EGYPTE. — LE OUADY-NATROON. [ROUTE
mierSj mais qui s*élèvent peu et ne portent point de fruits. Les animaux n'y sont pas non plus très-norsNreux.
La gazelle s'y montre quelquefois.
On voit sur les lacs et aux environs la poule d'eau, le canard et la sarcelle.
Les lacSf au nombre de 12 ou 15, sont répandus dans la vallée, sur une longueur de 25 kii. Deux ou trois fournissent le natron, qui se recueille aussi dans la plaine (F. sur la composition chimique du natron, p. 57 et 58). Les doux lacs principaux sous ce rapport sont le Bohai- \ ret el'Gounfédyèh et le Bohairet el- Hamrd. Le Khortaï et le MeUakat el" Djoun produisent aussi ce sel, mais en très-petite quantité. Des lacs de la vallée, huit ont de Teau toute Tannée ; on les désigne sous le nom de Mellâhat. Le plus grand, qui est aussi le plus méridional, est le Mellâhat oum-Richèb ; il ne produit que du sel commun (chlorure de sodium).
Il y a aussi quelques élangs (birkëh) qui se dessèchent en été, et d'où l'on tire du natron de qualité médiocre. La différence entre le lit des étangs (birkèh) et celui des lacs (bohaîrèh), c'est que les premiers, après révaporation de l'eau, n'ont que de la vase, tandis que les autres laissent une incrustation solide.
Dans ceux des lacs qui contiennent à la fois du natron (sous-carbonate de soude) et du sel commun, les deux sels cristallisent séparément; le dernier, au-dessus, en une couche d'environ 45 cent., et le natron au-dessous, celui-ci variant d'épaisseur selon la forme et la profondeur du lac, mais n'ayant jamais moins de 68 cent.
L'eau des lacs varie beaucoup en hauteur, selon les époques de l'année.
Leur croissance et leur décroissance sont périodiques comme celles du Nil, mais elles n'ont pas lieu aux mêmes époques.Les lacs commencent à croître vers la fin de décembre, et continuent à monter jusqu'au commencement de mars; ils décroissent
alors jusqu'en mai, époque où la plupart se dessèchent. C'est au mois de mars qu'on recueille le natron appelé soultdni. La meilleure qualité du natron, appelé le natron blanc, est celui qui s'extrait des terrains bas non couverts par l'eau, autour des lacs. Des caravanes régulières viennent prendre le natron et le VraDSportent à Teranèh, d'où on l'expédie par eau soit à Alexandrie, pour l'Europe, soit au Caire où on l'emploie à blancbir le lin et dans la fabrication du verre.
Les couvents. Quatre couvents, tous coptes, existent dans le Ouady-Natroun. Le principal est le De'ir Souriant, habité par trente à quarante moines. Les trois autres sont le Dt'ir Baranious, Vàmba Btc/iat, et le couvent Saint'Macaire ou Abou Makdr, qui est le plus méridional de tous.
Ce sont, en ne comptant pas un certain nombre d'édifices de qe genre entièrement ruinés dont on retrouve les vestiges, les seuls restes des cinquante monastères du Ouady-Natroun. On serait tenté de considérer comme exagéré ce chiffre de cinquante si on ne connaissait d'autre part le goût des Égyptiens chrétiens pour la vie contemplative.
Du village au Deîr Souriàni, U distance est de 2 h., en coupant U vallée droit au S. ; le Saint- Macaire est à 3 h. à TE. du Souriàni. Ces couvents sont de grands bâtiments carrés, dont les murs d'enceinte s'élèvent à une quarantaine de pieds, sans ouvertures extérieures autres que des espèces de mâchicoulis au haut des murs, et une porte basse, très-étroite et solidement close, devant laquelle on peut encore, au besoin, ajuster deux blocs de granit qui la murent en quelque sorte extérieurement. Il est â peu près inutile d'ajouter que ces précaution^ sont prises contre les Bédouins, qu; pourraient avoir de temps à autre la tentation de venir piller le peu que possèdent les moines. Trois des cou-