolider et à Té tendre; et tout ce terrain conquis

sur les eaux se couvrit bientôt de constructions. De grands ateliers furent créés, de puissantes jetées établies; et Port-Saïd, avec ses dragues, ses porteurs, ses chalands, sa flottille de canots et de remorqueurs, sa population d'ouvriers, devint en quelques années un des plus grands chantiers connus. A la fin de Tannée 1867, vingt-quatre paquebots à vapeur faisaient escale régulière dans le nouveau port, et toutes les puissances ayant des nationaux à Port-Saïd y battaient pavillon consulaire.

Aujourd'hui, Port-Saïd est une ville de 10000 hab., dont les larges rues qui se croisent à angle droit et les maisons bâties à l'européenne n'offrent aucune particularité digne de remarque. On y voit des docks, des quais, des églises, des hôpitaux, des hôtels, des squares, de grands magasins, des ateliers; mais presque tout l'intérêt qu'offre la ville se concentre sur le port et ses alentours.

On entre, du côté de la mer, dans Tavant-port, formé par deux grandes jetées. L'une, celle de l'O., a 2&00 mèL de longueur et son musoir atteint les fonds de 9 met. £lle porte à son extrémité un feu rouge; elle part de la pointe de la plage, à l'entrée du chenal, un peu en avant du phare et se dirige du S. 0. au N. E. La jetée de TE. (1900 met. de longueur) porte un feu vert; elle part d'un point de la côte situé à environ UOO met. de la première, dont elle se rapproche en se dirigeant â peu près du S. au N., de manière â laisser un passage de 8 à 900 met. de largeur entre les musoirs. L'avant-port affecte ainsi la forme d'un trapèze, d'une surface considérable.

Ces jetées ont été construites en blocs artificiels, composés sur place, avec du sable et de la chaux hydraulique , dans la proportion de 45 p. 100 de chaux et 55 p. 100 de sable et d'eau de mer, suivant une méthode inventée par les entrepre-

EGYPTE. — CANAL DE SUEZ. [ilOOTE 15]

neuFs, MM. Dussaut frères, et déjà expérimentée à Marseille. Le mélange, bien trituré au moyen de manèges mus par la vapeur, était reçu par un wagonnet qui venait se décharger dans un moule de bois, affectant la forme d'un parallélipipède et d*une capacité de 10 met. cubes. Le mortier, une fois séché, devient tellement dur qu'on a de la peine à Tentamer avec des outils de carrier.

On a ainsi fabriqué, avec des procédés simples, vingt-cinq miliede ces blocs dans un temps relativement court.

De Tavant-port, on entre dans le chenal, qui a 200 met. de largeur environ, et dont la passe est signalée par un feu blanc. Le chenal débouche dans le port proprement dit, qui se compose en réalité de quatre bassins. Le premier, à l'entrée, à dr., est le bastin du Commerce : il est affecté au cabotage et a 200 met. delong sur autant de large. Le bassin de VAtsenal, qui vient ensuite, contient les dragues, les bateaux de l'administration ; il a 2 hect. 62 ares. Le bcusin CMrif, plus au S., a une surface de 4 hect. 1/2; il 6st destiné aux grands navires i vapeur. Enfin, le grand bassin ou bassin Ismaïl^ où l'on a des fonds de 8 met., présente une surface de 37 hect.

Le bassin du Commerce, où sont amarrés les navires, est muni de quais. En débarquant, du côté dr. du bassin, on a la rue du Commerce et, à g., le boulevard de la Cannebière, qui se coupent à angle droit. Le côté N. du quai est occupé par deux rangées de grandes maisons. Ce sont : l'Hôtel de France, le bureau de la douane et le Télégraphe égyptien, les agences de diverses compagnies de navigation, Messageries maritimes. Compagnie russe et quelques consulats. Sur la Cannebière, se trouve un grand établissement, dont les opérations comprennent loute espèce du fournitures et de commissions. La rue du Commerce est garnie de magasins. Elle conduit a un grand square, orné de

jolies fleurs; ce jardin, bien entre* tenu, bien arrosé, a été tout entisr formé avec de la terre rapportéi L'hôtel de France a sa façade sur 4 square à côté du Consulat angUii. , Derrière le square, vers le midi, se trouve une église catholique, et toc* près, un long bâtiment qui servait d:

logement aux ouvriers. Laissant c*^ bâtiment sur la dr., on ira yisiter lei importants ateliers de la Compagnie:

