‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 210 sur 408 · ROUTE 15) SUEZ · texte numérisé non relu

ROUTE 15) SUEZ

canal, Suez û'était qu'un lieu fort insignifiant, de 14 ou 1500 hab., perdu au milieu des sables; Teau y était apportée du Caire dans des wagons-citernes. — Gr&ce au canal maritime et au canal d'eau douce, la ville compte aujourd'hui près de 1SÛ06 habitants. Son port est excellent et peut contenir plus de 500 navires de toute grandeur. Il comprend :

1* une cale de radoub, commencée en 1862 et terminée en 1866, création véritablement curieuse due aux plans d^un ingénieur de la C'* des Messageries maritimes françaises et exécutée par MM. Dussaud; 1* une rade offrant un mouillage de 39 hectares de superficie, protégée par des digues d'une longueur totale de 231 0 mètres, avec des lignes de quai d*un développement de 1600 métrés. Ce port, nommé Port- Ibrahim, commencé en 1866, est actuellement terminé. Il se compose d'un port de commerce et d'un port de guerre. 11 est situé à 3 JEll. environ au S. E. de la ville, avec laquelle il est relié par un chemin de fer, qui vient s'embrancher à ro. de la ville, au chemin de fer d'IsmaîUa à Suez.

la ville contient le quartier arabe, formé d'une agglomération de maisons misérables, avec ses deux mosquées sans caractère monumental ei son bazar fort ordinaire, et le quartier européen, qui n'offre qu'un médiocre intérêt. A l'O. se trouve la gare du chemin de fer du Caire à Suez, et à 4 ou 500 met. plus loin, sur une hauteur, le chalet du khédive, près duquel sont établis les ateliers de la Compagnie Péninsulaire Orientale. A une petite distance, le canal d*eau douce vient déboucher dans la mer Rouge, par une écluse.

Kofio, plus à ro., on visitera avec intérêt l'établissement des eaux qui distribue l'eau douce dans toute la ville. De vastes récipients, qui ne contiennent pas moins de un million de litres d'eau, ont été posés sur la couverture de Tédifice qui

contient les machines à vapeur et les pompes élévatoires. L'hôpital anglais est situé près de l'établissement des eaux. On trouve à Suez des hôtels plus ou moins confortables; le meilleur est l'hôtel de la Compagnie Péninsulaire bâti près du chemin de fer et sur le bord de la mei*. « Les garçons de cet hôtel, dit M. de Carcy (De Parts en Egypte), portent, à la mode du Bengale, des jaquettes collantes, les unes en laine jaun&tre, les autres en coton blanc, des pantalons blancs trèslarges; ils ont pour coiffure des calottes coniques en feutre gris ou des madras rouge et jaune tournés en volumineux turbans.»

On n'a guère d'autres distractions à Suez que de flâner sur la plage.

Klle est sablonneuse, recouverte d'une épaisse couche de coquilles, d'espèces peu variées, mais fort curieuses de forme et ne ressemblant en rien aux coquillages de nos côtes.

— En suivant la plage, on se rappellera qu'elle présente des bas-fonds assez dangereux, et que la marée montante l'envahit avec une rapidité telle que l'imprudent promeneur peut être submergé en quelques instants. On sait que Bonaparte faillit périr de cette façon.

On aura souvent occasion d'y observer les effets du mirage : « Tous les soirs, dit M. G. Lejean {Voyage dans V Afrique orientale, Tour du Monde, 1860, n* 33), j'étais certain de trouver le fort d'Agerout reflété dans les eaux d'un lac imaginaire.

Un train vient à passer, la ligne noire des wagons, la ligne blanche de la fumée se réfléchissent également dans la nappe liquide. »

Le mouvement du port de Suez est considérable. Il y est entré, en 1872, 858 navires, dont 64 navires de guerre, 189 paquebots-poste, 60ô bâtiments de commerce, dont 205 à voiles et 400 à vapeur. La portée en tonneaux était de 666 459. Il est parti de Suez dans la même année 785 navires dont le tonnage était de 593 640.

