‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 213 sur 408 · LES COUVENTS · texte numérisé non relu

LES COUVENTS

Teots, ont à Tintédeur^ des puits qui ne tarissent pas, et qui donnent le moyen d'entretenir dans chacun un petit jardin abrité d*arbres où viennent quelques légumes. Chacune des quatre communautés est gouvernée par un supérieur {Gommot), Quelques-uns des moines sont prêtres et portent le titre de pères {Abouna)\ les autres ne sont que des frères lais. Chaque monastère a son église ; Saint-Hacaire en a trois, étagées les unes au-dessus des autres. L'une d'elles contient les reliques de saint Macaire; dans une autre, se trouvent d'anciennes peintures, de vieux candélabres de pierre et quelques jolies colonnes de marbre. Le Deîr* Souriàni a aussi trois églises; on remarque dans Tune* d'elles, une belle porte sculptée incrustée d'ivoire et un iconostase également incrusté d'ivoire : une chapelle contient une curieuse peinture byzantine représentant des saints et une impératrice. L'Amba-Bichaï a aussi trois petites églises, et de ses hautes murailles la vue s'étend au loin sur le désert. Le sanctuaire de toutes ces églises est carré et ne présente aucune disposition en abside. Quant aux couvents, tout y est à l'intérieur d'une simplicité cénobitique ; on ne trouve là ni le déploiement d'architecture, ni les riches ornements de l'église du SinaL Les moines, dans leur pauvreté, n'en font par moins bon accueil aux visiteurs étrangers ; les femmes seules sont rigoureusement exclues par la r&gle monastique. Deux ou trois des monastères, particulièrement le Deïr-Souriàni , avaient une petite bibliothèque de livres arabes et coptes. Un Anglais, M. Tattam, a exploré ces collections deux fois, dont une en 1842, et s'est fait céder par les moines tout ce qui pouvait présenter un intérêt littéraire. Ces livres sont aujourd'hui au Musée britannique, où ils forment une collection d'environ 1000 volumes. On pense que les plus

anciens, notamment un exemplaire d'Eusèbe, remontent à Tan 411. A la suitP ie ces explorations, le patriarche copte du Caire a iait enlever tout ce qui restait de livres non nécessaires au couvent et les a fait transporter au Caire, où ils sont enfermés dans une chambre murée, à rabri des Européens. Il ne reste plus actuellement aux moines que leurs livres liturgiques. Quelques-uns de ces couvents possédaient aussi des vocabulaires coptes et arabes, qui ont fourni quelques données utiles pour la comparaison des deux langues et l'identification de quelques localités anciennes, mais on y a signalé cependant à cet égard des discordances et des erreurs manifestes.

Il ne reste aucun vestige certain des deux localités antiques de la vallée, Nitria et Scinthis. La première répond peut - être au v. de Zakouk (F. ci-dessus), et la seconde, à des amas de poteries que l'on trouve à 1 kil. environ du couvent de Saint-Macaire. Près du Deîr-Baramos, est un village de quelques huttes.

Le Bahr-béla-mft et tet pétrifications, A ro. du Ouady-Natroun et sur une ligne parallèle, s'étend une autre vallée que le voyageur peut visiter avant de s'éloigner de ce désert. Le nom de Bahr-béla-mâ. que les Arabes donnent à cette vallée signifie le fleuve sans eau. Elle se prolonge dans le S. et envoie plusieurs embranchements sur le Nil au-dessous de Gizèh ( le Bahr el- Farigh) et vers le Fayoum. C'est un des traits singuliers de la configuration physique du N. E. de l'Afrique.

Une simple crèle la sépare du Ouady- Natroun ; c'est une course de 1 h. 30 depuis les couvents. La pente est assez ménagée du côté du Ouady- Natroun, mais la descente est plus raide du côté du Bahr-béta-mà, bien que le niveau général de celui-ci soit moins déprimé que celui du Ouady-Natroun. Le Bahr-béla-mâ est

Page 1