fonderie, scierie, chaudronnerie; il« rendent encore de grands service^ pour la réparation des bateaux. Oa peut, de là, aller voir dans le bassio de l'Arsenal quelqu'un de ces engin< remarquables (drague à long couloir, bateau-porteur) qui ont joué un si grand iÎ51e dans le percement de Fisthme. Derrière les ateliers à i'O. t^i établi le réservoir d'eau, sur les bordi du lac Menzalèh. Un établissemeLt hollandais a été récemment créé, entre le bassin de l'Arsenal et le bassin Chérif. Revenant à la place ds Square et s'avançant vers la mer, on arrive au quai Eugénie, bordé, du côté de l'E., par plusieurs matsda^ importantes, en particulier par le Consulat français. Du côté de TO..

s'élève le palais du gouverneur égyptien Plus loin, sont des chalets avec jardins, l'hôpital et la pharmacie, puis la chapelle et rétablissement de^ sœurs du Bon*Pasteur, avec une éctM de petites filles. Au delà du quartic' Européen, à une distance de 2 ou 3d^' met., s'étend le village arabe. Piu> au S., vers le lac Menzalèh, sont le$ cimetières. Du même côté, mais plus près du centre, se trouvent un couvent des Pères de Terre-Sainte et une chapelle grecque.

Le phare mérite d'être vu. il a été construit en béton, par la société Coignet frères. Sa hauteur est de 48 met à la plate-forme, et le dôme d« la lanterne est de 7 à 8 met. ; son feu, à lumière électrique, est scintillant, à éclipses de 20* en 30*, et d'une portée de 30 milles en mer. Il est par 31* 13' de latitude eta?*^^ de

[Route 15]

PORT-SaID. — PÉLDSB.

longitude (méridien de Greenwich).

Ses feux se croisent avec ceux du phare de Brullos. Il appartient au gouvernement égyptien, et pour le visiter, il faut une permission du gouTemeur de la ville ou du capitaine du port. Le gouvernement prélève un droit de phare sur les navires.

Port-Saïd est le centre des approvisionnements de l'isthme de Suez et de la mer Rouge ; aussi le commerce de cabotage avec la Syrie et la Grèce y a-t-il pris une grande extension pour leservice desdenrées alimentaires. La ville a un gouverneur avec ses effendis, un directeur de la douane, un directeur du bupeau des pa^se-ports, un agent du service sanitaire, une direction des postes et un bureau de télégraphie, enfin plusieurs hôleyoffrant le confortable désirable (T. RenseiçinemenU généraux). Toutes les nations européennes, ayant des inléréls dans Tisthme, TÂngleterre, TAutriche, les États-Unis, la France, la Grèce, TlUlie, la Russie, TAllemagne et la Suède, y sont représentées par des consuls ou agents consulaires. La ville possède plusieurs écoles : des Pères de la Terre -Sainte^ des sceuis Clarisse:!, Israélite.

Gràce aux facilités que présente, pour l'arrivée à Suez, le service du transit, moitié par le canal maritime, moitié par le canal d'eau douce, le prix des charbons qui était de 100 à 1 Ib fr. la tonne à Suez, est descendu à 65 fr.

Le nombre des navires entrés en grande navigation à Port-Saïd a été, en 1875, de 1899, dont 1789 vapeurs et 110 voiliers. Il a été importé '231608 tonnes de marchandises diverses et exporté 8&00tunnesde graines de coton (V. U Canal de Suez^ bulletin décadaire, n* du 2 juillet 1876). £a 1872, il éuit entré 1443 navires. La comparaison de ces chiffres suffit i montrer le mouvement ascensioimel du commerce à Port- Saïd.

OBIBIT n.

De nombreux paquebots-poste touchent à Port-Saïd; des lignes françaises, austro>hongroises, italiennes, russe, ottomane, hollandaise, égyptienne desservent ce port (V. Renseignements généraux).

Un petit bateau à vapeur part tons les jours de Port-Saïd pour Ismaîliaet réciproqaemeDt; il correspond avec les trains du chemin de fer du Caire à Ismallia. En outre, tons les deux jours, le même service est fait par un bateau de la Compagnie du canal, plus grand et plus confortable (Y. Rmueignêtnentê générawD).