EGYPTE. — CANAL DE SUEZ. [ROUTE \i\

On se rendra compte de l'importance prise par Suez en comparant le tonnage des navires entrés dans le pori, en 18fi3 et en 1872; il s'est élevé de 171 4Î2 tonneaux à 666459. Les navires anglais figurent pour plus des trois quarts dans ce mouvement. Le transit par chemin de fer, d*Alexandrieà Suez, était représenté, en 1872, par 586198 quintaux de marchandises, et de Suez à Alexandrie, par 647 153 quintaux. Une ligne télégraphique relie le Caire à Suez par Benha et Zagazig. Une ligne télégraphique sous-marine relie Suez avec Aden et les Indes.

Le portde Suez est relié à Souakin et àMassaouân par une ligne égyptienne bimensuelle; à Bombay, par une ligne anglaise mensuelle ; à Calcutta, par Pointe-de-Galles, par deux lignes anglaises bimensuelles, dont Tune avec embranchement sur Tlndo-Chine et l'autre avec embranchement sur l'Australie, Zanzibar et le cap de Bonne-Espérance. Une ligne bimensuelle française va de Marseille à Hong-Kong par Port-Saïd et Suez.

Une ligne austro-hongroise mensuelle met en communication Trieste et Bombay par Suez. Une ligne italienne mensuelle, de Gênes à Bombay, une ligne ottomane mensuelle, de Constantinopie à Bassora, une ligne hollandaise mensuelle, d'Amsterdam à Java, passent également par Suez.

Cette ville est donc reliée régulièrement aux ports de l'Afrique et de l'Asie : c'est dire assez combien grande est son importance. Malheureusement pour elle, les bateaux ne s'arrêtent guère en rade que pour faire viser les papiers de bord, et son avenir ne serait vraiment brillant que 1 si elle devenait l'entrepôt des produits des côtes de la mer Rouge et de l'Abyssinie.

de prendre un batean à voile oti de s'embarquer sar Taii des );>etit8 bateau à vapeur qui font le service entre la Tille et le port. On traverse le petit bras de mer qui sépare l'Afrique de l'Aeie ; en trois quahs d'heure, on aborde «ur la côte Sinaïtique, à l'entrée même du canal. Là, on trouve habituellement des baudets sur les lieux; mais il est plu» sûr de les faire partir en avant : ils mettront de 3 à 4 heures environ poor faire la tour, les chameaux mettront e heures.

Ex^mrtion aux iourcet de MoUt, Les sources de Moïse (en arabe Otiroun- Mùuça) sont situées à 12 kil. 4 TE. de Suez et à i kil. l/a du bord de la mer. Le meilleur moyen pour s'y rendre est

Après avoir dépassé la pointe N. Ede la mer Rouge et longé une petite chaîne de collines basses, dont la plus septentrionale porte les ruines présumées &*Ars%noë (F. p. 420, &),on se dirige au S. le long de la plage sablonneuse de la mer, vers (1 h. 1/2) les

Sources de Moïse. La tradition place là le lieu où, après le passage de la mer Rouge, Moïse, Marie et les Israélites entonnèrent leur chant de triomphe {Exbde^ xv, 1). Le passage de la mer Rouge aurait alors eu lieu aux environs de la position actuells de Suez. Nous verrons, à propos de l'itinéraire suivi par les Israélites (F. ilppmdtctf), le crédit qu'ii ftiut accorder à cette tradition. Le lieu appelé les Sources de Moïse est une petite oasis plantée de tamarisques et de palmiers et dont le sol est formé d'un mélange de sable et d'argile. La plupart de ces sources sont de simples trous dont les plus grands ont 3 mètres de diamètre. Une seule se présente sous la forme d'un bassin, dont la maçonnerie paraît très-ancienne. L'eau en est saumâtre ; elle est utilisée pour l'entretien de jardins au milieu desquels croissent des palmiers et des mimosas. L'oasis a environ un kil. de tour, c'est le lieu favori d'excursion des habitants de Suez. Des Arabes et même quelques Européens s'y sont établis et s'y livrent à la culture maraîchère; ils y ont construit quelques maisons et deux auberges où le voyageur trou* vera quelques ressources.

De Suez au Sinaï, à Petra et à Hébron, (V. Appendice, àfla fin du volume).

LE OUADY-NATROUN.

ROUTB 16.

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