Nous nous dirigerons, sur le canal, de Port-Saïd à Ismaflia. Le canal est assez large sur toute la traversée du lac Menzalèh. 11 a 100 mètres à la ligne d'eau; le plafond a partout 32 mètres, et la profondeur varie de 8 à 9 mètres. Les berges sont peu élevées au-dessus du lac : sur Tune d'elles, sont fixés des indicateurs qui marquent les kilomètres; surTautre, court, parallèlement au canal, un fil télégraphique. — Le coup-d'œil est très-uniforme. Du pont du navire, le regard plonge sur de vastes plaines, oii Ton peut voir se jouer des troupes de pélicans, canards , hérons, flamants, mouettes. A 1*0., s'étend le lac Menzalèh, coupé de bancs de sable, sur l'un desquels sont les ruines de l'ancienne Tennis. A TE., au delà d'une plaine basse et marécageuse, se trouvent à 28 kil. environ, et non loin de la côte, les ruines de Péluse.

La ville de Péluse fut autrefois impor tante. Le prophète Exéch^el la qualifie de « force de l'Egypte >, et les auteurs de l'époque romaine en parlent dans le même sens. Son nom égyptien conserve par les Coptes était Phérâmi. Ce nom dérivait des terrains marécageux dont la place était entourée; le nom de Sm qu'elle porte dans l'Écriture n'en est que la tradaction hébraïque, comme Péïoiision la traduction grecque ( de n^u<, boue). C'est près de Péluse, où il venait de débarquer, quePompée, vaincQ à Pbar- I sale, fnt lâchement assassiné (4S ans av.

J. C.}i ptr ordre des ministres da roi d'Egypte. La vUIe est entièrement rainée. Quelques débris, quelques colonnes brisées, les fondations d'an fort sur un monticule, en marquent seuls l'emplacement, à 3000 met. de la côte où débouchait la branche Pélusiaqiie, aujourd'hui comblée par les alluvions. Un lieu contigu, que les Arabes appellent Faror ma^ vient évidemment du Phérômi des Égyptiens, de même que le chAteau de Tinèh, qui touche aussi aux rainaa de Péluse, rappelle le Sin des Juifs.

La plage qui environne le site de Péluse, et qui s'étend à TO. jusqu'au lac Menâalèh, est une terre formée de limon, que le Nil couvre pendant l'inondation et que la mer envahit dans les grandes tempêtes. C'est ce qu'on nomme la plaine de Péluse. La mer y est basse et le fond s'incline par une pente très^ douce; il faut s'avancer k 20 kil. au large pour trouver un fond de 16 mètres.

Des balises, tiges retenues par des chaînes à des corps morts, le long de la ligne des fonds de 7 mètres, servent à bien indiquer le chenal. Pour permettre aux navires en marche de se croiser, on a établi dans la partie comprise entre Port-Saïd et Ismaîlia six garages. Le premier est à Ras el-Echj 14 kil. à dr., ancien centre d'habitation de la première section du canal. C'était alors une île étroite et basse, submergée le plus souvent par rinondation ; elle a été relevée et consolidée par le dragage du, canal.

Au sortir du lac Menzalèh,

Kantara, 30 kil., le seul campement établi sur la rive asiatique du canal, doit son importance à sa situation sur la route d'Egypte en Syrie par le petit désert. £lle tire son nom du voisinage d'un pont, le Kantarat el-Khaznèh, que l'on dut faire sauter parce qu'il se trouvait précisément sur le passage du canal. On le remplaça par un bac.

Cette station qui avait pris un assez grand développement pendant les travaux du percement, offre aujourd'hui un médiocre intérêt. Le bateau s'arrétant devant un petit restaurant établi sur la^ve g., on pourra profiter de

ce moment pour visiter les grands abreuvoirs créés par la Compagnie pour l'usage des caravanes. Près de vingt mille chameaux ou mouton^ campent annuellement à Kantara.

A 3500 mètres de ce village, on .• trouvé des débris sculptés; ils or; appartenu, d'après leurs inscnption<.

a un monument élevé par Séti l"" i la mémoire de son père Ramsès I" ei achevé par le fils de Se ci, Ramsès IL On ignore à quelle ancienne villt ont appartenu ces ruines.

A partir de Kantara, le canal se dirige à travers de petites coilme»

sablonneuses, sur le lac Ballah. Leberges y sont également peu élevées. On aperçoit en passant, à droite, la plâtrière dont les produit' •ont été d'une grande utilité pour U travaux.

Au kilomètre 63, à Sl-Fardan, l> sol se relève de plus en plus et form' la dune nommée seuil d'El-Gisr, h point le plus élevé de l'Isthme. Le campement d'El-Gisr (F. p. 425) es; situé au-dessus de la grande tranchée de 20 met. de profondeur qui fut commencée par les contingent* fellahs, et se trouve lui-même à 16 met. au-dessus du niveau de la mer.

On gravit une rampe en bois de pk< de 100 marches pour s'y rendre ai canal. Le village abandonné aujourd'hui a encore sa chapelle cathohqcr et sa mosquée; il est formé de p!a- ' sieurs rues bordées de maisons bUnches. Son élévation au-dessus du <^^ sert et la verdure de quelques jardm* en faisaient une des stations les plj> agréables de l'Isthme.

Vers la fin de la tranchée d^Et- Gisr, qui a 20 kil. de longueur, se trouve sur la hauteur le chale; édifié par la Compagnie pour le khédive. De cet endroit se déroule un panorama de 20 lieues. A dr., e^t Ir canal de service, qui relie le canal d'eau douce au canal maritime. A g., un autre canal de service abouti:

aux anciennes carrières du plateau des Hyènes. En face, s'étend le

[Route 15]

ISMAlLIA.

Timtah (des Crocodiles), dont les saui bleuâtres tranchent sur le ton iauoe des sables. Au S., au-dessus d'un premier plateau burizontalement coupé, le Géhel Jf ariam, s'élève au loin Id montagne de Gébel Geneffé, et tout à fait au fond du tableau, la haute silncuette du mont Attaka, au pied duquel est Suez.

Isouîlîa, 7 ktl.Ën débouchant dans le lac Timsah, on commence à apercevoir Ismaîlia sur la rive dr. Cette ville, créée tout d'une pièce, comme l^ort-SaFd, à l'occasion du canal (V.

P4}6,a}, fut florissante dans la dernière période des travaux du percement.

£lie était alors un centre important, P<)ur la réception des indigènes, des ^'vres, des denrées de toute espèce, pour les ateliers de réparation des luachines. On y avait réuni les magasins généraux, la direction administrative et les divers services de la Compagnie, et Ton avait pu espérer un moment qu'elle allait devenir une ville importante. Ces espérances ^e$e sont pas réalisées : beaucoup le tnaisons sont inhabitées, et la ille esi en pleine décadence. La population se compose surtout d'employés de l'administration du canal, le quelques représentants des puis- ^ces et de marchands européens et Qdigènes. Elle sVlevait, en 1872, à 10(10 hab.; nous pensons que ce nomre a diminué depuis. Ismaîlia ne ourrait prendre quelque importance ue par la mise en culture des ter- Uns situés à TO. du canal maritime, u moyen de nouveaux canaux qui 'alimenteraient dans le canal d'eau ouce. Un établissement agricole et orticole appartenant au vice-roi, en leine prospérité, montre ce que eite région pourrait devenir si l'eau louce y était distribuée avec ajoûdance; mais, quelque grandes [li'eiles soient, les ressources du Nil iQtdes limites.

Une vaste place, transformée en irdin anglais, appelée place ChamoUion, de larges rues droites, des

maisons basses, qudqaes grandes constructions à moitié inhabitées, une population rare, qui ne remplit plus le cadre dans lequel elle se meut, tel est l'aspect de la nouvelle ville, élevée sur les bords du lac l'imsab. Nous indiquerons, pour la commodité du voyageur, les principales constructions que Ton y remarque, et dont quelques-unes offrent un certain intérêt historique.

Sur la face 0. de la place Champollion, se trouve l'hôtel de Paris ; et à l'angle N. 0., la poste. De ce côté, à une très-petite distance, est la gare du chemin de fer qui, par Zagazig, mène soit à Alexandrie, soit au Caire. La grande rue qui s'ouvre à l'angle S. 0. de la place conduit au quai Mohammed-Ali, planté de grands arbres, le long du^canal d'eau douce. En suivant l'avenue Victoria, du N. au S., on traverse le pont établi sur le canal d'eau douce, près de la première écluse, et l'on arrive au quai d'embarquement, sur le lac Timsah, près de l'agence des bateaux.

Le quai Mohammed-Ali condAit àl'O., au magasin central, à l'agence de Lrausit, et, plus loin, au village arabe. Al'K., en suivant le quai, on laisse à g. des maisons de plaisance entourées de jardins, le chalet de Lesseps, qui fut la première maison construite à Ismaflia, l'ancienne habitation de M. Voisin-Bey, dans laquelle sont les bureaux de l'administration centrale, la résidence du gouverneur général. Puis vient le village industriel, jusqu'au vaste emplacement où s'élève le palais du khédive. Le quai est terminé par l'établissement hydrauliquede M. Lasseron, qui fournit l'eau douce à la ligne d 'Ismaîlia à Port- Saïd, et dont les puissantes machines méritent une visite. Dans la partie N. de la ville, on trouve la chapelle grecque, l'hôpital européen, l'hôpital arabe, la chapelle catholique et la gare du chemin de fer.

Le lac Timsah ou des Crocodiles offre l'avantage de servir déport à

Ismaflia et d*étre une des grandes gares du canal. Celui-ci traverse le lac en ligne courbe, en se dirigeant d'abord au S. 0. vers le centre, puis, au S. E , vers la pointe du lac. Près du campement de Toussoum, on remarque le petit monument élevé à la mémoire du Cheikh Ennedek. On entre alors dans la section du

Sdrapéum , dont le campement (14 kil.) est situé près du 90* kilom., au débouché d*un petit canal de service, que Ton laisse adroite; on trouve au Sérapéum un hôtel et des cafés.

Non loin du campement, se trouvent les ruines d*un monument égyptien, en granit et grès, appelé, on ne sait trop pourquoi, le Sérapéum. Des vestiges de Tancien canal des Pharaons, retrouvés au pied de ces ruines^ donnent lieu de croire que le Sérapéum était une station-repère, où Ton réglait le niveau des grandes eaux, soit à l'aide d'écluses, soit par un déversoir ouvrant sur les Lacs- Amers (Bernard et Tissot, Guidepour Vùlhme de Sun, 1869).

A 10 kil. de là, le canal entre dans le grand bassin des Lacs- Amers, où il se dirige, entre des balises qui ont la forme de petites pyramides, d*abord en droite ligne, vers un phare dont la tour construite en anneaux de fonte a été établie sur un massif de bé* ton. Puis, tournant au S. E., il court vers le bassin des petits Lacs-Amers, dont rentrée est signalée par un second phare établi près du kilomètre 115. Un garage est ménagé au S E.

du phare. On sort du petit bassin près du kil. 135. Le parcours des lacs est d'environ 40 kil. Une autre gare est ménagée à la sortie du lac; on entre alors dans le seuil de

Ghalouf el-Terraba, dont le campement (49 kil.) est, comme le Sérapéum, silué entre le canal d'eau douce et le canal maritime. C'est aussi une station du chemin de fer de Suez, aussi bien que des bateaux de la (>)mp»gnie. Les traces du canal des | Pharaons y sont plus apparentes!

qu'en aucun autre lieu du pays, e( Ton peut s*y rendre compte de scs dimensions^ qui différaient assez pc:

de celles du canal moderne. Da»

les environs de Chalouf, deuxsavasii de l'Expédition française, Rozière'.

Devilliers, ont découvert des bVci portant des inscriptions en caract'* res hiéroglyphiques et cunéiforme-, que M.Lepsiusaétudiéesen 1866. U surface des berges est une croûte solide formée par la cristallisation des sels déposés autrefois dans ces sables par la mer. Les 20 kilomètres qu.

s'étendent entre le seuil de Chalouf et Suez ne présentent qu^une plaine unie, très-peu élevée au-dessus de la mer.

Le canal maritime, à son embouchure dans la mer Rouge, laisse A dr. le bassin du matériel flottant, dont U pointe E. est éclairée par un fe:

blanc. On longe ensuite fe quai d'L3 long terre-plein, quai Waghom ; e;.

passant entre la pointe de ce quâi, munie d'un feu vert, et rextrémi:

d'un brise - lames, muni d*un fej rouge. Ton entre aans le port de

Sues (en jarabe Soutceis). u position de Suez à la tête de la bifu> cation occidentale de la mer Roug'' est bien connue.

Le golfe, vu du haut des collinivoisines, offre l'apparence d*un bâïsin allongé^ creusé dans une valietr déserte ; les deux rives sont bordet.»

de plaines arides, coupées de colhr»'dont quelques-unes forment prooKz toire. A partir de la naissance d.

golfe, à quelques kil. au N. de Sue:.

la rive occidentale se dirige au S. 0 Elle est coupée en deux baies àc grandeur inégale, séparées par u:.e langue de terre triangulaire, sur Uquelle Suez est bâtie.

La ville actuelle a été construite n XV* s , après Tabandon de KoUouci ou Klysma (F.p 417, b)donlles rui nés se trouvent près de l'ancien cj nal des Pharaons. Un chAteau y défendait la sortie de ce canal et c'éUi:> là que l'on s'embarquait sur le gol' Arabique. — Avant le creusement du

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